Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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gonadoblastome n.m.

Tumeur survenant presque toujours sur une gonade dysgénétique, et le plus souvent chez des enfants porteurs d’une ambigüité sexuelle, et possédant un chromosome Y. 
C’est une tumeur de petite taille, constituée de nodules séparés, formés à leur tour de grandes cellules ressemblant à des gonies , formant des groupements circulaires autour de nodules hyalins ou calcifiés sur un fond de petites cellules foncées ayant la « valeur de cellules de Sertoli ou de cellules folliculaires », le tout créant une image remarquable.
Les gonadoblastomes sont à priori des tumeurs bénignes, ne donnant pas naissance à des métastases. Il arrive qu’à l’étude d’un séminome testiculaire on trouve des ilots cellulaires dont le groupement évoque le gonadoblastome.  

Syn. pflügérome

gradient n.m.

gradient

1) En langage scientifique, différence orientée dans l'espace entre deux points de la valeur prise par un scalaire (altitude, pression, température, potentiel électrique, champ magnétique, etc.).
Le gradient est exprimé par un vecteur porté sur la droite passant par ces deux points et sa longueur égale la différence de valeur du scalaire considéré : p. ex., le gradient d'altitude d'un point à l'autre d'une même ligne de niveau est nul, mais il est maximal si le parcours est perpendiculaire aux lignes de niveau (plus forte pente). Le gradient vectoriel est utilisé notamment en mécanique dans la composition des forces, en cardiologie dans la théorie de l'électrocardiographie, en IRM…
Le mot «gradient» est souvent employé improprement en physiologie pour désigner une simple différence non orientée : il est préférable de dire différence ou écart, p. ex. écart de température, différence de pression, etc.
Le gradient est dit linéaire si la variation qu’il représente dans une direction donnée de l’espace augmente d’une même valeur par unité de longueur dans cette direction.
En IRM, on utilise des gradients linéaires de champs magnétiques pour le codage spatial de l’image.
2) Dans le langage courant, synonyme d'écart ou différence de valeur d'une grandeur d'un point à un autre ou d'un moment à l'autre.
Ce sens trop vague est à éviter.

Étym. angl. gradient : montée, pente (du lat. gradus : pas, degré, grade)

[B1,B2,B3]

Édit. 2018

gradient de codage en fréquence en IRM (Goméga) l.m.

frequence encoding gradient

En IRM, gradient de champ magnétique, nommé Goméga, appliqué selon une direction perpendiculaire à la fois à celle du gradient de sélection de coupe (Gs) et du gradient de codage de phase (Gphi) destiné à coder les colonnes de la matrice.
Si l'on fait p. ex. des coupes axiales, le gradient Gs est appliqué selon z'z et le gradient Gphi selon y'y. Le gradient Goméga, sera appliqué selon x'x, perpendiculaire aux deux axes précédents et à la direction des colonnes de la matrice.
Ce gradient Goméga, doit être mis en œuvre pour chaque ligne de la matrice après le codage de cette ligne par le gradient Gphi, au moment de la lecture du signal (d'où le nom de gradient de lecture qui lui est également donné). L'application du gradient Goméga accroît la fréquence de précession des protons dans la direction x'x, donc dans chacune des colonnes de la matrice, à l'intérieur de la ligne sélectionnée par le gradient Gphi. Le gradient Goméga doit donc être appliqué, inchangé, autant de fois que la matrice comprend de lignes (par ex. 256). A l'intérieur de chaque ligne, chaque colonne correspondra à une bande de fréquence déterminée. Il doit donc y avoir autant de bandes de fréquence que la matrice comprend de colonnes. Ainsi, au terme d'un cycle d'impulsions complet, après le codage de la dernière ligne, toutes les "cases" de la matrice ont été codées par la phase et par la fréquence (celle-ci constitue le plan de Fourier). Le décodage, permettant de passer de ce plan à la matrice-image, se fait par une transformation de Fourier appliquée aux deux dimensions y et x (double transformation de Fourier).

Syn. gradient de lecture

Fourier (plan de), gradient, gradient bipolaire, précession libre

[B2,B3]

Édit. 2018

granulome actinique l.m.

actinic granuloma

Dermatose faite de lésions papuleuses à disposition annulaire, siégeant sur les régions photoexposées de la tête et du cou chez les sujets âgés, dont l'étude histologique montre, dans le derme moyen, une zone centrale dépourvue de fibres élastiques entourée d'un infiltrat lymphohistiocytaire comportant aussi quelques cellules épithélioïdes et des cellules à corps étranger contenant des débris de fibres élastiques.
Cette image fait supposer que des altérations actiniques des fibres élastiques du derme sont à l’origine des lésions. Mais, pour certains, il s’agirait d’un simple granulome annulaire survenant sur une peau modifiée par une élastose actinique.

J. P. O'Brien, dermatologue australien (1975)

Étym. gr. aktis, aktinos : rayon lumineux

granulome des piscines l.m.

swimming pool granuloma

Mycobactériose atypique cosmopolite due à Mycobacterium marinum (mycobactérie photochromogène à croissance lente) caractérisée par un ou plusieurs nodules, parfois verruqueux, parfois à groupement sporotrichoïde, survenant sur des régions exposées à l'eau des piscines, des aquariums ou de la mer.
L'image histologique est celle d'un granulome tuberculoïde sans nécrose, et les cultures y mettent Mycobacterium marinum en évidence. Différents antibiotiques peuvent être proposés : antituberculeux, cyclines, quinolones.

Syn. granulome des aquariums, maladie des aquariums, mycobactériose pisciaire

granulome facial de Lever l.m.

granuloma faciale, facial granuloma with eosinophilia

Lésion cutanée du nez, du front ou des joues, à type de plaque ou de nodule bien délimité, d'une teinte variable allant de celle de la peau normale au pourpre avec une dilatation des orifices folliculaires.
L'image histologique associe un infiltrat granulomateux avec de nombreux polynucléaires éosinophiles et, parfois, une vasculite leucocytoclasique. Qu'il y ait une seule lésion ou plusieurs, cette affection, difficile à traiter, reste bénigne.

W. F. Lever, dermatopathologiste américain (1950)

Syn. granulome éosinophile facial

granulome lipophagique l.m.

lipid granuloma

Granulome lié à la résorption macrophagique de graisses libérées dans l'hypoderme lors d'altérations du tissu adipeux ou de corps gras introduits sous la peau, et histologiquement caractérisé par la présence de cellules contenant des inclusions lipidiques qui confèrent un caractère spumeux à leur cytoplasme, et qui sont soit mono- soit multinucléées, ayant alors la morphologie de cellules de Touton.
Observé surtout dans les lésions de cystostéatonécrose ou de panniculite lobulaire, il correspond à un phénomène de réaction à corps étranger endogène qui peut compliquer secondairement n'importe quelle hypodermite : de ce fait, la constitution d'une image histologique granulomateuse sur une biopsie d'hypodermite n'est pas suffisante pour orienter à elle seule la recherche étiologique de cette hypodermite.

granulome à corps étranger endogène, oléome, paraffinome, granulome macrophagique, sclerosing lipogranuloma

granulome malin centrofacial (ou médiofacial) l.m.

idiopathic midline granuloma, malignant granuloma of face, letal midline granuloma of the face, midline granuloma Stewart type

Affection d'étiologie inconnue, caractérisée par une ulcération extensive granulomateuse non caséeuse qui entraîne une nécrose progressive du nez, des sinus paranasaux et du palais, avec destruction des structures creuses et osseuses ainsi que des tissus mous contigus de la face.
Prédominant chez la femme entre 50 et 60 ans, cette entité, d'autonomie d'ailleurs discutée, est à distinguer de la granulomatose de Wegener, de certaines tumeurs malignes (lymphome, carcinome) des voies aériennes supérieures et de certaines affections mutilantes parasitaires, mycosiques ou bactériennes telles que lèpre, histoplasmose, leishmaniose, etc.. Son image histologique est variable : aspect inflammatoire ou pseudotumoral ; présence ou non d'altérations vasculaires. Il pourrait, dans certains cas, s’agir d’un lymphome.

J. P. Stewart, otorhinolaryngologiste britannique (1933)

Syn. granulome malin du nez, granuloma gangraenescens, granulome de Stewart

granulomatose de Wegener

granulome nécrosant extravasculaire l.m.

extravascular necrotizing granuloma

Image histologique commune aux vasculites systémiques de type Wegener, aux papules rhumatoïdes, voire à certaines formes de lupus érythémateux et à des syndromes lymphoprolifératifs, correspondant cliniquement à des papulo-nodules érythémato-violines parfois ombiliqués ou nécrotiques siégeant aux membres supérieurs, surtout aux coudes et aux doigts.
Elle consiste en de petits granulomes palissadiques, surtout histiocytaires, entourant un petit foyer de nécrose généralement basophile comportant des débris nucléaires.

grille mobile l.f.

moving grid

Grille antidiffusante utilisée dans les appareils de radiodiagnostic, qui entre en mouvement au moment de la prise du cliché pour éviter sa surimpression sur l'image radiologique.
Son mouvement, assuré par un système électro-mécanique, peut être soit une oscillation amortie (grille vibrante), soit un va-et-vient continu entretenu par un moteur électrique (potter).

halo d'œdème l.m.

ring of edema

1) Historiquement, en radiologie digestive, image constituée par une couronne hypodense entourant la niche gastrique ou bulbaire emplie d'opacifiant.
Cet aspect était celui d'une niche ulcéreuse vue de face, entourée de son bourrelet d'œdème, plus particulièrement visible par compression abdominale élective ou par la technique de couche mince.
2) En IRM, halo en hypersignal en T2 entourant une lésion et traduisant son caractère évolutif.
Sa transformation graisseuse milite en faveur de la régression de la lésion (lésion « regraissante » = lésion régressante). J Malghem.
J Malghem, radiologue belge.

Syn. image en cocarde

[B2,B3]

Édit. 2018

halo (signe du) l.m.

halo sign

1) En scanographie pulmonaire, aspect en "verre dépoli" entourant une opacité ronde.
Sans être pathognomonique, une telle image est évocatrice d'une aspergillose invasive.
2) Au cours de la grossesse, hyperclarté ou anneau clair siégeant autour de la tête fœtale qui apparaît sur des radiographies puis sur des échographies.
Il traduit un épaississement ou un œdème du cuir chevelu, signe fréquent d’anasarque qui peut se rencontrer également en cas de mort du fœtus in utero.

halo naevus

[B2,K1,O3]

Édit. 2015

hamartome épidermique l.m.

epidermal hamartoma

Hamartome cutané bénin représentant une hyperplasie des constituants habituels de l’épiderme, sans composante nævocellulaire.
Il existe fréquemment des formes mixtes épidermique et annexielle ou hamartome verruco-sébacé. On connaît plusieurs aspects anatomocliniques. L’hamartome verruqueux simple, ou hamartome épidermique, forme la plus fréquente, correspond à une mutation somatique prenant la forme d’un relief papuloverruqueux suivant les lignes de Blaschko et dont l’examen histologique montre une simple hyperacanthose avec papillomatose et hyperkératose orthokératosique. La forme inflammatoire, ou hamartome épidermique inflammatoire linéaire, se distingue par sa nette prédominance dans le sexe féminin avec une apparition assez tardive, par l’existence de poussées inflammatoires et de prurit, par sa topographie strictement unilatérale et par son aspect érythématosquameux souvent psoriasiforme. L’hamartome verruqueux acantholytique, parfois bilatéral, est fait de plaques papuleuses, brunâtres, verrucoïdes, disposées en nappes tourbillonnantes avec une image histologique d’acanthokératolyse épidermolytique. Dans certains cas, un hamartome verruqueux disposé selon les lignes de Blaschko peut amener à envisager un conseil génétique du fait de la possibilité de transmission d’une érythrodermie congénitale ichtyosiforme bulleuse.

A. Blaschko, dermatologiste allemand (1901) 

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

hamartome verruqueux, hamartome verrucosébacé, lignes de Blaschko, hyperacanthose, érythrodermie congénitale ichtyosiforme bulleuse

[A3,F5,Q2,J1]

Édit. 2015

hamartome fibreux infantile l.m.

fibrous hamartoma of infancy

Tumeur rare du nouveau-né et du nourrisson, congénitale dans 15% des cas, consistant en un nodule souscutané de taille variable, siégeant à la moitié supérieure du corps : aisselle, cou, tronc, membre supérieur.
L'évolution est bénigne : la guérison complète est obtenue par l'exérèse chirurgicale. L'image histologique est particulière, avec composante adipeuse, fibroblastique et mésenchymateuse.

F. Enzinger, anatomopathologiste américain (1965)

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

Syn. hamartome fibreux d'Enzinger, fibrome congénital solitaire, fibromatose congénitale solitaire

[A3,F5,Q2,J1]

Édit. 2015

hamartome spongieux de la muqueuse buccale l.f.

white sponge nævus

Hyperplasie localisée de la muqueuse buccale, correspondant à une variété de kératose congénitale de la bouche.
La muqueuse jugale, site de prédilection, prend un aspect blanc-gris. Les lésions, exceptionnelles, sont légèrement papuleuses et se détachent par grattage. Il n'y a pas de traitement et aucune transformation maligne n'est décrite. Une transmission héréditaire selon un mode autosomique dominant est parfois observée. L'image histologique comporte une épaisse couche cornée parakératosique au-dessus d'un corps muqueux acanthosique fait de cellules claires. Cet aspect permet le diagnostic avec le leucœdème qui est acquis et non congénital.

A.B . Cannon, dermatologiste américain (1935)

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

Syn. nævus de Cannon (obs.), nævus spongiosus albus mucosae (obs.), hamartome épithélial de la muqueuse buccale

leucœdème

[A3,F5,Q2,P3]

Édit. 2015

hamartome verruqueux l.m.

verrucous hamartoma

Dysembryoplasie hyperplasique portant sur toutes les couches de l’épiderme, datant de l’enfance, formant des plaques circonscrites de forme habituellement allongée ou de minces bandes verruqueuses non prurigineuses, siégeant en général d’un même côté et dont la disposition linéaire le long des lignes de Blaschko, en particulier le long d’un membre, est très évocatrice, fixes et s’agrandissant avec la taille du sujet, bénignes mais pouvant récidiver même après ablation chirurgicale.
De telles lésions siégeant sur le visage ou le cuir chevelu, souvent un peu jaunâtres et définitivement alopéciques, ont une structure fréquemment plus complexe du fait de l’association de modifications annexielles : aplasie pilaire, altérations sébacées, présence éventuelle de glandes apocrines hétérotopiques voire d’un syringocystadénome papillifère : elles méritent alors le nom d’hamartome verrucosébacé; c’est sur elles que se développe un carcinome basocellulaire dans une proportion non négligeable de cas, d’où l’intérêt d’une surveillance attentive, voire d’une éventuelle ablation systématique.
La présence d’une image histologique de dégénérescence granuleuse de Lapière, ou acanthokératolyse ou épidermolyse, faisant alors parler d’hamartome acanthokératolytique ou épidermolytique, impose un conseil génétique étant donné le risque de transmission d’une érythrodermie congénitale ichtyosiforme bulleuse par mosaïcisme gamétique.
L’association à un hamartome verruqueux de manifestations extracutanées, surtout osseuses ou neurologiques, constitue le syndrome de l’hamartome épidermique.

Étym. gr. hamartein : se tromper , manquer

Syn. nævus verruqueux (obs.), nævus épidermique (obs.), nævus lateris unius (obs.)

hamartome épidermique, ichtyosis hystrix, lignes de Blaschko, syringocystadénome papillifère, hamartome verrucosébacé, dégénérescence épidermolytique, érythrodermie congénitale ichtyosiforme bulleuse, hamartome épidermique

[A3,F5,Q2,J1]

Édit. 2015

Hampton (ligne de) l.f.

Hampton’s line

Sur une radiographie gastrique, image claire barrant l'implantation d'une niche ulcéreuse, traduisant un pli œdémateux.

A. O. Hampton, médecin radiologue américain (1900-1955)

ulcère duodénal, ulcère gastrique

[L1,B2,2015]

Édit. 2015

Harms (zone de) l.f.

Harms’ area

Zone rétinienne de l'œil dévié sur laquelle se forme l'image de l'objet fixé par l'œil dominant.

H. Harms, ophtalmologiste allemand (1908-2003)

[P2]

Édit. 2015

Haudek (niche de) l.f.

Haudek's niche

Sur un cliché radiographique de l'estomac d'un sujet debout, volumineuse image d'addition pédiculée avec trois contrastes étagés (air, liquide gastrique, bouillie barytée).
Cet aspect correspond à un ulcère perforé bouché.

M. Haudek, médecin radiologue autrichien (1880-1931)

ulcère gastrique, ulcère duodénal

[B2,L1]

Édit. 2015

hémicercle aortique l.m.

aortic hemicircle

Sur le cliché radiographique de face du segment supérieur de l’ombre cardiaque, image qui dessine une courbe de petit rayon convexe en dehors, formée par le bord gauche de la partie horizontale de la crosse aortique.

[K2]

hépatographie n.f.

hepatography

Image radiographique du parenchyme hépatique opacifié par un produit de contraste iodé, introduit par voie artérielle ou veineuse.

Étym. gr. hêpar : foie, graphê : description

Syn. hépatogramme

artériographie mésentérique supérieure, artériographie splénique

[L1,B2]

hernie diaphragmatique traumatique l.f.

traumatic diaphragmatic hernia

Hernie consécutive à une rupture diaphragmatique ignorée, à une plaie diaphragmatique sans lésion viscérale abdominale, à la désunion secondaire d'une phrénotomie chirurgicale.
Elle s'observe surtout au niveau de la coupole gauche.
Souvent, la hernie a une symptomatologie digestive ou thoracique chronique.
Parfois le tableau clinique est aigu : strangulation gastrique ou occlusion intestinale haute à ventre plat avec douleurs, vomissements et dyspnée. L'examen radiologique fait découvrir une image gazeuse anormale de la base thoracique, quelquefois un syndrome de perforation. L'intervention est une extrême urgence.

Étym. lat. hernia : hernie

hernie

[L2]

hidradénome nodulaire l.m.

chondroid syringoma, eccrine acrospiroma, eccrine sweat gland adenoma of the clear cell type, nodular hidradenoma, solid cystic hidradenoma

Tumeur cutanée bénigne, rare, reproduisant la portion profonde des glandes sudorales (tube excréteur ou glomérule sécréteur) apocrine ou eccrine, réalisant un nodule ferme, souvent kystique, de teinte bleutée, siégeant dans le derme profond.
Histologiquement elle est faite d'amas cellulaires monomorphes creusés de cavités glandulaires, ou de digitations anastomosées, tassées les unes contre les autres ou séparées par des fentes plus ou moins réduites. Le stroma prend souvent un aspect hyalin. On peut parfois observer une double assise cellulaire au niveau des végétations ou de la paroi kystique. La tumeur peut prendre des aspects particuliers dus à des phénomènes divers tels que :
a) la présence de cellules claires riches en glycogène : c'est l'image appelée hidradénome à cellules claires ou myoépithéliome à cellules claires de Lever (obs.) ;
b) une prolifération myoépithéliale ;
c) une métaplasie malpighienne partielle ;
d) un remaniement du stroma évoluant vers un aspect chondroïde ou myxoïde (épithélioma à stroma remanié ; syringome chondroïde). L'évolution de la tumeur est favorable, quoique de rares cas avec métastases aient été décrits.

P. Masson, anatomopathologiste français en activité au Canada, membre de l'Académie de médecine (1880-1959) ; J. C. Grynfeltt, chirurgien français (1840-1913)

Étym. gr. hidros : sueur ; adên : glande ; ôma : tumeur

Syn. adénome sudoripare de Masson (obs.), adénoépithéliome de Grynfeltt (obs.)

épithélioma à stroma remanié, syringome chondroïde

[J1,F5]

Édit. 2015

histiocytome éruptif généralisé l.m.

generalized eruptive histiocytoma

Variété rare d'histiocytomes survenant chez l'adulte et consistant en d'innombrables papules couleur de la peau normale ou bleu-rouge, disséminées sur le visage, le tronc, la partie proximale des membres et les muqueuses, qui régressent spontanément en laissant des macules pigmentées.
L'image histologique comporte un infiltrat monomorphe de cellules histiocytaires envahissant la moitié supérieure du derme. L'affection pourrait être rapprochée du stade histiocytaire du nævoxanthendothéliome ou d'une xanthomatose disséminée.

R. K. Winkelmann et S. A. Muller, dermatologistes américains (1963)

[J1]

histiocytome fibreux inflammatoire l.m.

inflammatory fibrous histiocytoma

Tumeur mésenchymateuse maligne, bien que le caractère de malignité n'apparaisse pas dans cette appellation, proche de l'histiocytosarcome primitif et de l'histiocytome fibreux malin, mais dont l'image histologique comporte de nombreuses cellules xanthomateuses à cytoplasme clair, abondant, granuleux et à noyau atypique, ainsi qu'une composante inflammatoire souvent importante.

Syn. xanthosarcome inflammatoire

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