Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

535 résultats 

kappa (coefficient) n.m.

Kappa value

Coefficient qui, à l’image d’un test statistique permet de faire la part du hasard dans les résultats d’une étude de concordance.

concordance

kératite ponctuée superficielle l.f.

superficial punctata keratitis

Kératite caractérisée par un dépoli affectant tout ou partie de la surface cornéenne.
Le test à la fluorescéine 2% est positif : le colorant s'infiltre entre les pertes de substances cellulaires. Les signes fonctionnels sont variables : douleurs, trouble visuel, photophobie, blépharospasme. Il peut y avoir hypersécrétion lacrymale. La kératite ponctuée superficielle peut se compliquer d'érosions épithéliales ou d'ulcère de la cornée.
Les étiologies sont très nombreuses : sécheresse oculaire par non fermeture de la fente papébrale (atteinte du nerf VII), par hyposécrétion lacrymale au cours de maladies générales spécifiques, d'avitaminoses A ou PP, par kératite microbienne et virale, par kératites dystrophiques (neuroparalytique, secondaire aux agents physiques ou chimiques), par kératite allergique, parasitaire, etc.

Kleihauer (test de) l.m.

Kleihauer and Betke’s technique, Kleihauer's test

Technique qui permet de distinguer, après élution acide et coloration par l'hématoxyline, les hématies fœtales, résistantes à l'acide et colorées, des hématies adultes hémolysées, visibles mais non colorées.
Le test de Kleihauer est utilisé pour mettre en évidence des hématies fœtales sur un frottis de sang maternel et permet ainsi de porter le diagnostic d'hémorragie fœtomaternelle, c'est-à-dire de saignement, avant ou pendant la naissance, du fœtus dans l'organisme maternel

E. Kleihauer, pédiatre allemand (1957)

transfusion fœto-maternelle

Koch (phénomène de) l.m.

Koch's phenomenon

Phénomène inflammatoire intense, d'évolution nécrotique, provoqué par la réinoculation d'un germe figuré.
Koch a remarqué en 1891 qu'inoculer du Mycobacterium tuberculosis aux cobayes pour la première fois ne donnait pas de réaction, mais que si on inoculait ce microbe chez un animal déjà infecté, que la mycobactérie soit vivante ou morte, on obtenait une réaction inflammatoire importante suivie de nécrose et de phénomènes généraux intenses, parfois jusqu'à entraîner la mort. Cette réaction, retardée, liée à des phénomènes d'immunité cellulaire, est à l'origine du test tuberculinique. Il a fait l'objet expérimentalement d'une désensibilisation qui l'atténue ou même le supprime.

R. Koch, bactériologiste allemand, membre de l’Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1905 (1843-1910)

Kruskal-Wallis (test de) l.m.

Kruskal-Wallis’ test

Test statistique non paramétrique pour estimer les liens entre plus de deux variables qualitatives sur des échantillons indépendants et une variable quantitative.

W. Kruskal et W. A. Wallis, statisticiens américains (1952)

Kunkel-phénol (réaction de) l.f.

Kunkel phenol test

Réaction de floculation de lipoprotéines du sérum sanguin par une solution de phénol à 1 p. 100 contenant 12 p. 100 de chlorure de sodium.
Cette réaction, qui consiste à ajouter à 0,1 mL de sérum 1,8 mL de la solution phénolique, a été proposée comme test opacimétrique du degré de la lipidémie, mais trop de facteurs interfèrent avec cette floculation, qui concerne aussi certaines protéines, comme fibrinogène, globulines de myélomes, etc., si bien qu’elle n’est actuellement plus utilisée.

H. G. Kunkel, biochimiste américain (1948)

Kunkel-zinc (réaction de) l.f.

Réaction de floculation de certaines fractions protéiniques du sérum par un réactif contenant du sulfate de zinc à 0,24 g/L.
Cette réaction a été proposée comme test d'anomalie de la constitution protéinique du sérum dans diverses conditions pathologiques, en particulier les hépatites qui se caractérisent par une augmentation des α-globulines. Cette réaction n’est toutefois plus utilisée en pratique, car trop peu spécifique.

H. G. Kunkel, biochimiste américain (1947)

Syn. réaction de Kunkel

L1

[C1, L1]

Édit. 2018

Kveim (test de) l.m.

Kveim's test

Test diagnostique actuellement abandonné qui consistait à injecter par voie intradermique au patient suspect de sarcoïdose un broyat de tissu sarcoïdosique.
Le développement d'un granulome sarcoïdosique histologiquement prouvé au site d'injection était considéré comme un argument diagnostique important en faveur de la sarcoïdose.

M. Kveim, dermatopathologiste norvégien (1941)

Syn. intradermoréaction de Kveim

sarcoïdose

[K1, N3]

Édit. 2018

Lahm-Schiller (test de) l.m.

Lahm Schiller’s test

Coloration par la solution de lugol du col utérin et du vagin qui teinte par l'iode en brun acajou les cellules normales riches en glycogène, les cellules iodonégatives indiquant une zone de transformation atypique qui doit faire l’objet d’une biopsie.
L'épithélium normal du col se colore en rouge-brun par l'application de lugol grâce à la réaction de cette solution avec le glycogène contenu dans ses cellules. La muqueuse néoplasique bénigne ou maligne, dépourvue de glycogène, ne fixe pas le lugol et reste blanchâtre ou prend la couleur peau de chamois. Le test précise les contours de la lésion, nets ou flous. Il reconnaît les états inflammatoires de la muqueuse.

W. Lahm, gynécologue obstétricien allemand (1889-1975) ; W. Schiller, gynécologue et anatomopathologiste américain (1933)

Syn. test de Schiller

Lancaster (test de) l.m.

Lancaster’s test

Test haploscopique permettant l'étude de la motilité oculaire et la mesure de la déviation strabique selon les directions du regard.
Méthode de dépistage et d’analyse des paralysies oculomotrices, utilisant un écran mural quadrillé, des verres colorés, des taches lumineuses.

W. Lancaster, ophtalmologiste américain (1939)

Lang (test de) l.m.

Lang’s stereotest

Test d'acuité stéréoscopique à points aléatoires.
Il existe deux tests de Lang, l'un pour la vision de près : Lang I (chat, voiture, étoile). Acuité stéréoscopique mesurée de 1 200 à 550 secondes d'arc ; l'autre pour la vision de loin : Lang II (étoile). Acuité stéréoscopique de 550 à 200 secondes d'arc.

J. I. Lang, ophtalmologiste suisse (1982)

leishmanine n.f.

leishmanine

Protéine antigénique extraite de prosmatigotes utilisée pour un test intradermique (intradermoréaction) dans les leishmanioses.

Lewis (épreuve de) l.f.

Lewis’ test, Lewis’ sign.
Epreuve acoumétrique comparant la perception lors d’une stimulation acoustique en conduction cartilagineuse et en conduction osseuse.
Le diapason est placé dans un premier temps sur le tragus puis sur la mastoïde. Le sujet doit comparer les deux types de perception. En cas d’audition normale ou de surdité de perception, la perception du son du diapason utilisant une stimulation par conduction cartilagineuse est nettement plus intense que celle utilisant la voie osseuse. Le « Lewis » est dit positif. En cas de surdité de transmission, particulièrement en cas de blocage ossiculaire (otospongiose), le phénomène inverse se produit. Le « Lewis » est alors dit négatif.

E. R. Lewis, otorhinolaryngologiste américain (1925)

Syn. test de Lewis-Federici

otospongiose

LH-RH (test à la) l.m. sigle angl. f. pour Luteinizing Hormone Releasing Hormone.

Épreuve fonctionnelle qui apprécie, après injection intraveineuse de LH-RH, la réserve hypophysaire en gonadostimulines FSH et LH.
Une élévation des teneurs plasmatiques de FSH et LH sous stimulation par LH-RH traduit un bon fonctionnement hypophysaire du secteur gonadotrope, alors que l'absence de réponse est l'indice d'une altération hypophysaire. Une réponse explosive témoigne au contraire d'une hypersensibilité hypophysaire caractéristique du syndrome de Stein-Leventhal.
En présence d’une infertilité masculine, ce test permet de différencier les déficits gonadotropes dont la réponse à la stimulation est faible, des insuffisances testiculaires primaires qui répondent par des valeurs très élevées.

ovaires polykystiques (syndromes des)

lin n.m.

flaxseed

Plante annuelle des climats tempérés cultivée à la fois à des fins textiles et pour ses graines oléagineuses.
La farine de lin fut utilisée pour la confection de cataplasmes émollients. L'huile est fortement siccative et donc très utilisée dans l'industrie des peintures, vernis, cires. Le tourteau résiduel entre dans la composition d’aliments pour le bétail, en proportions modestes en raison de la présence d’un glucoside cyanogénique. Les fibres de lin ont trouvé des applications diverses pour la fabrication de divers matériaux d’habitation.
Les incidents allergiques, essentiellement respiratoires, à type de coryza ou d'asthme bronchique. provoqués par la poussière issue des divers organes du lin peuvent se rencontrer soit dans les huileries et leur environnement du fait de la dissémination par le vent, soit des agriculteurs qui utilisent des tourteaux de lin comme aliment du bétail. Le test au lin par scarification donne des réponses très nettes et parfois même violentes. Les malades allergiques au lin sont souvent très sensibles à d'autres oléagineux, en particulier au ricin, en raison de centres de traitement communs.

luétine n.f.

luétine

Extrait antigénique de Treponema pallidum autrefois utilisé pour évaluer la réactivité de l'hôte par un test intradermique.

Syn. luotest (obs.)

lues

lupus érythémateux chronique l.m.

chronic lupus erythematosus, discoid lupus erythematosus

Forme cutanée relativement fréquente de lupus érythémateux, dont la définition repose essentiellement sur un aspect clinique de plaque associant érythème, hyperkératose et atrophie cicatricielle, siégeant surtout sur le visage et le cuir chevelu, et présentant très fréquemment une photosensibilité.
Un tableau anatomopathologique en général assez typique complète cette définition, ajoutant à l'atrophie épidermique et à l'hyperkératose une liquéfaction de la couche basale de l'épiderme, des bouchons cornés et un infiltrat inflammatoire lymphocytaire périannexiel avec, sur le plan immunologique, la présence à la jonction dermo-épidermique, de dépôts immuns mis en évidence en immunofluorescence par le "lupus band test".
L'expression lupus érythémateux tumidus désigne une variété à type de placard érythémateux et œdémateux sans atrophie ni hyperkératose, celle de lupus érythémateux crétacé une variété où l'hyperkératose est majeure et celle de lupus érythémateux chronique disséminé une forme actuellement plutôt rattachée au lupus érythémateux subaigu.
Si l'affection présente un lien de parenté certain avec les autres lupus érythémateux, elle reste dans l'immense majorité des cas strictement cutanée, grevée seulement de cicatrices inesthétiques. Elle peut toutefois être exceptionnellement associée à des signes de lupus érythémateux systémique. Son traitement repose sur les antipaludéens de synthèse et la photoprotection.

A. Cazenave, dermatologue français (1845)

Syn. lupus érythémateux discoïde

Lyme (maladie de) l.f.

Lyme disease, Lyme borreliosis

Maladie infectieuse due à un spirochète du genre Borrelia et dont l'évolution clinique comporte classiquement trois phases : la première est dermatologique, la deuxième est dominée par des manifestations rhumatismales et nerveuses, la troisième, tardive, a une symptomatologie surtout cutanée, articulaire ou nerveuse.
Les principaux agents étiologiques sont
Borrelia burgdorferi (en Eurasie et en Amérique du Nord), B. garinii, et B. afzelii (en Europe). La transmission est assurée par des tiques (principalement Ixodes ricinus et I. persulcatus en Eurasie, I. dammini et I. pacificus en Amérique) et les réservoirs sont constitués par des mammifères forestiers (rongeurs, cervidés,...) et peut-être des oiseaux.
La phase précoce du tableau clinique correspond à l'érythème migrant
(erythema chronicum migrans). Au cours de la deuxième phase, marquée par une dissémination, peuvent survenir méningite lymphocytaire, paralysie faciale, neuropathie périphérique, polyradiculonévrite hyperalgique, arthrites, plus rarement des troubles cardiaques (bloc auriculo-ventriculaire principalement), des lésions oculaires, une hépatite fruste. La troisième phase, plus tardive, peut comporter une acrodermatite chronique atrophiante, un lymphocytome cutané bénin et des manifestations articulaires ou neurologiques prolongées. Tous ces symptômes peuvent survenir isolément ou être associés selon diverses modalités ; l'évolution, en l'absence de traitement, se fait sur plusieurs mois ou années. L'isolement des bactéries est très difficile. Le diagnostic est surtout clinique mais peut être confirmé par des examens sérologiques (immunofluorescence, test ELISA) qui demeurent toutefois assez peu sensibles aux phases 1 et 2. Le traitement, qui doit être entrepris précocement et durer de deux à quatre semaines, fait appel à l'amoxicilline, aux cyclines, aux macrolides ou à la ceftriaxone.
La borréliose de Lyme est reconnue comme maladie professionnelle en France depuis 1942, dans le régime général d'assurance maladie (n°19) et dans le régime agricole (tableau 5 bis) pour toutes ses manifestations primaires (cutanées avec ou sans signes généraux), avec un délai de prise en charge de 30 jours, secondaires  (neurologiques, cardiaques et articulaires) avec un délai de prise en charge de 6 mois, et tertiaires  (encéphalomyélite progressive, dermatite chronique atrophiante et arthrite chronique destructive)  avec un délai de prise en charge de 10 ans, et ceci pour tous travaux dans des zones présentant un couvert végétal et tous travaux de soins aux animaux ou en laboratoire de bactériologie ou parasitologie. 

A. C. Steere, médecin rhumatologue américain (1977), Ch. Garin et A. Bujadoux, médecins internistes français (1922)

Étym. Lyme, ville du Connecticut (USA) où la maladie a été identifiée pour la première fois par Steere

Syn. borréliose de Lyme

erythema chronicum migrans, lymphocytome cutané bénin, acrodermatite chronique atrophiante, Lyme (neuropathies de la maladie de), Bannwarth (syndrome de), Lyme (arthrite de), borréliose de Lyme, Ixodes ricinus, Borrelia burgdorferi,Ixodidae, erythema chronicum migrans, ELISA (technique), amoxicilline, tétracyclines, macrolide, ceftriaxone

[D1, D4, E3, H1, I1, J1, L1 ]

Édit. 2019

lymphocytaire (culture mixte) l.f.

lymphocytic mixed culture

Réaction in vitro permettant d’apprécier la réactivité des lymphocytes d’un sujet à l’égard des antigènes d’histocompatibilité portés par les lymphocytes d’un autre sujet.
La culture mixte de lymphocytes peut être utilisée soit comme test d’histocompatibilité, soit pour apprécier l’immunocompétence des cellules T en cas de déficit immunitaire.

lyse (test de) l.m.

dye test

Test de sérologie naguère appliqué au sérodiagnostic de la toxoplasmose qui consiste à mettre en présence des toxoplasmes vivants, entretenus sur ascite de Souris, du complément et des dilutions du sérum à étudier.

Syn. réaction de Sabin et Feldmann

McIsaac (score de) l.m.

Score déterminant la conduite thérapeutique devant une rhinopharyngite aigüe ou une angine chez l’adulte et l’adolescent à partir de 15 ans.
Un score inférieur à 2 n’indique pas de traitement. Supérieur à 2 il justifie un test de diagnostic rapide (TDR) lequel conduira éventuellement à une antibiothérapie.

critères points
température > 38° 1
absence de toux 1
adénopathies cervicales douloureuses 1
augmentation du volume ou exsudat amygdalien 1
âge de 15 à 44 ans 0
âge > 45 ans -1
entre 3 et 15 ans le TDR doit toujours être réalisésans tenir compte de ce score  

W. J. McIsaac, médecin canadien ( 1998)

test de diagnostic rapide des angines streptococciques

Magitot (périmètre de) l.m.

Magitot's perimeter

Instrument ancien qui comportait un arc périmétrique orientable avec appuie-tête.
Le test était présenté au sujet à l'aide d'un pistolet projecteur d'indpar exemple Ce périmètre était une adaptation pour l'examen clinique du périmètre de recherche de Ferree et Rand.

A. Magitot, ophtalmologiste français (1935) ; C. E. Ferree et Gertrude Rand, psychologues américains (1934)

Manning (score de) l.m.

Manning score

Méthode échographique d'évaluation du bien-être fœtal et le risque de souffrance fœtale en appréciant les mouvements globaux, le tonus et les mouvements respiratoires du fœtus, la quantité de liquide amniotique, ainsi que le rythme cardiaque fœtal.
Chaque paramètre vaut deux points avec un total de 10. Le test peut être effectué dès que l’enfant est viable ; il permet de prendre la décision de provoquer l’accouchement s’il n’est pas satisfaisant.

F. A. Manning, gynécologue américain (1990)

Syn. profil biologique fœtal

Mann-Whitney (test de) l.m.

Mann-Whitney’s test

Test statistique non paramétrique pour estimer les liens entre deux variables qualitatives et une variable quantitative.

H. B. Mann et D. R. Whitney, mathématiciens américains (1947) ; F. Wilcoxon, statisticien américain (1945)

manœuvre de secouement rapide de la tête l.f.

head shaking test

Manœuvre de secouement rapide de la tête, dans les plans horizontal et vertical, ayant pour but d’explorer la symétrie des circuits vestibulo-oculaires.
Pour l’exploration dans le plan horizontal, le praticien fait effectuer à la tête du patient des mouvements rapides de rotation de droite à gauche durant 10 allers et retours environ. Les mouvements oculaires sont observés à l'arrêt de la tête en position médiane. Tout nystagmus déclenché dans de telles conditions est pathologique car il indique une asymétrie sur les circuits vestibulo-oculaires. Il bat vers le côté le plus puissant.
Pour l’exploration dans le plan horizontal, le mouvement de la tête est effectué de haut en bas mais le nystagmus observé n'a pas de valeur sémiologique univoque. En effet, un nystagmus vertical peut être observé chez des sujets indemnes de toute pathologie des récepteurs ou des voies vestibulaires.
La réalisation de ce test est améliorée par la vidéonystagmographie :

vestibulaire (examen)

[P1]

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