Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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mégacôlon congénital l.m.

congenital megacolon

Dilatation du côlon du nouveau-né se manifestant précocement par une grave occlusion ou un peu plus tardivement par de la constipation et une distension abdominale, le plus souvent secondaire à un obstacle fonctionnel lié à un trouble de l'innervation de la région rectosigmoïdienne avec absence des ganglions nerveux (plexus de Meissmer).

G. Mya, pédiatre italien (1894) ; H. Hirschsprung, pédiatre danois (1887) ; F. Ruysch,  anatomiste néerlandais  (1638-1731)

Étym. gr. megas : grand, gros : côlon :  gros intestin

Syn. maladie de Hirschsprung de l'enfant, maladie de Mya, de Ruysch

Hirschsprung (maladie de)

méiose n.f.

meiosis

Division cellulaire se produisant au cours de la gamétogénèse de la plupart des cellules reproductrices eucaryotes, contenant chacune 2n chromosomes et conduisant à une réduction de moitié (n) du nombre des chromosomes ; de diploïdes les cellules deviennent haploïdes.
La gamétogénèse masculine et féminine amène le nombre de chromosomes de 46 à 23. Cette division cellulaire opère également une redistribution des gènes entre chromosomes homologues de telle sorte que chacun d'entre eux diffère ensuite du chromosome initial. La méiose comprend deux divisions cellulaires successives :
- la première (mitose réductionnelle) permet de passer de la diploïdie à l'haploïdie. Pendant la prophase, le rapprochement et l'accolement des deux chromosomes de chaque paire permettent l'échange de segments chromosomiques au cours du dédoublement des chromosomes. Elle est suivie de la métaphase et de l'anaphase ;
- la deuxième (mitose équationnelle) donne deux cellules haploïdes à partir d'une cellule haploïde. Elle comporte une séparation des chromosomes sans synthèse de nouveau matériel chromosomique. La chronologie de la méiose est différente dans les deux sexes.
Lors de la fécondation la réunion des gamètes assure la recombinaison génétique diploïde.

A. Weismann, biologiste allemand (1887)

Étym. gr. meiosis : réduction, de meiôn : moins

améiose, fécondation, mitose

melæna spuria l.m.

meloena spuria

Melæna du nouveau-né par déglutition de sang provenant de lésions du mamelon maternel au cours des têtées.

Étym. gr. melaïna de melas, melanos : noir

mélanose pustuleuse néonatale transitoire l.f.

transient neonatal pustular melanosis

Pustulose aseptique spontanément régressive du nouveau-né à peau noire consistant en une éruption présente à la naissance, polymorphe, diffuse, faite de pustules, de croûtelles et de petites macules pigmentées dont le début in utero est probable.
Cette entité est voisine de l'érythème toxique néonatal. L'examen histologique montre des pustules intra et sous-cornées à polynucléaires neutrophiles et éosinophiles et des dépôts de pigment mélanique dans le derme. Cette affection est à distinguer des autres pustuloses néonatales notamment infectieuses (staphylocoque doré, candida, Malassezia furfur, virus). Il n'y a pas de traitement.

Étym. gr. melas, melanos : noir ; nosos : maladie 

membrane hyaline l.f.

hyaline membrane

Membrane fibrinoïde tapissant les alvéoles pulmonaires du nouveau-né en cas de déficit ou d’absence de surfactant.
Ce dépôt fibrineux recouvre, sous forme d'un film éosinophile, la surface de la cavité alvéolaire pulmonaire et contient des résidus lipidiques provenant de la nécrose des cellules épithéliales alvéolaires.
Elle est responsable de la maladie des membranes hyalines du prémauré.
Elle s’observe aussi chez l’adulte au décours du syndrome de détresse respiratoire aiguë après la régression de l’alvéolite œdémateuse avant l’évolution vers la fibrose.

Étym. lat. membrana  : membrane : hyalinus (gr. hyalinos) : transparent

maladie des membranes hyalines

syndrome méningo-cutanéo-articulaire chronique de l'enfant l.m.

chronic infantile neurological cutaneous articular syndrome

Ensemble symptomatique rare d'évolution chronique observé chez le nouveau-né ou le jeune enfant, fait d'une éruption cutanée à type d'urticaire généralement non prurigineuse migratrice, d'atteinte articulaire inflammatoire, et de troubles neurologiques et sensoriels.

Anne-Marie Prieur et C. Griscelli, pédiatres français (1981)

Sigle CINCA syndrome

[H1, I2, J1, O1, P1, P2 ]

Édit. 2018

mérocrine adj.

merocrine
1) Se dit d'une glande dont la sécrétion se fait par expulsion hors de la cellule : le protoplasme cellulaire est préservé, la cellule demeure apte à poursuivre l’élaboration d’un nouveau matériel sécrétoire.
2) Se dit de cette sécrétion elle-même.
Ce type de sécrétion exocrine concerne les cellules mucipares gastriques, les acini séreux et muqueux.

L. Ranvier, histologiste français, membre de l'Académie de médecine (1869)

Étym. gr. méros : partie, krinein : sécréter

cellules mucipares gastriques, acini séreux et muqueux.

mérycisme en psychiatrie l.m.

merycism and psychiatry

Affection rare, caractérisée, après un séjour plus ou moins long des aliments dans l'estomac, par leur retour dans la bouche pour y être remâchés puis avalés de nouveau.
Ce comportement aberrant répété survient chez le nourrisson de six à huit mois lorsqu'il se croit seul, s'enfermant alors, comme étranger au monde, dans un état de retrait. S'il se pérennise, il peut  entraîner une dénutrition sévère, mettant parfois en jeu le pronostic vital. On relève souvent d'importants facteurs de carence affective (hospitalisme, mère dépressive, etc.). Le mérycisme de l'adulte peut s'observer surtout chez les boulimiques et les arriérés profonds.

Étym. . gr. mêrukomai : je rumine

Syn. rumination

mésocôlon transverse l.m.

mesocolon transversum (TA)

transverse mesocolon

Segment du mésentère commun qui, après la rotation de l’anse ombilicale, est en rapport avec le côlon transverse qu’il rattache à la paroi postérieure de l’abdomen.
Sa racine croise la partie descendante du duodénum et la face antérieure de la tête du pancréas, puis longe le bord inférieur du corps du pancréas et se termine sur le diaphragme au-dessous de la rate. Ce méso est accolé à la face antérieure du duodénum et du pancréas au voisinage de la courbure colique droite ; il est libre à sa partie moyenne ; il est à nouveau fixé au voisinage du ligament phrénico-colique.

mésentère commun

métatarsus varus congénital l.m.

pes adductus, metatarsus varus

Déformation du pied définie par un déjettement des métatarsiens du côté médial par rapport à l'axe du pied.
Il se rencontre souvent chez le nouveau-né et se corrige habituellement par des attelles collées de Denis Browne ou de petites attelles plâtrées ou en résine modelable.

Étym. gr. meta- : après ; tarsos : pied ; lat. varus : tourné en dedans

Browne (attelle de)

[I2, 01]

Édit. 2018

méthode de Credé l.f.

1) Instillation de nitrate d’argent dans les conjonctives du nouveau-né pour prévenir la conjonctivite purulente.
2) en obstétrique :  Syn.de la manœuvre de Credé.

C. S. F. Credé, gynécologue et obstétricien allemand ( 1884)

Credé (manœuvre de)

[O3, P2]

Édit. 2018

milium n.m.

milium

Ensemble de granulations cutanées bénignes de la taille d'une tête d'épingle, blanche ou jaunâtre, parsemant la peau du nouveau-né, en particulier sur le visage.

Étym. lat. milium : grain de millet

milium (grain de) l.m.

milium, grutum

Petit kyste épidermique superficiel de la grosseur d'une tête d'épingle, de teinte ivoirine ou blanchâtre, correspondant à un follicule pilosébacé dilaté et rempli de kératine disposée en lamelles concentriques.
Les grains de milium, souvent nombreux, s'observent chez le nouveau-né par suite d'une rétention sébacée transitoire, et chez l'adolescent et l'adulte par obturation des canaux pilaires de follicules lanugineux. Ils peuvent se former également sur des cicatrices, sur des brûlures et au cours de dermatoses bulleuses par rétention des canaux excrétosudoraux (milium eccrine). Ils disparaissent souvent spontanément. Leur extirpation est facile avec un vaccinostyle ou une aiguille biseautée.

Étym. lat. milium : grain de millet 

Syn. nævus kystique (obs.), kyste épidermique, grutum

modèle du choix de la copie l.m.

copy-choice model

Modèle moléculaire de recombinaison génétique de l'ADN selon lequel, lors de la réplication, l'ADN polymérase passerait d'un brin d'une molécule à un brin d'une autre molécule et produirait ainsi un nouveau brin recombiné.

cassure-et-réunion (modèle de la)

mortalité (table de) l.f.

mortality table

Description sous forme de tableau de la survenue de décès dans une génération et selon une échelle d’âges.
Sur la base d’un nombre initial arbitraire de nouveau-nés, généralement  une puissance de 10, appelé racine de la table, la table de mortalité donne pour la suite des anniversaires : le nombre de survivants à ces anniversaires, le nombre de décès entre deux anniversaires successifs, le quotient annuel de mortalité à chaque âge. D’autres données peuvent y être associées, comme l’effectif de la population et l’espérance de vie correspondant aux différents âges.

mort évitée du nouveau-né l.f.

newborn avoided death

Arrêt apparent et transitoire de la circulation et de la respiration survenant chez un nouveau-né assoupi dans son berceau.
L’attention des parents est attirée par l’arrêt des bruits respiratoires et la cyanose ; les phénomènes cessent après réveil et stimulations physiques du nourrisson. Ces phénomènes peuvent se répéter et aboutir à une mort subite.

mort subite du nouveau-né l.f.

newborn sudden death

Mort brutale d’un nouveau-né bien portant.
La mort s’observe le plus souvent au cours des six premiers mois de la vie, le nourrisson dormant dans son berceau : sa fréquence est de 1 à 3 pour mille naissances.
La cause encore mal connue est sans doute liée à une anomalie de maturation du système nerveux central assurant mal les fonctions végétatives.

mort évitée du nouveau-né

motivation n.f.

motivation

Vaste ensemble de processus dynamiques, conscients ou inconscients, comportant en particulier les émotions, qui orientent l'action d'un individu vers un but donné.
Un circuit cortico-sous-cortical comportant les aires corticales paralimbiques du lobe frontal, le striatum dit limbique ou ventral (essentiellement la partie interne de la tête du noyau caudé), le pallidum interne, le noyau médiodorsal du thalamus, lui-même se projetant à nouveau sur les aires frontolimbiques, pourrait constituer le substratum cérébral de la motivation chez l'Homme. Situé dans la profondeur du lobe temporal, juste en avant de l'hippocampe, le complexe nucléaire amygdalien est la clef de voûte du système.
Des lésions du système limbique, notamment amygdaliennes, peuvent effectivement être responsables de modifications comportementales (syndrome de Klüver et Bucy), notamment d'apragmatisme, perte de l'autoactivation, apathie, aboulie et manque de motivations. Certains auteurs assimilent ces troubles à l'athymhormie.
Ainsi, les formes déficitaires des schizophrénies seraient liées à un dysfonctionnement dopaminergique par destruction des cellules du striatum limbique.
Malgré de nombreuses inconnues persistantes, de telles données jettent de nouveaux ponts entre neurosciences, neurologie et psychiatrie.

H. Klüver, neuropsychologue et P. C. Bucy, neurochirurgien américains (1937)

Étym. lat. motivus : qui meut (de movere : bouger, mouvoir)

autoactivation psychique (perte d'), Klüver et Bucy (syndrome de), athymhormique (syndrome)

myiase des plaies l.f.

wound myiasis, traumatic myiasis

Infestation d’une plaie, traumatique ou non, par des larves de mouches qui y provoquent des lésions graves ou bénignes, mais dont l’action peut aussi se montrer bénéfique.
Cochliomyia hominivorax, ou lucilie bouchère américaine ou screw worm, peut être responsable de lésions graves, parfois profondes, voire mortelles.
En revanche, Larrey a, le premier, signalé l’effet bienfaisant des larves de “mouches bleues”. Lucilia sericata a été utilisée, à partir de 1931, pour nettoyer les plaies humaines par Baer, qui avait constaté pendant la guerre de 1914-1918 que les plaies des blessés envahies par ses larves étaient propres. Cette méthode, introduite en France par E. Brumpt, qui traitait même l’ostéomyélite, abandonnée depuis l’apparition des antibiotiques, peut être à nouveau utilisée.

D. J. Larrey, baron, chirurgien militaire français, membre de l’Académie de médecine (1766-1842) ; E. Brumpt, parasitologue français, membre de l’Académie de médecine (1877-1951)

Étym. gr. myia : mouche

myiase, Cochliomyia hominivorax, Lucilia

[D1, D2, G5]

Édit. 2019

nævus congénital mélanocytaire géant l.m.

Lésion dermatologique pigmentée présente chez le nouveau-né dès la naissance, mesurant plus de 10 cm de diamètre, composée d’une très grande quantité de mélanocytes, cellules pigmentaires  qui ont migré depuis la crête neurale. 
La fréquence des nævi congénitaux est estimée en moyenne à 1 sur 500 000 naissances, mais les données épidémiologiques sont limitées. La cause exacte du développement de ces nævi congénitaux n’est pas encore complètement définie  mais il s'agirait probablement d'une mutation acquise au niveau d’une cellule mélanocytaire à partir de la fin du premier mois de grossesse ou plus tard. Parmi les gènes impliqués on retrouve le gène NRAS, et le gène BRAF. La mutation étant somatique, la transmission familiale est exceptionnelle. Le risque d’évolution vers un mélanome malin est encore assez mal déterminé mais se situerait entre 1 et 5%.

NRAS gène, BRAFgene, mélanome

néologisme n.m.

neologism

Création par le patient d'un mot nouveau qui ne fonctionne pas dans l'échange linguistique et ne parvient pas à fonctionner dans le langage commun, ou utilisation d'un mot habituel avec une signification détournée, dite paralogisme (Snell, 1852).
Qu'ils soient phonétiques ou sémantiques, ces "mots fabriqués" peuvent être isolés au milieu d'un langage normal ou constituer un véritable néolangage. En psychiatrie, où ils ne sont pas fréquents, il s'agit surtout de schizophrènes, de délirants chroniques ou de maniaques. C'était un signe classique de chronicité.
Dans l'aphasie de Wernicke, destinés à remplacer les mots perdus, ils sont très nombreux et peuvent constituer une jargonaphasie.

L. Snell, psychiatre allemand (1817-1892)

paralogisme, schizophasie, verbigération

néonatal adj.

neonatal

Qui concerne le nouveau-né, Par ex. la mortalité néonatale, la détresse respiratoire néonatale.

néonatologie n.f.

Etude du nouveau-né normal ou pathologique.

périnatologie

néphroblastomatose n.f.

nephroblastomatosis

Infiltration du parenchyme rénal par un tissu tumoral blastomateux, de façon diffuse ou localisée, superficielle ou nodulaire.
Ces affections tumorales très rares du nouveau-né sont incompatibles avec la vie ou d'un grave pronostic.

blastème rénal, néphroblastome

neutropénie allo-immune l.f.

alloimmune neutropenia

Neutropénie du nouveau-né : à la suite d'un passage fœto-maternel de globules blancs, la mère s'immunise contre les antigènes d'origine paternelle exprimés par ces cellules.
La neutropénie est alors consécutive à une allo-immunisation, de nature IgG, contre les antigènes spécifiques des neutrophiles (NA1, NA2, NB1, NB2). Des iso-anticorps anti-CD16 ont été décrits. L'immunisation anti-HLA, bien que fréquente, est exceptionnellement la cause de neutropénie néonatale. La neutropénie est mise en évidence dans un contexte infectieux qui va nécessiter un traitement antibiotique. L'évolution est favorable et la guérison est observée en 15 jours à 5 mois.

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