Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cancer canalaire in situ du sein l.m.

in situ ductal carcinoma of the breast

Prolifération de cellules épithéliales malignes, développée à l'intérieur des canaux galactophores sans effraction de la membrane basale, et donc a priori sans risque d'atteinte ganglionnaire ou métastatique.
Il représente environ 90% des cancers du sein in situ. Il est principalement évoqué devant un foyer de microcalcifications découvert sur une mammographie de dépistage. Le diagnostic est établi généralement par les macrobiopsies après repérage stéréotaxique. En fonction de l’architecture, du grade nucléaire et de la présence ou non d'une nécrose centrale, on distingue les types cribriforme, micropapillaire, solide et comédocarcinome, forme la plus agressive, définie par une nécrose associée à un haut grade nucléaire. Le pronostic se fonde sur l'index pronostique de Van Nuys, basé sur le grade histologique (établi en fonction du grade nucléaire et de l'existence d'une nécrose), la taille de la tumeur et l'étendue des marges saines d'exérèse). Le traitement (tumorectomie suivie de radiothérapie ou simple mastectomie) dépend de cet index ainsi que du caractère souvent multicentrique et de la présence fréquente de foyers microinvasifs, spécialement dans les tumeurs de grande taille (>ou= 25mm). Le pronostic est excellent avec un risque vital minime.

Étym. Van Nuys : quartier de Los Angeles

Syn.   carcinome canalaire in situ du sein, carcinome intracanalaire du sein

cancer du sein, index pronostique de Van Nuys

[F2,O5]

cancer in situ l.m.

carcinoma in situ

Prolifération épithéliale maligne, limitée au plan du tissu qui lui a donné naissance.
Ce stade pré-invasif du cancer a tous les caractères cytologiques de malignité, mais sans franchissement de la membrane basale épithéliale. Il ne s'accompagne pas de métastase. Les expressions cliniques de cette lésion intraépithéliale sont nombreuses, tant cutanées que muqueuses (génitales, anales et buccales) ou glandulaires (mammaire lobulaire ou canalaire). Si les localisations génitales et anales semblent liées aux infections à papillomavirus, il n'en est pas de même pour les lésions buccales dont l'étiopathogénie est surtout associée à une intoxication alcoolo-tabagique.
Le terme carcinome in situ est souvent utilisé pour désigner les altérations observées dans la phase intra-épidermique de la maladie de Bowen. L'épithélioma ou carcinome intra-épidermique est également considéré par certains comme un exemple de carcinome in situ.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1912)

Syn. cancer intra-épithélial, carcinome in situ

cancer in situ de l'endomètre, cancer in situ du col utérin, papillomavirus, carcinome intraépidermique, Bowen (maladie de)

[F2]

cancer in situ du col utérin l.m.

carcinoma in situ of the uterine cervix

Carcinome épidermoïde intra-épithélial du col de l’utérus, n’envahissant pas le chorion sous-jacent et respectant la membrane basale.
Lié à une infection par papillomavirus il succède à une dysplasie de haut grade, néoplasie intra-épithéliale cervicale de type III. Décelé sur un frottis cervical de dépistage, localisé par la colposcopie qui oriente la biopsie, il doit être toujours confirmé par une conisation diagnostique, au bistouri ou au laser, qui assure l’absence d’invasion. Après 40 ans, l’hystérectomie simple est ensuite préférable.

Syn. cancer intra-épithélial du col utérin, carcinome in situ du col utérin

cancer in situ, papillomavirus, néoplasie intraépithéliale cervicale

[F2,O3]

cancer invasif l.m.

invasive carcinoma, infiltrative neoplasm

Tumeur maligne épithéliale ayant franchi la membrane basale et infiltrant le tissu conjonctif adjacent aux dépens duquel va se développer le stroma tumoral.
Le carcinome invasif s’oppose au carcinome intraépithélial ou carcinome in situ. La croissance invasive, infiltrative, d'un cancer est la première étape vers la formation de métastases.

Syn. cancer infiltrant, carcinome invasif

[F2]

capacitation n.f.

capacitation

Acquisition par le spermatozoïde de son pouvoir fécondant, par modification de la membrane de l’acrosome sous l’influence des sécrétions des voies génitales masculines puis féminines.

[C3,O]

capillaire alvéolaire l.m.

vas capillare
alveolar capillary
Vaisseau sanguin pulmonaire le plus élémentaire naissant des artérioles pulmonaires terminales, non musculaire et organisé en un immense réseau.
Un capillaire a rarement plus de 8 µm de diamètre. La barrière entre l'air et le sang est très mince (0,2µm), c'est la membrane alvéolo-capillaire, au niveau de laquelle se font les échanges d'oxygène et de gaz carbonique entre le sang et l'air.
Étym. lat. capillarus : cheveu

[A1,K1,K4]

Édit. 2015

capillaire sanguin l.m.

blood capillary

Élément le plus fin de l'appareil circulatoire, d'un calibre de 6 à 12 microns, représentant la portion terminale du système artériel, il est issu d'une métartériole et affluent d'une veinule.
Son architecture est une couche de cellules endothéliales assez jointives reposant sur une membrane basale. Les capillaires sanguins représentent un véritable organe, lieu principal des échanges nutritifs entre le sang et les tissus, et régulateur de nombreux processus d'homéostasie liés aux fonctions multiples de l'endothélium, comme l'hémostase.

Étym. lat. capillarus : cheveu

[A1,K4]

Édit. 2015

capsulectomie n.f.

capsulectomy

Ablation d’une capsule articulaire emportant la membrane synoviale qui double sa face profonde.
Les rapports anatomiques entre la capsule et les ligaments articulaires sont étroits et
doivent bien être évalués pour éviter une instabilité articulaire. La capsulectomie
est indiquée dans certaines raideurs, en particulier aux articulations du membre supérieur
ainsi que dans certaines formes d’arthrite septique.

Étym. lat. capsula : petite boîte

[I2]

capsule du cristallin l.f.

capsula lentis (TA)

capsule of lens

Très fine membrane élastique qui enveloppe la masse épithéliale du cristallin.
La portion antérieure de la capsule, dite cristalloïde antérieure, est doublée à sa face profonde d’une couche épithéliale formée d’un seul rang de cellules, le cortex du cristallin. La portion postérieure de la capsule est dite cristalloïde postérieure. Les deux parties antérieure et postérieure de la capsule du cristallin s’unissent au niveau de l’équateur du cristallin.
Syn. anc. cristalloïde 2

[A1,P2]

Édit. 2015

capsule fibreuse du rein l.f.

capsula fibrosa renis (TA)

fibrous capsule of kidney

Membrane conjonctive directment appliquée sur la substance corticale du parenchyme rénal à laquelle elle est unie de manière lâche par de fins tractus conjonctifs.
Au niveau du hile, elle se réfléchit dans le sinus dont elle tapisse les parois et se continue par la tunique conjonctive des calices et des vaisseaux à leur point de pénétration dans le parenchyme.

[A1,M1]

Édit. 2015

capsule tonsillaire l.f.

capsula tonsillaris ; capsula tonsilae (TA)

tonsillar capsule

Couche la plus externe de la tonsille, constituée par une membrane conjonctive fibreuse, épaisse et résistante qui entoure le tissu lymphoïde qu’elle sépare de la tunique fibreuse du pharynx.
La capsule tonsillaire est séparée des éléments de la paroi pharyngée par un espace celluleux aisément clivable, traversé par quelques tractus conjonctifs, les fibres du muscle amygdalo-glosse et les vaisseaux et nerfs destinés à la tonsille.
Syn. anc. capsule amygdalienne, coque amygdalienne

[A1,P1]

Édit. 2015

carcinome invasif l.m.

invasive carcinoma

Tumeur maligne épithéliale ayant franchi la membrane basale et envahissant le chorion ou tissu conjonctif adjacent.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn.   cancer invasif

cancer invasif

[F2]

cardiomyocyt e n.m.

cardiomyocyte

Cellule du muscle cardiaque.
Mesurant 50 à 100 µm de long et 10 à 20 µm de large, la cellule myocardique entourée par une membrane et dotée de tous les organites intracytoplasmiques ainsi que de myofibrilles de 1 à 2 µm de diamètre qui constituent l’élément contractile. Longtemps considéré comme un syncytium, le myocarde est en réalité constitué de cellules distinctes étroitement connectées les unes aux autres.
Au sein du myocarde se situent les cellules nodales aux caractères particuliers et aux fonctions originales.

Syn. cellule myocardique

cellules nodales

[K2,A2]

cardiotocographe n.m.

cardiotocograph

Appareil d’enregistrement qui mesure simultanément les contractions utérines, grâce à un manomètre à membrane placé sur l’utérus, et la fréquence du rythme cardiaque fœtal, initialement par phonocardiographie, aujourd’hui par signal Doppler ou par électrocardiographie.

[K2,O3,O6,B3]

caryoplaste n.m

karyoplast

Structure comportant le noyau ou les pronucleus entourés d’une membrane plasmique et d’une fine couche de cytoplasme.
Dans le transfert pronucléaire, le caryoplaste du zygote des parents est prélevé, puis transféré dans le zygote du donneur préalablement énucléé. La présence d’une fine couche de cytoplasme aboutit à une hétéroplasmie chez l’embryon ainsi créé, du fait de la présence en faible quantité d’ADN mitochondrial du zygote des parents.

transfert pronucléaire, pronucleus, hétéroplasmie

cataracte capsulaire congénitale l.f.

congenital capsular cataract

Taches ou opacification de la capsule cristallinienne.
La forme antérieure est la plus fréquente avec plusieurs taches blanches rondes ou ovalaires d'environ 1mm aux limites nettes et surélevées et parfois restes de membrane pupillaire. Ces taches correspondent à une prolifération de l'épithélium cristallinien souvent secondaire à une inflammation intra-utérine.

[P2]

cataracte en bouée de sauvetage l.f.

life-belt cataract

Cataracte formée d'un anneau opaque avec en son centre une membrane grisâtre.
Bilatérale avec parfois iridodonésis et ectopie. La zone centrale est aplasique et sans épaisseur et il n'y a pas de noyau cristallinien, de ce fait le cristallin est de petite taille et en position souvent ectopique, la chambre antérieure apparaît alors profonde. Il s'y associe parfois des anomalies de la fovéa et, dans ce cas, l'acuité visuelle après intervention reste assez médiocre en raison du nystagmus persistant.

Syn. cataracte annulaire

iridodonésis

[P2]

cataracte membraneuse l.f.

membranous cataract

Cataracte se résorbant progressivement pour ne laisser qu’une membrane épaissie en forme de "gâteau".
Selon la régression, il reste quelques masses et le cristallin est simplement diminué en volume ou la réduction est telle qu’il ne reste qu’une membranule épaissie, avec parfois des amas pigmentés sur la cristalloïde antérieure, témoins de synéchies iriennes. L’affection est autosomique dominante.

M. Grüber, ophtalmologiste suisse (1945)

Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)

cataracte

[P2,Q2]

cavéoline n.f.

caveolin

Phosphoprotéine de masse moléculaire 22 kDa, qui tapisse la face cytoplasmique des cavéoles, associée à une protéine-tyrosine-kinase de la famille des src, dont elle est un substrat.
Elle est aussi associée à des protéines intégrées dans la membrane, telles que des annexines et des protéines G hétérotrimériques. Il en existe plusieurs : cavéoline 1, cavéoline 2.

cavéole, tyrosine kinase, protéine src, annexine, protéine G

[C1, C3]

Édit. 2019

CAV3 gene sigle angl pour caveolin 3

Gène localisé en 3p25.3, qui code la constitution de la protéine cavéoline-3, composant essentiel des cavéoles, petites poches au sein de la membrane entourant les cellules musculaires.
Au sein de la cavéole, la cavéoline-3 agit sur l’organisation des autres molécules importantes pour la maintenance de la structure cellulaire. Parmi ces molécules se trouvent les protéines qui forment les canaux sodiques pour le transport des ions sodium à l’intérieur des cellules.
Les canaux sodiques jouent un rôle primordial dans la capacité des cellules d’émettre et de transmettre les signaux électriques. Dans le myocarde, les canaux sodiques sont impliqués dans le maintien d’un rythme cardiaque normal. La cavéoline-3 aide aussi la régulation des canaux calciques de la cellule musculaire qui contrôlent la contraction et la relaxation.
Les mutations du gène CAV3 sont responsables de myopathie distale, du syndrome d’élévation de la créatine kinase (hyperCKemia), de la dystrophie musculaire des ceintures, de la rippling muscle disease, du syndrome de Romano-Ward, de cardiomyopathie hypertrophique.

Syn. caveolin-3, LGMD1C, LQT9, M-caveolin, MGC126100, MGC126101,MGC126129, V IP-21

cavéole, cavéoline 3, myopathie distale, hyperCKemia, dystrophie musculaire des ceintures, rippling muscle disease, Romano-Ward, cardiomyopathie hypertrophique

[Q2,H1]

Édit. 2017

cavité articulaire l.f.

cavitas articularis (TA)

articular cavity

Cavité virtuelle formée entre deux surfaces articulaires en présence.
Elle n’est qu’ébauchée et inconstante dans les amphiarthroses où elle est creusée dans le ligament interosseux. Elle caractérise les diarthroses où elle est constante et limitée par une membrane propre, la synoviale, qui s’insère au pourtour du revêtement cartilagineux des surfaces articulaires et tapisse toute la cavité articulaire, sauf les surfaces articulaires.

[A1,I1]

Édit. 2015

cavité pulmonaire l.f.

lung cavity

En radiologie, hyperclarté du parenchyme pulmonaire, arrondie, variable de taille, de contours, de siège et de nombre.
Une cavité à paroi épaisse, à contours internes irréguliers traduit un foyer de nécrose de nature infectieuse (abcès après vomique), tumorale maligne (primitive ou secondaire) ou vasculaire (angéite nécrosante).
La tuberculose en fut longtemps la première cause, sa cavité ou caverne, résultat d'une fonte caséeuse, étant souvent reliée au hile par une bronche de drainage (image en rail).
Une cavité finement cerclée peut correspondre à un kyste aérien congénital, à des bulles d'emphysème, mais aussi à une caverne détergée.
Une cavité contenant un "grelot mobile" correspond le plus souvent à sa colonisation mycélienne (aspergillome).
Le kyste hydatique est caractéristique lorsqu'il est surmonté d'un croissant clair (image en ménisque) ou lorsque sa membrane, une fois rompue, flotte sur le niveau liquide (signe du nénuphar ou du soleil couchant).
Le pneumatocèle, dont les variations rapides de taille suggèrent un mécanisme de clapet, s'observe dans la staphylococcie et les dilacérations traumatiques du poumon.

[A1,K1]

Édit. 2015

CCT/TRIC sigle obsolète

CD sigle pour Cluster of Differentiation 

Les lettres CD suivies d’un numéro en chiffres arabes (par exemple CD 44) servent à identifier des protéines de membrane, exprimées à la surface des cellules, présentant des sites antigéniques spécifiques.
Ces protéines ont initialement été utilisées comme marqueurs pour identifier les cellules du système immunitaire et leur état de différenciation . A l’heure actuelle, plus de 300 protéines membranaires sont identifiées par un numéro de CD.
Chacun des marqueurs identifiés porte un numéro : p. ex. le CD4 est présent sur les lymphocytes T4 et constitue le site récepteur du virus VIH ; le CD8 est spécifique des lymphocytes cytotoxiques T8 ; ces protéines sont associées à des TPK (tyrosine-protéine-kinases), comme la TPK p56lck dont elles permettent l'autophosphorylation ; la glycoprotéine CD45 est une protéine-phosphatase capable de déphosphoryler une TPK ; la glycoprotéine CD34 est un antigène caractéristique des cellules endothéliales et hématopoïétiques, etc.

TRIC/CCT

[C3]

Édit. 2015

cellule à gastrine l.f.

gastrin cell

L'une des cellules endocrines du système endocrinien diffus du tube digestif, triangulaire et possédant des microvillosités qui se projettent dans la lumière des glandes, responsable de la sécrétion de gastrine.
Ses granules sont très caractéristiques en microscopie électronique : ils mesurent environ 250 nm. La matrice est granuleuse ou filamenteuse de densité irrégulière d'un grain à l'autre. Elle est séparée de la membrane par un halo clair et étroit. Elle sécrète la gastrine et est localisée dans l'antre et un peu dans le duodénum.

[A2,L1,O4]

cellule à manteau l.f.

dyskeratotic cell

Cellule épidermique dont le noyau est séparé de la membrane cellulaire par un espace clair, témoignant d'un processus de dyskératose.
Elle s'observe notamment dans la maladie de Bowen.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1912)

Syn. cellule dyskératosique, corps rond

[A2,J1]

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