Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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ivresse alcoolique l.f.

drunkenness

État d'excitation psychique et d'incoordination motrice pouvant évoluer vers le coma, consécutif à l'ingestion excessive de boissons alcooliques.
A une première phase de désinhibition des tendances instinctives, de sentiments d'euphorie et d'aisance intellectuelle, succède une phase d'incoordination de type cérébellovestibulaire, dite d'ébriété, avec voix bredouillante, trouble de l'efficience intellectuelle et de l'autocritique. L'évolution peut se faire vers le coma (le sujet est dit «ivre-mort») avec mydriase, vomissements, incontinence sphinctérienne. La mort peut survenir par hypoglycémie, acidose, inhalation bronchique entraînant un syndrome de Mendelson.
Les formes hallucinatoires, délirantes, excitomotrices sont une réalité clinique, dont on rapproche l'ivresse dépressive, dangereuse par son potentiel suicidaire.
Un tableau évocateur d'ivresse alcoolique doit faire éliminer certaines affections qui peuvent le simuler, imposant d'autant plus un traitement d'urgence que les associations sont fréquentes chez l'alcoolique chronique (hématome sous-dural, p. ex.). L'ivresse facilite le passage à l'acte (crime, violence) et constitue un facteur majeur d'accidentalité, routière en particulier. Au réveil, l'amnésie de la période d'ivresse rend difficile l'interprétation de certains actes délictueux ou criminels, exécutés ou subis, pendant cette période.
L'ivresse alcoolique ou ébriété a fait l'objet d'études concernant les postes de sécurité et la conduite automobile. La perturbation des tests cognitifs apparaît pour des taux d'alcoolémie très inférieurs à ceux que l'on constate habituellement en cas d'ivresse modérée sans signe neurologique évident : les taux plasmatiques varient dans ces cas entre 0,5 g/L pour les sujets non accoutumés et 1,2 g/L pour ceux accoutumés à l'alcool. On trouve des alcoolémies allant de 1,5 à 5 g/L en cas de coma.
En raison des difficultés d'interprétation des signes cliniques et des tests simples à faire exécuter en cas d'ivresse légère, la législation française sur la conduite automobile ne se réfère plus qu'à l'alcoolémie ou son équivalent par mesure dans l'air expiré (éthylotest). La référence légale en 1998 est 0,5 g/L.
L'ivresse alcoolique peut être modifiée par l'absorption associée de cannabinoïdes (haschich) et de nombreux tranquillisants dont les benzodiazépines. Les toxicomanes utilisent souvent de très fortes doses d'alcool en période de manque ou lors de certains essais de sevrage.

C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)

alcoolémie, ébriété

Jackson (cylindre croisé de) l.m.

Jackson's cylinder

En théorie, combinaison optique produisant un conoïde de Sturm qui ajouté à un système dioptrique astigmate, raccourcit, allonge ou fait disparaître l’intervalle compris entre les deux droites focales mais ne déplace pas le centre du système.
Sur le plan pratique, le cylindre croisé de Jackson est une lentille simple, composée de deux verres plan-cylindriques de puissance égale, de signe contraire et dont les axes sont perpendiculaires.
Il permet un examen subjectif, très rapide et très précis, pour arriver à déterminer de façon très exacte le vice de réfraction (astigmatisme)

E. Jackson, ophthalmologiste américain (1887)

Kawasaki (maladie de) l.f.

Kawasaki disease, mucocutaneous lymph node syndrome

Maladie définie par 5 des 6 critères suivants : fièvre persistante de 5 jours ou plus; modification des extrémités avec, soit érythème et œdème dur palmoplantaire à la période initiale, soit desquamation périunguéale à la période tardive; exanthème polymorphe; hyperhémie conjonctivale bilatérale; modifications buccopharyngées à type de chéilite, langue framboisée, pharyngite, stomatite; adénopathies cervicales aiguës non suppuratives.
La présence de 4 critères et d'un anévrisme coronaire repéré par échocardiographie bidimensionnelle ou coronarographie signe également le diagnostic. La principale complication est d'ordre cardiaque : anévrisme coronaire ou infarctus myocardique. L'étiologie est inconnue : l'hypothèse la plus récente fait appel à la théorie des superantigènes. Le traitement, urgent pour éviter les complications cardiaques, consiste en perfusion intraveineuse de gammaglobulines.
Cette maladie décrite au Japon est peut-être identique à la périartérite noueuse du nourrisson décrite en France par Debré.

T. Kawasaki, pédiatre japonais (1967)

Syn. syndrome mucocutané ganglionnaire

Kerandel (signe de) l.m.

Kerandel’s sign

Douleurs provoquées par des mouvements aussi modérés que le geste de tourner une clé.
Ce signe caractérise les hyperesthésies de la trypanosomose africaine au début de sa phase nerveuse.

J. F. Kerandel, médecin français (1873-1934)

kératose folliculaire spinulosique décalvante l.f. N.B. est en doublon dans le dictonnaire

keratosis follicularis spinulosa decalvans cum ophiasis

Épaississement de la peau du cou des extrémités (mains et pieds), perte des cils, des sourcils, de la barbe, épaississement des paupières, blépharite, ectropion, et dégénérescence cornéenne.
Les régions découvertes sont plus ou moins ou totalement glabres, la chute de la queue du sourcil constitue le signe de Hertoghe (également vu dans les hypothyroïdies). Les paupières sont épaissies avec déformation, la cornée est le siège d'une kératite ou d'un pannus vasculaire circulaire typique. Les femmes vectrices font des érosions cornéennes récidivantes. Le terme ophiasis, pour la tête totalement chauve, vient du grec "tête de serpent". Locus du gène (KFSD) en Xp22.2-p21.2. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 308800).

H. W. Siemens, dermatologiste allemand (1925), H. J. Lameris, chirugien néerlandais (1905)

Étym. gr. ophiasis : tête de serpent (pour la tête totalement chauve)

Syn. kératose folliculaire épineuse décalvante de Siemens, ichtyose folliculaire de Lameris

Kernig (signe de) l.m.

Kernig's sign

Résistance douloureuse à l'extension de la jambe dès lors que la cuisse a été fléchie sur le bassin.
Elle s'accompagne de l'impossibilité pour le patient de s'asseoir sans fléchir les genoux.
Avec le signe de Brudziński, cette manœuvre contribue à traduire la raideur méningée.

V. W. Kernig, neurologue allemand (1882) ; J. Brudziński, pédiatre polonais (1909)

Koplick (signe de) l.m.

Koplick sign

Apparition, au niveau de la muqueuse jugale, de petites taches blanchâtres sur fond érythémateux, chez un enfant fébrile et ayant un catarrhe oculorespiratoire.
Ce signe est pathognomonique de la phase d’invasion de la rougeole.

H. Koplik, pédiatre américain (1896)

kyste de la glande de Bartholin l.m.

cyst of the Bartholin's gland

Enkystement progressif de la glande dû à une bartholinite chronique ou à l'oblitération du canal excréteur.
Il n'y a pas de signe inflammatoire, la grande lèvre est déplissée, refoulée en dehors par une tuméfaction régulière, oblongue ou ronde, rénitente et légèrement sensible. L'exérèse chirurgicale est souvent nécessaire et se pratique à distance d'un épisode infectieux.

C. Bartholin, anatomiste danois (1655-1738)

larva currens l.f.

larva currens, running larva, strongyloidal ground itch
Éruption urticarienne filiforme serpigineuse, progressant rapidement, produite par la migration sous-cutanée d'une larve d'anguillule Strongyloides stercoralis.
Siégeant habituellement dans la région péri-anale et fessière, cette manifestation est le seul signe caractéristique de l'anguillulose cutanée.

Syn. anguillulose sous-cutanée

Lasègue (manœuvre de) l.f.

Lasegue’s test

En décubitus dorsal, l’élévation du membre inférieur par flexion sur le pelvis, jambe en extension sur la cuisse, peut faire apparaître, par mise en tension-élongation du nerf sciatique, une douleur irradiée à la face postérieure du membre inférieur, témoin d’une irritation ou d’une compression du nerf sciatique ou de ses racines.
Cette manœuvre entraîne une douleur dont la topographie est fonction du niveau de la lésion du tronc ou des racines du nerf. L’angle d’élévation du membre inférieur par rapport au plan horizontal a une valeur indicative de la sensibilité anormale du nerf ou de l’importance d’une compression. Lors de la manœuvre, la flexion du genou diminue ou fait disparaître la douleur par diminution de la tension du nerf ; la flexion dorsale du pied, genou étendu, accentue son étirement et augmente ou fait apparaître la douleur. La manœuvre faite du côté sain peut déclencher la douleur du côté opposé : signe de Lasègue controlatéral.

J. J. Forst, médecin français (1881) ; Ch. Lasègue, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1964)

Lasègue (signe de), Lasègue controlatéral

Lasègue (signe de) l.m.

Lasegue’s test

Limitation par la douleur de la flexion sur le bassin, en décubitus dorsal, d'un membre inférieur genou en extension.
Il permet de rattacher une douleur du membre inférieur à une atteinte de l'une ou l'autre des racines du nerf sciatique. L'ouverture de l'angle d'apparition de la douleur contribue à l'appréciation de l'intensité d'une sciatique et au suivi de son évolution. En cas d'important conflit discoradiculaire, un signe de Lasègue controlatéral peut être observé.

Ch. Lasègue, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine (1864)

Leber type I (amaurose congénitale de) l.f.

Dystrophie rétinienne congénitale sévère de type mixte entraînant une cécité infantile avec nystagmus et photophobie.
Le comportement de cécité chez le nourrisson contraste souvent avec un fond d'œil parfois normal ou avec une légère pâleur papillaire. On peut également trouver quelques pigments rétiniens et un aspect poivre et sel, ultérieurement la dystrophie sévère se confirme avec la rétinite pigmentaire, parfois une atrophie aréolaire centrale et exceptionnellement avec un aspect de taches marbrées en périphérie. Le nystagmus est présent à la naissance mais n'est pas toujours décelé. Il faut écarter du diagnostic toute autre association. L'ERG est toujours très altéré de type éteint. La vision, semble nulle au départ et s'améliore un peu dans la première décennie mais elle s’aggrave à nouveau ultérieurement. Le réflexe oculodigital, signe de Franceschetti, (se frapper l'œil avec la main pour donner des phosphènes) est parfois responsable de complications traumatiques et d’un kératocône. La fréquence est de 2 à 3/100 000 en Suède. Le gène GUCY2D (retinal guanylate cyclase, MIM 600179) est localisé en 17p13. L’affection est autosomique récessive (MIM 204000).

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1869)

Syn. amaurose congénitale, cécité rétinienne congénitale

GUCY2D

lenticône antérieur l.m.

anterior lenticonus

Anomalie de courbure de la cristalloïde antérieure qui donne à la lueur pupillaire un aspect en "goutte d'huile", bilatérale, parfois associée à une cataracte polaire antérieure.
C'est un signe caractéristique du syndrome d'Alport.

lèpre tuberculoïde l.f.

tuberculoid leprosy

Forme non contagieuse de lèpre, la plus fréquente survenant chez des patients présentant un certain degré d'immunité cellulaire vis-à-vis du bacille de Hansen, et dont les manifestations cutanées sont à type de macules ou de placards infiltrés peu nombreux, de 1 à 10, à bordure nette, et, signe pathognomonique, hypo- ou anesthésiques à un ou aux trois modes de sensibilité.
L'atteinte nerveuse périphérique se limite à un ou quelques nerfs, de façon asymétrique. Il n'y a généralement pas d'atteinte d'autres organes. La réaction de Mitsuda est positive. Histologiquement, l'infiltrat dermique a une disposition péri- et intranerveuse, avec parfois destruction totale du filet nerveux, et est constitué d'histiocytes à différenciation épithélioïde et de lymphocytes. La coloration de Ziehl-Nielsen montre que les bacilles de Hansen sont très rarement présents. La recherche de ces bacilles dans les sites habituels, mucus nasal et suc dermique du lobule de l'oreille ou d'une lésion, est soit négative soit très faiblement positive, ce qui fait considérer cette forme comme une forme paucibacillaire non contagieuse. La classification de Ridley et Jopling distingue les formes tuberculoïde polaire et borderline tuberculoïde.

Syn. lèpre anesthésique

lèpre paucibacillaire

Leser-Trélat (signe de) l.m.

Leser-Trélat’s sign

Apparition rapide de multiples verrues séborrhéiques dont la survenue soudaine indiquerait la présence d'une néoplasie interne.
La signification de ce signe est très discutée.

E. Leser, chirurgien allemand (1901) ; U. Trélat, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1828-1890)

leucémie aigüe myéloblastique (LAM) : définition et critères l.f.

acute myeloid leukaemia (definition, criteria) (AML)

Prolifération clonale de cellules à caractère anarchique développées à partir des précurseurs hématopoïétiques (blastes) des lignées médullaires.
Le terme “myéloblastique” inclut toutes les cellules appartenant aux lignées granulocytaire (neutrophile, éosinophile, basophile), monocytaire/macrophagique, érythrocytaire, mégacaryocytaire et mastocytaire. Des critères cytologiques, histochimiques et immunophénotypiques conduisent à préciser l’origine de la lignée des cellules malignes et leur état de maturation. L’étude cytogénétique identifie de façon précise certaines variétés de leucémies aigües. Des mutations géniques se rencontrent au cours de variétés de LAM ; certaines de ces mutations péjorent le degré de gravité, d’autres l’améliorant.
Le pourcentage de blastes demeure le critère déterminant pour affirmer la néoplasie myéloïde. Un pourcentage de blastes égal ou supérieur à 20 des cellules leucocytaires sanguines ou des cellules nucléées médullaires signe le diagnostic de leucémie aigüe myéloblastique.
La maladie se développe en règle générale dans la moelle osseuse :
- sa présence altère l’hématopoïèse normale, aboutissant au syndrome d’insuffisance médullaire, caractérisé par des cytopénies (anémie, granulopénie, thrombopénie), dont les conséquences cliniques conduisent aux manifestations révélatrices de la maladie ;
- la maladie peut également s’étendre au sang avec apparition de blastes circulants ou à d’autres organes hématopoïétiques (rate, ganglions, foie ...) ou non hématopoïétiques (peau, gencives, système nerveux central ...), constituant le syndrome tumoral présent plus fréquemment dans certaines formes de leucémies.
Les LAM, avec une incidence globale de l’ordre de 3 pour 100.000 habitants par an en France, sont pour la majorité, des pathologies de l’adulte ; leur incidence s’accroît avec l’âge ; l’âge médian de survenue est de 65 ans. L’origine des LAM n’est pas connue. Cependant, un certain nombre de facteurs de risque leucémogène ont été identifiés : les radiations ionisantes, les chimiothérapies anticancéreuses (et principalement les alkylants), le benzène… Plusieurs affections constitutionnelles prédisposent au risque de leucémie aigüe, telle le syndrome de Down.

leucémie aigüe myéloblastique (classification) ,leucémie myéloblastique aigüe : apport de la génétique et des données moléculaires ,leucémie myéloblastique aigüe (paysage génomique)

leucémie chronique à éosinophiles l.f.

chronic eosinophilic leukemia CEL

Syndrome myéloprolifératif rare résultant de la prolifération de précurseurs éosinophiles et conduisant à une éosinophilie sanguine, médullaire et tissulaire, provoquant des atteintes des organes par libération de médiateurs toxiques contenus dans les granulations (cytokines, enzymes, protéines).
Les signes cliniques habituels sont: fibrose endomyocardique, troubles valvulaires, neuropathie périphérique, toux, diarrhée, prurit.
 Le diagnostic de cette leucémie repose sur les critères suivants :
1. éosinophilie sanguine lors de plusieurs examens : 1.5 G/L,
2. absence de chromosome de Philadelphie t(9;22) ou de gène de fusion BCR-ABL1 ou de toute anomalie évoquant un autre syndrome myéloprolifératif (thrombocythémie essentielle, polycythémie, splénomégalie myéloïde chronique) ou un syndrome myélodysplasique/myéloprolifératif (leucémie myélomonocytaire chronique, leucémie myéloïde chronique atypique)
3. Absence de réarrangement PDGFRA : gène de fusion FIP1L1-PDGFRA ou autre
4. Absence de réarrangement PDGFRB : t(5;12)(q31-q35;p13) ou autre
5. Absence de réarrangement FGFR1
6. Blastoses sanguine et médullaire < 20 % sans anomalie du chromosome 16 ni de signe de leucémie aigüe myéloblastique
7. Il existe une anomalie cytogénétique ou moléculaire clonale, ou le % de blastes est > 2% dans le sang ou > 5 % dans la moelle osseuse.
Cette leucémie répond à la thérapeutique ciblée par inhibiteur de tyrosine kinase ; elle peut évoluer en leucémie aigüe

PDGFRA gene, FIP1L1-PDGFRA gene, PDGFRB gene, FGFR1, chromosome Philadelphie

Lhermitte (signe de) l.m.

Lhermitte's sign

Sensation de décharge électrique provoquée par la flexion de la nuque, pouvant parcourir le rachis et les membres.
Ce signe est significatif d'un syndrome cordonal postérieur avec sa riche sémiologie paresthésique et ses troubles de la sensibilité discriminative, en particulier du sens des positions, parfois accompagnés d'astéréognosie et/ou de troubles ataxiques.
Il est observé dans :
- les lésions intrinsèques des cordons postérieurs, comme les réalise, parmi d'autres signes, la sclérose en plaques, où il est très évocateur bien que non spécifique ;
- les compressions médullaires d'origine extramédullaire, telles que les myélopathies cervicales par sténose du canal rachidien et cervicarthrose ;
- les myélopathies post-radiothérapiques, où il peut être unique dans les formes frustes et régressives.

J. J. Lhermitte, membre de l’Académie de médecine, neurologue français (1924)

syndrome cordonal postérieur, astéréognosie, ataxie, moelle spinale, sclérose en plaques, syndrome du canal cervical étroit, cervicarthrose

[H1]

Édit. 2018

ligne des psoas l.f.

psoas line

Sur un cliché d'abdomen sans préparation, ligne droite ou légèrement convexe qui se détache de T12 et descend obliquement en bas et en dehors vers la crête iliaque.
Ce bord externe du psoas n'est visible que s'il existe suffisamment de graisse dans la région rétropéritonéale. Le signe de la silhouette fait comprendre qu'il disparaît de façon segmentaire en cas de tumeur rétropéritonéale ou d'abcès, développés à son contact. La non visibilité d'un côté n'est pas toujours anormale, en particulier en cas de scoliose.
Stähli’s line

ligne de Hudson-Stähli

lipo-atrophie semi-circulaire ou annulaire l.f.

lipoatrophia semicircularis

Dépression circulaire de deux à quatre cm de largeur de la partie antérieure et latérale des cuisses, provoquée par une atrophie du tissu sous-cutané, apparaissant en général en quelques semaines sans autre signe associé; dans les antécédents, on retrouve parfois la notion d'une pression prolongée ou renouvelée à cet endroit.
La peau en regard a un aspect normal. L'étiologie en est inconnue. Il n'existe pas de traitement mais une amélioration spontanée est possible.

lipocaline 2 (NGAL : lipocaline associée à la gélatinase des neutrophiles) l.f

Protéine identifiée dans les granules des polynucléaires neutrophiles, puis dans de nombreux types de cellules épithéliales dont les cellules tubulaires de la partie distale du néphron, impliquée dans l’immunité innée en séquestrant le fer, ce qui limite

La NGAL est détectée, chez l’Homme, dans le sang et dans les urines. L’augmentation de sa concentration est un signe précoce d’insuffisance rénale aiguë, associée à un mauvais pronostic. Elle est spécifique de l’atteinte tubulaire rénale précédant l’élévation de la créatinine sérique qui, elle, mesure la fonction rénale globale. Son utilisation permet ainsi de réduire le délai avant le traitement.

insuffisance rénale aigüe

liséré de deuil de Ménard l.m.

En radiologie, expression ancienne justifiée à l'époque par les tirages sur papier des négatifs radiographiques où il apparaissait en noir, ce liséré était considéré comme signe de guérison d'une ostéite, en particulier tuberculeuse.
Ce terme n'a plus de signification actuellement d'autant que, depuis la chimiothérapie et les antibiotiques, ce liséré ne s'observe plus.

M. Ménard, médecin légiste et radiologue français (1872-1926)

logorrhée n.f.

logorrhea

Flux précipité, prolixe, intarissable, de paroles organisées autour d'un thème dominant, ou plus souvent dispersées.
Cette surproduction verbale pathologique peut prendre diverses formes : surtout le brio trompeur de l'accès maniaque (parfois signe d'alerte) ; une exaltation émotionnelle et anxieuse ; l'hyperesthésie de certains délirants chroniques, principalement paranoïaques ; le dévidage de paroles et phrases souvent incohérentes et stéréotypées (verbigération) chez des déments ou des schizophrènes très régressés ; le bavardage sans suite de l'arriéré ; les brusques décharges verbales avec stéréotypies (palilalie) du parkinsonien ; la jargonaphasie avec déformation des mots (paraphasie) dans certaines formes de l'aphasie de Wernicke ; une fréquente expansivité puérile dans les syndromes frontaux.

graphorrhée, palilalie, tachyphémie, verbigération

Lust (signe de) l.m.

Signe d’hyperexcitabilité neuromusculaire (surtout recherché chez l’enfant) : la percussion du col de la fibula entraîne la flexion dorsale et la rotation externe du pied.

F. Lust, pédiatre allemand (1932)

hyperexcitabilité neuromusculaire

luxation antéro-interne de l'épaule l.f.

anterior shoulder dislocation, forward dislocation

Perte complète des rapports normaux entre les surfaces articulaires de la cavité glénoïde de la scapula et la tête humérale, celle-ci se déplaçant en avant et en dedans dans des positions différentes selon la direction du traumatisme et son intensité.
La luxation antéro-interne survient après une chute sur la main, coude étendu, plus rarement après un choc direct. La tête humérale est déplacée en avant et en dedans en position extra-coracoïdienne, sous ou intra-coracoïdienne ou même sous claviculaire ; les lésions anatomiques sont d’autant plus graves que le déplacement est plus important : désinsertion antéro-inférieure du bourrelet glénoïdien (labrum glenoidale) (lésion de Bankart) ou désinsertion capsulo-périostée. Le blessé se présente le bras en abduction irréductible et en rotation latérale ; sa mobilisation est douloureuse. L’épaule a perdu son galbe et les téguments tombent verticalement depuis l’acromion saillant sous la peau (signe de l’épaulette) et le bras présente une angulation sous deltoïdienne (coup de hache externe,). La cavité glénoïde est vide et la tête humérale est perçue en avant, le sillon delto-pectoral est effacé. Les complications immédiates sont recherchées : lésion du nerf circonflexe (n. axillaris), par l’examen de la sensibilité du moignon de l’épaule, des racines supérieures du plexus brachial, lésions vasculaires, et fracture associée du tuberculum majus ou du rebord antérieur de la glène par des radiographies ou un scanner. La réduction doit être aussi précoce que possible sous analgésie ou anesthésie générale, suivie d’immobilisation. Les complications : fracture associée, lésions musculaires, instabilité résiduelle, peuvent nécessiter un traitement chirurgical. Les complications secondaires sont fréquentes : instabilité de l’épaule, luxation récidivante, arthrose.

A. Blundell Bankart, chirurgien britannique (1923)

Syn. luxation gléno-humérale, luxation scapulo-humérale

Bankart (lésion de)

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