Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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infiltration calcaire du placenta l.f.

calcium infiltration of the placenta

Calcification de la plaque basale du placenta et parfois du tissu placentaire s’observant au voisinage du terme.

→ calcification placentaire

infiltration caudale l.f.

epidural analgesia

→ analgésie épidurale

infiltration d'urine l.f.

urechysis

→ phlegmon périuréthral

infiltration des nerfs honteux internes l.f.

pudental block

Analgésie des nerfs honteux internes par infiltration d’anesthésiques locaux pratiquée au cours de l’accouchement.

infiltration du plexus hypogastrique l.f.

paracervical block

Bloc paracervical réalisé au cours de l’accouchement par infiltration d’anesthésiques locaux dans les nerfs du tissu entourant le col utérin.

infiltration hémosidérinique l.f.

  haemosiderinic infiltration

Excès intratissulaire de pigment hémosidérinique soit primitif (hémochromatose), soit secondaire (hémosidérose).

Syn. imprégnation

infiltration intra-articulaire l.f.

intra-articular infiltration

Injection à l’intérieur d’une articulation périphérique ou rachidienne d’un corticoïde ou d’un anesthésique local.
Il s’agit là d’une des modalités de traitement des arthroses. Dans le cas particulier de la gonarthrose des produits de visco-supplémentation peuvent être utilisés. Certaines injections demandent à être effectuées sous contrôle d’une échographie doppler ou d’un examen radiologique.

→ doppler

infiltration lymphocytaire cutanée bénigne l.f.

benign lymphocytic infiltration of the skin

Ensemble de maladies inflammatoires caractérisées par la présence dans le derme d'une infiltration lymphocytaire bien séparée de l'épiderme par une bande de derme superficiel libre, d'évolution bénigne, regroupant essentiellement le lymphocytome cutané bénin, les pseudo-lymphomes par piqûre d'insecte et l'infiltration lymphocytaire cutanée de Jessner-Kanof.
Des études immunohistochimiques et de biologie moléculaire permettent de retrouver un infiltrat sans perte d'antigène T ni monotypie de chaîne légère et l'absence de clone B ou T.

M. Jessner et N. B. Kanof, dermatologistes américains (1956) ; A. J. Orfuss, dermatologiste américain (1953)

→ lymphocytome cutané bénin, pseudolymphome, Jessner-Kanof (infiltration lymphocytaire cutanée de)

infiltration lymphoplasmocytaire l.f.

Infiltration tissulaire de cellules de 10 à 20 µg au noyau souvent excentré, à la chromatine dense sans nucléole visible et au cytoplasme basophile.  
Ces cellules lymphoïdes B matures se trouvent en association avec des lymphocytes et plus rarement des plasmocytes. Une infiltration lymphoplasmocytaire signe une réaction de type immunologique qui s’accompagne d’une sécrétion d’immunoglobulines G et M.
Cette prolifération cellulaire se rencontre dans différentes pathologies :
1. au cours des maladies inflammatoires chroniques liées à des phénomènes autoimmuns rencontrés dans des vasculites, le syndrome de Gougerot-Sjögren, la  polyarthrite rhumatoïde, le lupus érythémateux disséminé, la sclérodermie, la polymyosite, la cirrhose biliaire primitive etc. 
2. au cours de certaines affections parasitaires telles que la trypanosomiase africaine aux stades hémolymphatique et encéphalitique, la leishmaniose viscérale, la schistosomiase, la filariose etc.
3. Une infiltration lymphoplasmocytaire, à caractère monoclonal et malin, de la moelle hématopoïétique, la rate et les ganglions signe le diagnostic de la maladie de Waldenström ; elle est responsable d’une sécrétion sérique d’immunoglobuline monoclonale de type IgM, soit κ, soit λ (macroglobulinémie de Waldenström) responsable d’un syndrome d’hyperviscosité.

infiltration œdèmateuse de l'o s l.m.

oedema infiltration of the bone

Image oedémateuse mise en évidence grâce à l’IRM dans l’os sous chondral à proximité d’une articulation, qui semble préjuger d’un risque évolutif plus sévère vers l’arthrose.
Elle est évidente sur les images en saturation de graisse, et l’hypersignal de l’eau contrastant avec l’hyposignal de la graisse environante. Sur la séquence T1, l’œdème se manifeste par une plage mal limitée en hyposignal siégeant dans l’os spongieux alors que normalement, il est en hypersignal.
Cet œdème est observé aussi dans d' autres pathologies : rhumatisme inflammatoire, algodystrophie, ostéonécrose.

→ arthrose, rhumatisme inflammatoire, algodystrophie,ostéonécrose

infirme adj.

disabled person

Qui est atteint d'une infirmité.

infirmerie n.f.

infirmary

Dans les locaux où vit une communauté, local destiné à accueillir les blessés ou les malades pour les premiers soins et éventuellement les orienter vers un établissement de soins plus approprié.
Tous les établissements recevant le public ou un certain nombre d’employés sont tenus d’abriter d’une infirmerie disposant du matériel utile aux premiers soins : établissements d’enseignement, casernes, administrations, lieux de spectacles, grands magasins, usines, etc.

infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP) l.f.

psychiatric infirmary of Paris' "préfecture de police"

Institution autonome depuis 1968, issue de l'Infirmerie spéciale (1871), implantée rue Cabanis à Paris, dépendant de la Direction de la prévention et de la protection civile.
Elle reçoit les sujets troublant l'ordre public ou la sûreté des personnes ou qui, du fait de leur situation d'urgence, présentent un danger immédiat. Un "ordre d'envoi" est établi par un commissaire de police avec, traditionnellement, un certificat rédigé par un médecin des urgences des hôpitaux généraux. Elle reçoit aussi, pour une orientation, les sujets relevant soit de l'article 122-1 (irresponsabilité pénale pour troubles psychiques), soit de l'article D 398 (troubles mentaux en milieu carcéral). Au terme d'une observation médicale de 24 à 48 heures renouvelables, l'IPPP doit statuer en application de la loi du 27 juin 1990 et prendre les dispositions éventuellement nécessaires à la poursuite des soins. On estime son activité annuelle à 3 000 passages.

infirmier n.m.

Auxiliaire médical chargé d’organiser, de dispenser les soins ne nécessitant pas l’intervention d’un médecin ou les complétant.
Il agit soit sur prescription médicale, soit si cela est nécessaire, de sa propre initiative selon son appréciation de l’état du malade.
Les soins infirmiers ne se limitent pas à des gestes techniques. Sa contribution spécifique consiste principalement à assister l'individu malade dans les actes qu'il accomplirait par lui-même s'il avait assez de forces, de volonté ou de savoir, en attendant un retour vers la guérison ou une mort paisible.
Au sein des services hospitaliers les équipes constituées par les médecins et leurs infirmiers sont concernés en commun par toutes les décisions graves concernant les malades.
La formation des infirmiers est dispensée dans des écoles agréées ; elle est sanctionnée par un diplôme d’Etat après trois ans d’études au-delà du baccalauréat ou d’un examen équivalent.
La réforme LMD est à peine en train d’être mise en place pour les études d’infirmière. Le diplôme d’Etat équivaut à un grade de Licence, mais il existe encore très peu de masters en soins infirmiers : le master sciences cliniques en soins infirmiers de l’Université Versailles-Sain-Quentin-en-Yvelines propose les options psychiatrie, maladie chroniques et dépendances (hors cancérologie) et douleur et soins palliatifs ; le master sciences cliniques infirmières de l’Ecole des hautes études en santé publique et de l’Université d’Aix-Marseille (première année à Paris, la seconde à Marseille) propose trois spécialités: cancérologie, gérontologie et infirmière coordinatrice de parcours complexes de soin.

→ infirmier anesthésiste, infirmier de salle d'opération, infirmier de santé publique, infirmier du travail, infirmière puéricultrice, infirmier psychiatrique, infirmière scolaire

infirmier anesthésiste l.m. ou f.

anaesthetist nurse

Infirmier chargé de préparer les appareils, les matériels, les médicaments nécessaires à l’anesthésie et de collaborer avec les médecins anesthésistes pour assurer la surveillance du malade en bloc opératoire, en service de réanimation, aux urgences.
La spécialisation d’infirmier anesthésiste exige deux ans d’études au-delà du diplôme d’Etat d’infirmier.

infirmier de salle d'opération l.m.

nurse of operating ward

Infirmier spécialisé chargé de préparer la salle d’opération, les instruments du chirurgien, de vérifier le bon fonctionnement des appareils.
Cet agent aide directement le chirurgien par la préparation du malade en vue de l’intervention et au cours de celle-ci. Après l’intervention chirurgicale, l’infirmier spécialisé peut participer aux pansements. Il lui appartient aussi de veiller à la désinfection du bloc opératoire et à sa remise en état pour les interventions suivantes.
Cette spécialisation nécessite un an d’études après le diplôme d’Etat.

infirmier de santé publique l.m.

nurse of public health

Dans les pays en développement, personne chargée d’une action médicosociale auprès de personnes, familles groupes.
Leur action est surtout éducative et vise l’hygiène alimentaire, la prophylaxie de maladies infectieuses et/ou contagieuses.
 

→ éducation pour la santé

infirmier du travail l.m.

work health nurse

Infirmier participant aux activités de la médecine du travail.

infirmier général l.m.

general nurse

Dans un établissement de soins, infirmier chargé d’assurer la coordination des activités des personnels des services hospitaliers (à l’exclusion des membres des professions médicales).
L’infirmier général participe avec l’administration hospitalière et le corps médical à l’organisation des services médicaux, à la planification du travail des agents de ces services et veille avec les médecins à la qualité des soins infirmiers. L’infirmier général est considéré comme membre de l’équipe de direction.

→ directeur de soins infirmiers

infirmier psychiatrique l.m.

psychiatric nurse

Autrefois "gardiens" d'asiles, les infirmiers en psychiatrie ont vu leur formation, leur statut, leur compétence et leur mode d'exercice reconnus au fil de l'histoire.
Ils sont chargés d'actions de prévention, de soutien relationnel, de soins, de surveillance et de postcure auprès de toute personne présentant des difficultés psychologiques ou des troubles psychiatriques. Ils participent à la mise en œuvre d'un projet de soins intégré dans le travail d'une équipe multidisciplinaire de secteur.
L'annulation par le conseil d'État, en octobre 1994, de l'attribution du diplôme d'État à ces 58 000 soignants, a été vécue par eux comme une mise en cause de leur qualification. Il est vrai que le diplôme unique d'infirmier, institué en 1992 conformément aux normes européennes, est parfois vécu comme une perte de spécificité du travail en psychiatrie. Selon certains, une formation initiale et continue spécifique aux infirmiers psychiatriques n'empêcherait pas des passerelles entre soins généraux et psychiatriques.

infirmier visiteur l.m. ou f.

nurse at home

Infirmier qui dispense des soins au domicile des malades.

infirmière puéricultrice l.f.

nursery nurse

Infirmière spécialisée, chargée des soins aux nourrissons en maternité, aux enfants en service de pédiatrie, dans les crèches.
L’infirmière puéricultrice joue un rôle important dans le domaine de l’éducation pour la santé auprès des jeunes mères. La spécialisation exige une année d’études au-delà du diplôme d’Etat.

infirmière scolaire l.f.

school nurse

Infirmière participant aux activités de la médecine scolaire.

infirmité n.f.

physical disability

Altération permanente voire définitive d’une fonction de l’organisme quelle qu’en soit l’origine.
Comme l’incapacité, l’infirmité concerne l’exercice d’une fonction, avec ou sans altération morphologique de l’organisme.

→ incapacité

infirmité motrice d'origine cérébrale l.f.

cerebral palsy

Ensemble de troubles moteurs non évolutifs, séquelles de lésions cérébrales survenues en période prénatale, périnatale, postnatale ou dans les premiers mois de la vie associant des déficits moteurs, des troubles du tonus, une spasticité et dont le type et la gravité dépendent de la localisation et de l’étendue de l’atteinte cérébrale.
Les premiers signes cliniques sont souvent retardés de plusieurs semaines ou mois. Cependant des symptômes déjà évocateurs peuvent être décelés dès la naissance : un score d’APGAR inférieur à 5, un faible périmètre crânien, une hypotonie axiale avec une mauvaise tenue de la tête, un défaut de mobilité et une hypertonie des membres, des réflexes ostéotendineux trop vifs ou asymétriques, une incoordination des mouvements, une perturbation des réflexes archaïques et visuomoteurs en particulier des troubles de la statique oculaire (anomalies de la fixation, nystagmus), des troubles de la dynamique et de la motricité conjuguée, des altérations des mouvements oculo-céphaliques.
Plus tard, la topographie neurologique se précise : hémiplégie, diplégie, paraplégie, syndrome de Little, ainsi que le type spastique, athétosique, choréo-athétosique ; ces formes sont souvent intriquées mais la spasticité est prédominante. L’épilepsie est fréquente. La relation oculomanuelle est perturbée avec troubles de la perception visuelle, atteinte du champ visuel, déficits visuospaciaux et troubles psychovisuels.
La capacité intellectuelle qui peut être « quasi intacte » (A. Tardieu) est souvent altérée. Les troubles de la vision, les difficultés de l’élocution et de l’écriture entraînent un retard d’acquisition se révélant surtout au moment de l’apprentissage scolaire.
Les causes prénatales représentent près de 40 % des cas : anomalies du développement encéphalique responsables de la microcéphalie et de la microgyrie, incidents maternels au cours de la grossesse : intoxications, carences, hypertension, infections virales. Dans la période périnatale (45 % des cas) sont en cause : la prématurité, d’autant plus pathogène qu’elle est plus précoce, les dystocies (accouchement par le siège, traumatismes néonataux), l’anoxie, les lésions vasculaires (ischémie, hémorragie intraventriculaire ou cérébroméningée) et les lésions infectieuses. Les causes postnatales (15 %) sont liées à un traumatisme ou à une méningo-encéphalite bactérienne ou virale.
Si les lésions cérébrales sont fixées ou peu évolutives, les séquelles orthopédiques s’aggravent avec la croissance du fait des déséquilibres musculaires, des rétractions, des déformations articulaires et rachidiennes qui doivent être surveillés et corrigés. La prise en charge doit être multidisciplinaire et la rééducation prolongée.

A. Tardieu, médecin légiste français, membre de l’Académie de Médecine (1818-1879) ; W. J. Little, chirurgien britannique (1861)

Syn. infirmité motrice cérébrale (IMC) (déconseillé)

Sigle : IMOC

→ encéphalopathie infantile, spasticité

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