inclusions cytomégaliques du nouveau-né (maladie des) l.f.
cytomegalic inclusions disease
Infection maternofœtale à cytomégalovirus, qui doit son nom à la présence de cellules géantes caractéristiques porteuses d’inclusions cytoplasmiques et nucléaires dans les principaux viscères.
Les conséquences de l’infection maternofœtale dépendent du moment de la transmission (pendant la grossesse, autour de l’accouchement ou lors de l’allaitement) et surtout du mode d’infection fœtale (gravité particulière s’il s’agit d’une primo-infection à cytomégalovirus chez la mère). La maladie du nouveau-né peut être d’emblée apparente sous forme d’une maladie sévère (hépatosplénomégalie, ictère, fièvre, purpura, pneumonie interstitielle) ou de déficit neurologique (microcéphalie, surdité). Certaines infections inapparentes se révèlent plus tard chez le nourrisson sous forme d’un retard psychomoteur ou d’une surdité.
→ cytomégalovirus, cytomégalovirus (infection congénitale à)
infection amniotique l.f.
amniotic infection
Infection de la cavité ovulaire par contamination microbienne qui atteint le liquide amniotique, puis le fœtus, le placenta et le cordon.
Sa première cause est la rupture prématurée des membranes, mais elle peut aussi survenir au cours d’un travail de durée prolongée. Elle est favorisée par la présence de méconium ou de sang. Elle se manifeste par un liquide fétide et des signes infectieux, fièvre, accélération du pouls, frissons.
Étym. lat. infectio : teinture, souillure, déverbal d'inficere : imprégner
Syn. infection ovulaire, fièvre du travail, physométrie
insomnie organique l.f.
organic insomnia
Ensemble de troubles qui se définit essentiellement comme une plainte portant notamment sur la lenteur et les difficultés d'installation du sommeil, sur de nombreux réveils et une baisse de son "efficacité".
L'enregistrement polysomnographique montre une diminution des proportions de sommeil paradoxal et lent profond, ainsi qu'une durée moyenne inférieure à celle des bons dormeurs, mais aussi un large recouvrement des courbes entre les deux populations.
Seront distinguées :
- les insomnies neurologiques, d'origine: traumatique (rupture du cycle veille-sommeil en phase aigüe, de mauvais pronostic, insomnie résiduelle, syndrome post-commotionnel) ; dégénérative (maladie de Parkinson, chorée de Huntington, démence d'Alzheimer, etc.) ; présumée infectieuse (maladie de Creutzfeldt-Jakob, insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan) ; vasculaire (insomnies sévères des lésions thalamiques et protubérantielles) ; épileptique (à l'extrême, effacement des stades du sommeil lors de crises fréquentes) ;
- les insomnies somatiques, notamment : le syndrome des jambes sans repos ; les infections à VIH (fréquence de la plainte insomniaque chez les séropositifs asymptomatiques) ; les affections douloureuses (céphalées, cancer, algies rhumatismales, en particulier) ; les troubles respiratoires (apnées du sommeil, bronchopneumopathies obstructives, etc.) ; les affections cardiovasculaires (crises nocturnes d'angor, p. ex.) ; diverses affections métaboliques et endocriniennes (dans le diabète du fait de la polyurie, de l'hypoglycémie, d'une neuropathie périphérique, dans l'hyperthyroïdie, etc.) Il est de fait que des facteurs non spécifiques (douleurs, fièvre, troubles respiratoires, toux, handicap fonctionnel, inconfort, anxiété) peuvent intervenir au moins partiellement.
J. Parkinson, médecin et paléontologue britannique (1817) ; G. Huntington, médecin américain (1872) ; A. Alzheimer, neuropathologiste allemand (1906) ; H. G. Creutzfeld, neuropathologiste allemand (1920) ; A. Jakob, neurologue allemand (1921) ; A. M. Morvan, médecin français, membre de l'Académie de médecine (1890)
→ polysomnographie, Parkinson (maladie de), Huntington (chorée de), Alzheimer (maladie d’), Creutzfeldt-Jakob (maladie de), insomnie familiale fatale, chorée fibrillaire de Morvan, épilepsie, maladie des jambes sans repos, séropositif au VIH, syndrome des apnées du sommeil, bronchopneumopathie chronique obstructive, angor de décubitus, diabète, hyperthyroïdie
insuffisance corticosurrénalienne aigüe l.f.
acute adrenocortical failure
Caractérisée par la crise surrénalienne, intensification rapide et dramatique d’une insuffisance surrénalienne chronique, elle est provoquée par différentes circonstances, en particulier par une infection ou un stress chirurgical.
Elle peut être secondaire à la destruction hémorragique des deux glandes surrénales secondaire, chez l’enfant, à une septicémie à Pseudomonas ou à méningocoque (syndrome de Waterhouse-Fridericksen) et chez l’adulte à une anomalie de la coagulation ou à un traitement anticoagulant.
L’interruption intempestive des corticoïdes par des patients ayant une atrophie surrénalienne provoquée par une administration chronique de stéroïdes est une cause fréquente. La crise peut aussi survenir chez les malades présentant une hyperplasie congénitale des surrénales et ayant une insuffisance de réserve corticosurrénalienne à la suite d’un traitement inhibant la stéroïdogenèse (mitotane, kétoconazole) ou augmentant le métabolisme des stéroïdes (phénytoïne, rifampicine).
La crise surrénalienne est caractérisée par des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales qui peuvent devenir incoercibles et parfois à une fièvre élevée. Un collapsus vasculaire par hypovolémie s’installe alors.
Le traitement consiste en une recharge en corticoïdes associée à une compensation des pertes en sodium et en eau.
La survie à long terme des malades présentant une insuffisance corticosurrénaliene chronique dépend de la prévention de la crise surrénalienne. La survenue d’une infection, de troubles gastro-intestinaux, d’un traumatisme, d’une intervention chirurgicale exige l’intensification du traitement hormonal substitutif.
R. Waterhouse, médecin britannique (1911) ; C. Friderichsen, pédiatre danois (1918)
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ insuffisance corticosurrénalienne chronique, Waterhouse- Friderichsen (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales
insuffisance rénale aigüe (IRA) l.f.
acute kidney failure
Syndrome consécutif à l'arrêt brutal ou du moins rapide pendant plus de 24 heures, de la fonction excrétrice de reins, qui fonctionnaient normalement auparavant.
L'IRA est, soit oligo-anurique, soit à diurèse conservée mais avec les conséquences sont identiques. Elle peut être de causes pré-rénales, rénales ou post-rénales. Elle peut survenir à tout âge dans un contexte médical, chirurgical ou obstétrical et répond à différentes lésions rénales (glomérules, tissu interstitiel, tubule avec ou sans réaction de l'interstitium, nécrose du cortex, des vaisseaux, des voie excrétrices ou de la papille, etc.).
On distingue divers types d'IRA :
- insuffisance fonctionnelle réversible, en principe, après correction du mécanisme causal (déshydratation extracellulaire, hypovolémie, hypotension, kaliopénie, hyper-calcémie, etc.) ;
- syndrome hépatorénal irréversible (survenant au cours des cirrhoses décompensées, mais sans lésions microscopiques) ;
- nécrose tubulaire aigüe, cause fréquente d'IRA, due à des états de choc, des hémolyses aigües, des rhabdomyolyses, des brûlures électriques, une coagulation intravasculaire disséminée, une pancréatite aigüe hémorragique, certaines intoxications (Hg, CCl4, bichromates, éthylène-glycol, champignons toxiques - amanite phalloïde, amanite proxima, cortinaire orellanus, etc.) et à l'intolérance à certains médicaments (produits de contraste radio-iodés, aminosides, cisplatine, cyclosporine, amphotéricine B, glafénine) ;
- IRA parenchymateuses micro-obstructives aigües par précipitation médicamenteuse (adiazine, acétazolamide, méthotrèxate, acyclovir) ;
- IRA par lyse tumorale post-chimiothérapie (précipitation d'acide urique, d'urates ou de phosphates) ;
- néphropathie hyperuricémique, tubulopathie myélomateuse (surtout myélome avec protéinurie de Bence-Jones) après déshydratation, administration d'antiinflammatoires non stéroïdiens (AINS) ;
- néphrites interstitielles aigües (septicémie, infection urinaire ascendante, leptospirose, fièvre hémorragique) réactions médicamenteuses immuno-allergiques (antibiotiques, AINS, phénindione - Pindione→ -, dérivés d'indanedione), infiltrations néoplasiques et lymphomateuses.
- néphropathies glomérulaires et vasculaires : glomérulo-néphrites aigües endocapillaires, glomérulonéphrites subaigües extra-capillaires parfois nécrosantes (dites malignes rapidement progressives à croissants) survenant au cours d'une infection viscérale, d'une endocardite, d'un syndrome de Goodpasture, d'une glomérulonéphrite idiopathique avec anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles, angéites aigües nécrosantes, PAN, maladie de Wegener IRA et syndromes intermédiaires ou apparentés, micro-angiopathie thrombotique, syndrome hémolytique et urémique ;
- IRA pré-rénales d'origine vasculaire par occlusion des artères rénales ou maladie athéro-embolique rénale ;
- IRA post-rénale par obstacle sur la voie excrétrice (lithiase, compression par une tumeur pelvienne, fibrose postradiothérapique, sclérose ou fibrose rétro-péritonéale).
E. W. Goodpasture, anatomopathologiste américain (1919) ; F. Wegener, anatomopathologiste allemand (1936 et 1939) ; H. Bence Jones, médecin et chimiste britannique (1848)
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
Iquitos (virus)
Iquitos (virus)
Virus à ARN du genre Orthobunyavirus (famille des Bunyaviridae) circulant en Amazonie.
Le virus Iquitos est proche du virus Oropouche dont il serait un réassortant (les segments S et L du génome sont identiques
à ceux du virus ORO). Il provoque un tableau comprenant fièvre, frissons, céphalées, arthralgies et diarrhée. Il sévit par épidémies en Amazonie péruvienne et les enquêtes sérologiques indiquent que les infections humaines sont fréquentes dans cette région, notamment en milieu urbain. Comme c'est le cas pour le virus ORO, ses vecteurs sont probablement des Culicoides (Diptères Cératopogonides) et peut-être des moustiques.
Sigle : IQTV
IRIS (syndrome) l.m. sigle angl. pour Immune Restoration Inflammatory
Syndrome de restauration immunitaire défini comme une réaction inflammatoire paradoxale caractérisée par une reprise de la fièvre et une augmentation du volume des nœuds (ganglions) lymphatiques chez un patient infecté par le VIH et traité pour une infection opportuniste.
Survenant pendant la phase de reprise de fonction du système immunitaire sous l’influence du traitement antirétroviral, en moyenne 60 jours après l’introduction de celui-ci, la réaction inflammatoire peut toucher différents organes et systèmes : le foie, le pancréas, les poumons, les ganglions lymphatiques, les yeux, le tube digestif, la peau, les os et le rein. L’atteinte rénale rare se manifeste par une insuffisance rénale aiguë avec conservation de la diurèse.
La prévalence de l’IRIS chez les patients VIH + présentant des infections opportunistes varie entre 15 et 45 %.
Issyk-Kul (virus)
Issyk-Kul (virus)
Virus à ARN non classé infectant principalement des Chauves-souris en Asie centrale.
Ce virus, probablement transmis par des tiques Argasidae, infecte différentes espèces de Chauves-souris au Tadjikistan et au Kirghizistan. Les infections humaines se traduisent par de la fièvre, des céphalées, des myalgies, une pharyngite, des nausées et des vomissements.
Sigle : IKV
Itaqui (virus)
Itaqui (virus)
Virus à ARN de la famille des Bunyaviridae, responsable, en Amérique tropicale, de syndromes fébriles et algiques.
Ce virus, qui appartient au "groupe C" des Bunyaviridae, entraîne, chez l'Homme, une maladie bénigne associant fièvre, frissons, céphalées, myalgies, photophobie durant quatre à cinq jours.
Sigle : ITQV
Itaya (virus)
Itaya (virus)
Virus à ARN tri-segmenté du genre Orthobunyavirus (famille des Bunyaviridae), responsable de syndromes fébriles chez l'Homme en Amérique du Sud.
Le tableau clinique résultant de l'infection par le virus Itaya comporte de la fièvre, des céphalées, des arthralgies, des frissons, de la toux. Proche du virus Caraparu, le virus Itaya appartient au groupe C des Bunyaviridae. Il semble répandu dans le bassin amazonien, au Nord-Est du Pérou. Cet arbovirus est considéré comme étant un réassortant récent.
Étym. du nom de la rivière Itaya, proche de la ville d'Iquitos, au Pérou.
Jones (critères de) l.m.p.
Jones’s criteria
Principaux éléments de la symptomatologie du rhumatisme articulaire aigu, classés en cinq critères majeurs : polyarthrite, cardite, érythème marginé, chorée de Sydenham et nodules sous-cutanés de Meynet, et critères mineurs : fièvre, arthralgies, signes électrocardiographiques (allongement de PR), tests biologiques de l’inflammation positifs, teneurs élevées en antistreptolysines O et antécédents de RAA.
Au moins deux critères majeurs ou un critère majeur et deux critères mineurs sont nécessaires au diagnostic.
Les critères de Jones (1944) ont été modifiés par l’American Hearth Association en 1965
T. D. Jones, médecin américain (1944)
→ rhumatisme articulaire aigu, Meynet (nodules de)
Jurona (virus)
Jurona (virus)
Virus à ARN du genre Vesiculovirus (famille des Rhabdoviridae), responsable de syndromes fébriles au Brésil.
Proche du virus de la stomatite vésiculeuse, le virus Jurona entraîne, chez l'Homme, une fièvre avec céphalées, frissons, photophobie, myalgies, arthralgies, asthénie. Les infections inapparentes semblent fréquentes.
Sigle JURV
Kaposi Juliusberg (maladie de) l.f.
Kaposi-Juliusberg's disease
Éruption à laquelle Kaposi a donné, en 1894, le nom d’eczéma herpétiforme et qui, par la suite, a été dénommée pustulose varioliforme, pustulose varicelliforme ou vaccinale.
Attribuée au virus Herpes simplex, accessoirement à la varicelle, autrefois à la vaccine, dans le cadre de la vaccination antivariolique. Elle se manifeste par une éruption apparaissant comme une complication d’un eczéma infantile, chez un enfant en bas âge, entre 6 mois et 2 ans. Cette éruption se caractérise par des éléments pustuleux, se superposant aux lésions eczémateuses suintantes, voire hémorragiques. Il s’y associe une atteinte muqueuse avec réaction ganglionnaire, une réaction générale avec fièvre élevée et œdème du visage.
L’évolution grave, souvent mortelle, a été améliorée par les thérapeutiques spécifiques antivirales et les antibiotiques en cas de surinfection. La crainte de cette maladie a justifié la contrindication de la vaccination antivariolique chez tout enfant atteint d’eczéma.
M. K. Kaposi, dermatologiste austrohongrois, membre de l’Académie de médecine (1880) ; F. Juliusberg, dermatologiste allemand (1898)
Kawasaki (maladie de) l.f.
Kawasaki disease, mucocutaneous lymph node syndrome
Maladie définie par 5 des 6 critères suivants : fièvre persistante de 5 jours ou plus; modification des extrémités avec, soit érythème et œdème dur palmoplantaire à la période initiale, soit desquamation périunguéale à la période tardive; exanthème polymorphe; hyperhémie conjonctivale bilatérale; modifications buccopharyngées à type de chéilite, langue framboisée, pharyngite, stomatite; adénopathies cervicales aiguës non suppuratives.
La présence de 4 critères et d'un anévrisme coronaire repéré par échocardiographie bidimensionnelle ou coronarographie signe également le diagnostic. La principale complication est d'ordre cardiaque : anévrisme coronaire ou infarctus myocardique. L'étiologie est inconnue : l'hypothèse la plus récente fait appel à la théorie des superantigènes. Le traitement, urgent pour éviter les complications cardiaques, consiste en perfusion intraveineuse de gammaglobulines.
Cette maladie décrite au Japon est peut-être identique à la périartérite noueuse du nourrisson décrite en France par Debré.
T. Kawasaki, pédiatre japonais (1967)
Syn. syndrome mucocutané ganglionnaire
Kemerovo (virus)
Kemerovo (virus)
Virus à ARN du genre Orthobivirus (famille des Reoviridae), agent de syndromes méningés sporadiques chez l'Homme.
Le virus Kemerovo est répandu en Europe de l'Est (Roumanie), en Sibérie et en Asie centrale. Il entraîne, chez l'Homme, de la fièvre, des céphalées et des signes méningés (raideur de la nuque), voire des méningo-encéphalites. Il est transmis par des tiques Ixodidae, en particulier Ixodes persulcatus.
Sigle KEMV
Khabarovsk (virus)
Khabarovsk virus
Virus à ARN, appartenant à la famille des Bunyaviridae et au genre Hantavirus.
Dans l'Est de la Russie ce virus est probablement responsable, chez l'Homme, de fièvre hémorragique avec syndrome rénal. Son réservoir est le rongeur Microtus fortis.
Sigle : KHBV
→ fièvre hémorragique avec syndrome rénal, Hantavirus
Koutango (virus)
Koutango (virus)
Virus à ARN du genre Flavivirus (famille des Flaviviridae), agent de syndromes fébriles bénins en Afrique.
Le virus Koutango infecte des rongeurs. Chez l'Homme, ce virus est à l'origine d'un syndrome associant fièvre, céphalées, éruption érythémateuse, d'une durée de 2 à 3 jours.
Sigle : KOUV
Kyasanur (virus de la forêt de) l.m.
Virus à ARN appartenant à la famille des Flaviviridae, au genre Flavivirus, qui sévit au Sud-Ouest de l’Inde et est transmis à l’Homme par une morsure de tique.
Il provoque un syndrome fébrile avec céphalées, myalgies, adénopathies superficielles, éruption cutanée, suivi d’une défervescence thermique puis d’une reprise de la fièvre avec manifestations neurologiques centrales. Le pronostic en est généralement bénin.
La Crosse virus
La Crosse virus
Virus à ARN du genre Orthobunyavirus (famille des Bunyaviridae), reponsable de syndromes méningo-encéphalitiques en Amérique du Nord.
Ce virus, qui fait partie du "groupe California" (encéphalite de Californie), est le principal agent d'encéphalites de l'enfant ; l'incidence annuelle de ces encéphalites est de l'ordre de 50 à 100 cas mais les infections inapparentes sont très nombreuses (peut-être 1 encéphalite pour 1 000 infections humaines). Lorsque la pathogénicité du virus s'exprime, on observe un début brutal avec fièvre, frissons, céphalées, photophobie, parfois douleurs abdominales et signes respiratoires ; peuvent ensuite apparaître des signes d'atteinte méningée : vomissements, raideur de la nuque, prostration, convulsions, troubles de la conscience, rarement coma. Toutefois, le décès survient très rarement. Ces infections surviennent de juillet à septembre. Répandu aux Etats-Unis (états du "midwest"), le virus La Crosse circule en milieu forestier parmi les populations d'écureuils et de renards par l'intermédiaire de moustiques, notamment Ochlerotatus triseriatus.
Sigle : LACV
Lassa (virus de) l.m.
Lassa virus
Virus à ARN appartenant à la famille des Arenaviridae et au genre Arenavirus.
Il est responsable de la fièvre de Lassa. Son identification repose sur plusieurs méthodes : isolement en culture cellulaire, effectuée dans un laboratoire de référence (niveau de confinement P4), biologie moléculaire (PCR), sérologie avec recherche d’IgM ou séroconversion.
légionellose n.f.
legionellosis
Infection due à des bactéries du genre Legionella, le plus souvent Legionella pneumophila, petit bacille à Gram négatif, à développement intracellulaire.
Legionella pneumophila se transmet par aérosols issus de milieux hydriques (douches, climatisation, etc.). Après une courte incubation, la légionellose consiste en une pneumopathie extensive fébrile, pouvant provoquer un syndrome de détresse respiratoire. Il s’y associe volontiers des signes extrapulmonaires, neurologiques (confusion, troubles psychiques), digestifs (diarrhée). Le diagnostic repose sur l’isolement du germe (hémoculture, liquide alvéolaire ou pleural) et sur le sérodiagnostic en immunofluorescence directe. La recherche d’antigènes solubles urinaires permet un diagnostic rapide et précoce. Le traitement comporte un macrolide ou une fluoroquinolone, en association à la rifampicine dans les formes graves.
Une autre espèce, Legionella longbeachae, dont le réservoir est constitué par le sol et non plus par l'eau, est responsable d'environ 5 % des cas de légionellose ainsi que de cas de fièvre de Pontiac. La contamination est ici liée aux activités de jardinage.
La légionellose est apparue en juillet 1976 aux États-Unis chez des vétérans de l'"American Legion".
Syn. maladie des légionnaires
lupus érythémateux systémique l.m.
systemic lupus erythematosus
Forme la plus sévère du lupus érythémateux où les phénomènes immunopathologiques, avec auto-anticorps et immuns complexes, peuvent atteindre tous les organes, rendant sa définition clinique et immunologique très protéiforme.
Elle se définit cliniquement par l'association à des degrés variables de symptômes généraux (fatigue, fièvre, anorexie, amaigrissement) et par l'atteinte d'organes divers avec, par ordre de fréquence décroissante, les articulations et les muscles (arthralgie, arthrite, myosite), la peau (éruption du visage en vespertilio, photosensibilité, syndrome de Raynaud), le sang (anémie, leucopénie, troubles de la coagulation), le système nerveux (psychose, convulsions, neuropathie périphérique), le cœur et les poumons (pleurésie, péricardite, myocardite, endocardite), les reins (protéinurie, glomérulonéphrite, syndrome néphrotique, insuffisance rénale); mais d'autres organes peuvent être atteints; des critères d'auto-immunité définissent la maladie sur le plan immunologique : anticorps antinucléaires, anti-ADN, anti-Sm, anti-RNP, anti-Ro (SSA), anti-La (SSB) anti-cardiolipide, anti-plaquettes, anti-érythrocytes, etc.
L'affection touche le plus souvent la femme jeune. Son pronostic dépend de l'importance des atteintes viscérales, en particulier rénales, cérébrales, pulmonaires et cardiaques. L'évolu
Syn. lupus érythémateux aigu disséminé, maladie lupique
lymphadénopathie à tiques l.f.
tick-borne lymphadenopathy, Dermacentor-borne necrosis and lymphadenopathy
Rickettsiose due à Rickettsia slovaca, observée en Europe du sud et de l'est, notamment en France.
La maladie semble peu fréquente ; elle associe une escarre d'inoculation (lésion nécrotique entourée d'un halo érythémateux), une fièvre, une asthénie, des arthralgies, des adénopathies principalement cervicales et parfois un rash maculopapuleux. Le seul vecteur connu est la tique Dermacentor marginatus.
lymphangiome de la langue l.m.
lymphangioma of the tongue
Lymphangiome caverneux siégeant le plus souvent à la partie postérieure du dos de la langue ou dans la région du V lingual, se présentant comme une tuméfaction du dos de la langue et infiltrant l'épaisseur de celle-ci, faisant corps avec la muqueuse, qui est souvent parsemée de lymphangiomes ou d'hémolymphangiomes superficiels.
Il se complique fréquemment de poussées inflammatoires avec fièvre, avec une augmentation parfois importante de la tumeur et possibilité de troubles mécaniques graves.
lymphangite n.f.
lymphangitis
Inflammation, le plus souvent infectieuse, aigüe ou chronique, d’un ou de plusieurs vaisseaux lymphatiques.
Due le plus souvent au streptocoque du groupe A, plus rarement au staphylocoque, elle réalise, avec un début brutal et un état fébrile, une traînée ou un cordon rouge allant d’une porte d’entrée généralement cutanée à une adénopathie régionale plus ou moins douloureuse, avec possibilité de visualisation du réseau lymphatique sous-cutané infecté.
Il existe également des lymphangites rétrogrades observées dans les filarioses lymphatiques, à développement centrifuge (de la racine du membre vers l'extrémité), accompagnées de fièvre, évoluant par poussées spontanément régressives au début ; mais, avec le temps, le lymphœdème tend à persister de plus en plus et des complications peuvent apparaître à type de lymphocèle ou de lymphangiectasies internes ou externes susceptibles de se rompre. Le traitement fait appel aux médicaments anti-filariens administrés en cures répétées et, dans certains cas évolués, à la chirurgie.
Une lymphangite cancéreuse correspond à la migration de cellules néoplasiques dans les vaisseaux et ganglions lymphatiques.
Syn. angioleucite (obs.)
→ lymphangite carcinomateuse, lymphangite carcinomateuse du sein