herpangine n.f.
herpangina
Stomatite vésiculeuse postérieure localisée aux piliers des amygdales, au voile et à la luette, fébrile, spontanément régressive en quelques jours, due au virus Coxsackie A et survenant chez les jeunes enfants au cours de petites épidémies estivales.
J. Zahorsky Jr, pédiatre américain (1920, 1924)
[D3,P1]
herpès n.m.
cold sore, herpes, herpes simplex
Infection cosmopolite fréquente bénigne due aux Simplexvirus 1 et 2, de la famille des Herpesviridae.
Après une primo-infection, symptomatique ou non, l'herpès devient récurrent in situ, à type d'herpès labial, périnarinaire, génital, anal, oculaire, fessier, etc. La lésion élémentaire est une vésicule évoluant en quelques jours vers l'érosion puis vers la croûte. La confluence des lésions réalise le bouquet d'herpès. Une adénopathie satellite est fréquente.
L'herpès peut exceptionnellement être grave : méningoencéphalite herpétique, herpès chronique de l'immunodéprimé, pustulose varioliforme de Kaposi-Juliusberg, herpès néonatal, herpès disséminé viscéral des immunodéprimés, etc.
Le diagnostic est clinique. Dans les cas douteux, le cytodiagnostic met en évidence les cellules ballonnisées et, surtout, la culture virale sur cellules fibroblastiques ou épithéliales permet d'identifier le virus. Le traitement symptomatique suffit le plus souvent. L'Aciclovir est réservé aux herpès graves ou récidivant fréquemment.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
→ Simplexvirus, Herpesviridae, herpès chronique, herpès de la cornée, herpès et troubles neuropsychiques, herpès génital, herpes gestationis, herpès iris, herpès néonatal, herpès récurrent, neuropathies herpétiques
[D3,J1]
herpès chronique l.m.
chronic herpes
Herpès cutanéomuqueux n'ayant pas de tendance spontanée à la guérison.
Il commence comme un herpès banal qui devient extensif, nécrotique, parfois végétant voire disséminé aux téguments, ou même aux viscères. Ce type d'herpès est observé chez les immunodéprimés, en particulier au cours du sida. Le traitement utilisé est l'aciclovir, ou en cas de résistance, le foscarnet.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
→ herpès, herpès génital, herpes simplex virus
[D3,J1]
herpès circiné l.m.
tinea corporis, tinea circinata, ringworm
Lésion élémentaire provoquée par les dermatophytes, siégeant en n’importe quel point de la peau glabre, caractérisée par une couronne de fines vésicules, de squames et de croûtelles qui correspond à l’avancée extrême des filaments mycéliens.
La variété la plus classique est l’herpès circiné trichophytique mais il en existe qui sont microsporiques. Selon l’espèce de dermatophytes en cause, les duvets sont pénétrés ou non et la réaction inflammatoire est plus ou moins intense.
La ressemblance avec les vésicules herpétiques est à l’origine de la dénomination qui prête à confusion car l’herpès est une maladie virale.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
Syn. dermatophytose de la peau glabre, tinea corporis, tinea facialis
→ herpès
[D3,J1]
herpès de la cornée l.m.
→ kératite dendritique, kératite disciforme
[D3,P2]
herpès et troubles neuropsychiques l.m.
herpes and neuropsychical disorders
→ encéphalite herpétique, neuropathies herpétiques, herpès
[D3,H3]
herpès génital l.m.
herpes genitalis, herpes progenitalis
Forme d'herpès particulière par sa localisation génitale et le risque de transmission lors des rapports sexuels.
L'herpès génital est dû, le plus souvent, au Simplexvirus HSV 2. Comme les autres lésions génitales, il peut faciliter l'infection par le VIH.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
[D3,J1]
Édit. 2015
herpes gestationis l.m.
herpes gestationis, pemphigoid gestationis
Dermatose bulleuse auto-immune de la femme enceinte qui survient, parfois dès la première, mais plus souvent à la 2ème ou à la 3 ème grossesse, durant le 2 èmetrimestre de la gestation et dont la lésion élémentaire est une papule ou plaque urticarienne, extrêmement prurigineuse, sur laquelle apparaissent de façon plus ou moins retardée des lésions bulleuses à disposition volontiers annulaire.
L'éruption prédomine sur l'abdomen, en particulier dans la région péri-ombilicale, mais pouvant s'étendre aux membres, au tronc, aux paumes et aux plantes, alors que les muqueuses sont généralement épargnées.
Au stade bulleux, le décollement, sous-épidermique, est situé dans la lamina lucida. L'immunofluorescence montre dans la peau malade à la jonction dermo-épidermique un dépôt linéaire de complément (C3) et plus rarement d'auto-anticorps de type IgG. Dans le sérum, on retrouve un "herpes gestationis factor". L'évolution à court terme se fait vers une aggravation du prurit et des lésions jusqu'à l'accouchement. Après celui-ci, le plus souvent la dermatose régresse. A long terme, elle peut récidiver au moment des règles ou lors de la prise d'œstroprogestatifs. En cas de nouvelle grossesse, elle réapparait presque toujours, survenant de plus en plus précocement. Le pronostic fœtal est globalement bon, avec cependant un risque d'accouchement prématuré et d'hypotrophie. Le traitement repose sur la corticothérapie générale.
J. L. Milton, dermatologiste britannique (1872) ; L. Brocq, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1856-1928)
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
Syn. dermite polymorphe récidivante de la grossesse de Brocq (1891) (obs.), pemphigoïde gravidique
→ herpès, lamina lucida, herpes gestationis factor
[D3, J1, O3]
Édit. 2018
herpes gestationis factor l.m.
herpes gestationis factor
Substance détectée dans le sérum des femmes atteintes d'herpes gestationis par la technique de fixation du complément, capable de fixer le complément à la membrane basale, qui est un auto-anticorps de type IgG reconnaissant un antigène de 180 kDa correspondant vraisemblablement à l'antigène mineur de la pemphigoïde bulleuse classique.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
Sigle HGF
→ pemphigoïde bulleuse, herpès
[D3,O3,F3]
herpès iris l.m.
herpes iris
1) Dermatose érythématovésiculeuse, qui correspond à une forme clinique d'érythème polymorphe.
2) Pour certains, aspect sémiologique d’une lésion « en cocarde » à centre vésiculeux entouré de deux ou trois anneaux concentriques plus ou moins érythémateux.
T. Bateman, dermatologiste britannique (1817)
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper, Iris : divinité grecque de l'arc-en-ciel
[D3,,J1]
Édit. 2015
herpès néonatal l.m.
neonatal herpes, herpes neonatorum
Herpès grave du nouveau-né contracté lors du passage de celui-ci dans la filière génitale infectée par le Simplexvirus HSV 2, réalisant un tableau de méningoencéphalite, d’hépatite, ou d’herpès cutanéo-muqueux évoluant vers la mort.
Cet herpès néonatal, très rare, peut être prévenu en pratiquant une césarienne en cas d'herpès clinique de la mère et en faisant dans les situations à risque, des cultures virales de prélèvements effectués au niveau du col et chez l'enfant, afin d'instituer précocement un traitement antiviral. L'Aciclovir IV n'empêche pas toujours la survenue de séquelles neurologiques et, malgré celui-ci, le taux de mortalité dépasse les 30%.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
→ herpès génital, herpès, Simplexvirus
[D3,O1]
herpès récurrent l.m.
recurrent herpes, herpes simplex recurrens
Présentation habituelle de l'herpès, due à la réactivation épisodique du Simplexvirus HSV in situ dans l'épiderme ou dans l'épithélium, à partir des ganglions spinaux et des neurones infectés.
Chaque récurrence, de siège le plus souvent péri-orificiel, dure de cinq à dix jours ; le rythme des poussées est variable. Des facteurs déclenchant sont fréquents : soleil, froid, infections, traumatismes, règles; ils peuvent même être d'ordre psychologique.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
Syn. herpès récidivant
[D3,J1]
Herpesviridae
Herpesviridae
Famille de virus à ADN, dotés d'une capside icosaédrique de 100 nm, entourée d’une enveloppe portant des glycoprotéines virales.
La famille des Herpesviridae compte plus de 100 espèces, réparties en trois sous-familles :
- les Alphaherpesvirinae : genres Simplexvirus (HSV-1 et -2) responsables de l'herpès et Varicellovirus (VZV) responsable de la varicelle et du zona ; ces virus infectent les cellules épithéliales et peuvent rester latents dans les ganglions nerveux sensitifs,
- les Bêtaherpesvirinae : genres Cytomegalovirus (HCMV) et Roseolovirus (HHV-6), responsable de l'exanthème subit (roséole infantile) ; ces virus sont souvent responsables d'infections asymptomatiques et qui peuvent demeurer à l'état latent dans le sang, le tissu lymphoïde, les glandes sécrétoires et le rein,
- les Gammaherpesvirinae : genres Lymphocryptovirus (virus d'Epstein-Barr, EBV), agent de mononucléose infectieuse et Rhadinovirus (HHV-8), qui restent latents dans les lymphocytes et certaines cellules épithéliales. Ils sont principalement associés à des affections malignes du tissu lymphoïde.
L'Herpesvirus humain 8 (HHV-8) pourrait intervenir dans la pathogénie de la maladie de Kaposi et la maladie de Castleman. Quant à l'Herpesvirus humain 7(HHV-7), son rôle pathogène est encore mal défini.
Pour ceux de ces virus qui infectent l'Homme et qui se transmettent par contact direct, le réservoir est exclusivement humain. Les Herpesviridae ont la particularité de persister, de manière latente, dans l’organisme, pendant de nombreuses années, après la primo-infection ; les cellules, dans le noyau desquelles ils sont présents, sont sanguines ou nerveuses. Les réactivations (réinfections endogènes) peuvent être symptomatiques ou non ; elles sont plus fréquentes et plus graves chez les sujets ayant un déficit en cellules T (patients infectés par le VIH, transplantés).
Diverses techniques permettent de mettre en évidence ces différents virus en fonction des espèces : cultures cellulaires, biologie moléculaire, sérologie. Toutefois, la recherche d'une montée significative du titre des anticorps est généralement absente au-delà de la primo-infection et les IgM peuvent réapparaître lors des réinfections. Enfin, le fait de détecter la présence d'un Herpesviridé ne permet pas forcément de lui attribuer un rôle dans l'étiologie de la maladie que présente le patient.
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
→ herpès, herpès génital, herpès néonatal, herpès chronique, herpès récurrent, herpes gestationis, varicelle, zona, varicelle-zona (virus), Cytomegalovirus, exanthème subit, Epstein-Barr (virus d'), mononucléose infectieuse, Kaposi (maladie de), Castleman (pseudotumeur de), neuropathies herpétiques, Burkitt (lymphome de), Simplexvirus, Varicellovirus, Roseolovirus, Lymphocryptovirus, Rhadinovirus
[D1]
Herpesvirus humain 6 l.m.
human Herpesvirus 6
Virus à ADN du genre Roseolovirus (famille des Herpesviridae, sous-famille des Betaherpesvirinae), infectant de manière latente les cellules sanguines mononucléées.
La primo-infection survient avant l’âge de 5 ans ; elle est asymptomatique ou se traduit par l’exanthème subit (roséole infantile) ou un épisode fébrile isolé. Ce virus peut aussi provoquer des manifestations hépatiques (hépatite aigüe), sanguines (thrombopénie aigüe, syndrome mononucléosique), neurologiques (méningoencéphalite aigüe). Au cours de la primo-infection ou des réactivations, il peut être mis en évidence dans le sang ou d’autres liquides biologiques par hybridation moléculaire. La transmission interhumaine de ce virus s’effectuerait essentiellement par la salive.
Sigle : HHV-6
→ Herpesviridae, exanthème subit, Roseolovirus
[D1]
Herpesvirus humain 7 l.m.
Human Herpesvirus 7
Virus à ADN du genre Roseolovirus (famille des Herpesviridae, sous-famille des Betaherpesvirinae), infectant de manière latente les cellules sanguines mononucléées.
L'infection par ce virus est le plus souvent asymptomatique, qu'il s'agisse de primo-infections ou de réinfections. En réalité, son rôle pathogène est imprécis (responsabilité suspectée dans quelques cas d’exanthème subit, de fièvre avec éruption, de syndrome mononucléosique).
Sigle : HHV-7
[D1]
Herpesvirus humain 8 l.m.
Human herpesvirus 8
Virus à ADN du genre Rhadinovirus (famille des Herpesviridae, sous-famille des Gammaherpesvirinae), à tropisme neuroectodermique.
On connait quatre sous-types de ce virus. Actuellement considéré comme l’agent étiologique de toutes les formes de la maladie de Kaposi (classique, endémique, post-transplant et épidémique ou associé au VIH), de la maladie de Castleman multicentrique, principalement chez des patients infectés par le VIH, ainsi que de lymphomes B, surtout chez des patients atteints de sida. La transmission de ce virus se fait surtout par voie sexuelle mais une transmission horizontale entre enfants et verticale de la mère à l'enfant semble possible. Son identification relève de la biologie moléculaire
Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper
Sigle : HHV-8
→ Herpesviridae, Kaposi (maladie de), Castleman (pseudotumeur de), Rhadinovirus
[D1]
herpétiforme adj.
herpetiform
Se dit d’une lésion cutanée qui ressemble à celle de l’herpès.
[D1,J1]
herpétique adj.
herpetic
Se dit d’une manifestation ou d'une étiologie en rapport avec l’herpès.
[D1,J1]
Herpin-Janz (syndrome d')
l.m.
Syn. épilepsie myoclonique juvénile
→ épilepsie myoclonique juvénile
[H1, O1, Q2]
Édit. 2020
Herrgott (fracture de) l.f.
Herrgott’s fracture
Fracture de la partie supérieure de la fibula associée à une blessure du nerf sciatique poplité externe.
Alphosne Herrgott (1849-1927) était gynécologue obstétricien à Nancy ; son père fut également chirurgien : François-Joseph Herrgott (1814-1907) ; tous les deux étaient membres de l’Académie de médecine (JLM)
Étym. lat. frangere : rompre
[I2]
Édit. 2015
Herrmann (syndrome d') l. m.
Herrmann’s syndrome
Syndrome associant diabète insulino-dépendant, diabète insipide, convulsions, photomyoclonies, surdité de perception, et dysfonction cérébrale.
Il débute chez l'adulte jeune par les photomyoclonies puis survient progressivement la surdité, avant les autres manifestations. L’affection est autosomique dominante (MIM 172500) à pénétrance variable.
C. Herrmann Jr, neurologue américain (1964)
→ diabète insulinodépendant, diabète insipide, surdité de perception
[R1,H1,P1,Q2]
Édit. 2015
Herrmann-Pallister (syndrome de) l.m.
Herrmann-Pallister syndrome
J. Herrmann, pédiatre généticien et P.D. Pallister, généticien américains (1975)
Hers (maladie de) l.f.
Hers’ disease
Glycogénose de type VI due à un déficit en phosphorylase hépatique, caractérisée par une surcharge glycogénique, avec hypoglycémie, acidocétose, et hépatomégalie.
L’hépatomégalie relativement bénigne, s’améliore avec l’âge. Il existe un retard de croissance.
H-G. Hers, biochimiste belge (1959)
Syn. maladie de surcharge en glycogène de type VIb, glycogénose hépatique de type VIb
[ L1, R1]
Édit. 2018
Hersh-Podruch-Weisskopf (syndrome de) l.m.
Hersh-Podruch-Weisskopf’s syndrome
Affection rare caractérisée par un retard mental sévère, une dysmorphie faciale, une surdité et une dystrophie rétinienne.
Le front est bombé, l’étage moyen réduit, le nez court et petit, l’implantation des oreilles est basse. On trouve également un pli palmaire transverse, une hypotonie, un hypogonadisme. Au niveau des yeux épicanthus, strabisme, nystagmus et rétinite pigmentaire (2/3) peuvent être observés. L’affection est autosomique récessive (Gendiag 5048).
J. H. Hersh, P. E. Podruch et B. Weisskopf, pédiatres américains (1982)
Hertig (critères de) l.m.
Hertig's criterias
Caractères histologiques de différenciation du trophoblaste d'une môle hydatiforme permettant de prévoir son évolution vers un choriocarcinome.
A. T. Hertig et W. H. Sheldon, anatomopathologistes américains (1947)
→ môle hydatiforme, choriocarcinome
[A3,O3]
Édit. 2015