Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hémorragie digestive l.f.

severe gastrointestinal hemorrhage

Hémorragie dont l'origine se situe dans le tube digestif.
On distingue les hémorragies hautes qui proviennent de l'œsophage, de l'estomac ou de la partie haute de l'intestin grêle (en amont de l'angle de Treitz) et les hémorragies basses issues de l'intestin grêle, du colon ou du rectum.
Le saignement gastro-intestinal est en général cliniquement évident (hématémèse ou melæna), il peut être accompagné d'un collapsus voire d'un état de choc ou seulement d'une hypotension orthostatique et d'une baisse de 6%, parfois plus importante, de l'hématocrite. Les hémorragies graves comportent un risque vital et nécessitent la transfusion et la prise en charge en unité de soins intensifs. Le pronostic même immédiat, est moins lié au débit du saignement et à son caractère qu'aux circonstances de survenue (âge, morbidité associée, intolérance hémodynamique) et surtout à la lésion causale avec son potentiel de rechute à brève échéance. Il convient de toujours rechercher une origine médicamenteuse. L'endoscopie en urgence localise le site et précise le stade (saignement en cours ou arrêté avec haut risque de récidive). Elle peut être associée à un geste d'hémostase. Elle permet de poser une indication opératoire.
Les principales causes d'hémorragie digestive haute, œsophagogastriques, sont les varices œsophagiennes (hypertension portale), l'ulcère peptique (surtout duodénal), l'ulcère de stress et l'exulceratio simplex de Dieulafoy, les gastrites éthyliques, le syndrome de Mallory-Weiss. Ces saignements sont favorisés par la prise d’antiinflammatoires non stéroïdiens ou d’aspirine.
Les causes d’hémorragies basses sont les ectasies vasculaires (hémorroïdes) et les diverticules coliques.

P. Dieulafoy, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1898) ;
G. K. Mallory, anatomopathologiste américain et S. Weiss, médecin interniste américain (1929)

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

→ hématémèse, melæna, varices ɶsophagiennes, ulcère duodénal, exulératio simplex, gastrite, Mallory-Weiss (syndrome de)

[L1]

hémorragie digestive du nouveau-né l.f. -

digestive hemorrhage of the neonate

Hématémèse ou melæna des sept premiers jours de la vie, souvent liée à des troubles de la crase sanguine.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[O1]

hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une) l.f.

digestive bleeding (radioisotopic measurement)

Confirmation et mesure d'un saignement digestif occulte, effectuées par méthode isotopique.
On prélève quelques millilitres de sang du patient ; les globules rouges sont alors marqués par 51Cr puis réinjectés au patient. Connaissant l'activité du millilitre de sang marqué réinjecté et celle des selles (du jour de l'administration des globules marqués et des jours suivants), on calcule l'élimination fécale quotidienne de sang.
Il a également été proposé d'administrer directement des colloïdes marqués. En cas d'hémorragie digestive importante, on peut déceler un foyer radioactif intraabdominal.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[L1]

hémorragie du nouveau-né l.f.

neonatal hemorrhage

→ hématome sous-cutané crânien tardif généralisé, hémorragie digestive du nouveau-né, hémorragie ombilicale du nouveau-né, hémorragie rétinienne du nouveau-né, hémorragie cérébro méningée du nouveau-né, ventriculaire du nouveau-né

[O1]

hémorragie du vitré l.f.

vitreous hemorrhage

Hémorragie du vitré d'origines très variées qui peut opacifier ce milieu au point de réduire la vision et d'empêcher l'accès au fond d'œil.
Des séquelles sont inévitables dans les hémorragies abondantes, avec liquéfaction, condensation et organisation du vitré.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

→ corps vitré

[P2]

hémorragie expulsive l.f.

expulsive haemorrhage

Hémorragie choroïdienne survenant brutalement en cours d'intervention de la cataracte, en réalisant une poussée positive postérieure et une extrusion des structures intraoculaires.
Sa contention est d'autant plus malaisée que l'incision est grande.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[P2]

hémorragie fœtomaternelle l.f.

feto-maternal hemorrhage

Passage transplacentaire de sang fœtal dans la circulation maternelle, sur placenta normalement inséré ou prævia, au moment de l'accouchement ou de la délivrance, à l'occasion d'un traumatisme utérin, d'une manœuvre de version, d'une amniocentèse, d'une fausse couche, d'une grossesse extra-utérine.
Son volume, évalué par le test de Kleihauer, atteint parfois plusieurs dizaines de millilitres, cause d'anémie fœtale et surtout d'immunisation anti-D chez les femmes rhésus négatif.

E. Kleihauer et K. Betke, pédiatres allemands (1957)

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

→ Kleihauer (test de)

[O3]

Édit. 2015

hémorragie intracrânienne du nouveau-né l.f.

→ hémorragie cérébrale intraventriculaire du nouveau-né

[O1]

hémorragie intrapéritonéale l.f.

intraperitoneal hemorrhage

→ hémopéritoine

[L1]

hémorragie intrarétinienne l.f.

intraretinal hemorrhage

Diffusion hématique dans les espaces extracellulaires par ruptures pariétales de microanévrismes ou de capillaires rétiniens.
Ces petites hémorragies, retrouvées au cours de la plupart des vasculopathies rétiniennes, ont une forme ronde en tache pétéchiale lorsqu'elles sont profondes au niveau de la couche plexiforme externe, ou un aspect strié en flammèches lorsqu'elles sont superficielles au niveau de la couche des fibres optiques.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[P2]

hémorragie intravitréenne l.f.

intravitreal hemorrhage

Diffusion hématique dans la cavité vitréenne.
Les hémorragies intravitréennes sont une des complications des rétinopathies proliférantes. Leur importance est variable et, en l'absence de décollement secondaire du vitré, la récidive est habituelle à partir d'un néovaisseau prérétinien ou intravitréen. Elles peuvent aussi être secondaires à la formation d'une déchirure rétinienne au niveau d'un trajet vasculaire ou à la diffusion d'un hématome rétrohyaloïdien.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

Syn. hémorragie du vitré, hémorragie vitréenne

[P2]

hémorragie méningée l.f.

meningeal hemorrhage, subarachnoide haemorrhage

Épanchement sanguin dans l'espace sous arachnoïdien.
En dehors d'un traumatisme cranio-encéphalique, l’hémorragie méningée est due dans la grande majorité des cas, à la rupture d’une malformation vasculaire intracrânienne : angiomes artérioveineux ou surtout anévrismes artériels. Ces derniers sont localisés au niveau du polygone de Willis (artère communicante antérieure, artère sylvienne) ou du tronc basilaire.
Les autres étiologies sont communes avec celles de l'hémorragie cérébrale, notamment l'hypertension artérielle. Une hémorragie cérébroméningée est fréquente.
Parfois provoquée par un effort physique, son début est brutal, par une intense céphalée et des troubles de la vigilance. La raideur méningée, majorée à la nuque, peut être retardée de quelques heures. La recherche de signes de localisation neurologique, en particulier d'une paralysie du III, doit être systématique. Selon les échelles de la World Federation of Neurological Surgeons ou de Hunt et Hess, la gravité est estimée en 5 degrés, allant de 1, (absence de symptômes), à 5 (coma avec décérébration). L'absence initiale de fièvre est un élément majeur, mais des signes centraux secondaires sont possibles tels que des élévations thermique, hypertensive ou glycémique. Des formes moins typiques (comateuses, confusionnelles, convulsives, céphalalgiques simples) peuvent être observées.
L’examen du fond d'œil permet d’observer un œdème papillaire et parfois des hémorragies péripapillaires. La ponction lombaire n'est pratiquée qu’en cas de tableau clinique atypique ou de suspicion de méningite. L'imagerie cérébrale doit être effectuée en priorité. Montrant une hyperdensité dans les espaces sous-arachnoïdiens et le système ventriculaire, elle peut faciliter la recherche étiologique et extérioriser des associations parenchymateuses. C'est l'angiographie cérébrale par voie fémorale qui offre les résultats les plus significatifs.
Si ces investigations sont négatives, il s'agit fréquemment d'une hémorragie méningée périmésencéphalique. Dans de pareils cas, les récidives sont rares.
Le traitement comporte la prévention du spasme vasculaire par les inhibiteurs calciques (nimodipine) et l'emploi de la neuroradiologie interventionnelle : embolisation ou occlusion par ballonnet, angioplastie artérielle par spirales métalliques (microcoils). L'intervention chirurgicale est indiquée pour l’ablation d'un angiome ou d'un anévrisme ou encore pour la mise de clips sur ce dernier.
Les principales complications sont :
- la récidive de l'hémorragie dans les premières semaines après l'épisode initial,
- le spasme artériel (vasospasme cérébral)
- une hydrocéphalie, une épilepsie, un syndrome de sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique.

W. E. Hunt et R. M. Hess, neurochirurgiens américains (1968)

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

Syn. hémorragie sous-arachnoïdienne

→ hormone antidiurétique (sécrétion inappropriée d')

[H1]

Édit. 2015

hémorragie obstétricale par incoagulabilité l.f.

obstetrical hemorrhage due to coagulation disorders

Saignement génital de la grossesse, de l'accouchement ou des suites de couches dû à des troubles de l'hémostase, une thrombopénie, une afibrinémie, une coagulation intravasculaire disséminée.
Ses causes obstétricales principales sont l'hématome rétroplacentaire, l'hypertension artérielle, l'embolie amniotique, l'hémorragie de la délivrance.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[O3]

hémorragie ombilicale du nouveau-né l.f.

ombilical hemorrhage of the newborn

Saignement du cordon ombilical du nouveau-né, dû à un défaut de ligature du cordon ou à une maladie hémorragique.
Elle est devenue très rare avec l'emploi d'un clamp de Bar pour obturer le cordon à la naissance.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[O1,O3]

hémorragie provoquée l.f.

induced haemorrhage

Hémorragie résultant d'une manipulation externe ou d'une absorption médicamenteuse susceptible d'entraîner des hémorragies (antivitamine K, héparine, etc.).
Ce trouble peut parfois entrer dans le cadre de la simulation, bien plus fréquemment dans la rubrique des troubles factices.
Lasthénie de Ferjol, personnage de Barbey d'Aurevilly qui a décrit le tableau clinique dans son roman « Une histoire sans nom » et repris par Jean Bernard en 1967.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

→ Lasthénie de Ferjol (syndrome de)

[H3]

Édit. 2015

hémorragie rétinienne l.f.

retinal hemorraghe

Hémorragie située variablement dans l'épaisseur de la rétine et dont la situation conditionne l'apparence ophtalmoscopique.
Striée, elle touche la couche des fibres nerveuses dont elle souligne la disposition arrondie ou en petits points, elle se situe dans les plexiformes ou les couches nucléaires.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[P2]

hémorragie rétinienne du nouveau-né l.f. ]

retinal hemorrhage of the neonate

Saignement des capillaires et artérioles de la rétine du nouveau-né après une anoxie fœtale, une extraction par ventouse, mais aussi après un accouchement normal.
Elle est habituellement sans conséquence à long terme.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[P2,O1,O3]

hémorragie rétroplacentaire l.f.

retroplacentlal hemorrhage

→ hématome rétroplacentaire

[O3]

hémorragie sous-arachnoïdienne l.f.

subarachnoid haemorrhage

Syn. hémorragie méningée

→ hémorragie méningée

[H1]

Édit. 2019

hémorragie sous-arachnoïdienne l.f.

subarachnoid haemorrhage

→ hémorragie méningée

[H1]

hémorragie sous-conjonctivale l.f.

subconjunctival haemorrhage

Hématome plus ou moins étendu sous la conjonctive.
Les hémorragies sous-conjonctivales sont fréquentes après une contusion oculaire. Elles surviennent aussi spontanément, et leurs récidives fréquentes doivent faire rechercher une hypertension artérielle ou des anomalies de l'hémostase.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[P2]

hémorragie sous-conjonctivale maternelle l.f.

maternal subcunjonctival hemorrhage

Saignement sousconjonctival, pétéchies ou hématome, dû aux efforts expulsifs violents de la mère, à glotte fermée, observé immédiatement après l'accouchement.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[P2,O3]

hémorragie utérine fonctionnelle l.f.

functional uterine hemorrhage

Métrorragie liée à une hyperplasie ou une atrophie de l'endomètre, sans cause organique telle qu'un polype, un fibrome ou une adénomyose.

Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis

[P2,O3]

hémorragies héréditaires de la macula l.f.

familial macular hemorrhage

→ artères rétiniennes tortueuses

[P2]

hémorragiose constitutionnelle anhémopathique l.f.

haemophyloid

Tendance aux hémorragies sans anomalie de la crase sanguine ni de la résistance capillaire.
Affection plus fréquente chez les jeunes garçons.

P. Chevallier, hématologiste français (1931)

Syn. constitution hémophyloïde, épistaxis essentielle des jeunes garçons

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