Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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grossesse de l'adolescente l.f.

adolescence pregnancy, teenage pregnancy
Grossesse chez une jeune femme de moins de 18 ans, le plus souvent non mariée.
Elle est marquée par une augmentation du risque de prématurité, de prééclampsie, de retard de croissance du fœtus et de trisomie 21.
Actuellement, il n’y a guère que les adolescentes immatures ou frustes pour négliger la contraception ou qui, ne se sachant pas enceintes, laissent dépasser les délais d’interruption volontaire de grossesse. Comme elles ne sont guère capables d’élever leur enfant, celui-ci, dans certains cas favorables, est confié aux grands-parents. Mais, le plus souvent, se produit un abandon différé et, généralement, l’enfant est placé en nourrice ou va d’établissement en établissement, ce qui risque d’avoir sur lui un retentissement psychologique souvent important.

grossesse di-amniotique l.f.

biamniotic pregnancy

→ grossesse bi-amniotique

grossesse dichoriale l.f.

bi-chorial pregnancy

→ grossesse bichoriale

grossesse dizygote l.f.

dizygous pregnancy

→ grossesse gémellaire bi-ovulaire

grossesse ectopique l.f.

ectopic pregnancy

→ grossesse extra-utérine

grossesse et accidents vasculaires cérébraux l.f.

pregnancy and cerebral strokes

Survenue d'accidents vasculaires cérébraux au cours de la grossesse.
Des occlusions artérielles d'origine cardio-embolique sont possibles, de même que des accidents vasculaires liés à des athéroscléroses familiales, voire à l'homocystinurie, aux dissections artérielles et à des désordres hématologiques (drépanocytose, coagulopathies thrombophiliques, purpura thrombopénique, etc,). Des thromboses veineuses cérébrales sont surtout décrites dans le post-partum.
Les problèmes de prise en charge sont essentiellement d’ordre thérapeutique.

grossesse et complications psychiatriques l.f.p.

pregnancy and psychiatric complications

Survenue, fréquente, de modifications mineures ou transitoires, notamment d’une appréhension plus marquée en début et fin de grossesse.
L'apparition, le type et l'évolution des vomissements, notamment pendant le premier trimestre, semblent liés à une conjonction de facteurs hormonaux, socioculturels et psychogènes encore discutés.
Dans le premier mois le plus souvent, des manifestations dépressives, principalement "névrotiques", sont relevées chez environ 10% de ces femmes, parfois prédisposées, souvent exposées à des circonstances adverses. Un premier épisode dépressif majeur, de type "endogène", est rare. Un état anxieux, parfois invalidant, avec troubles du sommeil et somatisations diverses, plus rarement névrotique, se rencontre dans environ 15% des cas, favorisé lui aussi par une situation éprouvante. Un épisode initial délirant ou maniaque est exceptionnel. Chez toutes ces patientes, le risque d'accouchement prématuré, difficile, ou d'accidents néonataux est accru du fait de l'intervention de divers facteurs psychologiques, de la malnutrition, de la prise de médicaments, voire de toxiques, et d'une surveillance obstétricale souvent irrégulière.

→ conseil génétique en psychiatrie

grossesse et épilepsie l.f.

pregnancy and epilepsy

Période qui peut être marquée par une augmentation de la fréquence des crises épileptiques et par le risque de malformations fœtales.
Une grossesse n'est pas incompatible avec une épilepsie puisque dans 90% des cas, son déroulement est normal pour la mère et l'enfant.
La fréquence des crises peut s'accroître en début et en fin de gestation. Outre les risques maternels, les crises généralisées tonicocloniques peuvent induire une anoxie transitoire chez le fœtus.
L'incidence des malformations congénitales est triple de celle de la population générale : facteurs génétiques, carence en folates, rôle tératogène des antiépileptiques en sont les causes. Ce risque existe dans les deux premiers mois. Tous les antiépileptiques peuvent entraîner des malformations : spina bifida (avec valproate et carbamazépine), dysmorphies diverses, malformations viscérales. L'acide folique est indispensable en complément vitaminique deux mois avant la conception. La vitamine K1 sera prescrite à la fin de la grossesse en cas de traitement par un inducteur enzymatique (phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne).

grossesse et migraine l.f.

pregnancy and migraine

Période marquée par une interaction entre grossesse et migraine, avec amélioration significative de celle-ci dans 70% des cas, en particulier lors des deux derniers trimestres.
Une aggravation de la migraine est plus rare, évaluée à 5% des cas. Son apparition est également rare.
Les traitements antimigraineux peuvent avoir un effet tératogène : la prudence est recommandée dans leur utilisation en début de grossesse.

grossesse et présomption de paternité l. f.

« Pater is est quem nuptiae demonstrant »  (le père est celui que les noces démontrent).
Selon le Code civil :
- Article 312 : l’enfant conçu ou né pendant le mariage a pour père le mari.
- Article 313 : la présomption de paternité est écartée lorsque l’acte de naissance de l’enfant ne désigne pas le mari en qualité de père.  Elle est encore écartée en cas de demande en divorce ou en séparation de corps, lorsque l’enfant est né plus de 300 jours après la date soit de l’homologation de la convention réglant l’ensemble des conséquences du divorce ou des mesures provisoires prises en application de l’article 250-2, soit de l’ordonnance de non-conciliation, et moins de 180 jours après le rejet définitif de la demande ou la réconciliation.
- Article 315 : lorsque la présomption de paternité est écartée dans les conditions prévues à l’article 313, ses effets peuvent être rétablis en justice dans les conditions prévues à l’article 329. Le mari a également la possibilité de reconnaître l’enfant dans les conditions prévues aux articles 316 et 320.
D’aucuns parlent de durée légale de la grossesse pour cette période du 180ème au 300ème jour : mais c’est un abus de langage.

→ durée légale de grossesse.

[,Article 314 : si elle la présomption de paternité  a été écartée en application de l’article 313,la présomption de paternité se trouve rétablie de plein droit si l’enfant a la possession d’état à l’égard du mari et s’il n’ a pas une filiation paternell]

grossesse et psychotropes l.

pregnancy and chemotherapies

Liaison problématique et discutée, car souffrant de la rareté des travaux, concernant d'une part divers effets tératogènes organiques, et peut-être aussi une "tératogénèse comportementale" chez l'enfant.
Compte tenu de la tératogenèse, surtout au premier trimestre, et d'un risque de prématurité, dans un état maniaque des neuroleptiques phénothiaziniques sédatifs, aux risques moindres doivent être substitués au lithium. Dans les schizophrénies et les autres psychoses délirantes on utilisera surtout l'halopéridol, considéré comme porteur de peu de risques, avec, si possible, son arrêt en fin de grossesse, afin d'éviter les syndromes extrapyramidaux du nouveau-né.
Dans les états dépressifs les tricycliques sont le plus souvent préférés, sous réserve d'une surveillance de leurs effets anticholinergiques et hypotenseurs et, pour eux aussi, d'une diminution voire d'un interruption en fin de grossesse, afin de prévenir certains phénomènes toxiques chez le nouveau-né. La prophylaxie d'une psychose maniacodépressive peut faire appel principalement à des tricycliques à petites doses progressivement diminuées, ou à l'utilisation prudente d'anticonvulsivants comme la carbamazépine, dont la sécurité génétique n'a été établie qu'en épileptologie. Il faut si possible éviter le lithium (M. Schou) ; sinon, il doit être arrêté au début du travail ou, progressivement, le mois précédant les couches. Sous réserve de précautions, la sismothérapie reste indiquée dans les dépressions sévères, résistantes ou engageant le pronostic vital et dans certains états psychotiques du premier trimestre.
Hospitalisée ou non, la patiente doit bénéficier d'une relation psychothérapique et psychosociale particulière.

grossesse et sclérose en plaques l.f.

pregnancy and multiple sclerosis

Association marquée par une réduction significative de la fréquence des poussées, surtout lors du troisième trimestre de la grossesse.
L'évolutivité reprend après l'accouchement. Habituellement, la gestation se déroule normalement. Les traitements par interférons ne sont pas indiqués. Les glucocorticoïdes sont possibles, même à fortes doses, lors des poussées.

grossesse et tumeur cérébrale l.f.

pregnancy and cerebral tumors

Développement d'une grossesse chez une malade porteuse d'une tumeur cérébrale connue avant la grossesse ou découverte au cours de celle-ci.
Les gliomes posent surtout des problèmes thérapeutiques de chimiothérapie, souvent incompatibles avec le déroulement de la grossesse en raison de risques tératogènes fœtaux.
Les méningiomes et toutes les tumeurs bénignes vascularisées peuvent se déclarer et progresser durant la grossesse. Des hémangioblastomes bénins sont susceptibles d'augmenter rapidement de volume. Après la grossesse, l'évolutivité est moindre.
Les tumeurs hypophysaires sont souvent responsables de stérilité et d'aménorrhée. Cependant les tumeurs concomitantes de la grossesse se développant de façon importante, sont fréquentes.
Le choriocarcinome, avec ses métastases très extensives, pose des problèmes maternels vitaux.
Les neurofibromes et neurinomes, en particulier de l'acoustique, peuvent augmenter de volume lors du troisième trimestre, demandant donc une surveillance après l'accouchement.
Toutes ces tumeurs sont évaluées par IRM.

grossesse et valvulopathie l.f.

pregnancy and valvulopathy

Ensemble des questions posées par la survenue d'une grossesse chez les malades porteuses d'une valvulopathie.
La grossesse entraîne une tachycardie et une augmentation du débit cardiaque (de 30 à 50%) surtout à partir du 6e mois, ce qui explique que les cardiopathies valvulaires soient plus mal supportées pendant le dernier trimestre de la grossesse. Les patientes les plus exposées aux accidents gravidocardiaques tel qu'un œdème aigu du poumon, sont celles qui sont porteuses d'un rétrécissement mitral, qu'ils peuvent révéler, plus rarement d'un rétrécissement aortique. La grossesse est mieux tolérée dans l'insuffisance mitrale, l'insuffisance aortique et les affections tricuspidiennes.

M. Peter, médecin français, membre de l'cadémie de médecine (1824-1893)

→ Peter (principes de)

grossesse extra-amniotique l.f.

extra-amniotic pregnancy

Grossesse se poursuivant dans la cavité choriale après rupture précoce des membranes survenant avant l'accolement de l'amnios et du chorion, ce qui peut entraîner des malformations fœtales et des brides amniotiques.

grossesse extra-utérine l.f.

ectopic pregnancy

Grossesse dans laquelle l'œuf fécondé s'implante en dehors de la cavité utérine.
Sa fréquence est de 1 pour 200 grossesses intra-utérines. Elle siège le plus souvent dans la trompe et plus rarement sur l'ovaire, exceptionnellement dans la cavité abdominale ou dans le ligament large.

→ grossesse ectopique

grossesse extra-utérine (rupture de) l.f.

rupture of an ectopic pregnancy

Éclatement spontané d'une trompe siège d'une grossesse ectopique tubaire, dû au développement de l'embryon.
Il est précoce dans les grossesses interstitielles ou isthmiques, plus tardives dans les grossesses ampullaires où il succède à un hémosalpynx. L'hémopéritoine succédant à la rupture entraîne une hémorragie interne cause d'un collapsus circulatoire. Un traitement chirurgical immédiat est indispensable : une salpingectomie est souvent nécessaire.

→ hémorragie

grossesse extramembraneuse l.f.

extramembranous pregnancy

Grossesse qui se développe après la rupture des deux membranes, amnios et chorion, ce qui entraîne le plus souvent un avortement.
Si la grossesse se poursuit dans la cavité utérine, il s'y associe oligo-amnios et malformation fœtale.

grossesse extrapéritonéale l.f.

extraperitoneal pregnancy

→ grossesse intraligamentaire

grossesse gémellaire l.f.

twin pregnancy
Développement simultané de deux fœtus dans la cavité utérine.
C'est une grossesse à risque élevé qui survient avec une fréquence est de 1,2%. Elle peut être monozygote par division d'un œuf unique ou, le plus souvent, dizygote après fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes différents. Le début de la grossesse peut être marqué par la lyse d'un des œufs avec métrorragies ; plus tard elle peut se compliquer d'hydramnios aigu, de pré-éclampsie, de mort intra-utérine, d'accouchement prématuré ou d'hypotrophie fœtale.

→ gémellité

grossesse gémellaire bi-ovulaire l.f.

bi-ovular twin pregnancy

Grossesse de faux jumeaux due à la fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes différents.
Les sexes peuvent être différents. Il y a deux placentas avec deux amnios et deux chorions.

Syn. grossesse di-amniotique, dichoriale

grossesse gémellaire hétérotopique l.f.

heterotopic twin pregnancy

Grossesse extra-utérine associée à une grossesse intra-utérine.

grossesse gémellaire mono-amniotique l.f.

mono-amniotic twin pregnancy

Grossesse gémellaire monochoriale dont les jumeaux partagent la même cavité amniotique.
Ceci s'observe dans 2% des grossesses gémellaires, exclusivement chez les jumeaux monozygotes issus de la division tardive, après le 8ème jour suivant la conception, d'un œuf fécondé unique, avec le risque de jumeaux siamois.

grossesse gémellaire uni-ovulaire l.f.

uni-ovular twin pregnancy

Grossesse de vrais jumeaux, l'œuf fécondé se divisant en deux, au 1er, 5e ou 15e jour de la fécondation.
La précocité de la division détermine la nature de la grossesse : dichoriale di-amniotique, monochoriale di-amniotique ou monochoriale mono-amniotique.

grossesse gémellaire uni-ovulaire dichoriale di-amniotique l.f.

bi-amniotic, dichorial, uni-ovular twin pregnancy

Grossesse dans laquelle l'œuf fécondé monozygote se divise au stade de deux blastomères qui évoluent comme deux œufs séparés avec deux placentas, deux chorions et deux amnios et quatre membranes de séparation.

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