Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Grayson (dystrophie cornéenne de) l.f.

Grayson’s corneal dystrophy

M. Grayson, ophtalmologiste américain (1966)

→ dystrophie cornéenne granuleuse de type I

Grayson-Wilbrandt (dystrophie prédescemétique de) l.f.

Grayson-Wilbrandt’s dystrophy

M. Grayson et H. Wilbrandt, ophtalmologistes américains (1966)

→ dystrophie cornéenne granuleuse de type 1

Grebe (dysplasie de) l.f.

Grebe’s dysplasia, acromelic dysplasia Grebe type

Chondrodysplasie caractérisée par une brièveté très importante des segments moyens et distaux des membres, sans anomalies des segments céphalique et rachidien, liée à une altération congénitale de la chondrogénèse.
Au membre supérieur l’ulna est court, le radius est incurvé, en luxation ou subluxation radio-ulnaire et radio-humérale ; le carpe peut présenter des synostoses, les métacarpiens et les phalanges sont courts et déformés, parfois en polydactylie ou au contraire absents. Au membre inférieur, la fibula est hypoplasique ou aplasique, le tibia est court et déformé ; les anomalies du pied sont comparables à celles de la main. L’humérus et le fémur peuvent être courts.
L’affection est héréditaire autosomique récessive par mutation du gène codant pour le facteur de croissance CDMP1 (cartilage derived morphogenetic protein) de la famille des TGFbêta, locus en 20q11.2.

H. Grebe, médecin interniste et généticien allemand (1952)

Green et Anderson (tables de) l.f.p.

Green-Anderson’s tables

Tables de prédiction de croissance résiduelle de l’extrémité distale du fémur et proximale du tibia chez les enfants en cours de croissance.
Ces tables permettent de programmer le traitement des inégalités de longueur des membres inférieurs en sachant que l’extrémité distale du fémur correspond à 70%, et l’extrémité proximale du tibia à 54% de la croissance de l’os.

W. Green et Margaret Anderson, chirurgiens orthopédistes américains (1947 et 1963)

Green-Armytage (technique de) l.f.

Green-Armytage’s technique

Variante du cerclage de Shirodkar consistant à réaliser une colpotomie antérieure et une colpotomie postérieure et à faufiler une bandelette de Nylon pour la nouer dans le cul-de-sac postérieur du vagin.

V. B. Green-Armytage, gynécologue obstétricien britannique (1957) ; Vithalrao Nagesh Shirodkar, gynécologue indienne (1955)

→ Shirodkar (technique de)

Greenhill (méthode de) n.f.

Greenhill's method

Procédé d'appréciation du diamètre bi-ischiatique du bassin osseux.
Le bassin est considéré comme normal lorsque le poing fermé de l'opérateur peut être placé entre les tubérosités ischiatiques de la patiente.

J. P. Greenhill, gynécologue obstétricien américain (1945)

greffe n.f.

graft, grafting

Opération qui consiste, pour pallier une perte de substance ou remplacer un organe défaillant, à prélever des cellules, un tissu ou un organe sur un organisme appelé donneur pour les introduire chez un receveur.
En fonction du lien entre donneur et receveur on distingue plusieurs types de greffe: autogreffe (greffe effectuée chez le même individu), homogreffe ou allogreffe (greffe entre individus de même espèce, p. ex. d'homme à homme), hétérogreffe ou xénogreffe (greffe entre sujets d'espèces différentes). Les greffes entre jumeaux homozygotes ou entre animaux de même race sont appelées isologues ou isogéniques. Toutes les greffes, à l'exception des autogreffes et des greffes isologues, sont exposées à une réaction de rejet d'origine immune.
Le mot greffe est parfois aussi utilisé pour désigner le produit prélevé, plus souvent appelé greffon.

→ allogreffe, autogreffe, isogreffe, xénogreffe, transplantation, greffon, greffon contre l'hôte (réaction du)

greffe (rejet de) l.m.

graft rejection

Phénomène par lequel l'organisme tente d'éliminer le système immunitaire étranger ou toute structure étrangère.
Toute disparité antigénique entre donneur et receveur déclenche un cortège de manifestations immunitaires qui ne peuvent être maîtrisées que par la mise du receveur en immunosuppression. Parallèlement à cette mise en route des phénomènes de rejet par le receveur, un autre phénomène peut également être déclenché : c'est la réaction du greffon contre l'hôte (GVH) qui est possible si la greffe contient des cellules lymphoïdes immunocompétentes.
Les antigènes qui conditionnent l'histocompatibilité ou l'histo-incompatibilité sont avant tout ceux codés par le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) qui sont répartis en deux catégories : les antigènes de classe 1 qui sont présents sur l'ensemble des cellules de l'organisme et les antigènes de classe 2 qui se libèrent préférentiellement sur les cellules d'origine hématopoïétique : lymphocytes, macrophages, cellules de Langerhans et sur les tissus vasculaires. Les lymphocytes T interviennent dans le rejet de la greffe aussi bien que dans la réaction de GVH.

→ greffon contre l'hôte (réaction du), GVH

greffe à l'italienne l.f.

italian graft

Procédé de greffe cutanée autoplastique dans lequel le greffon pédiculé, pris sur une autre partie du corps éloignée de la zone à couvrir, subit un rapprochement temporaire souvent par immobilisation plâtrée des deux régions, jusqu'à section du pédicule nourricier.
Des rapprochements successifs peuvent porter le greffon sur un lieu très éloigné de son emplacement primitif.

greffe allogénique l.f.

autoplastic graft

Homogreffe.

→ homogreffe

greffe apposée l.f.

onlay graft

Greffe osseuse au cours de laquelle le greffon est fixé sur la surface osseuse avivée.

Syn. greffe en onlay

greffe autologue l.f.

autologous graft

Greffe prélevée sur le sujet qui la reçoit.

Syn. autogreffe, greffe autoplastique

greffe cardiaque  l.f.

La greffe ou transplantation cardiaque est actuellement le traitement de référence de l’insuffisance cardiaque terminale, évolutive malgré le traitement médical optimal.
Les taux de survie actuels, avec les progrès  du traitement immunosuppresseur et des techniques de réanimation, sont de l’ordre de 5 ans dans 80 à 85% des cas.  

greffe cutanée l.f.

→ greffe de peau

greffe d'îlots de Langerhans l.f.

pancreatic islet transplantation

Technique d'implantation des seules cellules de la partie endocrine du pancréas destinée à traiter le diabète grave insulinodépendant.
Son siège peut être hépatique, épiploïque ou péritonéal. Elle s'apparente plus à une greffe de tissu qu'à une transplantation d'organes. Elle pose néanmoins les mêmes problèmes d'histocompatibilité.

greffe d'organe et psychisme l.f.

graft of organ and psychism

→ transplantations d'organes et psychisme

greffe d'organes l.f.

→ transplantation

greffe de cellules souches hématopoïétiques l. fém.

Transfusion de cellules souches hématopoïétiques du sang circulant par cytaphérèse recueillies après stimulation par des facteurs de croissance.
Cette méthode introduite dans les années quatre-vingt-dix remplace le prélèvement médullaire des cellules souches hématopoïétiques Pour une greffe de cellules souches du sang périphérique, les cellules souches sont récupérées dans le sang du donneur. Le sang du donneur passe au travers d'une machine qui ne garde que les cellules souches et réinjecte le reste du sang dans la circulation sanguine du donneur. Les cellules souches ainsi récupérées sont filtrées en vue de leur administration au receveur par perfusion. Si les cellules souches sont prélevées en prévision d'une greffe autologue, on peut les congeler et les conserver pour un usage ultérieur.
Il est important de signaler que depuis les années 90 la transplantation des cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse a été remplacée par celle des cellules souches hématopoïétiques circulantes prélevées par cytaphérèse après stimulation par des facteurs de croissance.

→ greffe de cellules souches hématopoïétiques

greffe de cheveux l.f.

hair graft, hair grafting

Technique chirurgicale qui consiste à greffer, sur une zone de cuir chevelu saine mais totalement ou partiellement glabre (zone receveuse), des fragments de cuir chevelu contenant des follicules pileux normaux prélevés dans la zone donneuse.

greffe de cornée l.f.

corneal graft

→ kératoplastie

greffe de moelle osseuse   l.f.

bone marrow transplantation

Procédé thérapeutique visant à remplacer un tissu hématopoïétique altéré par des cellules souches hématopoïétiques provenant d'une moelle saine capable de reconstituer une hématopoïèse normale.
On distingue différents types de greffes:
- greffe de moelle allogénique : le donneur est génétiquement différent du receveur ;
- greffe de moelle allogénique HLA identique : le donneur et le receveur ont leurs deux haplotypes identiques pour les loci HLA-A, B, C, DP, DQ et DR ; la probabilité de trouver des haplotypes communs est beaucoup plus grande dans la fratrie que dans la liste des donneurs de moelle volontaires ;
- greffe de moelle autologue : la moelle est celle du patient, prélevée, congelée et réinjectée après chimiothérapie et/ou radiothérapie destinée à traiter généralement une affection maligne ;
- greffe de moelle syngénique : le donneur est génétiquement identique au receveur (jumeau monozygote).
Les indications de la greffe de moelle allogénique sont soit des maladies génétiques (déficits immunitaires, thalassémies, maladie de Fanconi), soit des maladies acquises (aplasie médullaire, hémopathies malignes). La moelle altérée est d'abord détruite par chimiothérapie et/ou irradiation (conditionnement) avant d'être remplacée par la moelle osseuse greffée. La procédure consiste à aspirer la moelle osseuse du donneur, endormi en salle d'opération, et de la réinjecter par perfusion intraveineuse au receveur immédiatement après.
Dans la pratique de l'autogreffe, la moelle osseuse tend de plus en plus à être remplacée par des cellules souches périphériques circulantes. Le même procédé peut aussi être utilisé dans la pratique de l'allogreffe après consentement éclairé du donneur dans des protocoles encore expérimentaux.

greffe de neurones fœtaux dans les maladies neurodégénératives l.f.

fœtal neuron grafts in neurodegenerative diseases

Techniques de thérapie cellulaire par implantation de cellules prélevées sur le cerveau fœtal.
Ces greffes visent à traiter un problème majeur de santé publique, représentant plus de 1% de la population, appelé à s'aggraver avec le vieillissement progressif de la société, et dont les thérapeutiques restent soit non validées (maladie d'Alzheimer, sclérose latérale amyotrophique, maladie de Huntington, etc.), soit suivies d'effets partiels ou transitoires (maladie de Parkinson, p. ex.).
Il peut s'agir de remplacer anatomiquement et fonctionnellement des neurones déficients par des greffes striées de neurones fœtaux dopaminergiques ou de renforcer les défenses naturelles des cellules nerveuses, avec notamment l'apport (par thérapie génique) de facteurs protéiques neuroprotecteurs.
Le potentiel thérapeutique de l'approche substitutive dans la maladie de Parkinson est réel, mais semble inégal et concerne jusqu'à présent un petit nombre de patients traités dans des centres hyperspécialisés. L'approche neuroprotectrice est en cours d'évaluation.

greffe de peau l.f.

skin graft, skin grafting

Technique chirurgicale permettant de greffer de la peau humaine, animale ou reconstituée in vitro pour remplacer des pertes de substance cutanées.
Ces greffes peuvent être des autogreffes, des allogreffes, ou des xénogreffes.

greffe de région parentale hypervariable l.f.

complementarity determining region (CDR)-grafting

Technique utilisée pour humaniser un anticorps développé dans une  autre  espèce en insérant les  régions  hypervariables de l’anticorps monoclonal parental dans la charpente (« framework ») d’une immunoglobuline humaine receveuse afin de diminuer l’immunogénicité de l’anticorps parental.

[F3]

Édit. 2020

greffe en pastilles l.f.

patch graft, patch grafting

Technique chirurgicale utilisée pour recouvrir de grandes pertes de substance, en particulier en cas d'ulcère de jambe, et qui consiste à prendre des petits greffons cutanés arrondis en "pastilles" sur la cuisse, puis à les poser sur la surface à traiter et à les maintenir par un pansement gras et compressif.

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