Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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comportement n.m.

behaviour (angl.), behavior (amér.)

Au sens large, ensemble des manifestations et des actions extérieures d'un individu, habituelles ou occasionnelles, tenant lieu d'interaction et de communication avec l'environnement, depuis la seule apparence physique jusqu'au geste intentionnel.
Après une rupture, au début du XXe siècle, avec la notion d'une psychologie science de "l'âme", les bases conceptuelles du comportement sont nées de la psychologie expérimentale, en grande partie animale, c'est-à-dire de l'unique prise en considération de données dites objectives, observables et quantifiables. Ainsi se sont dégagées certaines lois concernant l'apprentissage chez l'homme et tout particulièrement les principes du conditionnement, qu'il soit classique, appelé aussi répondant (I.P. Pavlov), ou opérant (B.F. Skinner).
La notion de comportement diffère de celle de conduite pour autant que cette dernière s'est beaucoup complexifiée et intentionnalisée. Cependant, d'une part des nuances ont été apportées par des auteurs comme N. Kostyleff, qui concilie matérialisme et spiritualisme (également appelé "mentalisme") ; d'autre part, sous l'influence anglo-saxonne, l'emploi du terme de comportement paraît s'étendre. 

I. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936) ; B. F. Skinner, psychologue américain (1904-1990) ; N. Kostyleff, pyschologue russe

conduite, comportementalisme, épreuve comportementale, thérapies comportementales

[H4]

comportement d'utilisation l.m.

utilization behaviour

Trouble du comportement observé dans des lésions frontales uni ou bilatérales, dans lequel le patient se saisit spontanément des objets placés devant lui par l'examinateur et les utilise sans qu'on lui en ait donné la consigne ou même après la consigne expresse de ne pas le faire.

F. Lhermitte, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1983)

dépendance environnementale (syndrome de), imitation (comportement d')

[H1,H3]

comportement suicidaire l.m.

suicidal behaviour

Expression qui recouvre des attitudes hétérogènes concernant le suicide et dont les diverses définitions doivent être précisées.
On distinguera : le suicide, qui a entraîné la mort de son auteur , le « suicidé » ; la tentative de suicide, qui en fait apparaître le projet sans avoir abouti à la mort, du « suicidant » ; le parasuicide (Kreitman, 1969), manifestation d'un désarroi par une conduite symbolique de mort visant à la reprise immédiate du dialogue social sur d'autres bases qu'auparavant ; les équivalents suicidaires.
Aux confins de ces conduites et en l'absence de passage à l'acte se situent : la menace de suicide, manifestation d'un projet exprimée verbalement ou non ; l'idée de suicide, le plus souvent dissimulée contrairement à la précédente, avec son vécu spécifique très proche du désir ou du projet de suicide qui diffère de la pure spéculation intellectuelle et se rapproche de la phobie du suicide, cette dernière traduisant l'ambivalence du désir-crainte de suicide.
Le syndrome présuicidaire, caractérisé par un changement dans le comportement habituel du sujet, annonce l’imminence du passage à l’acte.

Norma Kreitman, psychiatre britannique (1969)

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide, équivalent suicidaire

[H3]

Édit. 2018

imitation (comportement d') l.m.

imitation behaviour

Trouble du comportement observé dans des lésions frontales uni- ou bilatérales, lors duquel le patient imite les gestes que l'examinateur fait devant lui sans qu'on lui en donne la consigne, ou même après la consigne expresse de ne pas le faire.

F. Lhermitte, neurologue français, membre de l’Académie nationale de médecine (1984).

dépendance environnementale (syndrome de), utilisation (comportement d')

modificateur de comportement l.m.

pharmaco-radiological agent

Lors d'un examen radiologique, produit pharmacologique destiné à modifier la motricité et/ou la sécrétion d'un organe.
Le but recherché est soit d'accélérer le transit, soit d'obtenir une hypotonie favorisant la réplétion et parfois d'assécher la muqueuse. Citons comme hyperkinétique, la morphine (abandonnée), le glucagon ou le repas gras pour la vésicule biliaire, et comme antispasmodique pour le tractus digestif, l'atropine, le tiémonium ou la trimébutine.

préhension forcée pathologique (comportement de, réflexe de) l.m.

grasping behaviour

grasping reflex

aide alimentaire l.f.

food aid

A l’intérieur d’un système de protection sociale, secours alimentaire qu’une collectivité territoriale, une organisation privée assurent aux personnes dénuées de ressources.
Dans les relations internationales, secours planifié ou non, rémunéré ou non, qu’un pays accorde pour une durée plus ou moins longue, à un autre privé de ressources alimentaires suffisantes du fait d’une circonstance exceptionnelle : séisme, sécheresse, etc.

[E1]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à la banane l.f.

food allergy to banana

Allergie due à une fraction allergénique contenue dans la banane, détruite par le chauffage.
Des IgE spécifiques antibananes ont pu être mis en évidence. L'allergie à la banane peut être rencontrée chez des sujets allergiques au latex.

Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,R2]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à l'œuf l.f.

hen egg allergy

Allergie à l’un des éléments constitutifs de l’œuf, essentiellement à l’ovalbumine du blanc d'œuf, un antigène majeur partiellement dénaturé par le chauffage.
Elle constitue la plus fréquente des allergies de l’enfant de moins de 3 ans, toucherait 1-2% des enfants d’âge préscolaire, commence à disparaître dans plus de la moitié des cas entre 3 à 5 ans, mais peut persister au-delà et jusqu’à l’âge adulte. Elle se manifeste surtout sous forme d’une dermatite eczémateuse ou urticarienne, parfois de troubles digestifs, d’œdème de Quincke voire d’un choc anaphylactique ; des signes respiratoires (rhinite, asthme) sont possibles, particulièrement chez les enfants plus âgés.
L’ovalbumine (186 aminoacides) qui constitue 64% du blanc de l’œuf est la protéine la plus fréquemment en cause, mais d’autres protéines du blanc (ovomucoïde...) et même du jaune, peuvent expliquer l’allergie. Celle-ci est ordinairement croisée entre œuf de poule et œuf de caille mais non avec l’œuf de cane. La tolérance de l’œuf cuit est possible. Des tests cutanés et les dosages d’IgE spécifiques peuvent être utiles au diagnostic et l’évaluation pronostique lors de l’évolution.
Il n’y a plus de contre-indication aux vaccinations courantes (rougeole, oreillons, rubéole..) du fait de l’éviction des protéines de l’œuf dans la préparation des vaccins, au moins en France. En principe l’œuf de poule doit être exclu de l’alimentation, en sachant qu’il est présent dans de nombreuses préparations alimentaires industrielles (la mention en est obligatoire sur les emballages). En milieu spécialisé et sous surveillance existent des possibilités d’immunothérapie par voie orale.  

[F3,R2]

Édit. 2017 

bol alimentaire l.m.

alimentary bolus, food bolus

Masse, grossièrement sphérique, de substance molle résultant de l’agglutination par la langue et la salive des particules alimentaires, produites par la mastication et prête à être déglutie.

bol

Édit. 2017

bronchiolite oblitérante avec trouble ventilatoire obstructif l.f.

bronchiolitis obliterans with obstruent ventilatory disease

Atteinte inflammatoire et fibrosante de la paroi des bronchioles, qui réduit le calibre bronchiolaire et conduit à une altération des débits aériens, pouvant succéder à un processus aigu  de cause indéterminée ou se développer selon un mécanisme mal connu dans des contextes particuliers, tels qu’une transplantation pulmonaire, ou plus exceptionnellement survenir de manière isolée (bronchiolite idiopathique).
Le diagnostic fait appel à la spirométrie (trouble ventilatoire obstructif très peu réversible, hypoxémie tardive) et à la tomodensitométrie (aspect évocateur en mozaïque) et il est établi par l’observation de lésions anatomopathologiques : bronchiolite pariétale, inflammatoire ou fibreuse, généralement sans atteinte alvéolaire.
Les manifestations cliniques sont d’abord une dyspnée d’effort, une bronchorrhée et des infections récidivantes. Parmi les facteurs étiologiques, on cite l’inhalation de fumées et de gaz toxiques (en particulier de dioxyde d’azote), des infections dans le cas des enfants, des maladies systémiques (ex. polyarthrite rhumatoïde) et cette bronchiolite est une complication grave des allogreffes de cellules souches hématopoïétiques et des transplantations pulmonaires, en constituant alors une cause d’échec à moyen terme.
Le traitement à visée anti-inflammatoire utilise des glucocorticoïdes et des immunosuppresseurs. L’évolution se fait vers l’insuffisance respiratoire pouvant conduire à une transplantation pulmonaire. 

 bronchiolite, bronchiolite idiopathique

Édit. 2017

chaîne alimentaire l.f.

Succession d’espèces végétales et animales dont chacune se nourrit de la précédente.
Par exemple, herbe, vache et homme constituent une chaine alimentaire.
L’une des caractéristiques de ces chaines peut être la bioaccumulation qui fait que d’espèces en espèces, certains toxiques qui ne sont pas éliminés, se transmettent et se concentrent jusqu’à atteindre des taux dangereux pour la santé.

[E]

colorant alimentaire l.m.

food dye

Substance colorante introduite dans de nombreuses denrées alimentaires pour les rendre plus conformes aux habitudes, plus attractives et plus appétissantes.
Les colorants naturels et surtout les colorants de synthèse jouent un rôle important aussi bien en allergie alimentaire que dans certains accidents médicamenteux. L'industrie alimentaire consomme par ex. plus de 100 tonnes par an de tartrazine. Les colorants alimentaires peuvent être allergisants. Ils pourraient jouer un rôle dans 3 à 10% des urticaires chroniques.

[G3]

complément alimentaire l. m.

food supplement

Produit destiné à être ingéré en complément de l’alimentation courante afin de pallier l’insuffisance réelle ou supposée des apports journaliers (décret du 15 avril 1996).
Selon la directive européenne de 2002 (article 2) et le décret du 20 mars 2006, les compléments alimentaires constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique ; ils sont seuls ou combinés et commercialisés sous forme de doses destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité. Présentés sous des formes de gélules, comprimés, tablettes… ces produits se rapprochent insidieusement des médicaments.
Ils doivent répondre aux conditions administratives relatives aux denrées alimentaires en ce qui concerne la sécurité, la loyauté des informations aux consommateurs, etc.

[R2]

déchet alimentaire l.m.

food waste

Déchet résultant de l’utilisation par l’Homme des produits de son alimentation.
Aux déchets sont d’origine naturelle, végétale ou animale, ou industrielle comme les emballages en métal, verre, carton, etc. biodégradables on non.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

déchet générateur de nuisance

denrée alimentaire l. f.

food stuff

Toute substance ou produit, transformé, partiellement transformé ou non, destiné à être ingéré ou raisonnablement susceptible d’être ingéré par l’être humain (règlement 1924/2006).
Cette définition englobe les boissons et toute substance intégrée intentionnellement dans les denrées alimentaires au cours de leur fabrication, de leur préparation et de leur traitement

développement (trouble du) l.m.

disorder of development

dysplasie

dissociatif (trouble) et hystérie l.m.

dissociative trouble and hysteria

Désintégration habituellement provisoire des fonctions de conscience, mémoire, identité ou perception de l'environnement, selon la CIM IO (in 40-48 : "troubles névrotiques, troubles liés à des facteurs de stress et troubles somatoformes") et le DSM IV (in chapitre particulier : "troubles dissociatifs").
Variant d'un jour à l'autre, voire d'une heure à l'autre, ce trouble comporte un clivage entre une personnalité restée intacte et un état de type hypnoïde. P. Janet, chez l'hystérique, l'avait appelé primitivement désintégration psychologique et il l'imputait à une faiblesse de la synthèse des éléments psychologiques.
Le trouble dissociatif est considéré comme intervenant dans le processus de conversion, qui s'attache à neutraliser l'angoisse née du conflit psychique en une "pathologie d'emprunt", surtout somatique. La CIM IO lie les deux dans son intitulé et elle retient une grand nombre de manifestations, notamment hystériques classiques.
La notion d'une origine psychogène -psychotraumatisme, problème ou conflit insoluble- est admise pour autant qu'existe une relation temporelle. Principalement dans ces circonstances, peut survenir une sédation, le plus souvent en quelques semaines à quelques mois.

P. Janet, médecin et psychologue français (1903)

Étym. lat. dissociatio : séparation

conversion, état hypnoïde, hystérie, personnalité multiple

eau destinée à un usage alimentaire l.f.p.

Eau de distribution publique, eau des fontaines réfrigérantes, eaux conditionnées utilisées comme boisson et pour la préparation des aliments

[C1,E1]

Édit. 2018

eaux destinées à un usage alimentaire l.f.p.

water for food use

Eau de distribution publique, eau des fontaines réfrigérantes, eaux conditionnées utilisées comme boisson et pour la préparation des aliments.

[C1, E1]

Édit. 2019

fausse route alimentaire l.f.

C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)

Mendelson (syndrome de), fausse route, fausse route de déglutition

[P1]

Édit. 2018

trouble fonctionnel l.m.

functional disorder

Plaintes portant sur le fonctionnement d'un ou de plusieurs organes (sphère digestive, cardiovasculaire, ORL, etc.) sans lésions anatomiques reconnues pouvant en rendre compte.
Les troubles fonctionnels, sans lésions anatomiques, sont le fait de personnalités anxieuses, histrioniques. Ils peuvent constituer le signe initial d'une autre affection psychique, notamment dépressive.

personnalité histrionique

[H3, N1]

Édit. 2018

hygiène alimentaire l.f.

food hygiene

1) Partie de la médecine qui se consacre à la qualité sanitaire, microbiologique et toxicologique des aliments.
2) Ensemble des normes permettant d’assurer et de renforcer l’innocuité des aliments en vue de leur consommation par l’homme.
Elle s’intéresse à tous les aspects de la production à la consommation, en passant par la récolte, le traitement, le stockage, la distribution et la préparation. Elle porte également sur les causes possibles de toxicité (facteurs physiques, chimiques ou microbiologiques). Son contrôle est assuré par les services de l’Etat, les
directions départementales des affaires sanitaires et sociales, les services vétérinaires et le service de la répression des fraudes.

Étym. gr.Hugiéia : fille d’Asclépios

iléus alimentaire l.m.

food obstruction, food ileus

Occlusion intestinale mécanique provoquée par un corps étranger d'origine alimentaire (fragment d'os, noyau de fruits, accumulation de fibres, bézoard).

Étym. gr. eileos : iléon, partie enroulée de l'intestin (eilein : enrouler)

induit (trouble délirant) l.m.

induced delusional disorder

Formulation toujours retenue par la CIM 10, alors que le DSM IV a choisi : "Shared psychotic disorder (folie à deux)".
En effet, si ce trouble se développe classiquement dans le couple sous l'influence d'un délirant actif, l'interaction pathogène est souvent difficile à saisir.

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