immunosuppresseurs et transplantation l.
→ traitement immunosuppresseur et transplantation
traitement immunosuppresseur et transplantation l.m.
Ensemble des thérapeutiques médicamenteuses favorisant la tolérance d'un greffon par le système immunitaire du receveur.
Ces thérapeutiques utilisent dans des associations variables la prednisone, les antimétabolites (azathioprine, acide mycophénolique), les inhibiteurs de la calcineurine ( ciclosporine et tacrolimus), les inhibiteurs de la mTOR (sirolimus, évérolimus), l’inhibiteur du second signal des lymphocytes T (nulojix), les anticorps monoclonaux anti-récepteurs de l’IL 2 (simulect) et les globulines antilymphocytaires.
Tous les immunosuppresseurs sont dotés d’effets secondaires très puissants qui rendent leur utilisation prudente et délicate
On distingue le traitement immunosuppresseur d'induction, utilisé au décours immédiat de la transplantation, du traitement immunosuppresseur d'entretien, utilisé au long cours et dont le maintien est nécessaire pour la survie du greffon.
immunosuppresseurs et néphropathies l.m.
immunosuppressives drugs and nephropathies
Ces médicaments sont couramment utilisés dans le traitement de nombre de néphropathies suivant des schémas thérapeutiques et avec des posologies assez variables.
Dans le cadre des glomérulopathies primitives, les glomérulopathies dites malignes et les syndromes néphrotiques corticorésistants, indépendamment du type histologique, représentent des indications majeures.
Les immunosuppresseurs sont largement prescrits en présence de manifestations rénales des collagénoses. Leur prescription est systématique après transplantation rénale.
Les médicaments les plus prescrits sont l'azathioprine, le cyclophosphamide, la cyclosporine. Ils sont associés habituellement aux glucocorticoïdes. Les résultats sont inconstants.
Étym. lat. immunis : exempt de
→ traitement immunosuppresseurs et transplantation
antigène de transplantation l.m.
antigen of transplantation
→ antigène d'histocompatibilité
contrôle croisé et transplantation l.m.
cross match and transplantation
Test pratiqué avant toute transplantation d'organes afin de détecter une pré-immunisation du receveur avec présence d'anticorps cytotoxiques préformés réagissant contre les antigènes du donneur.
Il consiste en la mise en contact, dans des conditions particulières, du sérum du receveur avec les lymphocytes du donneur. Une réponse positive fait craindre un rejet suraigu et interdit la transplantation.
Syn. cross match et transplantation
→ rejet de greffe, transplantation d'organes
[F3]
cross match et transplantation l.m.
→ contrôle croisé et transplantation
[F3]
diabète post-transplantation l.m.
posttransplant diabetes
Il correspond à l’hyperglycémie chronique apparaissant de novo au décours d’environ 20% des greffes d’organe, constituant une cause de diabète secondaire, iatrogène.
La corticothérapie a longtemps représenté la principale médication immunosuppressive, utilisée à fortes doses, dont l’effet hyperglycémiant s’explique par la résistance à l’insuline et l’inhibition de sa sécrétion pancréatique. Les doses ont pu en être réduites avec l’utilisation de la ciclosporine A, médication inhibitrice de la calcineurine, qui apparaît comme la médication immunosuppressive la moins diabétogène. Le tacrolimus, un autre inhibiteur de la calcineurine, possède un pouvoir diabétogène dose-dépendant, par effet cytotoxique direct sur les cellules béta-langerhansiennes, une inhibition de la libération et de l’action de l’insuline. Le mycophénolate mofétil et le sirolimus ont aussi un pouvoir hyperglycémiant.
En dehors de la nature et de la dose de la médication immunosuppressive, interviennent aussi l’âge, le poids, l’infestation par le virus de l’hépatite C… dans le risque d’apparition du diabète.
Ce diabète posttransplantation impose des précautions diététiques, conduit souvent à l’introduction de médications orales : metformine, répaglinide, thiazolidinediones, sulfonylurées (en sachant que ces dernières médications majorent le taux de la cyclosporine). Le recours à l’insulinothérapie est parfois nécessaire.
→ greffe d'organe, diabète cortisonique, ciclosporine, tacrolimus, mycophénolate mofétil, sirolimus, calcineurine, metformine, répaglinide, sulfonylurées
[R1,M3,L1]
Édit. 2017
infections opportunistes et transplantation l.f.pl.
opportunistic infections and transplantation
Les infections opportunistes sont définies par l'apparition de symptômes provoqués par un micro-organisme n'entraînant que peu ou prou de manifestations cliniques chez le sujet sain, mais une maladie souvent sévère chez l'immunodéprimé.
Les infections opportunistes observées en transplantation peuvent être virales (pneumopathie à cytomégalovirus) ou bactériennes (listériose, tuberculose), voire fongiques (aspergillose, cryptococcose) ou encore à protozoaires (pneumopathie à Pneumocystis carinii). Leur survenue est favorisée par l'intensité de l'immunosuppression et leur fréquence particulièrement élevée au décours du traitement d'une crise de rejet.
Étym. lat. infectio : teinture, souillure, déverbal d'inficere : imprégner
maladies lympho-prolifératives post transplantation d'organes (PTLD) l.f.p.
→ tumeurs à cellules B matures, T matures, NK, histiocytaires, et maladie de Hodgkin (classification OMS juin 2016)
transplantation n.f.
transplantation
Opération chirurgicale réalisant l'insertion dans un organisme humain d'un organe ou d'un fragment de membre appartenant au même organisme ou à un autre de même espèce.
L'opération est donc du domaine des greffes : autogreffe lorsqu'on donne de nouvelles connexions anatomiques à un rein, ou lorsqu'on remplace un pouce par un gros orteil, homogreffe ou allogreffe lorsqu'on remplace un cœur ou un rein par des organes provenant d'un autre être humain, hétérogreffe quand une valve mitrale de porc prend la place d'une valve humaine.
transplantation cardiaque l.f.
transplantation cardiaque (complications neurologiques de la) l.f.p.
neurologic complications of cardiac transplantation
Complications infectieuses, vasculaires, tumorales, métaboliques, iatrogènes ou par atteinte du système nerveux périphérique, survenant en phase péri-opératoire, mais également tardive, après deux mois, et touchant 40 à 70% des patients ayant subi une greffe de cœur.
Les rejets de greffe et les infections opportunistes sont les principales causes de mortalité. Mais la pathologie vasculaire cérébrale est fréquente, surtout anoxo-ischémique en péri-opératoire et cardio-embolique à distance de l'intervention.
Facteurs de risque vasculaire, thrombus intracardiaque, rejet du greffon et traitement immunodépresseur jouent une rôle pathogénique certain.
transplantation cardiopulmonaire l.f.
heart-lung transplant
Transplantation d’organes concernant le bloc cœur-poumon avec son arbre trachéobronchique.
Ces organes prélevés en bloc sont transportés dans le thorax du receveur et reliés à ses autres organes : trachée, veines caves ou oreillette droite, aorte. Cette technique nécessite l'utilisation d'une assistance circulatoire extracorporelle.
Après avoir suscité un certain enthousiasme, elle a vu ses indications se réduire à quelques situations parvenues à un stade évolutif extrême sans aucune autre solution thérapeutique possible (lésions simultanées, dangereuses et irréversibles des deux poumons et du cœur).
transplantation cornéenne l.f.
corneal transplantation
transplantation de moelle osseuse (complications neurologiques de la) l.f.p.
neurologic complications of bone marrow transplantation
Complications neurologiques chez les patients ayant subi une greffe de moelle.
Leur fréquence atteint 50% des patients, et elles entrainent le décès dans 5% des cas.
L'encéphalopathie métabolique est la plus commune ; viennent ensuite les infections fongiques et virales du système nerveux central, puis la pathologie cérébrovasculaire liée ou non à une endocardite. Moins fréquentes sont les complications iatrogènes, les récurrences malignes ou les leuco-encéphalopathies.
Lors de la maladie du "graft-versus host", s'observent des myasthénies graves ou encore des zonas multiples.
→ greffon contre l'hôte (réaction du)
transplantation d'organe l.f.
organ transplantation
Acte chirurgical ayant pour objet soit le changement d'implantation d'un organe chez le même individu, soit le transfert d'un organe d'un individu à un autre.
On distingue l'autotransplantation lorsque l'organe est transplanté chez le même sujet, l'homotransplantation (ou allotransplantation), lorsque l'organe est transplanté entre individus de même espèce, p. ex. d'homme à homme, l'hétérotrans
L'homotransplantation d'organe (rein, foie, cœur, poumon, pancréas, etc.) est devenue une intervention relativement courante réalisée pour traiter la défaillance irréversible d'un organe vital. Elle doit prendre en compte l'histocompatibilité entre donneur et receveur et implique la mise en route chez le receveur d'un traitement immunodépresseur. L'organe transplanté est exposé à un processus de rejet (à l'exception d'une transplantation isologue). Le prélèvement est effectué parfois à partir d'un donneur vivant volontaire proche parent du receveur ou le plus souvent chez un sujet en état de mort cérébrale. Le nombre insuffisant des prélèvements d'organe constitue un frein au développement de la transplantation.
→ histocompatibilité, greffe, rejet de greffe
transplantation d'organes (conservation) l.f.
organ storage
Ensemble des procédés visant à conserver les organes entre le prélèvement et la transplantation.
Ils visent à ralentir au maximum les métabolismes intracellulaires par la réfrigération en utilisant de manière simultanée la perfusion par des solutions de conservation et le refroidissement de surface. La durée de conservation des organes prélevés en vue de transplantation est variable selon l'organe considéré. Elle est au maximum de 48 heures pour le rein, de 24 heures pour le foie, de 18 heures pour le pancréas et de quelques heures pour le poumon ou le cœur.
transplantation d'organe (prélèvement) l.
transplantation et histocompatibilité l.f.
transplantation and histocompatibility
Ensemble des phénomènes régissant dans le domaine de la compatibilité tissulaire les relations entre donneur et receveur d'un organe ou d'un tissu.
L'incidence et la fréquence des crises de rejet sont d'autant plus faibles que la compatibilité tissulaire entre donneur et receveur est bonne. L'insuffisance d'histocompatibilité peut, dans certaines transplantations notamment tissulaires (moelle osseuse), conduire à des réactions immunologiques du greffon contre le receveur (réaction du greffon contre l'hôte).
→ greffon contre l'hôte (réaction du), HLA (système)
transplantation hépatique l.f.
Transplantation d'un foie chez un individu receveur.
Le prélèvement est habituellement pratiqué sur un donneur en état de mort cérébrale ; dans de rares cas le donneur est vivant apparenté.
Dans la transplantation la plus fréquente, le foie malade est enlevé et remplacé par le greffon en position orthotopique c'est-à-dire à la place même qu'occupait le foie.
Dans la transplantation hétérotopique, le foie malade est laissé en place, le greffon est placé dans une position différente mais voisine. Elle est peu pratiquée.
La transplantation hépatique auxiliaire orthotopique consiste dans l'ablation d'une partie du foie, le greffon est placé en position orthotopique à la place du foie enlevé. Elle est réalisée dans les hépatites fulminantes dans l'espoir d'une régénération du foie natif, ce qui permettra d'enlever ultérieurement le greffon lorsqu'il aura rempli son rôle d'assistance.
La transplantation hépatique à partir d'un donneur vivant est réalisée quand un parent donne une partie de son foie pour un proche , surtout en pédiatrie.
transplantation musculaire l.f.
Free muscle transplantation, whole squeletal muscle transplantation
Mobilisation complète d’un muscle détaché de ses insertions pour remplacer un autre muscle dont la fonction est définitivement perdue.
Des conditions préalables sont indispensables pour le choix du muscle à transplanter :
- la fonction du muscle transplanté doit pouvoir être supplée s’il s’agit d’une fonction sensible ;
- le muscle doit être assez puissant pour la fonction qui lui sera attribuée en sachant qu’un muscle transplanté perd au moins 50% de sa force ;
- la longueur de ses fibres doit être en proportion de la course de son nouveau mouvement.
Il existe des impératifs techniques qui doivent être anticipés :
- le muscle transplanté, prélevé avec son perimysium, doit avoir une direction linéaire évitant les déviations et les effets de poulie ;
- lors de sa fixation il doit être mis en tension optima pour éviter une perte de force ;
- son pédicule vasculaire, si possible unique, peut être conservé si la transplantation a lieu assez près du lieu de prélèvement ;
- le nerf moteur peut parfois être isolé assez loin en amont.
En cas de transplantation à distance, une anastomose vasculaire et une greffe nerveuse sont nécessaires.
Au cours de l’immobilisation et après elle, une rééducation appropriée par kinésithérapie et la stimulation électrique permettent
d’éviter l’atrophie musculaire. Le contrôle des mouvements volontaires et la récupération des automatismes peuvent être longs à obtenir.
De nombreuses techniques de transplantation ont été utilisées, par exemple : m. gracilis de la cuisse pour suppléer
le m. triceps brachii ou les muscles fléchisseurs des doigts, le m. latissimus dorsi en fléchisseur du coude, le m. sternocleidomastoideus
pour les muscles rotateurs de l’épaule, le m. masseter pour les muscles de la face, le m. gracilis enroulé ou un faisceau
du m. gluteus maximus en cas d’incontinence anale, etc.
E.R. Schottstaedt, chirurgien orthopédiste américain (1958)
transplantation pancréatique l.f.
pancreatic transplantation
Transplantation d'un organe pancréatique dans le but de traiter le diabète de type I.
Il peut être greffé un pancréas total, avec dérivation digestive ou urinaire de la sécrétion exocrine, ou un pancréas segmentaire avec obstruction canalaire. La transplantation pancréatique est peu utilisée à l'état isolé et ses avantages sont alors discutables. Elle est habituellement couplée à celle du rein dans le traitement de l'insuffisance rénale terminale du diabétique.
transplantation pulmonaire l.f.
pulmonary transplantation
Remplacement chez un insuffisant respiratoire majeur et presque terminal d'un ou des deux poumons par un ou deux poumons prélevés sur un homme en état de mort apparente.
La technique actuellement utilisée reste celle décrite par Henri Métras pour la transplantation pulmonaire expérimentale chez l'animal. Au début des années 80, la transplantation pulmonaire a pu être utilisée chez l'homme.
Le bilan avant la transplantation doit être complet : respiratoire, cardiaque et circulatoire, infectieux, immunohématologique et digestif mais aussi neurologique et psychiatrique. Le greffon doit être compatible immuno
La bronchiolite oblitérante est la principale complication secondaire et surtout tardive de la greffe pulmonaire entraînant une défaillance progressive du poumon greffé. Elle relève surtout d'un mécanisme immunopathologique, le rejet chronique. Elle atteint 30 à 40% des transplantés pulmonaires et cardiopulmonaires. La survie tourne autour de 45% à 5 ans. La transplantation pulmonaire a un pronostic moins favorable que les autres transplantations d'organes.
H. Métras, chirurgien thoracique français (1950)
Syn. greffe pulmonaire
→ bronchiolite oblitérante du poumon trans planté
transplantation rénale l.f.
renal transplantation
Implantation chirurgicale d'un rein sain chez un patient atteint d'insuffisance rénale chronique terminale irréversible, dans le but de restaurer sa fonction rénale.
C'est la plus fréquente des transplantations d'organes. En France, près de 1800 trans
Les étapes successives de la transplantation sont le prélèvement de rein et sa conservation à + 4°C pendant une période ne dépassant pas habituellement 48h, la recherche d'un receveur partageant avec le donneur une histocompatibilité jugée suffisante, la transplantation du rein habituellement dans la fosse iliaque, ce qui exige l'anastomose des vaisseaux du pédicule du greffon rénal avec ceux du donneur et le rétablissement de la continuité de la voie excrétrice urinaire, généralement par réimplantation urétérovésicale, la mise en route chez le receveur d'un traitement immunosuppresseur qui sera poursuivi à vie.
Actuellement, le pourcentage de survie avec un rein fonctionnel est de l'ordre de 60% à dix ans.
→ histocompatibilité, transplantation d'organe, rejet de greffe
transplantation rénopancréatique l.f.
combined kidney and pancreas transplantation
Transplantation à la fois d'un rein et d'un pancréas, en vue de traiter l'insuffisance rénale terminale du diabétique.