Fourier (transformation de) l.f.
Fourier’s transformation, Fourier’s transform
Opération mathématique qui permet de décomposer un signal complexe quelconque en une somme de termes sinusoïdaux, de fréquence et de phases différentes.
En imagerie numérisée et en scanographie, la reconstruction de l'image à partir des données brutes utilise une ou plusieurs transformations de Fourier.
En IRM, la reconstruction d'une coupe à partir du plan de Fourier (où les signaux sont codés en phase et en fréquence) utilise une double transformation de Fourier (technique 2 DFT) ; la reconstruction d'un volume, une triple transformation de Fourier (technique 3 DFT).
J. Fourier, mathématicien français, membre de l'Académie de médecine (1768-1830)
→ Fourier (transformée de), Fourier (théorèmes de), Fourier (plan de), technique 2DFT (en IRM), technique 3DFT (en IRM)
[B1,B2,B3]
Édit. 2018
reconstruction n.f.
reconstruction
En imagerie numérique, scanographie, IRM, échographie…reconstitution de l'image à partir des données brutes stockées dans la mémoire de la machine.
La première opération consiste à reconstruire la matrice c'est-à-dire à mettre en place dans la case correspondante, élément par élément, rangée par rangée, colonne par colonne, les valeurs numériques obtenues. Cette opération peut être effectuée par plusieurs méthodes (rétroprojection filtrée, technique 2 DFT). Pour interpréter l'image, il faut dans un deuxième temps la visualiser en faisant correspondre aux valeurs numériques des densités une échelle de gris ou de couleurs.
→ méthode par rétroprojection filtrée, technique 2 DFT
[B2,B3]
Édit. 2018
lacorhinostomie n.f.
conjunctivo-rhinostomy
Technique de dérivation lacrymale entre le cul-de-sac conjonctival inféro-interne et la cavité nasale.
Lorsque les canalicules sont trop sténosés et qu'une chirurgie canaliculaire reconstructrice n'est pas réalisable, une lacorhinostomie peut être effectuée par transposition d'un lambeau de muqueuse nasale, au travers d'un orifice osseux de dacryocysto-rhinostomie, vers la cavité conjonctivale (technique de Walter) ou plus simplement par pose d'un tube de lacorhinostomie laissé à demeure. Le tube (pyrex, silicone) peut être placé entre le lac lacrymal et le nez en passant au travers d'un orifice osseux de dacryocysto-rhinostomie (technique de Jones) ou entre le sac lacrymal et le canal lacrymonasal (technique de Métaireau, technique de Bernard).
W. L. Walter, ophtalmologiste américain (1982) ; L. T. Jones, ophtalmologiste américain (1965) ; J. P. Métaireau, ophtalmologiste français (1988); J. A. Bernard, ophtalmologiste français (1972)
œsophagectomie n.f.
œsophagectomy
Résection d’un segment ou de la totalité de l’œsophage.
L’indication princeps est le cancer de l’œsophage. Plus rares sont les exérèses pour oesophagite corrosive aigüe.
La première oesophagectomie pour cancer de l’œsophage cervical a été réalisée avec succès par V. Czerny le 2 mai 1877 (résection de 6cm.). Pendant 36 ans se succèdent des tentatives, toutes mortelles entre les mains les plus brillantes. Le 14 mars 1913 F. Torek réussit, par voie thoracique gauche, la résection de l’œsophage pour un cancer sous-aortique; sa malade a survécu 14 ans. Onze ans plus tard, en 1924, il n’avait toujours que 2 survies pour 12 opérés. L’essor de la chirurgie œsophagienne ne fut donné qu’après la 2ème guerre mondiale avec le développement de la chirurgie endothoracique, grâce aux progrès de l’anesthésie et de la réanimation. Deux congrès internationaux tenus l’un aux USA en 1946, l’autre à Paris en 1947, démontrent que la chirurgie œsophagienne sort de l’enfance et s’oriente vers la résection suivie d’anastomose immédiate.
Le choix de l’intervention dépend de la localisation de la tumeur, de son étendue et de l’expérience de l’équipe. Deux types d’interventions chirurgicales peuvent ainsi être réalisés : l’œsophagectomie subtotale et l’œsophagectomie totale, toujours accompagnées d’un curage adénolynphatique.
- L’œsophagectomie subtotale consiste à retirer une partie de l’œsophage et la partie supérieure de l’estomac. Le plus souvent, cette intervention est proposée lorsque la tumeur est située dans le tiers inférieur ou moyen de l’œsophage. Elle nécessite une double voie d’abord, abdominale et thoracique. On parle d’œsophagectomie subtotale par voie transthoracique droite aussi appelée intervention de Lewis-Santy-Mouchet. Il s’agit de la technique de référence dans la chirurgie de l’œsophage. Elle est de plus en plus entrée en concurrence avec la voie thoracique gauche (qui peut être agrandie en thoracophrénolaparotomie) plus délabrante et qui nécessite un décroisement aortique (technique de Sweet, de J.L. Lortat-Jacob).
- L’œsophagectomie totale consiste à retirer la totalité de l’œsophage et la partie supérieure de l’estomac. Elle est souvent réalisée par une triple voie d’abords : abdominale, thoracique et cervicale (technique d’Akiyama ou de McKeown). Elle est souvent utilisée lorsque la tumeur est située dans le tiers moyen ou supérieur de l’œsophage.
En cas de contre-indication respiratoire à la thoracotomie, de tumeur de petite taille ou pour certaines formes de cancers de la jonction œsogastrique, le chirurgien peut avoir recours aux voies d’abords abdominale et cervicale pour réaliser l’intervention. Il s’agit alors d’une œsophagectomie par voie transhiatale, sans thoracotomie (technique d’Orringer). Le curage lymphatique ne peut être qu’abdominothoracique par le hiatus diaphragmatique et cervical.
Le rétablissement de la continuité digestive fait appel aux techniques d’œsophagoplastie. Elle est le plus souvent réalisée avec l’estomac. L’estomac est tubulisé pour reconstituer l’œsophage. En fonction de la zone de section de l’œsophage, la suture entre l’estomac et l’œsophage restant peut être réalisée le plus souvent au sommet du thorax lors d’une œsophagectomie subtotale ou au niveau du cou lors d’une œsophagectomie totale. Lorsque l’estomac a été entièrement retiré ou lorsqu’il n’est pas utilisable, le rétablissement de la continuité digestive peut être réalisé avec le colon ou l’intestin grêle. Le transplant est le plus souvent monté dans le lit oesophagien (voie thoracique droite). Des reconstructions par tunnelisation rétrosternale ont été proposées ; elles se heurtent à un risque de sténose dans le défilé cervicothoracique au bord supérieur du manubrium sternal.
Les pinces mécaniques de sutures et d’anastomoses ont marqué une révolution technique de la chirurgie digestive et particulièrement œsophagienne. Elles ont diminué le nombre et la gravité des fistules anastomotiques, principales causes de mortalité par médiastinite.
Lorsque le cancer est à un stade précoce (cas très rare), c’est-à-dire limité à la muqueuse de l’œsophage (en particulier pour les lésions précancéreuses - dysplasies de haut grade sur endobrachyœsophage), la résection endoscopique est le traitement de référence. Cette procédure consiste à décoller et enlever la muqueuse et une partie de la sous-muqueuse de l’
Les progrès de l’endoscopie souple, de l’imagerie (échographie, scanner, IRM) permettent une meilleure sélection des opérés. La radiothérapie ciblée, une chimiothérapie plus efficace, l’intubation endoscopique, prennent place dans une décision thérapeutique devenue multidisciplinaire.
V. Czerny, chirurgien allemand (1877) ; F. Torek, chirurgien américain (1915) ; I. Lewis, chirurgien américain (1946) ; P. Santy, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1946) ; R. H. Sweet, chirurgien américain ( 1946) ; A. Mouchet, chirurgien français (1948) ; K. C. McKeown, chirurgien britannique (1980) ; H. Akiyama, chirurgien japonais (1980) ; M. B. Orringer, chirugien américain (1999); J. L. Lortat Jacob, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1951)
Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange ; ektomê : ablation
→ cancer de l'œsophage, œsophagite corrosive aigüe, œsophagoplastie
[L2]
Édit. 2017
élastographie ultrasonore l.f.
ultrasonographic elastography, transient elastography, shear wave elastography
Ensemble de techniques ultrasonographiques destinées à mesurer la rigidité des tissus, dont le principe est identique : application d’une contrainte qui va déformer la structure à étudier ; recueil des signaux des tissus déformés puis analyse de la déformation tissulaire induite.
1. Elastographie avec impulsion mécanique
(« transient elastography »). Cette technique, moins utilisée actuellement, nécessite un appareil spécifique : « FibroscanTM », sans système de guidage, ni imagerie morphologique. La contrainte appliquée est une onde de cisaillement mécanique créée par un vibreur externe. A partir de la moyenne de 10 mesures consécutives le système calcule indirectement le module de Young sur la zone d’intérêt. Il est utilisé en pathologie hépatique.
2. Elastographie ultrasonique quasi-statique en temps réel par contrainte mécanique continue
« strain elastography »). On comprime la zone à étudier avec la sonde à ultrasons et on observe en temps réel par rapport à une coupe identique sans compression les modifications colorimétriques de l’image obtenues qui sont fonction de la rigidité des tissus. Cette technique ne permet pas de mesure mais seulement une estimation qualitative.
3. Elastographie ultrasonique dynamique avec impulsion ultrasonographique
[« Shear wave elastography » (SWE)]. Cette technique, la plus utilisée de nos jours, équipe la plupart des échographes récents de haut niveau. Après repérage échographique de la zone d’intérêt, on y applique une onde à ultrasons de compression, qui génère elle-même des ondes de cisaillement perpendiculaires à elle. Ce cisaillement est mesuré en temps réel et mesure d’élasticité en kilopascals déduite de la vitesse des ondes de cisaillement.
La principale application de cette technique est l’évaluation et la quantification de de la fibrose hépatique et la caractérisation des nodules mammaires, accessoirement l’étude des nodules thyroïdiens et de certaines pathologies rénales, prostatiques et musculo-tendineuses.
T. Young, physician britannique (1773-1829)
[B1, B3, L1, O5]
Édit. 2019
forçage génétique l.m.
Technique de manipulation génétique qui permet de propager une mutation dans une population.
La technique consiste à introduire un segment d’ADN élaboré en laboratoire dans le génome de quelques individus d’une population. Le mode de transmission du « gene drive » aboutit à transmettre la mutation à 100% des descendants et non 50 %, comme c’est le cas pour les gènes à transmission dominante chez l’homme, parce que le nouveau gène est présent dans les gamètes paternel et maternel. Le génome de la quasi-totalité de la population est donc modifié au bout de quelques générations. Cette technique, en aboutissant au renouvellement de toute une population, permettrait d’éradiquer des maladies transmissibles par les moustiques comme le paludisme, la dengue ou le virus Zika. Dans le domaine agricole, on pourrait modifier des organismes porteurs de maladies ou provoquant des dommages sur les cultures. L’utilisation de cette technique soulève de nombreuses questions : suppression de la variabilité naturelle des espèces, contrôle de l’agriculture d’un pays ennemi en cas de guerre, développement de monopoles commerciaux…ce qui la fait réserver encore à des études en laboratoire.
Fig. 1. Propagation d'une mutation classique (à gauche) comparée à celle d'une cassette gene drive (à droite).Chaque individu est représenté schématiquement par une paire de chromosomes. Les individus portant la mutation rouge ou la cassette gene drive sont encadrés en rouge. En théorie, si 10 individus génétiquement modifiés et possédant une cassette d'ADN « gene drive » sont introduits dans une population naturelle de 100 000 individus, alors en moyenne plus de 99 % des individus seront porteurs de la cassette « gene drive » au bout de seulement 12-15 générations. A l'inverse, une mutation génétique présente dans les mêmes proportions aura disparu de la population au bout de quelques générations en moyenne, sauf si elle favorise le nombre de descendants. Le mode de transmission du « gene drive » échappe aux lois de Mendel et permet ainsi de répandre en accéléré une modification particulière du génome dans l'ensemble d'une population d'individus à reproduction sexuée. D'autres éléments génétiques échappant aux lois de Mendel ont déjà été mis en évidence (les distorteurs de ségrégation, les éléments transposables, les éléments Médéa, les bactéries endocellulaires comme Wolbachia, et les endonucléases qui se copient elles-mêmes)2 mais le « gene drive » est beaucoup plus rapide et plus efficace que tous les autres mécanismes connus : il n'a pas d'effets collatéraux délétères sur les organismes qui le portent (contrairement aux quatre premiers cas) et il a une probabilité de transmission plus forte que les deux derniers.Le « gene drive » manipule à son avantage les trois piliers de la sélection naturelle : mutation, hérédité et adaptation. Premièrement, les mutations n'apparaissent plus au hasard mais exactement là où le « gene drive » a été conçu pour couper et la séquence d'ADN souhaitée est produite. Deuxièmement, alors qu'un parent transmet normalement la moitié de ses gènes à son enfant, un parent « gene drive » transmet la cassette « gene drive » à tous les coups. Troisièmement, un individu « gene drive » qui est mal adapté et qui devrait produire peu de descendants va tout de même transmettre ses gènes « gene drive » à la génération suivante du fait de son mode de transmission accru.La cassette « gene drive » peut être assimilée à une mutation auto-amplifiante, qui s’auto-réplique elle-même et qui diffuse plus rapidement que la génétique habituelle. Au regard de sa capacité à faire sauter les trois verrous caractéristiques du rythme évolutionnaire depuis 4 milliards d’années, le « gene drive » est probablement l’invention biologique la plus effective et imprédictible qu'on n'ait jamais possédée quant à la gestion du vivant, en nous et hors de nous.
[Q1]
Édit. 2018
RT-PCR sigle angl.pour Reverse Transcription Polymerase Chain Reaction
Technique d’amplification d’un ARN in vitro, variante de la technique PCR qui permet, elle, d’amplifier des ADN.
Pratiquement, la première étape consiste à transformer l’ARN en ADN, appelé ADN complémentaire ou ADNc en utilisant une enzyme, la transcriptase inverse.
La seconde étape consiste à amplifier cet ADNc en utilisant la technique PCR, d’où l’appellation RT-PCR. Il est ainsi possible d’analyser, aussi bien qualitativement (séquence, taille,…) que quantitativement, un ARN donné présent au sein d’un mélange d’ARN différents, qui peut être l’ensemble de tous les ARN d’une cellule, sans avoir à le purifier et cela même s’il n’est présent qu’en quantité infime dans le mélange.
En recherche cette technique d’amplification est surtout utilisée pour analyser l’expression des gènes. Elle est utilisée fréquemment dans les laboratoires d’analyses médicales dans le cadre du diagnostic ultrasensible, et le suivi au cours du traitement, de maladies transmissibles, principalement des maladies virales dont le patrimoine génétique du virus responsable est un ARN comme le VIH dans le SIDA ou le VHC dans l’hépatite C.
→ ADN complémentaire, ARN messager, PCR, transcriptase inverse, ADN complémentaire
ampliphotographie n.f.
photofluorography
Technique de radiophotographie consistant à photographier l'écran secondaire d'un amplificateur de luminance.
L'image de cet écran secondaire est reprise par le système optique d'une caméra spéciale fournissant des clichés de format 7x7cm ou 10x10cm. Cette technique présente plusieurs avantages : diminution importante de la dose de rayonnement reçue par le patient, d'environ 7 à 8 fois par rapport à un cliché réalisé par la technique standard écran-film; facilité d'emploi, ayant permis la création d'unités mobiles de dépistage et de médecine du travail; économie de film et facilité de manipulation et d'archivage de ce petit format.
Le rendu sur film tend à être abandonné au profit d'images purement numériques.
[B2, B3]
Édit. 2020
angiographie IRM l.f.
MRI angiography
utilisation des phénomènes physiques induits en résonance magnétique par les flux pour obtenir une imagerie de qualité du système vasculaire non agressive, sans produit de contraste ni irradiation.
Deux techniques sont d’emploi courant, toutes deux utilisant secondairement une reconstruction par « maximum intensity projection » : MIP :
- L’angiographie par temps de vol (time of flight, ou TOF)
Cette séquence d’écho de gradient à TR court repose sur la saturation des tissus du plan de coupe de manière à ce qu’ils n’engendrent plus de signal et sur l’arrivée dans ce plan de coupe de sang frais circulant non saturé qui apparait en hypersignal. Après acquisition des coupes en 3D, des reconstructions par la technique «Maximum Intensity Projection (MIP)» permettent d'obtenir des images proches d’une angiographie conventionnelles qui peuvent être étudiées sous tous les angles afin de dégager chaque segment artériel et d’éliminer les superpositions. Cette technique est surtout intéressante pour l’étude des artères, notamment, au niveau encéphalique, celles du polygone de Willis (après saturation du sinus longitudinal supérieur). Un autre avantage est la rapidité d'acquisition des séquences (quelques minutes pour l'encéphale).
- L'angiographie par contraste de phase, qui utilise l'aimantation transversale pour coder l'information vitesse.
Celle-ci est codée par un gradient bipolaire n'induisant aucun déphasage supplémentaire pour les spins fixes, mais produisant un déphasage des spins mobiles, proportionnel à la vitesse. D'où une saturation du signal des tissus fixes qui ne produisent pas de signal et une accumulation des déphasages des spins mobiles à l’origine d’un signal magnétique. Le traitement informatique des coupes permet une visualisation 2D (plus que 3D) des axes vasculaires. Cette technique, particulièrement adaptée aux flux lents, fournit des angiogrammes de haute qualité, notamment encéphaliques. Elle est plus utilisée pour l'étude des veines.
→ angiographie, angioIRM, séquence TOF, ARM par contraste de phase, angio-IRM, ARM à sang noir, ARM par temps de vol, MIP
[B2,B3]
Édit. 2018
ARM par temps de vol l.f.
time of flight (TOF) MRA, TOF MRA
Technique d'ARM utilisant des séquences d'écho de gradient, fondée sur le principe de l’arrivée dans le plan de coupe de sang frais non saturé (principe du renforcement paradoxal du signal).
En écho de gradient, l'utilisation de TR courts (40 à 50 ms) permet de supprimer le signal des tissus stationnaires (par phénomène de saturation) tout en maintenant une arrivée de sang frais non saturé à signal élevé dans le plan de coupe. Le contraste de l'image est lié au phénomène de renforcement paradoxal du signal dû à l'entrée dans le plan de coupe de ces spins non saturés. L'angiographie peut être réalisée en technique 2D, les plans de coupe étant acquis successivement, un par un, ou en technique 3D où toute la pile des coupes est acquise simultanément. Pour présenter l'image finale, un algorithme de type MIP est utilisé. L'angiographie par temps de vol n'est pas bien adaptée aux vaisseaux à flux très lent, pour laquelle l'ARM par contraste de phase donne de meilleurs résultats. En revanche, elle visualise bien les vaisseaux comportant des zones de turbulences physiologiques (bifurcations). Enfin, il est possible de supprimer les veines ou les artères de l'image (ou les deux) en associant à la séquence des bandes de saturation (ARM dite "à sang noir").
[B2,B3]
Édit. 2018
biométrie en mode A l.f.
A-mode biometry
En ophtalmologie, biométrie réalisée avec un biomètre utilisant la technique du mode A (mode d'amplitude).
En mode A, les interfaces rencontrées par le faisceau ultrasonore sont représentées par des pics dont la hauteur est parallèle à la réflectivité de cette interface. C'est la technique la plus largement employée. Il convient d'avoir un biomètre qui affiche la courbe de mode A des échos réfléchis. En fonction des règles de propagation des ultrasons, pour un œil proche de l'emmétropie (et donc supposé proche de la sphéricité), il est admis que les critères de réussite d'une bonne biométrie en mode A sont l'obtention des distances les plus grandes avec les pics les plus élevés. Avec la technique en immersion, les différentes interfaces successivement rencontrées sont la face antérieure et la face postérieure de la cornée, la cristalloïde antérieure, la cristalloïde postérieure et l'interface vitréorétinienne. Avec les techniques de contact, les deux pics cornéens sont inclus et masqués dans le pic de sonde et ses artefacts postérieurs. Le reproche que l'on peut faire à la biométrie en mode A est que l'on ne peut vérifier la coïncidence de l'axe des mesures avec l'axe visuel. Avec les techniques de contact, on ne peut être être certain de ne pas appuyer avec la sonde sur la cornée (et diminuer la longueur axiale totale, entraînant une hypermétropisation postopératoire) ou de ne pas augmenter cette longueur axiale en incluant un petit ménisque de larmes (entraînant une myopisation postopératoire).
Étym. gr. bios : vie ; metron : mesure
Édit. 2017
biométrie en ophtalmologie l.f.
ophtalmological biometry
Technique échographique permettant la mesure d'une structure anatomique et, par restriction, de la longueur axiale du globe oculaire.
Les progrès chirurgicaux et les demandes des patients ont été contemporains des progrès techniques des échographies. La précision de la mesure de la longueur axiale est le principal responsable du résultat postopératoire. Cette biométrie oculaire peut être réalisée en mode A, soit par une technique de contact, maintenant le patient allongé ou par aplanation, soit par une technique en immersion. Elle peut également être réalisée, guidée par le mode B, qui permet de vérifier la coïncidence de l'axe de mesure avec l'axe visuel.
Par extension, le terme biométrie est parfois utilisé à tort pour "calcul de la puissance de l'implant". D'autres techniques (propagation et réflexion de la lumière cohérente-laser) peuvent être utilisées (et donnent d'ailleurs des valeurs plus précises) pour mesurer la longueur axiale oculaire en cas de clarté des milieux. Cependant, en cas de cataracte évoluée, la biométrie ultrasonore reste, actuellement, la plus précise.
Étym. gr. bios : vie ; metron : mesure
Édit. 2017
Freyer (opération de) l.f.
Freyer procedure
Technique d'adénomectomie prostatique par voie transvésicale.
Cette première technique d'ablation transvésicale de l'adénome prostatique était aveugle : incision "a minima" de la paroi suspubienne et de la vessie permettant d'introduire deux doigts ; énucléation de l'adénome sans aucun contrôle visuel et rupture de l'urèthre au doigt ; hémostase par mise en place d'une mèche dans la loge prostatique et drainage de la vessie par un gros tube de cystostomie.
Cette technique hémorragique a été abandonnée au profit des adénomectomies transvésicales "à ciel ouvert".
P. Freyer, Sir, chirurgien britannique (1901)
→ adénomectomie prostatique transvésicale
[M2]
Édit. 2019
imagerie optique l.f.
Le principe de l’imagerie optique consiste à éclairer le corps avec un laser et à récupérer les photons qui sont réémis par les premières couches de cellules, soit de manière naturelle, soit parce que des particules fluorescentes ont été préalablement injectées dans le corps.
Cette technique trouve des applications dans l’imagerie de la peau (carcinomes), de la rétine (cataracte), ou des parois du colon (grâce à l’introduction d’un petit endoscope dans l’intestin). C’est une technique d’imagerie inoffensive et extrêmement rapide. Elle permet de voir des détails très fins, comme une hématie (cellule sanguine) dans un vaisseau.
Normalement l’imagerie optique ne permet pas d’observer directement le corps au-delà d’un demi-millimètre de profondeur. En effet, les tissus diffusent énormément la lumière et rares sont les photons à voyager en ligne droite – seul moyen de reconstituer une image.
L’utilisation de « sondes » pour des explorations plus profondes est donc indispensable. Actuellement, les seules sondes commercialisées pour l'imagerie in vivo sont des molécules ou nanoparticules fluorescentes qui émettent des photons pendant des temps très courts, de l'ordre de la dizaine de nanosecondes. Pour pallier cet inconvénient, une équipe du CNRS conçoit depuis plusieurs années des nanoparticules aux propriétés optiques originales. Ces matériaux peuvent stocker l'énergie lumineuse d'excitation et la restituer lentement pendant plusieurs heures dans la zone de transparence des tissus biologiques.
Cette technique permet l’observation non destructive des couches périphériques du cerveau humain. Des détecteurs au silicium permettent de révéler l’activation cérébrale au niveau du cortex.
Sigle angl. OCT
Étym. lat. imago : image, représentation
[B2,H1]
immunohistochimie n.f.
Méthode de détection d'antigènes tissulaires sur les tissus ou sur frottis cellulaires (im
munocytochimie) à l'aide d'anticorps couplés à un fluorochrome ou à un enzyme.
Cette technique peut être appliquée à l’étude d’anticorps dans les liquides biologiques. Les autoanticorps se fixent sur les antigènes correspondant au sein du tissu ou des cellules étudiées ; les immunoglobulines non fixées sont éliminées par lavage et les anticorps fixés sont ensuite révélés par addition d’anticorps anti-immunoglobulines couplés à un fluorochrome ou à un enzyme (technique dite d’immuno
Étym. lat. immunis : exempt de
immunomicroscopie électronique en dermato
immuno electron microscopy
Technique ultrastructurale de révélation antigénique utilisant des produits de marquage dense aux électrons, liés aux anticorps.
Il peut s'agir de technique immuno-enzymatique utilisant la peroxydase du Raifort, ou de technique immunométallique ayant recours à des marqueurs particuliers tels que l'or colloïdal. Bien que longue et coûteuse, cette méthode diagnostique est très utile dans l'étude de certaines dermatoses bulleuses.
Étym. lat. immunis : exempt de
Magnin et Naudin (méthode de) l.f.
Magnin and Naudin's procedure
Technique de radiopelvimétrie où la mesure du détroit supérieur est effectuée en procubitus et où celles du diamètre bisciatique et bi-ischiatique effectuées sur une patiente en décubitus dorsal, cuisses fléchies à 45° se trouvent dans le même plan horizontal.
Les clichés sont surimpressionnés à travers un écran ponctué permettant le calcul des différents diamètres. Cette technique mesurant les diamètres des détroits supérieur, moyen, inférieur. Technique obsolète remplacée actuellement par la pelvimétrie tomodensitométrique
P. Magnin, gynécologue-obstétricien français, membre de l’Académie de médecine et E. P. Naudin, médecin radiologue français (1955)
microscopie par génération de second harmonique l.f.
second harmonic generation microscopy, SHG
Technique de microscopie biphotonique en réflexion utilisant ccomme lumière incidente un faisceau laser pulsé dont deux ondes couplées sont converties en l’harmonique de fréquence double (second harmonique) et entraînent l’émission d’un seul photon de longueur d’onde plus courte.
Les conditions techniques sont très précises : accord de phase du faisceau incident, orientation régulière naturelle ou après coloration des structures et asymétrie électronique des molécules à observer. Les avantages sont : la diminution de l’intensité du rayonnement par la technique biphotonique qui permet une diminution de sa nocivité et une augmentation de la durée d’observation favorables à une observation histologique et fonctionnelle in vivo. La focalisation très précise et très étroite est compensée par la technique de balayage laser pour une exploration plus étendue.
La pénétration en profondeur étant faible (50μm) les indications sont limitées à l’étude des structures superficielles : les membranes dont les éléments sont orientés parallèlement, les canaux ioniques, en particulier calciques, avec l’étude de leurs structures et de leur fonctionnement. L’étude des structures fibrillaires endogènes - les microtubules, les cils cellulaires, les fuseaux achromatiques, la myosine et le tissus conjonctif, formés de polymères linéaires orientés - ne nécessitent pas de colorant. Les fibres des collagènes I, II, et III donnent un signal en SHG alors que le collagène IV, structuré en réseau, formant l’architecture de la membrane basale, ne donne pas ce signal ; ainsi la fibrose faite de fibres collagènes orientées est distinguée de la sclérose non fibrillaire.
Étym. gr. micros : petit : scopein : harmonia : ajustement, accord
Sigle angl. SHG : Second Harmonic Generation
phlébographie orbitaire l.f.
orbital venography
Examen radiologique des veines de l'orbite et du sinus caverneux.
Cette technique nécessite l’injection d’un produit de contraste radio-opaque dans une veine du front. Le flux radio-opaque est dirigé vers les veines orbitaires grâce à la compression des veines frontales, temporales, et angulaires.
Des clichés de face haute, en incidence axiale de Hirtz et de profil strict sont ensuite réalisés. Cette technique permet ainsi l’analyse de la veine ophtalmique supérieure et de la veine ophtalmique inférieure, de leurs communicantes et de leurs collatérales, et du sinus caverneux.
Cette technique est désuète depuis l’avènement des techniques modernes, tomodensitométrie et IRM, sa seule indication reste l'existence de varices orbitaires.
structure d'accueil des urgences (SAU)l.f.
hospital emergency medical welcome
Au sein d'une formation hospitalière publique ou privée, structure qui assure l'accueil des patients amenés par divers services (SMUR, sapeurs pompiers, ambulances privées) ou se présentant d'eux-mêmes, spontanément ou orientés par leur médecin, par le SAMU ou par un autre centre de soins.
Le service d'accueil assure le tri-catégorisation (diagnostic rapide mais déjà assez complet), la mise en condition, les soins de première urgence et aussi, dans le cadre des soins ambulatoires, les soins immédiats d'une consultation de porte (petite chirurgie), en particulier en dehors des heures d'ouverture des consultations des services hospitaliers. Il assure éventuellement l'orientation rapide vers une formation hospitalière et un service spécialisé mis en alerte qui donnera les soins appropriés.
L'accueil nécessite un espace défini de surface suffisante, un plateau technique (salles d'examen, de petite chirurgie, de déchocage, d'imagerie, radiologie, échographie, etc.). Il doit disposer de liaisons nombreuses et de personnel administratif, médical et paramédical habitué à l'urgence pour assurer la permanence du fonctionnement avec des moyens suffisants à toute heure du jour et de la nuit (équipes de garde), avec possibilité d'être renforcés en cas de besoin (astreintes et, en cas d'afflux massif de blessés, rappel de personnel supplémentaire).
Les décrets du 30 mai 1997 et les récentes circulaires du Ministère de la Santé tendent à
distinguer :
- les SAU avec permanence 24 h/24, plateau technique opérationnel (y compris le scanner) et présence de praticiens qualifiés ;
- les SAU de proximité des petits hôpitaux (unités de proximité, UP) à plateau technique plus restreint et en relations avec les SAU ;
- les unités spécialisées (pôles spécialisés d'urgence, POSU), en pédiatrie, par ex.
→ SMUR
technique 3DFT (en IRM) l.f. angl. pour 3 Dimensional Fourier Transform
3DFT image acquisition
En IRM, technique permettant de reconstruire un volume en trois dimensions en utilisant un double codage de phase, suivant deux directions perpendiculaires.
Pour cela il faut ajouter aux deux gradients de codage utilisés en technique 2DFT (gradient de codage de phase Gphi pour les lignes et gradient de codage en fréquence Gomega pour les colonnes de la matrice) un deuxième gradient de codage de phase dirigé suivant la direction du gradient de sélection de coupes du vecteur Gs (et donc perpendiculaire à la direction des vecteurs Gphi et Gomega. Si par exemple on fait des coupes axiales, ce gradient sera dirigé comme le vecteur Gs suivant l’axe z’z allant des pieds à la tête du patient. Ce gradient supplémentaire sélectionnera le nombre de coupes qui seront faites dans le volume. Les signaux recueillis seront ensuite décodés par une triple transformation de Fourier (suivant les trois directions de l’espace). Le temps d’acquisition pour obtenir une image 3D est élevé puisqu’il faut multiplier le temps d’acquisition d’une coupe par le nombre de celles-ci. Il devient prohibitif en écho de spin (plusieurs heures). Mais la technique est parfaitement utilisable avec les séquences d’écho de gradient rapides et d’écho de spin rapides
J. Fourier, baron, mathématicien français (1768-1830)
→ gradient, gradient de codage de phase, gradient de codage en fréquence, gradient de sélection de coupe (vecteur Gs), plan de Fourier, technique 2DFT (en IRM)
[B2,B3]
Édit. 2018
ECMO sigle pour Extracorporeal Membrane Oxygenation
L’oxygénation par membrane extracorporelle ECMO pour extracorporeal membrane oxygenation désigne une technique de circulation extracorporelle offrant une assistance respiratoire et cardiaque pour des patients ne pouvant plus assurer d’échanges gazeux compatibles avec la vie.
L’ECMO extraie le sang désoxygéné du patient, le fait traverser une membrane qui élimine le dioxyde de carbone avant de l’oxygéner et de le réinjecter dans la circulation sanguine. Initialement, l’ECMO était une technique d’assistance respiratoire, utilisant un échangeur gazeux externe, suppléant les poumons malades. Elle est devenue une technique d’assistance cardiaque et respiratoire, en cas d’arrêt cardiaque. Elle a d’abord été utilisée chez le nouveau-né, depuis quelques années elle est utilisée chez l’adulte. Du fait d’une technicité élevée, de la rareté des équipements, de son coût, des complications possibles, il s’agit d’une technologie de dernier recours. La principale indication à l’ECMO est l’hypoxémie réfractaire. Ainsi, dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA), elle est utilisée avant que ne s’installent les signes de défaillance multi viscérale. Ainsi, elle a été utilisée avec succès pour traiter l'épidémie de grippe H1N1 en 2009 et plus récemment les cas les plus graves de la pandémie liée au COVID 19. Elle est aussi utilisée dans les chocs cardiogéniques et a de nombreuses autres indications potentielles pour traiter les embolies pulmonaires, l'hypothermie, les noyades, les overdoses etc.
Syn. oxygénation par membrane extracorporelle, ECLS sigle pour ExtraCorporeal Life Support
→ oxygénation par membrane extracorporelle, syndrome respiratoire aigu sévère dû au Coronavirus 2
[B3, G5, K1, O1]
Édit. 2020
échantillon groupé
l.m.
pooled sample
Technique de dépistage d’un germe pathogène dans une population permettant de limiter le nombre de tests à effectuer.
Une population de 100 personnes à tester est divisée en groupe de 10 dont les échantillons prélevés sont rassemblés. Chaque mélange d’échantillons est testé. Les mélanges trouvés négatifs font conclure que tous les individus du groupe sont négatifs. Si un mélange est trouvé positif, chaque individu du groupe est retesté. Dans le cas d’une faible prévalence de la maladie, 1% par exemple, 20 tests sont effectués au lieu de 100. Il est évident que l’intérêt de la technique s’amoindrit lorsque la nprévalence augmente. Cette technique a été largement utilisée dans les pays d’Afrique subsaharienne pour la recherche du virus Ebola ou du Sars-CoV2.
→ Ebola (virus), Sars-CoV2 (virus)
[D1, B3]
Édit. 2020
acquisition volumique en IRM n.f.
3D MRI acquisition
En IRM, technique d'acquisition volumique permettant d'obtenir, dans une pondération données (ex. T1 ou T2), des images matricielles directement d'un volume anatomique et non coupe à coupe.
Des images planes dans tous les plans voulus peuvent être obtenues secondairement par reconstruction à partir de cette acquisition volumique, ou 3D.
L'acquisition dure de quelques secondes à plusieurs minutes. Cette technique d'acquisition 3D est de plus en plus employée en IRM, dans de nombreux domaines (neurologie, digestif, cardiovasculaire, musculosquelettique...).
syn. acquisition 3D
→ acquisition, pondération, image matricielle
[B2,B3]
Édit. 2020
agrafage n.m.
stapling
1) Ostéosynthèse par agrafes, essentiellement dans l’os spongieux, en particulier pour fixer les fragments d’une ostéotomie métaphysaire ou d’une résection-arthrodèse.
2) Technique d’épiphysiodèse.
L’agrafage du cartilage de croissance, variété technique d’épiphysiodèse consiste à placer une série d’agrafes à cheval sur le cartilage de croissance pour en arrêter l’activité, de façon provisoire ou définitive.
W.P. Blount et G.R Clarke, orthopédistes américains (1949)
[I2]
Édit. 2017