Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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abus sexuel dans l'enfance l.m.

child sexual abuse

Il convient en réalité de considérer que ce sont des sévices sexuels exercés par un adulte sur un enfant, incapable de résister physiquement et psychologiquement, dans une recherche de satisfactions sexuelles, s'accompagnant de contrainte et parfois de violences physiques.

sévice sexuel dans l'enfance, enfant maltraité (aspects socio-éducatifs et pénaux), inceste

[E3,H4]

Édit. 2016

abus sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un) l.f.

psychic sequelae of child sexual abuse

Relation de cause à effet souvent bien difficile à établir entre une maltraitance dans l'enfance, ayant les caractères de sévices sexuels, et des troubles ultérieurs.

sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un)

[E3,H4]

Édit. 2016

sévice sexuel dans l'enfance l.m.

child sexual abuse

Action d'un adulte visant, sous la contrainte, à l'exploitation sexuelle d'un enfant, qui peut s'accompagner de violences physiques, alors que l'enfant est incapable d’y résister psychologiquement et physiquement.
Dans le cadre familial, il s'agit d’un adulte exerçant un rôle et une autorité parentaux. Sont considérées comme incestueuses de telles relations avec les parents, les beaux-parents ou d'autres substituts parentaux. L'inceste père-fille et beau-père-fille est de loin le plus fréquent. Tenus initialement pour "la source du Nil de la psychiatrie" par S. Freud, qui en arriva bientôt à la notion de fantasmes constituant une véritable réalité psychique défensive, ces abus sexuels sont actuellement de plus en plus souvent invoqués, "a posteriori" dans diverses affections mentales de l'adulte. En fait, les cas de fabulation sont rares. À court terme, ces traumatismes sexuels suscitent en particulier une atteinte narcissique majeure et une perte de l'estime de soi. Chez l'agresseur, une structure perverse semble toujours d'actualité. Reste la fragilité du témoignage de l'enfant, suscitant bien souvent le doute des adultes et pouvant provoquer des attitudes de rejet ou même de rétorsion favorisées par le silence familial, voire par la complaisance de la mère. Peuvent s'y ajouter les souffrances psychiques induites par l'enquête. De toute façon, la "dévictimisation" de l'enfant est un processus complexe.

sévices physiques à enfant, enfant maltraité (aspects socioéducatifs et pénaux), inceste, sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un), sévices psychologiques à enfant

sévice sexuel dans l'enfance (conséquences psychiques d'un) l.f.

psychic sequelae of child sexual abuse

Relation de cause à effet, souvent bien difficile à établir, entre une maltraitance à caractère sexuel subie dans l'enfance et des troubles ultérieurs.
Dans l'enfance et l'adolescence ont été surtout décrits : des troubles anxieux à type de peurs, altérations du sommeil, plaintes somatiques, phobies diverses, conduites d'évitement, et parfois des signes liés au traumatisme psychique, des signes hystériques, une dissociation névrotique et quelquefois, forme majeure, une personnalité multiple, des états dépressifs avec conduites suicidaires possibles, ; des troubles du comportement sexuel tels qu'une sexualité et une prostitution précoces, un exhibitionnisme ou, a contrario, un refus de la sexualité.
À l'âge adulte peuvent notamment s'ajouter : la soumission à l'alcool et aux drogues, une personnalité-limite, des dysfonctionnements sexuels variés, des conduites d'agression sexuelle, probablement une "revictimisation" sous forme d'une vulnérabilité particulière aux actes de violence subis par les femmes dans l'enfance.

sévice sexuel dans l'enfance, sévices physiques à enfant, sévices psychologiques à enfant

cordons sexuels l.m.p.

cordons gonadiques

[A1]

Édit. 2015

sévices physiques à enfant l.m.p.

physically abused child

Maltraitance commençant lorsque la violence prend une ampleur démesurée, pouvant mettre en jeu la vie de l'enfant, avec un caractère humiliant et/ou sadique.
Il n'est pas toujours facile de faire la part de ce qui revient aux sévices ou aux punitions physiques entrant dans le cadre éducatif normal. Ces sévices sont soupçonnés lorsqu'on constate : des ecchymoses, des excoriations cutanées, des brûlures (surtout de cigarette), des fractures des os propres du nez, des membres ou du crâne, des décollements périostés (syndrome de Silverman ou des enfants battus), des lésions du système nerveux central (hématome sousdural, hémorragies rétiniennes), des lésions viscérales par contusions thoraciques ou abdominales (ruptures de la rate, du foie, du rein).
La plupart de ces enfants souffrent d'atteintes de l'état général et de troubles du comportement.

enfant maltraité (aspects socioéducatifs et pénaux), enfants battus (syndrome des)

sévices psychologiques à enfant l.m.p.

psychologically abused child

Sévices moins apparents et délimitables que les sévices physiques.
Il constituent une source de souffrance au moins aussi importante, qu'il s'agisse en particulier d'injures, d'humiliations, d'exigences abusives, de négligences graves ou de carences de soins (sévices par omission).

enfant maltraité (aspects socioéducatifs et pénaux)

aide sociale à l'enfance l.f.

social support of children

Service départemental chargé d'accueillir les enfants ou adolescents des familles défaillantes, qui lui sont confiés sous protection ou sous tutelle.
Sont placés sous sa protection : les enfants surveillés, les enfants secourus, les enfants et adolescents recueillis temporairement, les enfants en garde.
Sont placés notamment sous sa tutelle : ceux pour lesquels les parents ne peuvent plus exercer ou n'exercent plus aucun attribut de leur autorité parce qu'ils sont décédés, déchus ou absents.
L'ASE dispose d'établissements propres (foyer départemental de l'enfance, maison maternelle, pouponnière) et d'un réseau de placements familiaux et d'internats. Elle s'appuie de plus en plus sur les structures de prévention : intersecteur psychiatrique, service d'assistance éducative en milieu ouvert.

Sigle ASE

[E1,E3,O1]

Édit. 2017 

atrophie musculaire spinale de la mi-enfance et de l'adolescence l.f.

spinal muscular atrophy, mild childhood and adolescent form

amyotrophie spinale juvénile pseudomyopathique

centre régional pour l'enfance et l'adolescence inadaptées l.m.

Organisme privé, agréé par l’administration, chargé de la protection, des soins de l’éducation et de la réinsertion sociale des enfants et adolescents inadaptés, quels que soient la nature et le degré de l’inadaptation.
Il contribue à l’animation et à la coordination des organismes ayant des buts similaires, il forme des personnels utiles à sa mission, il peut créer et gérer des établissements.

Sigle CREAI

[E,O1,H4]

convulsions de l'enfance l.f.p.

child convulsions

Locution souvent appliquée aux crises épileptiques occasionnelles, fréquentes chez le jeune enfant, liées à des stimulus variés dont le plus fréquent est un épisode fébrile : convulsions fébriles ou hyperpyrétiques.
Il est exceptionnel que les convulsions de l'enfant soient l'expression d'une épilepsie-maladie, dans laquelle les crises épileptiques tendent à se répéter sur le mode chronique, sans cause extracérébrale décelable. Le pronostic des convulsions de l'enfant est favorable et n'engage pas, en principe, l'avenir, mais la récidive est possible.
La plupart des auteurs ne considèrent donc pas opportun, sauf cas particulier, d'instaurer un traitement prophylactique continu.
En cas de convulsions prolongées, le diazépam intraveineux ou en injection intrarectale doit être ajouté au traitement général, une prévention discontinue lors des accès fébriles étant souvent pratiquée avec cette même substance intrarectale.

épilepsie, crise convulsive,convulsions fébriles de l'enfance

[H1,O1]

convulsions fébriles de l'enfance l.f.p.

childhood febrile convulsions

Crise épileptique survenant à l'occasion d'une infection fébrile non spécifique, observée au-dessous de l'âge de 5 ans avec une incidence maximale dans la deuxième année et touchant environ 3% des enfants.
Le plus souvent, il s'agit d'un paroxysme clonique, apparemment généralisé d'emblée, de brève durée, chez des enfants normaux, et ne laissant aucun déficit postcritique : convulsions fébriles simples. Plus rares, des convulsions fébriles complexes, fréquemment latéralisées, peuvent être prolongées ou répétées en série, voire en salves, et entraîner des séquelles neurologiques transitoires ou permanentes.
Les récidives sont évaluées différemment, jusqu'à un tiers des cas, et le risque d'épilepsie-maladie ultérieure à seulement 4%. L'instauration d'un traitement prophylactique continu est considérée comme inopportune par la plupart des auteurs.
L'hérédité de certaines formes familiales est complexe, avec présence de plusieurs gènes.
En cas de convulsions prolongées, le diazépam intraveineux ou intra-rectal (0,3-0,5 mg/kg) doit être ajouté au traitement général. Une prévention discontinue lors des accès fébriles est souvent pratiquée avec cette même substance intra-rectale.

convulsions de l'enfance

[H1,P1]

crises partielles migratrices malignes de l'enfance l.f.p.

malignant migrating partial seizures of infancy (MMPSI)

crises partielles migrantes malignes du nourrisson

Fanconi forme infantile et de l'enfance sans cystinose (syndrome de) l.m.

childhood and infantile form of Fanconi syndrome without cystinosis

G. de Toni, pédiatre italien (1933) ; R. Debré, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1934) ; G. Fanconi, pédiatre suisse, membre de l'Académie de médecine (1936)

De Toni-Debré-Fanconi (syndrome de)

[M1,O1]

Édit. 2018

épilepsie frontale bénigne de l'enfance l.f.

childhood benign frontal epilepsy

Forme rare d'épilepsie de l'enfant s'exprimant par des crises comportant une altération de la conscience (obnubilation), des manifestations végétatives, en particulier une rougeur de la face et une déviation forcée de la tête et des yeux pouvant entraîner un mouvement giratoire.
Les crises disparaissent entre les âges de huit et douze ans.

Syn. épilepsie partielle idiopathique à paroxysmes frontaux, à paroxysmes rolandiques

[H1, O1]

Édit. 2019

hypercalcémie idiopathique de l'enfance l.f.

familial hypercalcemia with nephrocalcinosis

K. N. Drummond, pédiatre américain (1964)

Syn. hypercalcémie à visage d'elfe

Drummond (syndrome de), calcémie, hypercalcémie

[Q2,O1,M1,P2]

Édit. 2015

petite enfance l.f.

Enfant jusqu’à l’âge de sa première dentition, soit trente mois environ.
Pour d’autres, elle s’applique à l’enfant de moins de cinq ou six ans n’ayant pas encore fréquenté l’école.

Alzheimer (apathie dans la maladie d') l.f.

apathy in the Alzheimer’s disease

L’apathie est l’un des symptômes non cognitifs les plus fréquents de cette maladie (16 à 76% des cas).
Elle survient dans plus de la moitié des cas sans être associée à une dépression.

A. Alzheimer, neuro-psychiatre allemand (1906)

Alzheimer (maladie d'), apathie

[H1]

Édit. 2017

anse lenticulaire dans le thalamus l.f.

ansa lenticularis in thalamo (TA)

ansa lenticularis in thalamus

Faisceau du subthalamus constitué de fibres nées du globus pallidus, et du putamen se terminant dans le thalamus.
Il se dirige vers la bordure de la région sous-thalamique, au-dessous de la zona incerta, et passe sous le noyau ventral antérieur du thalamus auquel il envoie une partie de ses fibres tandis que l’autre partie se rend dans la paroi hypothalamique. Il envoie aussi des fibres au noyau sous-thalamique et au noyau rouge.

[A1, H5]

Édit. 2020

anticorps antinucléaires dans la polyarthrite rhumatoïde l.m.p.

antinuclear antibodies in the rheumatoid arthritis

Anticorps antinucléaires présents dans le sérum de 15 à 40% des polyarthrites rhumatoïdes.
Les anticorps antinucléaires les plus fréquemment trouvés au cours de la polyarthrite rhumatoïde sont des anticorps anti-désoxyribonucléoprotéines insolubles donnant une fluorescence homogène en immunofluorescence indirecte.

anticorps antinucléaires dans les polymyosites l.m.p

antinuclear antibodies in polymyosites

Anticorps antinucléaires présents dans le sérum d’environ 25% des malades atteints de polymyosite ou de dermatopolymyosite.
Les anticorps antinucléaires rencontrés au cours des polymyosites et dermatopolymyosites forment un groupe hétérogène comprenant entre autres les anticorps anti-Mi1 et anti-Mi2, les anticorps anti-PM-1 rebaptisés récemment PM/Scl surtout fréquents dans les Syndromes de chevauchement polymyosite/sclérodermie, et les anticorps dirigés contre des ARN de transfert (anti-Jo-1 spécifique de l’aminoacyl transférase, anti-PL-7 spécifique de la thréonine transférase et anti-PL-12 spécifique de l’alanine-transférase).

anticorps antinucléaires dans la sclérodermie l.m.p.

antinuclear antibodies in the scleroderma

Anticorps antinucléaires présents dans le sérum de 60% ou plus des sérums de sclérodermie.
La spécificité des anticorps antinucléaires de la sclérodermie est variable. Suivant les cas il s’agit d’anticorps antinucléolaires, d’anticorps anti-centromères rencontrés surtout au cours du syndrome CREST, d’anticorps anti-topoisomérase I (anti-Topo I et anti-Scl 70) ou, d’anticorps anti-PM-Scl rencontrés dans les syndromes de chevauchement sclérodermie/polymyosite.

appel unique dans l'Union Européenne l.m.

only call in European Union

Numéro 112 d’appel téléphonique, institué pour toutes les urgences dans tous les pays de l’Union Européenne, selon la Directive européenne du 29 juillet 1991, appliquée depuis 2000.
Cette directive implique un bureau de réception unique chargé de répartir les appels aux différents services de secours (police, pompiers, médecine d’urgence). Ce relais entraîne un délai supplémentaire pour obtenir le service compétent, or, en médecine d’urgence, ce délai peut être très préjudiciable (par ex. arrêt cardiaque). En effet le téléphone permet au service d’aide médicale urgente de donner des conseils immédiats extrêmement efficaces pour les premiers gestes à faire dans toutes ces situations. En Russie, depuis l’institution du téléphone en 1900, un tri préalable des appels téléphoniques d’urgence a été mis en place (01 pour la police, 02 pour les pompiers, 03 pour les stations médicales). Ce système y a démontré son efficacité depuis un siècle. Il a été institué en France depuis 1979 (15, SAMU, 17, police, 18, pompiers). Outre son efficacité en médecine d’urgence (et son absence de coût), le tri préalable a l’avantage de respecter le secret médical et par conséquent d’éviter que certains hésitent à faire appel à l’aide médicale urgente par crainte du non respect de la confidentialité, d’où un retard de soins extrêmement dommageable.

carcinome dans un adénome pléomorphe l.m.

carcinoma in pleomorphic adenoma (malignant mixed tumor)

Tumeur faite de cellules plus ou moins atypiques, d’architecture invasive, à caractère destructeur.
Au sein de la tumeur on observe des plages de cellules appartenant à un adénome pléomorphe. Ce mode évolutif s’observe dans 3 à 4% des cas, d’autant plus que l’évolution est prolongée ou qu’il s’agit d’une récidive. On distingue les carcinomes non invasifs, limités au contenu de l’adénome pléiomorphe sans infiltration du tissu adjacent et les carcinomes invasifs de pronostic réservé si la tumeur dépasse de plus de 8 mm les limites de l’adénome pléiomorphe.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

adénome pléiomorphe

[F2]

comité de protection des personnes dans la recherche biomédicale l.m.

Comité consultatif agréé dans une région par le ministre chargé de la santé.
Doté de la personnalité juridique, il doit être consulté par tout investigateur qui entreprend une recherche biomédicale comportant un essai sur l’homme.
Le comité rend son avis sur la validité de la recherche, la protection des personnes qui s’y prêtent, leur information et la valeur de leur consentement, la pertinence du projet, la qualification des investigateurs, etc.

[E]

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