Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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rupture spontanée de l'œsophage l.f.

spontaneous oesophageal rupture

Déchirure longitudinale non traumatique intéressant toute l'épaisseur d'une paroi œsophagienne aux tuniques en principe saines, survenant habituellement lors d'efforts de vomissements.
Observée surtout chez l'homme à l'âge moyen de la vie, elle siège dans la majorité des cas au tiers inférieur de l'œsophage. Très souvent il s'agit de malades atteints d'œsophagite. Trop souvent, le diagnostic est trop tardif au stade de pyothorax.
Pour faire le diagnostic dans les 12 premières heures, il faut penser à la rupture devant une douleur thoraco-abdominale intense, exagérée à la déglutition. Un rapide examen tomodensitométrique révélant un pneumomédiastin permet d'intervenir précocement et de guérir le patient avant l'apparition d'un choc toxi-infectieux trop souvent mortel.

H. Boerhaave, médecin néerlandais (1724)

Syn. syndrome de Boerhaave

Mallory-Weiss (syndrome de)

perforation spontanée de l'œsophage l.f.

rupture spontanée de l'œsophage

rupture spontanée de la poche des eaux 1.f.

spontaneous rupture of the bag of water

Rupture naturelle de la poche des eaux pendant le travail.

rupture spontanée des membranes 1.f.

spontaneous rupture of the membranes

Rupture spontanée des membranes de l'œuf avant le début du travail.

rupture utérine spontanée l.f.

spontaneous uterine rupture

Rupture utérine indépendante d'une manœuvre obstétricale, une dystocie mécanique sévère chez une multipare p. ex.

rupture traumatique de l'œsophage l.f.

traumatic œsophageal rupture

Solution de continuité de la paroi œsophagienne, soit secondaire à un traumatisme appuyé, soit due à un barotraumatisme par effet de souffle lors d'une explosion.
Au 1/3 inférieur de l'œsophage, la rupture est longitudinale comprenant musculeuse et muqueuse. Si la plèvre est déchirée, s'installe progressivement un pneumothorax très vite surinfecté. Si la plèvre n'est pas déchirée, apparaît un pneumomédiastin puis progressivement une médiastinite suppurée se perforant plus ou moins vite dans la plèvre. Au niveau de la moitié supérieure de l'œsophage thoracique, la lésion œsophagienne s'associe fréquemment à une rupture de la membraneuse trachéale.
Évoqueront la lésion, les douleurs à la déglutition, un emphysème cervical ou sus-claviculaire isolé, la découverte d'un pneumomédiastin. La tomodensitométrie est essentielle. Le diagnostic repose sur le transit aux hydrosolubles, à compléter avec précaution avec un peu de baryte si le diagnostic est très douteux. L'endoscopie œsophagienne est d'intérêt modeste. C'est un diagnostic difficile souvent tardif au stade de pyopneumothorax, nécessitant alors une exclusion œsophagienne.

chéloïde spontanée l.f.

spontaneous keloid

Variété de chéloïde surtout fréquente chez les sujets à peau noire, siégeant principalement dans la région présternale et ayant tendance à se développer en bandes transversales.
Elle comporte souvent des lésions multiples et ne régresse jamais. Le caractère primitif de cette forme de chéloïde est contesté, un traumatisme éventuel pouvant être méconnu, de même qu'une infection microbienne passée inaperçue.

[F5,J1]

cicatrice stellaire spontanée l.f.

pseudocicatrice stellaire spontanée

[J1]

dactylose spontanée l.f.

spontaneous dactylose

aïnhum

dépolarisation diastolique spontanée l.f.

spontaneous diastolic depolarization

Elle est à l’origine de l’automaticité du tissu nodal, amenant progressivement le potentiel de membrane d’une valeur de 90 millivolts à un seuil critique de 70millivolts à partir duquel sz déclenche le potentiel d’action. Normalement ce sont les cellules du nœud sinusal qui ont la vitesse de dépolarisation spontanée la plus élevée. Ce sont elles qui constituent le centre de commande du cœur.

dilatation spontanée du col utérin l.f.

spontaneous cervical dilatation

Premier temps de l'accouchement comportant une phase d'effacement du col, la disparition progressive du relief cervical et une phase de dilatation proprement dite, l’augmentation du diamètre de l'anneau cervical, aboutissant à la disparition du col et à la mise en continuité du segment inférieur et du vagin.
Les deux phases sont successives chez la primipare et synchrones chez la multipare.

fracture spontanée l.f.

spontaneous fracture

Fracture sans traumatisme évident ou après un traumatisme minime.
Elle est due à une fragilité particulière en rapport avec un état pathologique de l’os.

Étym. lat. frangere: rompre, briser

fracture, fracture pathologique

[I2]

Édit. 2018

grande rotation spontanée l.f.

large spontaneous rotation

rotation intrapelvienne de la présentation

ignition spontanée (température d ') l.f.

ignition temperature

Température à laquelle un mélange gazeux inflammable doit être porté en un de ses points pour qu'il se produise une déflagration, au-dessous de cette température le mélange ne s'enflamme pas spontanément.
Dans les mélanges air/vapeur anesthésique cette température est atteinte entre 400 et 500°C, elle est plus basse dans les mélanges O2 pur/vapeur anesthésique (la température d'ignition peut être atteinte à 200°C). Des explosions en salle d'opération se voient avec les gaz anesthésiques ou intestinaux (qui contiennent du méthane) par l'action d'un thermocautère, d'un bistouri électrique, par une étincelle électrostatique et, en réanimation du nouveau-né, par l'étincelle de la rupture du thermostat électrique d'une couveuse après un nettoyage à l'alcool.

Étym. lat. ignio : mettre le feu (ignis : feu)

Syn. point d'ignition

explosion, incendie

malposition spontanée de l'utérus gravide l.f.

malposition of the gravid uterus

Anomalie de position de l'utérus gravide : prolapsus, version, flexion ou torsion.
Elle peut préexister à la grossesse ou survenir au cours de celle-ci.

mutation spontanée l.f.

spontaneous mutation

Mutation qui a lieu en l'absence d'un agent mutagène.
Ce type de mutation se produit à un taux compris entre 10-5 et 10-7 par gamète et par génération.

Étym. lat. mutatio : déplacement, changement 

péritonite spontanée bactérienne (PSB) l.f.

spontaneous bacterial peritonitis

Infection bactérienne du péritoine à germes banals survenant en l'absence de lésion infectieuse ou de perforation des organes intraabdominaux.
Il s'agit principalement d'infection bactérienne d'une ascite préexistante compliquant une cirrhose, rarement de péritonite primitive, généralement pneumococcique.
La PSB est une complication très grave de la cirrhose, avec une mortalité à court terme de 20-50% et un pronostic très sévère à un an chez les survivants. Elle est secondaire à une bactériémie le plus souvent d'origine entérique, urinaire, respiratoire ou cutanée. Des douleurs abdominales, une fièvre ou une hypothermie, un iléus, une dégradation des fonctions hépatiques (ictère, encéphalopathie), une hémorragie digestive, une insuffisance rénale ou un choc infectieux peuvent la révéler quand elle n'est pas asymptomatique, découverte par une ponction systématique. L'examen du liquide de ponction montre un liquide clair ou trouble contenant des polynucléaires neutrophiles en excès (>100/µL). Le germe responsable (Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, streptocoques, entérocoques, Clostridium notamment) peut être isolé du liquide d'ascite, des hémocultures, des urines. Un traitement antibiotique précoce et adapté réduit la mortalité.

pseudocicatrice stellaire spontanée l.f.

Petite tache cutanée blanchâtre en étoile ou en strie, non précédée de plaie, survenant sur les avant-bras de personnes âgées et correspondant à un petit bloc fibreux vu par transparence à travers la peau atrophiée.

D. Colomb, dermatologiste français (1967)

thrombopénie induite par l'héparine dite spontanée (TIH spontanée) l.f. spontaneous heparin-induced thrombocytopenia syndrome

Présence d’une thrombopénie, inexpliquée par ailleurs, associée à des manifestations thrombotiques, sans exposition préalable à l’héparine.
Ce syndrome est biologiquement caractérisé par la présence d’auto-anticorps anti-PF4/héparine de type IgG capables d’entraîner une activation plaquettaire démontrée par la forte positivité du test de release plaquettaire de sérotonine et ce en absence d’adjonction d’héparine. Une des hypothèses sur le mécanisme de survenue de ces TIH dites spontanées fait intervenir le développement d’anticorps présentant une réaction croisée avec le complexe PF4/héparine comme cela peut être envisagé après chirurgie orthopédique où il peut y avoir exposition de glycosaminoglycans endogènes lors de l’acte chirurgical  ou comme cela a été décrit après infections bactériennes ; certaines bactéries présentant sur leur membrane des motifs antigéniques rappelant ceux du PF4. Le diagnostic formel est étayé par la présence d’auto-anticorps, de type IgG, dirigés contre le complexe PF4-héparine et par le test d’activation plaquettaire du release de sérotonine.                               

T.E. Warkentin, biologiste canadien (2008 et 2014)

thrombopénie induite par l'héparine

dissection spontanée des artères coronaires n.f.

spontaneous coronary artery dissection

Dissociation d’une partie de la paroi d’une artère coronaire créant un hématome intra-mural comprimant la lumière de l’artère et pouvant aboutir à une occlusion totale et à un infarctus du myocarde.
Cette affection essentiellement féminine, représente une part importante des infarctus du myocarde chez les femmes de moins de 50 ans. La maladie n’est pas associée aux facteurs de risque habituels comme l’âge, l’athérosclérose, une dyslipidémie une obésité ou la consommation de tabac. Elle survient souvent chez plusieurs femmes d’une même famille suggérant une origine, au moins partiellement, génétique. Des lésions de dysplasie fibro-musculaires sont fréquemment rencontrées créant des déformations non-athéromateuses et non-inflammatoires de la paroi des artères de moyen calibre.

infarctus du myocarde, dysplasie fibro-musculaire

[K2, K4, Q1]

Édit. 2019

anomalies digitales avec fentes palpébrales rétrécies, fissures et atrésie de l'œsophage ou du duodénum l.f.p.

digital anomalies with short palpebral fissures and atresia of esophagus or duodenum

syndrome oculo-digito-œsophago-duodénal

[A4,O6,Q2]

Édit. 2017

atrésie de l'œsophage l.f.

esophageal atresia

Anomalie digestive fœtale, caractérisée par une occlusion congénitale de l'œsophage en forme de cul-de-sac, le plus souvent devant la troisième vertèbre dorsale.
Elle est associée dans 90% des cas à une fistule trachéo-œsophagienne. Le diagnostic in utero est évoqué en présence d'un hydramnios et de l'absence de clarté gastrique à l'échographie fœtale. Le diagnostic doit être fait dans les minutes qui suivent la naissance ; il repose sur l'introduction systématique d'une sonde digestive qui bute sur l'obstacle ou par l'injection d'air à la seringue suivie d'une radiographie thoracique. L'injection de quelques mL d'air par une sonde supposée placée dans l'estomac ne donne pas le bruit hydroaérique caractéristique à l'auscultation du creux épigastrique. Dans 85% des cas le segment inférieur de l'œsophage communique avec la trachée (atrésie de type III). Dans 50% des cas la malformation est associée à une autre anomalie qu'il faut rechercher systématiquement. Certaines d'entre elles compromettent l'avenir (cardiopathie, anomalie du système nerveux, aberration chromosomique, etc.). Elle doit être corrigée chirurgicalement par rétablissement de la continuité œsophagienne dès les premiers jours de la vie.
Non reconnue à la naissance, cette atrésie se révèlera très vite par des fausses routes avec détresse respiratoire à chaque tentative d'alimentation
Il faut toujours tenir l'enfant debout, dès le diagnostic posé, pour éviter l'inondation des poumons par un reflux gastrique, et aspirer la salive, puis intuber et aspirer la trachée. La continuité œsophagienne peut en général être rétablie chirurgicalement d'emblée en même temps que la fermeture de la fistule œsotrachéale. Lors de la réanimation et de l'anesthésie, éviter la ventilation artificielle pour ne pas distendre l'estomac.

Étym. gr. : privatif ; trêsis : trou (atresia = pas de trou).

attraction de l'œsophage (signe de l') l.m.

œsophageal attraction sign

En radiographie thoracique, signe permettant de distinguer les masses appartenant à la paroi œsophagienne de celles qui se développent à son voisinage, les premières attirant l'œsophage, alors que les secondes le refoulent.
Devant une tumeur du médiastin, ce signe est un argument en faveur d'une lésion œsophagienne (tumeur bénigne, duplication, kyste entérogénique, etc.). Cette attraction localisée de l'œsophage doit être distinguée de celles plus étendues, qui accompagnent une rétraction pleuropulmonaire unilatérale (fibrothorax).

Barrett (œsophage de) l.m.

Barrett oesophagus, CELLO (Columnar Lined Lower Œsophagus)

Anomalie du revêtement muqueux du bas œsophage, dans laquelle l'épithélium malphigien est remplacé par un épithélium glandulaire de type gastrique ou intestinal.
C'est une anomalie acquise, une métaplasie constituant un mode de réparation d'une œsophagite ulcérée généralement secondaire à un reflux gastro-œsophagien prolongé. L’œsophage de Barrett ne donne pas de symptômes spécifiques. Le plus souvent asymptomatique, il doit être recherché au cours de toute endoscopie digestive haute prescrite pour un reflux gastro-œsophagien ou toute autre cause. L’aspect de la muqueuse oesophagienne est macroscopiquement blanchâtre, celle de l’estomac rose saumon. La ligne entre les épithéliums malpighien et glandulaire, appelée ligne Z, est déplacée vers le haut au- dessus du cardia anatomique. La distance entre le cardia anatomique et la ligne Z est appelée muqueuse de Barrett. Les pôles supérieur et inférieur par rapport aux arcades dentaires doivent être précisés. On distingue les endobrachyœsophages courts de 5 à 30 mm de hauteur et les longs de plus de 30 mm de hauteur.
L’évolution de l’endobrachyœsophage risque de se faire vers la dysplasie de bas grade, de haut grade, de cancer in situ puis de cancer invasif.
En cas d’œsophagite sévère, le diagnostic qui peut être méconnu, nécessite habituellement un contrôle endoscopique après traitement antisécrétoire. En cas de dysplasie de haut grade une deuxième endoscopie avec biopsies selon un schéma planimétrique est également réalisée après traitement antisécrétoire. En cas de dysplasie de bas grade, une deuxième endoscopie après traitement antisécrétoire permet un contrôle endoscopique avec biopsies ; une surveillance est faite ensuite tous les 6 à 12 mois. En l’absence de dysplasie, une surveillance est recommandée 3 à 5 ans plus tard.
Les biopsies étagées, en cadran obéissent à un protocole précis. L’histologie doit contenir un contingent de cellules caliciformes, caractéristique de la métaplasie intestinale qui affirme le diagnostic. En cas de dysplasie, une double lecture doit être faite selon les recommandations de l’Institut national du cancer. Un certain nombre de technologies diagnostiques, encore du domaine de la recherche et réservées aux centres experts, ont récemment émergé grâce aux progrès de l’optique, de la vidéo-endoscopie et du retraitement informatique de l’image.  

N. Barrett, chirurgien britannique (1950) ; M. Savary et G. Miller, médecins suisses (1977)

Étym. gr. oisophagos : œsophage, qui porte ce qu'on mange

Syn. endobrachyœsophage

Savary et Miller (classification), métaplasie, reflux gastro-œsophagien, cancer œsophagien, endobrachyœsophage

[L1]

Édit. 2019

bouche de l'œsophage l.f.

rétrécissement pharyngo-oesophagien

Édit. 2017

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