phototrichogramme n.m.
phototrichogram
Technique utilisée dans l'étude des alopécies permettant de mesurer les 3 paramètres fondamentaux de la pousse du cheveu que sont la densité totale par unité de surface, le pourcentage de cheveux anagènes et la vitesse de pousse.
Le phototrichogramme est réalisé sur une zone fixe du cuir chevelu de 0,36 à 1 cm2 : les cheveux y sont rasés avant une première macrophotographie permettant le comptage des cheveux totaux; une deuxième macrophotographie faite 48 heures plus tard permet ensuite de différencier les cheveux anagènes ayant poussé des cheveux télogènes n'ayant pas poussé.
Étym. gr. phôs, phôtos : lumière ; thrix, trikhos : cheveu ; gramma : ligne, tracé
algodystrophie n. f.
algodystrophy, sympathetic algodystrophy, Sudeck's disease, transient osteoporosis
Syndrome douloureux régional, intéressant un membre, s'installant parfois à la suite d'un traumatisme, et associant une déminéralisation osseuse et des troubles vasomoteurs et trophiques.
Ce syndrome fait suite le plus souvent à des lésions d'un membre (entorse, fracture, intervention chirurgicale, etc.) ou, plus rarement, à une maladie viscérale (par ex. infarctus du myocarde) ou du système nerveux (hémiplégie, atteinte médullaire cervicale) ou encore à une thérapeutique (« rhumatisme gardénalique ») et parfois, sans cause sur un terrain hyperémotif.
La forme la plus caractéristique est réalisée au membre supérieur par le syndrome épaule-main, mais des atteintes des membres inférieurs sont possibles.
Les symptômes douloureux n'ont pas de topographie nerveuse, ils sont distaux, diffus et spontanés, à type de brûlure ou de broiement. Ils sont aggravés par la mobilisation et la station debout. Les douleurs provoquées sont plus intenses, elles font suite des à stimulations mécaniques ou thermiques. Il s'installe progressivement une hypothermie régionale témoin d'une mauvaise vascularisation des téguments et la peau présente des lividités. Des troubles sudoraux sont manifestes (hyperhidrose, 60% des cas, anhidrose, 20% des cas). La peau est sensible, plus rarement on constate une hypo-esthésie. Après quelques semaines apparaissent des troubles trophiques de la peau (kératose ou atrophie) des phanères (ongles fins, hypertrichose ou chute des poils), des tendons (rétraction des muscles (atrophie) et des os (ostéoporose en géodes).
Les thérapeutiques sont surtout symptomatiques : antalgiques, voire anxiolytiques et antidépresseurs, infiltrations articulaires par des glucocorticoïdes, physiothérapie, rééducation précoce sous réserve qu’elle soit indolore. La calcitonine à fortes doses serait efficace au début. Le bloc anesthésique du sympathique correspondant au territoire atteint peut soulager le patient, au moins partiellement. La guérison est habituelle entre trois mois et trois ans, avec des séquelles trophiques à type de raideur articulaire, pseudogriffe cubitale ou varus équin.
La pathogénie est inconnue mais l'importance des troubles vasomoteurs locaux pousse à admettre la responsabilité d'un trouble neurovégétatif. Aucune lésion d'un tronc nerveux n'est décelable, l'origine sympathique du syndrome n'est pas exclusive, toutes les fibres du système nerveux autonome y participent plus ou moins.
Étym. gr. algos : douleur ; dus : préfixe indiquant un gène ou une difficulté, trophê, action de nourrir, de développer
Syn. algodystrophie réflexe, algoneurodystrophie, algodystrophie sympathique réflexe, syndrome de Weir-Mitchell, maladie de Sudeck
[I1,I2]
Édit. 2017
allergie aux champignons l.f.
mushroom allergy
Allergie provoquée par les spores des champignons.
Par ex. alternaria, cladosporium (parasite de graminées), épidermophyton (qui vit dans les couches cornées de l’épiderme, le phanères, les parties mortes et mal entretenues de la peau, fusarium (qui pousse sur la pourriture des végétaux, sur le maïs en tige), rouille (parasite des céréales).
→ bagassose, canne à sucre, champignonnistes (maladie des), Gell et Coombs (classification modifiée de)
[F3,D2]
Édit. 2017
anisme n.m.
anismus
Trouble fonctionnel du sphincter anal, lié à une dyssynergie rectosphinctérienne, donnant lieu à une constipation.
La manométrie anorectale montre que le sujet contracte son canal anal pendant qu’il pousse pour déféquer (au lieu de la relaxation normale du plancher pelvien). Le mécanisme semble être une dyssynergie abdominopérinéale responsable de dyspareunie et de vaginisme chez certaines femmes, et chez certains hommes de l’absence d’éjaculation sans atteinte de l’érection.
[L1]
Édit. 2017
artériographie hépatique l.f.
hepatic arteriography
Examen radiographique de l'artère hépatique et de ses branches après injection de contraste iodé hydrosoluble.
L'examen est fait par la méthode de Seldinger, généralement par ponction de l'artère fémorale au pli de l'aine. La voie axillaire peut également être utilisée.
L'artère hépatique, branche du tronc cœliaque, est habituellement unique (artère hépatique moyenne). Le cathétérisme de l'artère hépatique moyenne peut être plus ou moins poussé, l'extrémité distale de la sonde étant amenée, après passage par le tronc cœliaque, dans l'artère hépatique propre, dans sa branche droite ou gauche ou dans une branche segmentaire.
L'artère hépatique peut être double, un tronc accessoire (artère hépatique droite) naissant de l'artère mésentérique supérieure. Il arrive aussi qu'un rameau artériel grêle (artère hépatique gauche) naisse de l'artère coronaire stomachique. Une artériographie complète nécessite le cathétérisme sélectif de ces différents pédicules lorsqu'ils coexistent.
La prise de clichés recourt à une sériographie rapide.
ascétisme n.m.
asceticism
Austérité de vie liée à une autodiscipline importante, avec fréquemment une grande place faite aux mortifications et à l'effort héroïque de volonté.
Dans l'adolescence, cette ligne de conduite correspond, comme l'intellectualisation, à un mécanisme de défense contre l'angoisse et plus particulièrement à un essai de neutralisation des pulsions instinctives sans discrimination. Il est souvent poussé à l'extrême dans l'anorexie mentale.
Barlow (manœuvre de) l.f.
Barlow’s maneuver, Barlow’s test
Procédé d’examen des hanches du nouveau-né pour dépister une luxation, une subluxation de la hanche ou une simple instabilité.
L’enfant est placé sur le dos sur un plan dur. Les deux hanches sont examinées séparément ; une main immobilise le bassin d’un côté, l’autre main pousse le fémur en arrière et vers le haut en y associant des mouvements d’adduction et de légère rotation, Un ressaut est perçu en cas d’instabilité ou de malformation luxante de la hanche par déplacement de la tête fémorale en dehors de l’acétabulum (cotyle) ; c’est un ressaut de sortie. Un mouvement d’arrière en avant en légère abduction permet de percevoir sa réintégration dans l’acétabulum. Une sensation de piston laisse supposer une luxation permanente.
Cet examen est ordinairement couplé avec la recherche du signe d’Ortolani. En cas de test positif, une étude des hanches par échographie est nécessaire.
T. G. Barlow, chirurgien orthopédiste britannique (1962); M. Ortolani, pédiatre italien (1937)
[O1,I2]
Édit. 2017
Beau (lignes de) l.f.p.
Beau's lines
Sillons transversaux observés sur les ongles, apparaissant sous le repli sus-unguéal et s'éliminant avec la pousse de l'ongle.
Cette déformation est le témoin d'un processus inflammatoire atteignant la matrice ; elle est localisée, dans sa forme monodactylique ou paucidactylique, ou généralisée : les sillons sont alors situés au même niveau sur tous les ongles, plus accentués sur les ongles des pouces. On les rencontre dans des circonstances très variées : affections fébriles générales d'apparition brutale, inflammations digitales telles que traumatismes, paronychies, refoulement maniaque des cuticules, de même qu’après des polychimiothérapies lourdes. Habituellement, il n'y a qu'une ligne sur chaque ongle, mais, si le facteur causal se répète, de nouvelles lignes apparaissent à chaque récurrence.
J. Beau, dermatologue français, membre de l'Académie de médecine (1846)
Syn. sillons transversaux, lignes transversales
Édit. 2017
césarienne segmentocorporéale l.f.
corporeo-segmental cesarean section, segmento-corporeal cesarean section
Intervention césarienne réalisée par une incision longitudinale du segment inférieur de l'utérus.
Vers le bas, elle exige un décollement et un refoulement plus poussé de la vessie, avec pour conséquence un risque plus marqué de fistule urinaire ; vers le haut, l'incision risque de se prolonger sur le corps utérin et de réduire par conséquent les avantages de recours au segment inférieur. Ce type d'incision est cependant indiqué en cas de présentation fœtale transversale et de varices utérines importantes.
[O3]
cholangiopancréatographie rétrograde endoscopique (CPRE) l.f.
endoscopic retrograde cholangiopancreatography
Opacification des voies biliaires et du canal de Wirsung grâce à un cathéter mis en place dans l’ampoule de Vater, par un fibroscope à vision latérale introduit par voie orale et poussé jusqu’au duodénum, permettant de réaliser des radiographies puis une thérapeutique.
La CPRE n’est plus utilisée à visée diagnostique mais uniquement thérapeutique.
Ses principales indications concernent l’extraction de calculs de la voie biliaire principale après sphinctérotomie endoscopique. Les sténoses de la voie biliaire principale peuvent, après avoir été dilatées, être traitées par la pose de prothèses temporaires ou définitives, pour drainer les voies biliaires des patients atteints d’un cancer de la tête du pancréas avec ictère. Les indications à opacifier puis drainer le canal de Wirsung sont plus rares (extraction de calculs pancréatiques obstructifs en cas de pancréatite chronique calcifiante, obstruction ou sténose du canal de Wirsung).
La CPRE peut être suivie de complications : poussée de pancréatite aiguë (la plus fréquente), angiocholite aigüe (surtout en cas de voie biliaire mal drainée), cholécystite aigüe (en l’absence de prévention par une antibiothérapie chez les malades ayant une vésicule en place), perforation duodénale, hémorragie papillaire (secondaire à la sphinctérotomie).
→ fibrowirsungographie, cholangographie rétrograde endoscopique
[B2,L1, L2, B3]
Édit. 2020
circulation fœtale l.f.
fetal circulation
Circulation propre au fœtus qui se modifie à la naissance lors de l'occlusion du cordon ombilical et de la respiration autonome.
Le sang oxygéné par le placenta rejoint le fœtus par la veine ombilicale qui donne de multiples branches pour le foie et une branche pour la veine cave inférieure, le canal veineux ou ductus venosus. Le sang de la veine cave inférieure entre dans l'oreillette droite, se dirige via le foramen ovale vers l'oreillette gauche, une petite partie passe dans le ventricule droit. Le sang est poussé dans l'aorte ascendante par le ventricule gauche, s'y mélange du sang venant de l'artère pulmonaire via le canal artériel, le ductus arteriosus, pour être distribué dans l'organisme entier. A souligner que les vaisseaux de la tête et des membres supérieurs débouchent de la crosse de l'aorte avant le canal artériel, ce qui leur permet de transporter du sang très oxygéné.
[O6]
compulsion n.f.
compulsion
Contrainte interne ("Zwang") qui pousse le sujet à réaliser certaines actions ou à avoir des pensées auxquelles il résiste.
La lutte contre ces tendances peut être génératrice d'angoisse ou se trouver déplacée, comme dans la névrose obsessionnelle, sous la forme déguisée de rituels.
Étym. lat. compellere : contraindre
[H4]
Conidiobolus incongruus
Conidiobolus incongruus
Micromycète tellurique, responsable en Asie, dans la péninsule arabique et en Amérique, d’atteintes rhinofaciales parfois monstrueuses et de diverses localisations profondes.
Il se distingue de Conidiobolus coronatus par une pousse plus lente, aussi bien à 25° qu’à 37°C, avec des conidies simples, sphériques à papille basale nette et des zygospores de 25 à 50µm de diamètre, à double paroi. On n’observe pas de spores villeuses, contrairement à Conidiobolus coronatus.
[D1]
Coolidge (tube de) l.m.
Coolidge’s tube
Tube radiogène au vide très poussé dans lequel circulent librement les électrons émis par un filament (cathode) porté à l’incandescence (effet thermoélectronique).
Le filament est chauffé (effet Joule) par un circuit électrique à basse tension. L’intensité du courant de chauffage détermine l’intensité électronique qui traverse le tube, donc le débit de rayons X. Perfectionnés, mais utilisant le même principe, des tubes Coolidge de divers types équipent les installations radiologiques actuelles.
W. D. Coolidge, physicien américain (1913)
[B2]
déambulateur n.m.
walker
Appareil d’aide à la marche formant un hémicadre, articulé ou non, que le patient pousse devant lui en s’y appuyant.
Étym. lat. ambulare : se promener
délivrance n.f.
placental delivery
Troisième et dernière phase de l'accouchement au cours de laquelle se produit l'expulsion naturelle ou artificielle du placenta et de ses annexes, les membranes et le cordon ombilical, hors des voies génitales.
Elle succède à l'expulsion du fœtus après une période de repos physiologique d'environ quinze minutes. Elle comprend trois temps :
- le décollement du placenta qui se produit pendant la phase de rémission clinique à l'union entre les couches spongieuse et compacte de la caduque sous l'effet de la rétraction utérine ; un hématome rétroplacentaire physiologique facilite le clivage ;
- la migration dans le vagin : entraîné par son poids et par l'hématome rétroplacentaire et poussé par les contractions utérines, le placenta migre dans le vagin et s'expulse soit en présentant sa face fœtale, mode de Baudelocque, quand il est inséré au voisinage du fond utérin et qu'il se retourne en doigt de gant, soit en s'extériorisant par sa face maternelle, mode de Duncan, quand il est inséré plus bas sur une face latérale et qu'il glisse sans retournement ;
- l'expulsion hors des voies génitales est suivie de la rétraction utérine qui assure l'hémostase ; elle constitue les ligatures vivantes de Pinard et le globe de sécurité.
J. L. Baudelocque, médecin accoucheur français, membre de l'cadémie de médecine (1745-1810) ; J Duncan, obstétricien britannique (1826-1890)
développement de l'embryon et du fœtus humain (séquence de 16 à 40 semaines) l.m.
human embryonic and fetal development (16 to 40 weeks)
Cette période correspond approximativement aux 22ème à 38ème semaines de gestation de Streeter; en fin de séquence la taille vertex-coccyx (VC) atteint 160 mm. ; la taille allongée de naissance est en moyenne de 350mm.
Les caractéristiques du développement sont les suivantes :
- morphologie corporelle : la pilosité du lanugo apparaît ; le vernix caseosa s’amasse ; le corps amaigri est mieux proportionné ; le fœtus amaigri est ridé et rouge ; les paupières ptosiques s’ouvrent à nouveau ; les testicules ont gagné le scrotum ; la graisse s’accumule, les rides s’adoucissent ; le corps s’arrondit ;
- cavité buccale : l’émail et la dentine se déposent ; la tonsille linguale se forme ; les dents permanentes primordiales s’ébauchent ; les dents de lait ne font pas éruption à la naissance ;
- pharynx et ses annexes : les tonsilles ont pris leur structure typique ;
- tube digestif et ses glandes : les nodules lymphatiques et la muscularis mucosae de l’intestin sont en place ; le côlon ascendant est identifiable ; l’appendice vermiculaire s’allonge derrière le caecum ; les grosses glandes oesophagiennes se forment ;
- système respiratoire : l’ossification du nez commence ; les narines s’ouvrent à nouveau ; l’épithélium pulmonaire cuboïdal disparait des alvéoles ; seules les ramifications pulmonaires de 2ème et 3ème ordre sont complètes ; les sinus frontaux et sphénoïdaux sont encore très incomplets ;
- cavité cœlomique et les mésos : les accolements mésentériques sont complets ; les sacs vaginaux sont descendus dans le scrotum ;
- système urogénital : le sinus urogénital femelle devient un vestibule peu profond ; la lumière vaginale se reforme ; les glandes utérines apparaissent ; les tubules rénaux arrêtent leur formation à la naissance ;
- système vasculaire : l’hématopoïèse s’accroît dans la moelle osseuse et diminue dans le foie ; la rate acquiert sa structure typique ;
- système squelettique : les os du carpe et du tarse et le sternum s’ossifient plus tard, un peu après la naissance ; de nombreux centres épiphysaires apparaissent après la naissance et beaucoup durant l’adolescence ;
- système musculaire : le développement des muscles périnéaux est terminé ;
- téguments et leurs annexes : le vernix caseosa est visible ; l’épiderme se kératinise ; le lit des ongles apparait ; les cheveux poussent ; les glandes mammaires primordiales bourgeonnent ; ces bourgeons se ramifient et se creusent ; l’ongle atteint l’extrémité des doigts ; la pilosité du lanugo pousse puis disparait ;
- système nerveux : les commissures sont complètes ; la myélinisation de la moelle spinale commence ; le cortex cérébral acquiert ses couches caractéristiques ; les fissures et les gyrus cérébraux apparaissent rapidement ; la myélinisation du cerveau commence ;
- organes des sens : le nez et l’oreille sont ossifiés ; la tunique vasculaire du cristallin est à son développement maximum ; les couches rétiniennes sont complètes et la lumière perçue ; le sens du toucher est présent ; les paupières sont ouvertes ; les cellules mastoïdiennes ne sont pas formées ; l’oreille est sourde à la naissance.
L. B. Arey – Development Anatomy - WB. Saunders Philadelphia (1966)
Étym. a. fr. (fin XIIe) voloper enlever ce qui enveloppe – fig. faire croître, donner de l’ampleur à – bas lat. faluppa balle de blé
→ stades carnegie, horizons de Streeter
[A4,O6]
dilatation artérielle transluminale l.f.
transluminal arterial dilatation
Technique de cardiologie interventionnelle destinée au traitement des sténoses artérielles congénitales ou acquises (le plus souvent athéroscléreuses).
Elle consiste à introduire par ponction artérielle transcutanée un cathéter muni d’un ballonnet gonflable qui est poussé jusqu’à la zone rétrécie. Le gonflement sous forte pression de ce ballonnet supprime le rétrécissement, soit par la déchirure d’une sténose congénitale, soit par l’écrasement et le refoulement d’une obstruction athéromateuse.
Ce procédé peut être utilisé dans toutes les artères mais il est surtout appliqué aux sténoses coronaires, il a pris une place considérable dans le traitement de la maladie coronaire athéroscléreuse.
effluvium anagène l.m.
anagen alopecia
Chute de cheveux en phase anagène (période de pousse), brutale et diffuse, habituellement secondaire à l'action d'un toxique, d'une irradiation ou d'un médicament antimitotique, p. ex. alopécie provoquée par la chimiothérapie.
L'effluvium anagène commence rapidement après l'exposition à l'agent responsable; son installation est particulièrement brutale et la chute peut être complète comme dans l'alopécie aux anthracyclines. L'inhibition brutale des mitoses au sein du bulbe pilaire en phase anagène est responsable d'un net amincissement de la tige pilaire qui se fracture à ce niveau. Lors de la réalisation d'un trichogramme, l'examen des racines des cheveux en microscopie optique met en évidence une très forte majorité de cheveux anagènes dystrophiques.
Étym. lat. effluvium : écoulement
→ cycle pilaire, alopécie, anthracycline, phase anagène
[F2, G4, G5, J1]
Édit. 2019
fatigue chronique (syndrome de) l.m.
systemic exercice intolerance disease (SEID)
Maladie ou syndrome d’intolérance systémique à l’effort (entité précisée par l’Institute of Medicine of the National Academy en 2015) qui associe trois symptômes obligatoires :
1.- fatigue depuis au moins 6 mois, intense, nouvelle ou d'un début défini, ne résultant pas d'un effort excessif continu et non améliorée par le repos, avec réduction substantielle ou altération du niveau des activités personnelles, professionnelles ou sociales auparavant réalisées ;
2- malaise après l’effort ;
3- sommeil non réparateur et au moins une des deux manifestations suivantes : altération cognitive ou intolérance orthostatique.
Tous les âges peuvent être atteints y compris les enfants, les femmes sont 2 à 4 fois plus concernées que les hommes.
Outre les manifestations énoncées ci-dessus, des douleurs musculaires et pharyngées peuvent être présentes.
L’étiologie est inconnue. Les causes suspectées sont virales : famille des herpes virus (HHV-6, HHV-7, cytomégalovirus), entérovirus (Coxsackie B et Echovirus), ainsi que le Parvovirus B19. Le virus Epstein-Barr n'est plus considéré comme une cause potentielle. Les symptômes pourraient aussi être d'origine auto-immunitaire sans que le déclencheur de la réponse soit connu.
Le microbiote de ces patients pourrait présenter un déséquilibre, certaines espèces bactériennes (Faecalibacterium, Roseburia, Dorea, Coprococcus, Clostridium, Ruminococcus, Coprobacillus) seraient retrouvées beaucoup plus fréquemment que chez les témoins.
Au moins les deux tiers des personnes atteintes de ce syndrome satisfont aux critères psychiatriques existants pour les troubles anxieux, la dépression ou la dysthymie, mais il reste à élucider si ces troubles sont la cause ou le résultat. Une fatigue chronique est également associée à la myofasciite à macrophages.
Une thérapie cognitive du comportement et l'exercice physique (en douceur au début et plus poussé par la suite) semblent être les plus bénéfiques.
Syn. encéphalomyélite myalgique
→ microbiote, dysthymie, myofasciite à macrophage, fatigue
[N1]
Édit. 2018
Fogarty (cathéter de) l.m.
Sonde munie à son extrémité d’un ballonnet gonflable, et destinée au traitement d’urgence des oblitérations veineuses ou artérielles aigües (le plus souvent cruoriques et emboliques).
Le cathéter introduit dans le vaisseau intéressé par ponction transcutanée, est poussé jusqu’au-delà de l’obstacle, puis le ballonnet est gonflé sous pression, et une traction sur le cathéter ramène l’obstacle jusqu’à un point où il peut être évacué par incision vasculaire. Le procédé doit être employé pour une embole fraiche sur une artère saine (éviter les artères malades). La mise au point du cathéter de Fogarty a constitué un progrès important pour le traitement d’urgence des oblitérations vasculaires aigües.
T. J. Fogarty, chirurgien américain (1971)
[B3,K4]
Édit. 2018
hématomes filiformes intra-unguéaux l.m.p.
splinter hemorrhages
Très petits hématomes linéaires de deux à trois mm de long, disposés selon le grand axe de l’ongle, situés le plus souvent en son tiers distal et s’éliminant avec la pousse de l’ongle.
Les hématomes filiformes, généralement polydactyliques, pourraient être occasionnés par des emboles septiques ou non et, plus fréquemment, par des traumatismes divers. Des causes très variées peuvent les induire : sténose mitrale, endocardites bactériennes subaiguës, glomérulonéphrites chroniques, vasculites, cirrhose, maladies auto-immunes, psoriasis, certains médicaments (tétracyclines, psoralènes, etc.) ; ils peuvent aussi être idiopathiques et sont alors transitoires et monodactyliques.
Étym. gr. haïma : sang, ôma : tumeur
Syn. hémorragies en flammèches sous-unguéales
→ hématome
[J1]
hypothermie modérée l.f.
moderate hypothermia
Abaissement de la température centrale du corps aux environs de 28-30°.
Elle est destinée à permettre un arrêt circulatoire de quelques minutes, pour pouvoir réaliser une intervention intracardiaque simple. La limitation à 28-30° de l’abaissement thermique permet de garder le cœur battant, alors qu’un refroidissement plus poussé entraine une fibrillation ventriculaire. L’hypothermie modérée est obtenue, sur un patient anesthésié par un bain glacé, ou une accumulation de glace.
hypotrichose congénitale des cils l.f.
congenital eyelashes hypotrichosis
Absence de cils et de bourgeons pilaires.
Il n’existe pas de sourcils, ni de cils, ni de cheveux ou de poils de toute sorte. Habituellement une première pousse apparaît d'abord dans la première enfance avec cheveux atrophiques, vrillés et filiformes puis une alopécie progressive lui succède. Ici l'anomalie est isolée mais elle peut être associée à d'autres dysplasies ectodermiques dont la kératose palmoplantaire héréditaire. L’affection est autosomique dominante (MIM 146550).
Marie Unna, dermatologiste allemande (1925)
Syn. hypotrichose de type Marie Unna
instinct n.m.
instinct
1) Terme fort discuté, appliqué le plus souvent à un schème de comportement inné, propre et commun à une espèce, pas ou peu variable d'un individu à l'autre et paraissant répondre à une finalité malgré l'absence de participation de l'intelligence et de la volonté.
L'animal ou l'Homme est alors poussé soit à un acte élémentaire automatique ou réflexe (tétée du nourrisson, respiration, marche, etc.), soit à certaines tendances générales (conservation, reproduction, socialisation), soit encore à des tendances naturelles plus précises (attaque ou fuite, instinct ou plutôt pulsions sexuelles, instinct maternel).
2) En psychanalyse, terme parfois utilisé à tort pour traduire le "trieb" freudien, plus correctement exprimé par celui de pulsion.
Étym. lat. instinctus : impulsion