Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

107 résultats 

faciale (paralysie du nouveau-né) l.f.

neonatal facial palsy

paralysie faciale du nouveau-né

[H1,O1]

Édit. 2017

paralysie faciale du nouveau-né l.f.

neonatal facial palsy

Paralysie du nerf facial, habituellement périphérique, due à une compression à son émergence du trou stylomastoïdien, par le bec de la cuillère postérieure du forceps dans les prises obliques frontomastoïdiennes.
L'atteinte nerveuse définitive est rare. Le plus souvent la paralysie faciale est complète ; le type inférieur n'intéressant que les muscles de la bouche est plus rare. Elle évolue vers la guérison en 8 à 10 jours, parfois en plusieurs semaines suivant l'importance du traumatisme. Elle peut aussi être d'origine centrale, conséquence d'un grave traumatisme cérébroméningé, habituellement alors incomplète. Elle est exceptionellement congénitale, due à une agénésie du rocher.

interruption de l'arc aortique, paralysie faciale et colobome rétinien l.m.

aortic arch interruption, facial palsy and retinal coloboma

Syndrome malformatif chez deux vraies jumelles avec hypoplasie ou interruption de l'arc transverse aortique, parésie faciale et colobome rétinien bilatéral.
Une autre famille a été décrite avec un colobome rétinien maculaire une coarctation de l'aorte et un nævus linéaire sébacé. L’affection est autosomique dominante (MIM 107550).

I. M. Levine, neurologue américain  (1964 et 1968) ; E. M. Critchley, neurologue britannique, membre de l'Acadmie de médecine (1967)

paralysie faciale l.f.

Perte unilatérale des mouvements volontaires de la face, commandés par le nerf facial qui peut être de type central, périphérique ou nucléaire.
La paralysie faciale centrale est due à une lésion située au dessus des noyaux moteurs bulbaires. Prédominant sur le facial inférieur, elle est en général accompagnée d’une hémiplégie. Son origine est vasculaire ou tumorale.
La paralysie faciale périphérique est liée à une lésion du nerf facial proprement dit. Elle est en général totale, d’apparition brutale ou progressive. Traduisantt une lésion du nerf en un point quelconque de son trajet, elle relève de causes multiples : tumorales, virales, infectieuses, traumatiques. Restent les paralysies faciales périphériques, sans cause évidente, dites paralysies faciales a frigore ou paralysie de Charles Bell, dont on admet l’origine virale ou vasculaire.
La paralysie faciale nucléaire, liée à une lésion du tronc cérébral, est de type périphérique. Elle s’associe à des signes d’atteinte bulbo-protubérantielle. Les causes en sont infectieuses, tumorales, vasculaires.

paralysie faciale a frigore l.f.

idiopathic facial paralysisn, Bell’s palsy

paralysie faciale

paralysie faciale congénitale uni ou bilatérale l.f.

facial palsy, congenital unilateral or bilateral

Paralysie faciale congénitale uni ou bilatérale avec agénésie partielle des noyaux protubérantiels, proche du syndrome de Moebius mais sans l'atteinte oculaire.
On peut trouver également une aplasie cutanée et plus fréquemment un curieux aspect d'"oreilles pendantes". L’affection est autosomique dominante (MIM 134100).

D. Skyberg et C. B. van der Hagen, pédiatre et généticien norvégiens (1965)

paralysie faciale périphérique l.f.

facial paralysis, Bell’s palsy

Atteinte motrice en rapport avec une lésion du nerf facial, de son origine à sa terminaison.
Si la lésion concerne le nerf avant sa division en branches terminales, les muscles paralysés sont ceux de la partie postérieure et inférieure d'une hémiface. On constate l'existence d'un signe de Charles Bell, c'est-à-dire que le globe oculaire se porte involontairement en haut et en dehors quand le patient fait effort pour abaisser sa paupière supérieure paralysée.
On distingue les paralysies faciales primitives et secondaires. Les premières sont souvent dites "a frigore", bien que l'induction par le froid ait été suspectée mais jamais confirmée. Il s'agit du type le plus fréquent. Après un début brutal, l'évolution est presque toujours régressive en quelques semaines ou quelques mois. Les secondaires peuvent être dues à une cause compressive, à un mécanisme inflammatoire dans le cadre d'une maladie générale, ou à une étiologie infectieuse comme un zona.

C. Bell, Sir, chirurgien écossais (1821)

paralysie de la déglutition du nouveau-né et de l'enfant l.f.

newborn's or infant's swallowing paralysis

Incapacité de déglutir correctement juste après la naissance, qui traduit une souffrance neurologique.
Excepté chez le prématuré, l'absence de récupération d'une déglutition valable dans les dix jours qui suivent la naissance est un facteur péjoratif.
En dehors de toute souffrance fœtale, certains enfants sont incapables de déglutir et font des fausses routes lors des tentatives d'alimentation. Une fois éliminée une cause traumatique (plaie oropharyngée ou œsophagienne), une affection malformative ou tumorale de l'œsophage, un retard de maturation peut être évoqué, surtout s'il existe une paralysie des adducteurs de la glotte. Ce retard, le plus souvent transitoire, disparaît en quelques semaines. Mais quelques enfants mettent longtemps à faire face à ce trouble. Avant d'évoquer un retard de maturation il convient de s'assurer de l'absence de malformation, de tumeur oropharyngée ou d'anomalie du tronc cérébral (faire une une IRM). Un caryotype peut être utile car les paralysies peuvent relever de certaines aberrations chromosomiques.
Chez l'enfant atteint de paralysie de la déglutition sans atteinte respiratoire (tumeur du tronc, retard de maturation, neuropathie périphérique) l'aspiration continue de la salive permet d'éviter les fausses routes.

paralysie des cordes vocales du nouveau-né et du nourrisson l.f.

infant's vocal fold paralysis

Paralysie des adducteurs de la glotte chez le nouveau-né ou le nourrisson.
Chez certains nourrissons, l'attention est attirée par une dyspnée laryngée avec émission conservée de certains sons. Chez l'enfant, non anesthésié, la laryngoscopie montre des cordes vocales restant en permanence en position médiane. Souvent accompagnée de troubles transitoires de la déglutition, cette paralysie peut être la conséquence d'un traumatisme obstétrical grave. Mais elle peut être due à un retard de maturation, dans ce cas elle disparaît le plus souvent au fil des semaines.
Le traitement est l'intubation de l'enfant tant qu'il n'a pas récupéré une motricité convenable des cordes vocales.
Chez certains enfants l'existence d'une voix bitonale attire l'attention, la laryngoscopie montre la paralysie d'une seule corde vocale. On a souvent la notion d'un traumatisme à la naissance avec paralysie du nerf phrénique ou du plexus brachial homolatéral entraînant une paralysie récurrentielle. Une masse tumorale médiastinale ou une séquelle d'intervention thoracique, en particulier pour atrésie de l'œsophage (paralysie récurrentielle gauche), peuvent aussi aussi être en cause.

paralysie de la déglutition

agénésie du corps calleux avec dysmorphie faciale et syndrome de Pierre Robin l.f.

corpus callosum (agenesis of) with facial anomalies and Robin sequence

Syndrome associant une agénésie du corps calleux et un syndrome de Pierre Robin.
Deux familles ont été décrites, présentant oreilles anormales, télécanthus, petites fentes palpébrales, petit nez avec antéversion des narines, anomalies laryngées et cardiaques, petites mains et hypotonie. La survie est fonction des lésions cérébrales et de l'encéphalopathie. L’affection est autosomique récessive (MIM 217980).

Helga V. Toriello et J. C. Carey, médecins américains (1988)

Syn. Toriello-Carey (syndrome de)

[H1,H5,Q2 ]

Édit. 2017

algie faciale l.f.

facial pain

Syndrome douloureux situé dans le territoire d'innervation de la Vème paire du nerf crânien ou nerf trijumeau.
L'algie faciale typique est la névralgie du trijumeau caractérisée par une douleur extrême, unilatérale, en général diurne, intéressant soit la zone bouche-oreille, soit la zone nez-orbite. Les algies faciales atypiques regroupent différentes entités : psychogène, migraine faciale, algies postzostériennes, ostéo-arthrite temporomandibulaire. Elles sont à différencier des algies d'origine dentaire ou sinusienne.

Étym. gr. algos : douleur

trijumeau (névralgie du)

[H1]

Édit. 2017 

artère faciale l.f.

arteria facialis (TA)

facial artery

Artère naissant de la face antérieure de l’artère carotide externe, au-dessus de l’artère linguale et de la grande corne de l’os hyoïde.
Profonde dans sa partie cervicale et superficielle au niveau de la face, elle a un trajet très sinueux. Elle s’engage sous le ventre postérieur du muscle digastrique et sous le muscle stylo-hyoïdien, elle contourne la glande submandibulaire, elle fait un crochet autour du bord inférieur de la mandibule et se dirige en haut et en avant vers la commissure des lèvres. Puis elle chemine en regard du sillon naso-génien où elle prend le nom d’artère angulaire. Elle donne de nombreuses branches collatérales : artère palatine ascendante, artère ptérygoïdienne, rameau tonsillaire, artère submaxillaire, artère submentonnière, artère massétérique, artères labiales inférieure et supérieure, artère de l’aile du nez. Elle est l’artère principale de la face.

Syn. anc.  artère maxillaire externe

artère faciale transverse postérieure l.f.

artère transverse de la face

asymétrie faciale l.f.

facial asymmetry

Dysmorphie faciale responsable d’une dissymétrie entre les parties droite et gauche de la face.
Elle fait partie des Syndromes du premier arc de l’extrémité céphalique.

Syndrome du premier arc

difformité faciale (répercussions psychologiques de la) l.f.

facial deformity, disfigurement

Souffrance psychique fréquente, liée à une difformité congénitale ou à une défiguration traumatique ("gueule cassée"), plus rarement pathologique (dermatose, infection maligne, etc.).
L'importance sociale d'une belle apparence étant élevée au rang de norme, la "perte d visage" peut accentuer le malaise, bien que le retentissement personnel de ces anomalies dépende d'autres facteurs : personnalité foncière, réaction familiale, incidences existentielles, notamment.
Comportement d'alerte en face d'autrui, évitement des contacts, excès alcooliques, agressivité, état dépressif ou anxieux, conduites suicidaires sont fréquemment relevés.
Chez les blessés de la face, il semble s'agir du type de mutilation le moins bien supporté. La relation avec le sujet doit se maintenir pendant toute la durée d'un traitement long et minutieux. Une prise en soins globale est indispensable. Mais l'amélioration est surtout fonction de l'amélioration esthétique et de la réadaptation sociale.

diplégie faciale l.f.

facial diplegia

Déficit qui, de même qu'une paralysie des masticateurs, peut s'ajouter à un syndrome bulbaire proprement dit, par atteinte des projections corticonucléaires destinées aux noyaux moteurs des nerfs facial et trijumeau (respectivement VIIe et Ve paires crâniennes), entrant ainsi dans le cadre d'un syndrome pseudobulbaire, voire bioperculaire.

Étym. gr. dis : deux ; plêgê : coup

diplégie faciale congénitale l.f.

congenital facial diplegia

P. J. Möbius, neurologue allemand (1888)

Étym. gr. dis : deux ; plêgê : coup

Moebius (syndrome de)

dyskinésie bucco-linguo-faciale l.f.

facial dyskinesia

Ensemble de mouvements anormaux involontaires répétitifs de la face, des lèvres, de la bouche et de la langue tels que mouvements latéraux des mâchoires, protrusion de la langue et des lèvres, mouvements de succion, etc.
Il existe des formes spontanées qui surviennent plus particulièrement chez la femme âgée. Elles peuvent être secondaires à des traitements neuroleptiques.

Étym. gr. dus : difficile ; kinêsis : mouvement

Syn. syndrome masticatoire buccolingual

dysplasie faciale ectodermique l.f.

facial ectodermal dysplasia

Syndrome facial donnant l'apparence des marques d'un forceps.
Aspect léonin du visage, avec peau plissée autour des yeux, absence de cils sur l'une ou les deux paupières ou absence de cils en inférieur et plusieurs rangées de cils sur la paupière supérieure, sourcils inclinés et remontant en temporal, nez et menton donnant un contact caoutchouteux, et certains patients ont une empreinte temporale bilatérale comme faite par un forceps, lésions que l’on voit également dans les dysplasies dermiques localisées au visage. L’affection est autosomique récessive (MIM 227260) provoquée par les mutations de TWIST 2 gene.

H. Setleis, pédiatre américain (1963)

Étym. gr. dus : difficulté ; plasein : façonner

Syn. marques bitemporales de forceps (syndrome des), Setleis (syndrome de)

TWIST 2 gene

érythrose faciale l.f.

facial erythrosis

Poussée congestive des joues et du nez avec rougeur et sensation de chaleur cutanée, survenant lors des émotions ou après le repas, l'absorption d'alcool ou de mets épicés, une modification de la température externe, ou parfois sans cause évidente.
Elle peut précéder l'apparition d'une couperose ou d'une rosacée qui n'est qu'une érythrose permanente.

Étym. gr. eruthros : rouge

couperose, rosacée, bouffée vasomotrice

[J1]

Édit. 2018 

fibrose cervico-faciale l.f.

cervicofacial fibrosis

Syn. fibrose cervicocéphalique

fibrose cervicocéphalique

[A2,P1]

Édit. 2018 

fissure faciale l.f.

facial cleft

Ensemble des malformations résultant d'un défaut de confluence des bourgeons primordiaux de la face, ce qui les oppose aux fentes résultant d'un défaut de soudure des bourgeons secondaires, comme les fentes labiopalatines.
Sa traduction clinique est variable : naso-oculaire de l’œil à la narine ; oro-oculaire médiane ou latérale de la bouche à l’angle interne de l’œil ou à la paupière inférieure ; maxillomandibulaire de la bouche à l’oreille ; mentosternale de la bouche à la face antérieure du cou. Elle s’accompagne souvent d’une division palatine.

Étym. lat, fissura : fente, crevasse 

[A4]

Édit. 2018

fistule bucco-cervico-faciale l.f.

Trajet anormal congénital faisant communiquer le plancher buccal avec les plans sous-jacents.
Fréquentes, les fistules muqueuses sont souvent uniques et associées à des lésions dentaires (foyer d'ostéite, granulome, kyste péricoronaire infecté). Les fistules cutanées peuvent être uniques ou multiples. Il convient de rechercher une ostéite mandibulaire. Les fistules mentonnières sont la conséquence d'une ostéite apicale développée à partir des incisives inférieures après un traumatisme. Un processus néoplasique, une infection de type actinomycose ainsi qu'une tuberculose ganglionnaire doivent être aussi recherchés, plus rarement une syphilis tertiaire.

Étym. lat. fistula : canal

fistule dentaire

[A3,P3]

Édit. 2018

fossette faciale l.f.

Syn. aire du nerf facial du méat acoustique interne

aire du nerf facial du méat acoustique interne

[A1]

Édit. 2018

hémiatrophie faciale de Romberg l.f.

facial hemiatrophy

Affection rare, de pathogénie inconnue, observée surtout chez la femme, débutant habituellement dans l'adolescence et conduisant après une évolution lente et progressive, à l'atrophie d'une moitié de la face par amincissement de la peau, du tissu souscutané et parfois une atrophie des muscles et des os sous-jacents.
Une étiologie neurologique est parfois incriminée. La relation entre cette affection et la sclérodermie "en coup de sabre" est souvent discutée. Un dysfonctionnement végétatif et encore une forme localisée de dysraphie sont évoqués.

M. H. Romberg, neurologue allemand (1846)

Étym. gr. hêmi: demi ; a privatif ; trophê : nourriture

Syn. hémiatrophie faciale progressive, trophonévrose faciale (désuet), maladie de Romberg

sclérodermie en coup de sabre, dysraphie

[H1]

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