Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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varicelle-zona (virus)

varicella-zoster virus

Virus à ADN, ubiquitaire, appartenant au genre Varicellovirus, de la famille des Herpesviridae.
Très fragile, ce virus mesure 200 nm.
Il est responsable de la varicelle, qui correspond à la primo-infection. A partir des vésicules cutanées, il peut, via les nerfs sensitifs, remonter jusqu’aux ganglions spinaux dorsaux et y demeurer, à l’état latent, des décennies.
Sa réactivation endogène provoque le zona.
Le virus peut être mis en évidence dans les lésions cutanées ou dans d’autres prélèvements, en cultures cellulaires ou par immunofluorescence directe.

Sigle VZV

varicelle, zona, vaccin varicelle-zona, Herpesviridae

[D1]

Édit. 2020

embryopathie varicelle-zona l.f. l.f.

varicella-zoster embryopathy

Atteinte maternelle par le virus varicelle-zona qui, avant la fin de la septième semaine de grossesse, peut provoquer chez l'embryon une cataracte, une microphtalmie bilatérale et parfois des malformations faciales.

Étym. gr. embruon : embryon ; pathê : souffrance

varicelle-zona virus

[A4,O6,D1]

Édit. 2018

embryopathie varicelle-zona l.f.

varicella-zoster embryopathy

Atteinte maternelle par le virus varicelle-zona qui, avant la fin de la septième semaine de grossesse, peut provoquer chez l'embryon une cataracte, une microphtalmie bilatérale et parfois des malformations faciales.

Étym. gr. embruon : embryon ; pathê : souffrance

varicelle zona virus, embryopathie

[A4, D1, P2, P3 ]

Édit. 2019

vaccin varicelle-zona l.m.

varicella-zoster vaccine

Vaccin vivant atténué préparé à partir du virus varicelle-zona (VZV)
En France, ce vaccin est réservé aux enfants fortement immuno-déprimés en prévention et au personnel soignant pour éviter des infections graves par le virus VZV. Dans certains pays (Etats-Unis par exemple), son usage est largement recommandé mais cette indication demeure discutée en raison d'inconvénients potentiels. Il pourrait également prévenir le zona chez les sujets âgés.

virus varicelle-zona , varicelle, zona

[D1, E1]

Édit. 2019

neuropathies et herpès virus l.f.p.

neuropathies and herpes virus

Complications observées rarement avec l'herpès virus simplex, plus fréquemment avec l'herpès virus varicelle-zona.
Responsable d'éruptions des muqueuses génitales et orales, le premier peut atteindre le système nerveux périphérique : syndrome de la queue de cheval avec déficit moteur des membres inférieurs, aréflexie, anesthésie en selle, troubles sphinctériens.
Le second persiste à l'état quiescent dans les ganglions rachidiens postérieurs après la primo-infection. Réactivé, il devient responsable d'une ganglioradiculite sensitive avec éruption généralement limitée à un dermatome cutané. Parmi les formes compliquées, seront cités : des algies post-zostériennes rebelles, un déficit moteur dans le territoire concerné, un syndrome polyradiculaire cervical ou lombosacré. Un syndrome de Guillain-Barré peut survenir au cours des trois semaines suivant l'infection.
Dans toutes les formes, le traitement repose sur l'aciclovir et le valaciclovir.

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

queue de cheval (syndrome de la), Guillain-Barré (syndrome de)

[H1,D3]

encéphalite de la varicelle l.f.

chickenpox encephalitis

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

varicelle (complications neurologiques)

[D1, H1]

Édit. 2019

vaccin contre la varicelle l.m.

varicella-zoster vaccine

Vaccin vivant atténué, injectable, préparé à partir d’une souche de virus varicelleux (souche Oka), dont les indications sont limitées à la prévention de la varicelle chez les enfants atteints d’hémopathie maligne ou de tumeur solide et susceptibles d’être soumis à une chimiothérapie immunosuppressive majeure.
Aux États-Unis et au Canada, depuis 1995, ce vaccin est recommandé chez tous les enfants.

vaccin varicelle-zona, varicelle

[E1, D1]

Édit. 2019

varicelle n.f.

varicella, chickenpox

Primo-infection par le virus de la varicelle et du zona (HVZ ou HVH 3), survenant habituellement chez l'enfant, bénigne, très contagieuse, qui, après une incubation de deux semaines, associe une éruption vésiculeuse généralisée, une fièvre modérée et un exanthème.
Histologiquement, les kératinocytes atteints subissent l’altération ballonnisante de Unna. La guérison survient spontanément en dix jours. Les complications à type de pneumopathie et encéphalopathie sont rares. Les formes de l'adulte sont souvent plus sévères et plus difficiles à diagnostiquer, en particulier chez la femme enceinte, d'où la valeur diagnostique de la juxtaposition de lésions prurigineuses d'âges différents liées à l’évolution par poussées successives, avec atteinte du cuir chevelu. Les immunodéprimés peuvent développer des formes mortelles par atteinte viscérale, ou hémorragiques. L'aciclovir administré précocement est réservé aux formes graves.
Cette virose est responsable, au 3e-4e mois de grossesse,  de malformations fœtales : hypotrophie, microcéphalie, microphtalmie, cataracte, rétinopathie, atteinte du nerf auditif, pneumopathie, amputation de membres. Les enfants nés de mère atteinte de varicelle, avant de bénéficier des anticorps maternels, peuvent être contaminés et mourir de varicelle néonatale fulminante. La prévention est assurée par les immunoglobulines à la naissance.

Étym. diminutif de variole

Syn. petite vérole volante (obs.)

Unna (altération ballonnisante de), varicelle-zona (virus), vaccin varicelle-zona, zona

[D1, J1]

Édit. 2020

varicelle (complications neurologiques de la) l.f.p.

neurological complications of varicella

Complications diverses à type de méningoencéphalite, cérébellite, myélite ascendante ou transverse, polyneuropathie ou encéphalopathie du syndrome de Reye.
Le virus de la varicelle et du zona a un tropisme neurologique. A partir d’une vésicule cutanée, le virus, par un nerf sensitif, peut rejoindre un ganglion spinal dorsal et y demeurer latent, ou se réactiver des décennies plus tard pour donner un zona, notamment à l’occasion d’un fléchissement de l’immunité.
Il peut aussi, très rarement (un cas sur 2000 environ,  être à l’origine de complications neurologiques par le biais d’une vascularite du système nerveux central. Il s’agit en général d’une méningo-encéphalite, exceptionnellement d’une cérébellite aiguë, d’une hémiparésie, ou hémiplégie, d’une myélite ascendante et transverse, d’une névrite périphérique, d’une paralysie faciale, d’atteintes oculaires…
La forme encéphalitique est souvent brutale, avec convulsions, troubles de la vigilance, inconstamment fièvre. Une pléiocytose du LCR est possible. La cérébellite est moins aigüe, comportant surtout ataxie, céphalées, vomissements et rarement troubles de la vigilance, signes méningés et élévation thermique.
Le pronostic est fonction, notamment, des autres localisations infectieuses, pneumoniques en particulier, mais il reste réservé dans la forme encéphalitique. Les médicaments  antiviraux sont efficaces.

R. D. K. Reye, anatomopathologiste australien (1963)

Étym. diminutif de variole

varicelle, méningoencéphalite, myélite, polyneuropathie, Reye (syndrome de), vaccin varicelle, cérébellite

[D1, H1]

Édit. 2020

varicelle congénitale l.f.

congenital varicella syndrome

Forme congénitale exceptionnelle de varicelle à transmission transplacentaire.
Elle peut se manifester par une hypotrophie, une microcéphalie, des lésions cutanées cicatricielles, des cicatrices hyperpigmentées choriorétiniennes et une neuropathie périphérique.
Peuvent être également observées : une cataracte, une rétinopathie, une atteinte du nerf auditif, une amputation de membre, une agénésie rénale...
La prévention est assurée par les immunoglobulines à la naissance, mais la mort par varicelle néonatale fulminante est possible.

varicelle

[A4, D1, H1, I2, J1, M2, P1, P2 ]

Édit. 2020

vaccin anti-zona l.f.

varicella-zoster vaccine

vaccin varicelle-zona

vaccin contre le zona l.m.

varicella-zoster vaccine

vaccin varicelle-zona

[D1, E1]

Édit. 2019

zona n.m.

herpes zoster

Infection due à une réactivation du virus varicelle-zona (VZV), entrainant typiquement une éruption et des douleurs métamériques, dont la topographie unilatérale couvre le territoire d'une ou de plusieurs racines sensitives rachidiennes ou crâniennes.
Alors que la primo-invasion par le VZV provoque une varicelle, maladie éruptive généralement bénigne, chez l'enfant, l'adolescent ou l'adulte jeune, le virus reste ensuite latent dans les neurones des ganglions rachidiens ou crâniens et resurgit, sous forme de zona, lors de baisses des défenses immunitaires chez le sujet âgé ou immunodéprimé. Dans ce dernier cas, il peut être disséminé, notamment chez les porteurs d'une infection à VIH.
Cette affection aigüe guérit le plus souvent sans séquelles, hormis de fréquentes algies résiduelles, parfois intenses.
Rares surtout chez le sujet immunocompétent (0,2%), les complications neurologiques sont diverses : radiculites et méningoradiculites, méningites, myélites focales ou nécrosantes, encéphalites diffuses et leucoencéphalites, encéphalites avec ventriculite, vascularites, nécroses rétiniennes aigües. En IRM, sont décrites des images en hypersignal T2 des noyaux gris centraux et de la substance blanche, parfois hémorragiques. Le diagnostic est confirmé par les tests d'amplification génique (PCR).
Au niveau des paires crâniennes (10% des cas), l'atteinte du nerf ophtalmique a pour complication l'anesthésie cornéenne avec risque d'ulcération. Le zona du ganglion géniculé (donnant naissance au nerf intermédiaire de Wrisberg, VIIbis) entraîne une éruption dans la zone de Ramsay-Hunt (conque de l'oreille), une paralysie faciale périphérique, une hypoacousie et un syndrome vestibulaire par atteinte de la VIIIe paire.
Le traitement de la phase aigüe utilise les antiviraux, comme l'aciclovir ou le valaciclovir et des antalgiques.

Syn. zona du ganglion géniculé

varicelle-zona (virus), vaccin varicelle-zona, varicelle

zona du ganglion géniculé l.m

geniculate ganglion zona

Zona touchant le ganglion qui donne naissance au nerf intermédiaire de Wrisberg (VIIbis), lors de la réunion de celui-ci avec le nerf facial dans la "baïonnette" du canal de Fallope.
Siégeant dans une région limitée de la conque de l'oreille (zone de Ramsay-Hunt), l'éruption est surtout associée à une paralysie faciale périphérique et parfois à une atteinte du nerf acoustique (VIII), avec hypoacousie et syndrome vestibulaire.

J. Ramsay Hunt, neurologue américain (1907)

Syn. zona auriculaire

zona incerta l.f.

zona incerta (TA)

zona incerta

Lame aplatie de substance grise de la région subthalamique.
Elle est séparée du thalamus par le faisceau thalamique (de Forel). Elle s’étend depuis la zone grillagée d’Arnold en dehors jusqu’à la zone grise juxta-ventriculaire en dedans.

A. Forel, neurologue et psychiatre suisse (1848-1931) ; F. Arnold, anatomiste allemand (1803-1890)

zona auriculaire l.m.

auricular zona

Localisation du zona sur le nerf intermédiaire de Wrisberg.
Il se traduit par une éruption cutanée érythémato-vésiculeuse siégeant sur le territoire de Ramsay-Hunt. Infection à VZV, le zona auriculaire s'accompagne fréquemment d'une para­lysie faciale et plus rarement d'une atteinte du nerf acoustique.

H. Wrisberg, anatomiste allemand, (1739-1808)

Syn. zona du ganglion géniculé

vaccin anti-zona l.m.

varicella-zoster vaccine

vaccin varicelle-zona

[D1, E1]

Édit. 2019

herpès n.m.

cold sore, herpes, herpes simplex

Infection cosmopolite fréquente bénigne due aux Simplexvirus 1 et 2, de la famille des Herpesviridae.
Après une primo-infection, symptomatique ou non, l'herpès devient récurrent in situ, à type d'herpès labial, périnarinaire, génital, anal, oculaire, fessier, etc. La lésion élémentaire est une vésicule évoluant en quelques jours vers l'érosion puis vers la croûte. La confluence des lésions réalise le bouquet d'herpès. Une adénopathie satellite est fréquente.
L'herpès peut exceptionnellement être grave : méningoencéphalite herpétique, herpès chronique de l'immunodéprimé, pustulose varioliforme de Kaposi-Juliusberg, herpès néonatal, herpès disséminé viscéral des immunodéprimés, etc.
Le diagnostic est clinique. Dans les cas douteux, le cytodiagnostic met en évidence les cellules ballonnisées et, surtout, la culture virale sur cellules fibroblastiques ou épithéliales permet d'identifier le virus. Le traitement symptomatique suffit le plus souvent. L'Aciclovir est réservé aux herpès graves ou récidivant fréquemment.

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

Simplexvirus, Herpesviridae, herpès chronique, herpès de la cornée, herpès et troubles neuropsychiques, herpès génital, herpes gestationis, herpès iris, herpès néonatal, herpès récurrent, neuropathies herpétiques

[D3,J1]

herpès chronique l.m.

chronic herpes

Herpès cutanéomuqueux n'ayant pas de tendance spontanée à la guérison.
Il commence comme un herpès banal qui devient extensif, nécrotique, parfois végétant voire disséminé aux téguments, ou même aux viscères. Ce type d'herpès est observé chez les immunodéprimés, en particulier au cours du sida. Le traitement utilisé est l'aciclovir, ou en cas de résistance, le foscarnet.

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

herpès, herpès génital, herpes simplex virus

[D3,J1]

herpès circiné l.m.

tinea corporis, tinea circinata, ringworm

Lésion élémentaire provoquée par les dermatophytes, siégeant en n’importe quel point de la peau glabre, caractérisée par une couronne de fines vésicules, de squames et de croûtelles qui correspond à l’avancée extrême des filaments mycéliens.
La variété la plus classique est l’herpès circiné trichophytique mais il en existe qui sont microsporiques. Selon l’espèce de dermatophytes en cause, les duvets sont pénétrés ou non et la réaction inflammatoire est plus ou moins intense.
La ressemblance avec les vésicules herpétiques est à l’origine de la dénomination qui prête à confusion car l’herpès est une maladie virale.

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

Syn. dermatophytose de la peau glabre, tinea corporis, tinea facialis

herpès

[D3,J1]

herpès de la cornée l.m.

kératite dendritique, kératite disciforme

[D3,P2]

herpès et troubles neuropsychiques l.m.

herpes and neuropsychical disorders

encéphalite herpétique, neuropathies herpétiques, herpès

[D3,H3]

herpès génital l.m.

herpes genitalis, herpes progenitalis
Forme d'herpès particulière par sa localisation génitale et le risque de transmission lors des rapports sexuels.
L'herpès génital est dû, le plus souvent, au Simplexvirus HSV 2. Comme les autres lésions génitales, il peut faciliter l'infection par le VIH.

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

Simplexvirus, herpès

[D3,J1]

Édit. 2015

herpes gestationis l.m.

herpes gestationis, pemphigoid gestationis

Dermatose bulleuse auto-immune de la femme enceinte qui survient, parfois dès la première, mais plus souvent à la 2ème ou à la 3 ème grossesse, durant le 2 èmetrimestre de la gestation et dont la lésion élémentaire est une papule ou plaque urticarienne, extrêmement prurigineuse, sur laquelle apparaissent de façon plus ou moins retardée des lésions bulleuses à disposition volontiers annulaire.
L'éruption prédomine sur l'abdomen, en particulier dans la région péri-ombilicale, mais pouvant s'étendre aux membres, au tronc, aux paumes et aux plantes, alors que les muqueuses sont généralement épargnées.
Au stade bulleux, le décollement, sous-épidermique, est situé dans la lamina lucida. L'immunofluorescence montre dans la peau malade à la jonction dermo-épidermique un dépôt linéaire de complément (C3) et plus rarement d'auto-anticorps de type IgG. Dans le sérum, on retrouve un "herpes gestationis factor". L'évolution à court terme se fait vers une aggravation du prurit et des lésions jusqu'à l'accouchement. Après celui-ci, le plus souvent la dermatose régresse. A long terme, elle peut récidiver au moment des règles ou lors de la prise d'œstroprogestatifs. En cas de nouvelle grossesse, elle réapparait presque toujours, survenant de plus en plus précocement. Le pronostic fœtal est globalement bon, avec cependant un risque d'accouchement prématuré et d'hypotrophie. Le traitement repose sur la corticothérapie générale.
 

J. L. Milton, dermatologiste britannique (1872) ; L. Brocq, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1856-1928)

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

Syn. dermite polymorphe récidivante de la grossesse de Brocq (1891) (obs.), pemphigoïde gravidique

herpès, lamina lucida, herpes gestationis factor

[D3, J1, O3]

Édit. 2018

herpes gestationis factor l.m.

herpes gestationis factor

Substance détectée dans le sérum des femmes atteintes d'herpes gestationis par la technique de fixation du complément, capable de fixer le complément à la membrane basale, qui est un auto-anticorps de type IgG reconnaissant un antigène de 180 kDa correspondant vraisemblablement à l'antigène mineur de la pemphigoïde bulleuse classique.

Étym. gr. herpes : dartre, de herpô : ramper

Sigle HGF

pemphigoïde bulleuse, herpès

[D3,O3,F3]

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