hémorragie digestive du nouveau-né l.f. -
digestive hemorrhage of the neonate
Hématémèse ou melæna des sept premiers jours de la vie, souvent liée à des troubles de la crase sanguine.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O1]
hémorragie digestive l.f.
severe gastrointestinal hemorrhage
Hémorragie dont l'origine se situe dans le tube digestif.
On distingue les hémorragies hautes qui proviennent de l'œsophage, de l'estomac ou de la partie haute de l'intestin grêle (en amont de l'angle de Treitz) et les hémorragies basses issues de l'intestin grêle, du colon ou du rectum.
Le saignement gastro-intestinal est en général cliniquement évident (hématémèse ou melæna), il peut être accompagné d'un collapsus voire d'un état de choc ou seulement d'une hypotension orthostatique et d'une baisse de 6%, parfois plus importante, de l'hématocrite. Les hémorragies graves comportent un risque vital et nécessitent la transfusion et la prise en charge en unité de soins intensifs. Le pronostic même immédiat, est moins lié au débit du saignement et à son caractère qu'aux circonstances de survenue (âge, morbidité associée, intolérance hémodynamique) et surtout à la lésion causale avec son potentiel de rechute à brève échéance. Il convient de toujours rechercher une origine médicamenteuse. L'endoscopie en urgence localise le site et précise le stade (saignement en cours ou arrêté avec haut risque de récidive). Elle peut être associée à un geste d'hémostase. Elle permet de poser une indication opératoire.
Les principales causes d'hémorragie digestive haute, œsophagogastriques, sont les varices œsophagiennes (hypertension portale), l'ulcère peptique (surtout duodénal), l'ulcère de stress et l'exulceratio simplex de Dieulafoy, les gastrites éthyliques, le syndrome de Mallory-Weiss. Ces saignements sont favorisés par la prise d’antiinflammatoires non stéroïdiens ou d’aspirine.
Les causes d’hémorragies basses sont les ectasies vasculaires (hémorroïdes) et les diverticules coliques.
P. Dieulafoy, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1898) ;
G. K. Mallory, anatomopathologiste américain et S. Weiss, médecin interniste américain (1929)
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
→ hématémèse, melæna, varices ɶsophagiennes, ulcère duodénal, exulératio simplex, gastrite, Mallory-Weiss (syndrome de)
[L1]
hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une) l.f.
digestive bleeding (radioisotopic measurement)
Confirmation et mesure d'un saignement digestif occulte, effectuées par méthode isotopique.
On prélève quelques millilitres de sang du patient ; les globules rouges sont alors marqués par 51Cr puis réinjectés au patient. Connaissant l'activité du millilitre de sang marqué réinjecté et celle des selles (du jour de l'administration des globules marqués et des jours suivants), on calcule l'élimination fécale quotidienne de sang.
Il a également été proposé d'administrer directement des colloïdes marqués. En cas d'hémorragie digestive importante, on peut déceler un foyer radioactif intraabdominal.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[L1]
mesure radio isotopique d'une hémorragie digestive occulte l.f.
→ hémorragie digestive occulte (mesure radio isotopique d'une)
hémorragie cérébrale intraventriculaire du nouveau-né l.f.
intra-ventricular cerebral hemorrhage of the new-born
Forme clinique intraventriculaire de l’hémorragie cérébrale du nouveau-né, due à la grande prématurité ou à l’anoxie du perpartum.
Sa traduction clinique est bruyante, particulièrement chez le prématuré : malaise brutal, apnée, accès de cyanose réitérés, convulsions, mouvements anormaux, etc..
Le diagnostic est établi par l’échographie transfontanellaire ou la scanographie qui montrent l’hémorragie intraventriculaire et précisent en outre l’atteinte éventuelle du parenchyme
cérébral.
Le risque augmente si la tendance hémorragique du tout nouveau-né n’est pas corrigée par une administration efficace de vitamine K1. Il est aggravé par l’hypothermie, la dyspnée (par ex. d’un pneumothorax) ou si l’enfant est soumis à des manœuvres agressives (abords vasculaires douloureux, intubation). Quand il s’agit d’une hémorragie peu importante localisée aux seuls ventricules, le pronostic n’est pas toujours mauvais mais, en revanche, l’avenir est sombre si le parenchyme cérébral est touché, surtout des deux côtés.
Le meilleur traitement est préventif, en évitant les naissances prématurées ou traumatisantes, les gestes agressifs et douloureux, en respectant une stricte discipline d’asepsie, en conduisant la ventilation mécanique avec un régime de pression le plus faible possible.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
Syn. hémorragie ventriculaire du nouveau-né
[O1]
hémorragie cérébroméningée du nouveau-né l.f.
subarachnoïdal cerebral neonatal hemorrhage
Chez le nouveau-né, saignement consécutif à une lésion vasculaire siégeant sous l'arachnoïde à la base du cerveau, ou sous la tente du cervelet, dans les ventricules cérébraux ou dans le parenchyme cérébral.
Elle peut être due à un traumatisme par accouchement dystocique, extraction instrumentale ou manœuvre obstétricale, à une anoxie fœtale perpartum, surtout à une grande prématurité. Evoquée dans les premières heures de vie devant des anomalies neurologiques, des crises convulsives du nouveau-né, elle est mise en évidence par l'échographie transfontanellaire et la scanographie cérébrale. Parfois mortelle ou source de séquelles psychomotrices graves, son pronostic dépend de son volume et de son siège.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O1]
hémorragie du nouveau-né l.f.
neonatal hemorrhage
→ hématome sous-cutané crânien tardif généralisé, hémorragie digestive du nouveau-né, hémorragie ombilicale du nouveau-né, hémorragie rétinienne du nouveau-né, hémorragie cérébro méningée du nouveau-né, ventriculaire du nouveau-né
[O1]
hémorragie intracrânienne du nouveau-né l.f.
→ hémorragie cérébrale intraventriculaire du nouveau-né
[O1]
hémorragie ombilicale du nouveau-né l.f.
ombilical hemorrhage of the newborn
Saignement du cordon ombilical du nouveau-né, dû à un défaut de ligature du cordon ou à une maladie hémorragique.
Elle est devenue très rare avec l'emploi d'un clamp de Bar pour obturer le cordon à la naissance.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[O1,O3]
hémorragie rétinienne du nouveau-né l.f. ]
retinal hemorrhage of the neonate
Saignement des capillaires et artérioles de la rétine du nouveau-né après une anoxie fœtale, une extraction par ventouse, mais aussi après un accouchement normal.
Elle est habituellement sans conséquence à long terme.
Étym. gr. haïma : sang ; rhêgnumi : je jaillis
[P2,O1,O3]
allergie digestive l.f.
digestive allergy
Ensemble de symptômes digestifs aigus ou chroniques, en rapport avec un état d'hypersensibilité à un antigène quelle qu'en soit la nature (alimentaire, infectieuse, médicamenteuse) ou le mode d'introduction.
Différents types d'hypersensibilité (immédiate, semi-retardée ou retardée) peuvent être en cause et sont souvent intriqués pour le même syndrome. L'allergie et l'intolérance sont différentes : l'allergie fait appel obligatoirement à un mécanisme immunologique alors que l'intolérance comporte d'autres réactions possibles.
→ Gell et Coombs (classification modifiée de)
[F3,L1]
Édit. 2018
anastomose digestive l.f.
Abouchement réalisé entre deux organes digestifs, soit après une exérèse pour rétablir la continuité du tube digestif, soit pour courtcircuiter un obstacle.
Étym. gr. ana : avec ; stoma : bouche
[L2]
Édit. 2017
artériographie digestive l.f.
gastro intestinal angiography
Ensemble des artériographies concernant l'appareil digestif.
On pratique soit un examen global par aortographie abdominale, soit des artériographies sélectives du tronc cœliaque, des artères mésentériques supérieure ou inférieure, etc.
cellule digestive à mucus l.f.
mucus cell
Cellule qui sécrète du mucus dont il existe dans le tube digestif deux variétés morphologiques.
La première est dite cellule à mucus à pôle fermé : le mucus est sécrété au pôle apical recouvert de la membrane cellulaire avec quelques microvillosités. Ces cellules se retrouvent tout le long du tractus digestif dans les glandes œsophagiennes, cardiales, antrales, duodénales (glandes de Brunner), péri-anales. Elles tapissent également les cryptes et la surface de l'estomac.
La seconde variété est constituée par la cellule caliciforme, cellule cylindrique où le mucus est contenu dans les deux tiers supérieurs de la cellule, dans une cavité en forme de calice. Les mucines paraissent s'échapper à l'apex. Cette cellule est caractéristique du grêle et du côlon : dans le grêle, elle alterne avec les cellules entérocytaires absorbantes, de plus en plus nombreuses du duodénum à l'iléon, dans le côlon elle constitue la presque totalité des cellules des cryptes.
J. Brunner, anatomiste suisse (1687)
[A2, L1]
Édit. 2018
cellule digestive endocrine l.f.
endocrine cell
Cellule dont la sécrétion se déverse dans le flux sanguin, à l'inverse de la sécrétion exocrine dont la sécrétion est exportée vers la lumière du tube digestif par un canal ou un conduit cryptique.
Les cellules endocrines du tube digestif sont disposées de façon diffuse le long du tractus digestif dans les structures épithéliales des muqueuses.
De forme triangulaire, elles comportent des granules sécrétoires caractéristiques, de polarité basale. L'apex peut avoir des microvillosités lorsqu'il atteint la lumière des glandes. Les granules sécrétoires examinés en microscopie électronique, comprennent une matrice centrale et une membrane séparée de la matrice par un halo clair. L'ensemble de ces structures a permis de distinguer divers types cellulaires caractérisés par leur sécrétion. Ces cellules ont été caractérisées par leur affinité pour les sels de métaux lourds (cellule chromaffine) et en particulier par la réactivité au sel d'argent. Les réactions de Masson et celles de Grimellius sont les plus utilisées. L'immunohistochimie a apporté de nouvelles possibilités de caractérisation. La nomenclature les intègre dans le système de cellules neuro-endocrines.
L. Grimelius, anatomopathologiste suédois (1968)
[A2,L1]
conversion digestive l.f.
enteric conversion
Dans le cadre d'une transplantation pancréatique, modification chirurgicale du drainage du suc pancréatique qui, de vésical, est détourné vers le tube digestif.
Ce changement de dérivation est destiné à pallier les complications urologiques liées au drainage vésical de la sécrétion alcaline du pancréas exocrine.
[L1,L2]
dérivation digestive du suc pancréatique l.f.
pancreatic enteric diversion
Dans le cadre de la transplantation pancréatique, dérivation vers le tube digestif de la sécrétion exocrine du pancréas, généralement par anastomose duodéno-iléale latérolatérale ou sur anse en Y.
diverticulose digestive l.f.
colonic diverticulosis
Affection caractérisée par la présence de plusieurs diverticules en un segment du tube digestif.
Les plus fréquents sont par ordre décroissant les diverticules coliques, duodénaux, œsophagiens, jéjunaux-iléaux. Le diverticule sigmoïdien résulte d'une hernie de la muqueuse à travers la couche musculeuse pour arriver au contact de la séreuse. La diverticulose dont les complications ont la plus forte prévalence sont coliques, presque toujours sigmoïdiens. La diverticulite sigmoïdienne est en fait une périsigmoïdite
Étym. lat. diverticulum : chemin détourné
épuration digestive l.f.
gastro-intestinal evacuation
Technique permettant de limiter l'absorption de toxiques par l'organisme après leur introduction dans le tube digestif.
Diverses techniques peuvent être utilisées simultanément : l'aspiration gastrique suivie éventuellement de lavage, la provocation de vomissements pro (par sirop d'ipéca, apomorphine), l'administration de charbon activé, les laxatifs et le lavage intestinal (solution de polyéthylène-glycol-électrolytes). De façon plus efficace on peut aussi améliorer la «dialyse intestinale» par l'administration de charbon activé, en continu ou par doses répétées, en accélérant le transit intestinal avec du sorbitol, ou encore en rompant le cycle entérohépatique des toxiques ou toxines (aspiration duodénale, drainage nasobiliaire, résines échangeuses d'ions à forte affinité pour les acides biliaires, p. ex. choléstyramine).
→ charbon activé, lavage gastrique, apomorphine
[G4, G5, L1]
Édit. 2020
exérèse digestive l.f.
digestive excision
Ablation d'un organe digestif, pouvant intéresser un organe plein : foie, pancréas ou toute partie du tube digestif, de l'œsophage jusqu'à l'anus.
[L2]
Édit. 2018
ischémie digestive l.f.
digestive ischemia
Ischémie colique secondaire à des lésions sténosantes ou obstructives des artères à visée digestive.
Étym. gr. ischanein : arrêter, retenir ; haima : sang
perforation digestive l.f.
Survenue d'une solution de continuité dans la paroi du tube digestif, donnant issue à du liquide gastrique ou intestinal dans la cavité péritonéale et entraînant des états septiques intra-abdominaux : abcès, péritonite localisée ou généralisée.
En dehors des perforations traumatiques liées à une plaie pénétrante de l'abdomen, les étiologies des perforations digestives sont multiples : perforation d'un ulcère duodénal, perforation de l'intestin grêle en amont d'un obstacle, par un corps étranger ou au niveau d'un sillon d'étranglement d'une occlusion, perforation colique au niveau d'un diverticule sigmoïdien ou d'une tumeur, perforation appendiculaire, perforation d'un diverticule de Meckel, etc.
Le traitement des perforations digestives est chirurgical, nécessitant le traitement de la cause : suture de la perforation ou extériorisation de celle-ci au niveau cutané réalisant une stomie d'une part et d'autre part traitement de la conséquence par aspiration, lavage et drainage des zones septiques.
ré-instillation digestive l.f.
digestive reinstillation
Traitement palliatif des fistules digestives externes (essentiellement fistules entéro-cutanées de l'intestin grêle) par prélèvement du liquide digestif dans le segment intestinal d’amont et ré-instillation dans le segment d’aval.
Généralement ces fistules intestinales ou biliaires sont une complication de la chirurgie digestive (lâchage d'anastomose, chirurgie des voies biliaires). La ré-instillation s'emploie surtout pour les fistules biliaires et celles de la partie haute du grêle si le segment intestinal sous-lésionnel est tolérant et fonctionnel. La ré-instillation peut être continue à l'aide d'un appareillage automatique spécial.
colorations en endoscopie digestive l.f.
staining in digestive endoscopy
Les examens endoscopiques du tube digestif sont effectués en lumière blanche et la détection des zones dysplasiques planes est limitée, malgré la qualité croissante de l’image, justifiant l'utilisation de colorations.
Dans de nombreuses indications (bilan d’extension d’un carcinome épidermoïde de l’œsophage, détection des zones dysplasiques d’un
endobrachyœsophage, dysplasie sur gastrite atrophique, détection des adénomes duodénaux et de des adénomes coliques en cas de polypose adénomateuse familiale, ou en cas de maladie chronique inflammatoire des intestins ou contrôle après mucosectomie fragmentaire…), il est nécessaire d'utiliser une des techniques de coloration disponibles qui sont la chromoscopie utilisant des colorants chimiques ou la chromoscopie par méthodes optiques et électroniques.
Quelle que soit la technique utilisée, l’analyse minutieuse de la muqueuse digestive en lumière blanche est indispensable avant d’utiliser la chromoendoscopie. Les principaux colorants chimiques disponibles sont l’indigo-carmin, le lugol et l’acide acétique. Ils sont utilisables par tous et de faible prix. Ils ont l’inconvénient d’être consommateur de temps, en particulier dans les indications pour lesquelles des biopsies par quadrants sont recommandées. L’indigo-carmin est le plus utilisé toutes indications confondues, c’est un colorant de surface qui ne pénètre pas en profondeur. Le lugol est absorbé par les zones normales riches en glycogène ; il existe un risque de bronchospasme et la pulvérisation doit s’arrêter 5 cm sous la bouche de Killian.
Parmi les techniques de chromoscopie optiques et électroniques, le narrow band imaging (NBI), dont sont équipées les colonnes Olympus, est facilement accessible. Le NBI, également appelée imagerie spectrale en bandes étroites, est basé sur la sélection de certaines longueurs d’ondes dans le spectre de la lumière blanche. Ainsi, la sélection du bleu (415 nm) et du vert (540 nm), qui correspondent aux longueurs d’ondes spécifiques de l’hémoglobine, permet de rehausser les structures vasculaires au sein de la muqueuse. Les NBI de nouvelle génération paraissent supérieures à la lumière blanche pour détecter les polypes plans difficiles à voir. D’autres systèmes existent parmi lesquels le Fuji Intelligent Color enhancement ® (FICE) ou l’image i-scan. Ces examens diminuent significativement le temps de l’examen par rapport à l'emploi de colorants chimiques.
A côté des techniques de chromoscopie, l’endomicroscopie confocale permet l’étude de la muqueuse digestive à l’échelon cellulaire au cours d’une endoscopie à l’aide de microscopes miniaturisés. Il est possible de combiner l’endomicroscopie confocale et d’autres modalités comme le NBI. En cas d’utilisation de l’endomicroscopie confocale , la muqueuse digestive doit être marquée par une molécule fluorescente et illuminée par une source laser. L’utilisation de cette technique est limitée en particulier en raison de son coût.
→ dysplasie, cancer de l'œsophage, endobrachyœsophage, gastrite, polypose adénomateuse familiale, endomicroscopie, microscopie confocale
[L1]
Édit. 2019
Benckiser (hémorragie de) l.f.
Benckiser's haemorrhage
R. Benckiser, obstétricien allemand (1831) ; J. Lobstein, chirurgien et anatomlopathologiste français, membre de l'Académie de médecine (1777-1835)
Édit. 2017