toxémie gravidique l.f.
toxaemia of pregnancy
Syndrome gravidique apparaissant entre la 20e semaine de grossesse et la fin de la première semaine du postpartum et caractérisé par l'association hypertension artérielle, œdèmes, protéinurie, parfois anomalies de la coagulation à type de coagulopathie de consommation et qui peut se compliquer de convulsions.
Affectant une grossesse sur dix, surtout chez les primipares et les grossesses gémellaires, elle peut se compliquer d'éclampsie et d'hématome rétroplacentaire, entraînant la mort in utero ou l'hypotrophie du fœtus. Elle met en danger la vie du fœtus et de la mère.
On distingue divers types cliniques. La forme dite "pure" ou "vraie" frappe la primipare, indemne d'antécédents rénovasculaires, après le 5e mois de grossesse. L'atteinte rénale caractéristique est une endothéliose capillaire glomérulaire. La forme récidivante survient à chaque grossesse en l'absence de toute manifestation rénovasculaire entre les grossesses. Enfin, la forme dite "surajoutée" peut survenir précocement au cours de la grossesse et elle est observée chez des femmes ayant des antécédents à type d'hypertension ou d'atteinte rénale indépendants de l'état gravide.
Repos complet et maîtrise médicale de la pression artérielle évitent la survenue des convulsions et permettent désormais, dans la majorité des cas, une évolution favorable de la grossesse.
Hormis les cas particuliers d’hypertension ou de néphropathie précédant la grossesse, de môle hydatiforme, de lupus érythémateux disséminé ou de syndrome des antiphospholipides, sa cause demeure inconnue. Seul l’accouchement est capable de la guérir, encore qu’elle puisse quelquefois apparaître dans le postpartum.
Étym. crase de toxique et d'hémie (gr. haima : sang) = toxique dans le sang
Syn. prééclampsie, hypertension artérielle gravidique, syndrome vasculorénal de la grossesse, néphropathie gravidique, dysgravidie, toxicose gravidique
[O3, M1]
Édit. 2020
bêta 1-glycoprotéine n.f.
β-1-glycoprotein, pregnancy-specific-glycoprotein
Protéine spécifique de la grossesse, de poids moléculaire de 90 000 comportant 29,3% d'hydrates de carbone, produite essentiellement dans le syncytiotrophoblaste.
Elle est sécrétée précocement dès le 7ème jour après la conception et son dosage serait pour certains auteurs le test de grossesse le plus précoce. Elle augmente ensuite rapidement tout au long de la grossesse jusqu'à des valeurs moyennes à terme de 200 mg/L. Cette glycoprotéine pourrait jouer un rôle immunosuppresseur, interviendrait comme protéine de transport des stéroïdes et aurait un rôle métabolique. En début de grossesse, le taux de β-1-glycoprotéine s'abaisse en cas de menace d'avortement ou de grossesse extra-utérine. En cours de grossesse, sa diminution peut s'observer en cas de retard de croissance intra-utérin.
Édit. 2017
grossesse et tumeur cérébrale l.f.
pregnancy and cerebral tumors
Développement d'une grossesse chez une malade porteuse d'une tumeur cérébrale connue avant la grossesse ou découverte au cours de celle-ci.
Les gliomes posent surtout des problèmes thérapeutiques de chimiothérapie, souvent incompatibles avec le déroulement de la grossesse en raison de risques tératogènes fœtaux.
Les méningiomes et toutes les tumeurs bénignes vascularisées peuvent se déclarer et progresser durant la grossesse. Des hémangioblastomes bénins sont susceptibles d'augmenter rapidement de volume. Après la grossesse, l'évolutivité est moindre.
Les tumeurs hypophysaires sont souvent responsables de stérilité et d'aménorrhée. Cependant les tumeurs concomitantes de la grossesse se développant de façon importante, sont fréquentes.
Le choriocarcinome, avec ses métastases très extensives, pose des problèmes maternels vitaux.
Les neurofibromes et neurinomes, en particulier de l'acoustique, peuvent augmenter de volume lors du troisième trimestre, demandant donc une surveillance après l'accouchement.
Toutes ces tumeurs sont évaluées par IRM.
Hellin (loi de) l.f.
Hellin's rule
Loi selon laquelle une grossesse est 80 fois moins fréquente que la grossesse de rang inférieur.
Ainsi une grossesse gémellaire est 80 fois moins fréquente qu'une grossesse simple ; une grossesse triple est 80 fois moins fréquente qu'une grossesse gémellaire, etc.
D. Hellin, médecin allemand (1895)
[O3]
Édit. 2015
hypertension artérielle gravidique l.f.
pregnancy-induced hypertension
Hypertension artérielle définie par une pression systolique supérieure à 140 mm Hg et/ou une pression diastolique supérieure à 90 mm Hg, survenant durant la grossesse et responsable de désordres maternels et fœtaux.
Schématiquement on distingue l'hypertension gravidique pure liée à la grossesse qui atteint la primipare mais qui peut récidiver à chaque grossesse et l'hypertension présente avant la grossesse ou révélée par elle mais imputable à des antécédents, notamment rénaux, indépendants de l'état gravidique.
Le tableau clinique est très variable. L'hypertension peut être isolée, modérée, ou s'inscrire dans le contexte de la toxémie gravidique.
L'hypertension gravidique pure survient surtout chez la primipare, au cours du troisième trimestre de la grossesse. Elle est consécutive à une ischémie placentaire.
Dans tous les cas, un traitement s'impose pour éviter des complications graves pour la mère et le fœtus. Les complications maternelles sont l'hématome rétroplacentaire, la crise d'éclampsie. Les complications fœtales sont le retard de croissance intra-utérin, la souffrance chronique, la mort in utero.
→ toxémie gravidique, néphropathie gravidique, prééclampsie, grossesse et retentissement rénal
immunisation antirhésus l.f.
Rh disease
Immunisation survenant après transfusion de sang hétérospécifique ou pendant la grossesse par passage transplacentaire d’hématies fœtales rhésus positif dans la circulation d’une mère rhésus négatif.
Elle peut survenir à tout moment de la grossesse. Au premier trimestre, au cours d’un avortement spontané, d’une interruption volontaire de grossesse, d’une grossesse extra-utérine ; au deuxième trimestre, lors de tous les gestes anténatals comme l’amniocentèse, la ponction de sang fœtal ; au troisième trimestre, lors de l’accouchement, qu’il soit normal ou par césarienne ou lors de la délivrance. Elle est responsable des accidents de la maladie hémolytique du nouveau-né entraînant un anasarque fœtal et une mort fœtale par anémie. Sa prévention repose sur l’injection d’immunoglobuline anti-D après l’accouchement de toute femme enceinte de groupe rhésus négatif jusque-là non immunisée et donnant naissance à un enfant de groupe rhésus positif. Son traitement repose sur la pratique des transfusions in utero, de sang rhésus négatif, dans le cordon, à partir du 4èmemois de la grossesse dans les cas les plus sévères.
Étym. lat. immunis : exempt de
→ maladie hémolytique du nouveau-né, transfusion fœtomaternelle
gonadotrophine chorionique (hCG) l.f.
chorionic gonadotrophin
La gonadotrophine chorionique, ou hormone chorionique gonadotrope est une glycoprotéine placentaire formée de deux chaînes polypeptidiques, alpha et bêta secrétée dès les premiers jours de la vie embryonnaire, qui stimule le corps jaune et la production de progestérone au cours des six premiers mois de la grossesse.
Sa chaîne alpha est commune à la LH, à la FSH et à la TSH et n’est donc pas spécifique.
Le dosage plasmatique de la chaîne bêta de l’hCG permet un diagnostic très précoce de la grossesse. Chez la femme, non enceinte, la concentration plasmatique de bêta-hCG est inférieure à 5 UI/L. Sa concentration augmente régulièrement jusqu'au quatrième mois de la grossesse puis diminue. Ses valeurs sont très augmentées en cas de grossesse gémellaire ou de môle hydatiforme, dont elle permet ultérieurement de vérifier la guérison.
Elle est aussi anormalement élevée en cas de trisomie 21, entre 15 et 17 semaines d'aménorrhée, et son dosage dans le sang maternel contribue actuellement au dépistage de la trisomie 21.
Son action biologique étant semblable à celle de la LH, elle est utilisée en thérapeutique pour déclencher artificiellement l'ovulation et, plus rarement, aujourd'hui pour stimuler le corps jaune cyclique.
Le dosage de bêta-hCG sérique est également utilisé comme marqueur tumoral dans les choriocarcinomes testiculaires et ovariens.
→ corps jaune, progestérone, LH, FSH, TSH, diagnostic biologique de la grossesse, môle hydatiforme, trisomie 21, trophoblastome malin
grossesse à risque l.f.
Grossesse justifiant une surveillance particulière et la répétition des consultations médicales.
1) Les causes faisant peser une menace sur l’évolution et l’issue normales de la grossesse sont nombreuses : âge de la femme (proche de la nubilité ou primipare âgée), grossesse multiple, antécédents obstétricaux graves (avortements, accouchements prématurés, mortinatalité), malformation du bassin, maladie permanente (diabète, hypertension artérielle permanente), événement pathologique survenant au cours de la grossesse, etc.
2) La surveillance accrue de ces grossesses à risque a beaucoup diminué le nombre des accidents gravidiques, ainsi que la morbidité et la mortalité périnatales.
grossesse (complications neurologiques au cours de la) l.f.p.
neurologic complications during pregnancy
Manifestations et complications survenant lors de la grossesse et concernant soit des pathologies nouvelles induites par la grossesse, soit des modifications de pathologies antérieures à celle-ci.
Sont décrites : des céphalées migraineuses, de tension ou symptomatiques ; diverses atteintes neuromusculaires (syndrome du canal carpien, méralgie paresthésique, paralysies obstétricales maternelles, lomboradiculalgies). Myasthénie, polymyosites et polyneuropathies inflammatoires posent des problèmes thérapeutiques.
Les crises épileptiques, notamment généralisées tonicocloniques, peuvent augmenter en nombre et les traitements antiépileptiques posent des problèmes de malformations fœtales (spina bifida, fente palatine).
En fin de grossesse, l'éclampsie provoque des troubles neurologiques centraux (encéphalopathie, épilepsie, hypersignaux centraux en IRM).
Les mouvements anormaux sont rares : chorée gravidique, dystonie.
La sclérose en plaques est compatible avec une grossesse normale qui, du reste, ne l'aggrave pas. Les poussées sont plus rares qu'auparavant. Mais l'évolutivité reprend après l'accouchement. Des maladies auto-immunes sont possibles durant la gestation.
Les tumeurs intracrâniennes ou intrarachidiennes peuvent subir des poussées : adénomes hypophysaires, méningiomes, tumeurs vasculaires.
Les maladies infectieuses, notamment virales, ont surtout des conséquences fœtales, la toxoplasmose et la syphilis également.
Le risque d'affections cérébrovasculaires, artérielles et aussi veineuses, est accru.
grossesse et valvulopathie l.f.
pregnancy and valvulopathy
Ensemble des questions posées par la survenue d'une grossesse chez les malades porteuses d'une valvulopathie.
La grossesse entraîne une tachycardie et une augmentation du débit cardiaque (de 30 à 50%) surtout à partir du 6e mois, ce qui explique que les cardiopathies valvulaires soient plus mal supportées pendant le dernier trimestre de la grossesse. Les patientes les plus exposées aux accidents gravidocardiaques tel qu'un œdème aigu du poumon, sont celles qui sont porteuses d'un rétrécissement mitral, qu'ils peuvent révéler, plus rarement d'un rétrécissement aortique. La grossesse est mieux tolérée dans l'insuffisance mitrale, l'insuffisance aortique et les affections tricuspidiennes.
M. Peter, médecin français, membre de l'cadémie de médecine (1824-1893)
grossesse (retentissement rénal de la) l.
renal effect of pregnancy
Conséquence de la grossesse sur le fonctionnement de l’appareil urinaire.
Toute grossesse normale augmente le flux plasmatique rénal et le taux de filtration glomérulaire dans une proportion de 30 à 50%. Elle accroît la protéinurie physiologique qui peut atteindre 250 mg/j.
La grossesse peut se compliquer d'hypertension et de manifestations rénales spécifiques qui s'intègrent dans le cadre de la toxémie gravidique. Dans le postpartum immédiat, on peut observer la survenue d'une insuffisance rénale aigüe associée à un syndrome hémolytique et urémique. La grossesse peut révéler et aggraver une hypertension préalable et des lésions rénales préexistantes. Une bactériurie asymptomatique chez la femme enceinte expose à un risque accru de pyélonéphrite et doit être traitée.
hormone chorionique gonadotrope l.f. (hCG)
human chorionic gonadotropin
Hormone sécrétée par les cellules syncytio-trophoblastiques du placenta stimulant la maturation du corps jaune et la sécrétion de la progestérone.
Elle est constituée de deux chaînes, alpha et bêta (comme les gonadotropines et la TSH hypophysaires dont la sous-unité alpha est identique). Dans le plasma, on trouve à la fois la forme comportant les quatre sous-unités et la sous-unité bêta-hCG libre. Ces différentes formes peuvent être dosées par des techniques immunologiques.
Chez la femme, le dosage de la bêta -hCG dans le sérum ou sa recherche rapide dans l’urine sont essentiellement utilisés pour le diagnostic précoce et le suivi de la grossesse. Dans le sérum, la concentration de bêta-hCG, inférieure à 5 UI/L en l’absence de gestation, augmente, dès la 1ère semaine suivant l’implantation. Elle double ensuite tous les 1,5 à 2 jours, jusqu’à atteindre un maximum (30 000 à 160 000 UI/L) vers la 10ème semaine de grossesse pour diminuer ensuite. Le dosage de bêta-hCG est également utilisé chez la femme pour le diagnostic de la grossesse extra-utérine, le dépistage prénatal de la trisomie 21, le diagnostic et la surveillance de l’évolution de la môle hydatiforme.
Chez l’homme, le dosage de bêta -hCG libre dans le sérum est utilisé pour le diagnostic de certaines tumeurs germinales testiculaires.
A fortes doses comme en début de grossesse, lors des vomissements gravidiques, ou dans les tumeurs placentaires, l’hCG révèle une activité thyréostimulante.
Étym. gr. hormaô : j'excite
→ corps jaune, progestérone, môle hydatiforme,trisomie 21
[O4]
Édit. 2015
effet tératogène des antithyroïdiens l.m.
teratogenic effect of antithyroid drugs
Le maniement des médications antithyroïdiennes s’impose lors de la coïncidence d’une maladie de Basedow et de la grossesse.
Une grossesse sur 1000 s’observe chez une femme atteinte de maladie de Basedow. En dépit du possible risque embryopathique lié aux antithyroïdiens, cette situation doit être gérée car c’est en l’absence de traitement que le risque de malformations, de fausse couche est le plus élevé.
L’aplasie du cuir chevelu (aplasia cutis) a une incidence proche de 0,2% (l’incidence spontanée est estimée à 0,02-0,03%), s’observe surtout sous carbimazole et thiamazole. De rares cas ont aussi rapportés sous dérivés du thio-uracile.
Un syndrome polymalformatif embryopathique a été décrit sous mercapto-imidazolines (carbimazole, thiamazole) : dysmorphies faciales, atrésie des choanes ou de l'œsophage, fistules trachéo-œsophagiennes, anomalies du septum interventriculaire, situs inversus, hernies diaphragmatiques, omphalocèles…. Quelques dizaines d’observations en ont été rapportées. Ces signes ne sont pas spécifiques, s’observent en dehors de toute prise médicamenteuse, si bien que l’imputabilité est discutée. Toutefois ils n’ont jamais été observés sous dérivés du thio-uracile. C’est pourquoi la prescription de propylthio-uracile ou de benzylthio-uracile est privilégiée durant les 2 premiers mois de la grossesse.
On a décrit aussi un risque embryopathique lié aux dérivés du thio-uracile, toutefois de moindre gravité : anomalies malformatives de la face et du cou (région pré-auriculaire, hélix, fistules …), de l’appareil urinaire (hydronéphrose, kyste rénal…).
La prise en charge des hyperthyroïdies en début de grossesse par l’iodure a été proposée au Japon, n’a pas fait l’objet de larges évaluations.
→ antithyroïdiens, maladie de Basedow
[G4, G5, O4]
Édit. 2019
déclaration de grossesse l.f.
notification of pregnancy
Formalité administrative devant être remplie avant la fin du troisième mois, soit la 14ème semaine de grossesse.
Les trois volets du certificat de déclaration sont complétés après l'examen général et obstétrical. Doivent y figurer le nom et le prénom de la patiente, la date de l'examen médical et la date présumée du début de grossesse. La signature du médecin atteste que les examens obligatoires prévus par la réglementation ont été prescrits. Cette déclaration impose la prescription d'examens de laboratoire : détermination du groupe sanguin et des phénotypes rhésus et Kell, sérologies de la rubéole et de la toxoplasmose, en l'absence d'immunisation antérieure à la grossesse, et de la syphilis, recherche de sucre et d'albumine dans les urines et recherche éventuelle d'agglutinines irrégulières chez les femmes rhésus négatif ou rhésus positif antérieurement transfusées ou immunisées. La sérologie du virus VIH doit être proposée.
enfant de mère diabétique l.m.
diabetic mother's newborn
Enfant ayant subi pendant la grossesse les effets du diabète maternel au travers de la circulation fœtomaternelle.
A un stade avancé, le diabète de la mère compromet la circulation fœtoplacentaire, ce qui entraîne une hypotrophie fœtale. Un diabète mal équilibré s'accompagne d'une hypertrophie fœtale et placentaire et d'un hydramnios. En fin de grossesse, ce peut être la cause d'une mort in utero inexpliquée. A la naissance, l'enfant est pléthorique avec un hyperinsulinisme responsable d'une viscéromégalie et d'une hypoglycémie grave dans les premiers jours. L'enfant est souvent ictérique, polyglobulique et hypocalcémique. Certains présentent une myocardiopathie transitoire, mais grave. Enfin on peut voir des lésions cérébrales qui résultent, notamment, d'accès d'hypoglycémie incontrôlée chez la mère. Une bonne équilibration, dès le début de la grossesse, de la glycémie maternelle permet une naissance à terme d'un enfant pratiquement normal, cependant la fréquence de malformations congénitales est relativement élevée.
→ hypoglycémie du nouveau-né, hydramnios
[O1, R1]
Édit. 2020
glandes aréolaires l.f.p.
glandulae areolares (TA)
areolar glands
Glandes composites situées sous l’aréole du sein ayant une double structure et un aspect différent en dehors ou au cours de la grossesse et de la lactation.
Elles sont formées de glandes sébacées volumineuses et, sous le muscle aréolaire, d’acini mammaires. En dehors de la grossesse et de l’allaitement elles forment en superficie de petits nodules, au nombre de 10 à 20, parsemant l’aréole et habituellement décrits comme tubercules de Morgagni.
Au cours de la grossesse, vers la huitième semaine d’aménorrhée, certaines d’entre elles deviennent apparentes autour du mamelon, ce sont les tubercules de Montgomery, par développement des acini lactifères, stimulés à partir de l’hypophyse par la sécrétion de prolactine et d’ocytocyne. La production sébacée persiste, stimulée par la MSH (melanocyte stimulating hormone). Pendant l’allaitement elles émettent un peu de liquide visqueux, lactescent contenant du lactose et d’odeur particulière liée aux triglycérides, aux acides gras hétérocycliques et aux terpènes oxygénés, véritables phéronomes reconnus par l’enfant et dont l’effet est d’orienter celui-ci vers le mamelon (Schaal, Doucet). De plus, l’augmentation de la sécrétion sébacée a un effet protecteur de l’épiderme de la région aréolaire et du mamelon. Après l’allaitement, elles subissent une involution et deviennent quiescentes.
W. F. Montgomery, gynécologue irlandais (1837); G. Morgagni, anatomiste et anatomo-pathologiste italien (1719), B. Schaal, (1980, 2000, 2003) et S. Doucet, biologistes français (thèse 2007)
Syn. anc. glandes mammaires accessoires, glandes de Montgomery, follicules de Montgomery,
→ Morgagni (tubercules de) Montgomery (tubercules de)
grossesse abdominale l.f.
abdominal pregnancy
Rare grossesse extra-utérine avec implantation de l'œuf dans la grande cavité abdominale.
Elle peut être primitive lorsque la fécondation a eu lieu au cours de la migration intra-abdominale de l'ovule, ou secondaire à une rupture utérine après une ancienne césarienne corporéale, ou sur un utérus malformé, ou à une grossesse tubaire par rupture de la trompe, ou après migration de l'œuf fécondé dans la cavité abdominale.
La symptomatologie, très différente de la grossesse extra-utérine tubaire, est faite de douleurs pelviennes ou pelvi-abdominales associées à des troubles du transit puis à des métrorragies. Le diagnostic est souvent difficile et l'on s'aidera de l'échographie mais surtout de la radiologie : la radiographie de profil de l'abdomen X montre la projection osseuse du fœtus sur les vertèbres maternelles (signe de Weinberg).
A. Weinberg, gynécologue obstétricien américain (1956)
grossesse dans une corne rudimentaire l.f.
pregnancy in a rudimentary horn
Exceptionnelle grossesse après implantation de l'œuf dans la corne rudimentaire d'un utérus pseudo-unicorne.
L'évolution se fait vers la rupture hémorragique cataclysmique au 4ème mois de grossesse. Exceptionnellement, la grossesse peut se poursuivre jusqu'au 3ème trimestre.
grossesse sur dispositif intra-utérin l.f.
pregnancy with IUD
Grossesse évoluant chez une femme porteuse d’un dispositif intra-utérin.
Du fait des complications possibles de fin de grossesse, prématurité et infection, il est préférable de réaliser l’ablation du dispositif au début de la grossesse, sous contrôle échographique si les fils extérieurs ne sont pas visibles.
grossesse triple l.f.
triplet pregnancy
Grossesse multiple avec trois fœtus évoluant simultanément, pouvant être monochoriale, bichoriale ou trichoriale, uni ou pluri-ovulaire.
La grossesse peut être spontanée, éventualité rare et de fréquence variable selon les pays, en France environ 1 sur 10 000. Mais, depuis 15 ans, elle survient le plus souvent à la suite d'un traitement inducteur de l'ovulation qui conduit à une augmentation importante du nombre de grossesses multiples. C'est toujours une grossesse à haut risque avec, en particulier, un taux de prématurité élevé.
interruption volontaire de grossesse l.f.
legal abortion
Interruption médicalisée de grossesse demandée par une femme en état de détresse.
Elle ne peut être pratiquée que par un médecin, avant la dixième semaine de grossesse (12 semaines d’aménorrhée) et dans un établissement d’hospitalisation public ou privé satisfaisant aux dispositions de l’article L. 176. du code de la santé publique. Une information sur la régulation des naissances doit être donnée après l’interruption de grossesse (Lois n°75-17 du 17 janvier 1975 et n°79-1204 du 31 décembre 1979).
Sigle : IVG
kyste lutéinique 1.m.
luteal cyst
Formation kystique développée à partir d'une distension hémorragique du corps jaune au début de la grossesse.
Découvert à l'occasion d'épisodes douloureux pelviens latéralisés ou lors d'une consultation de grossesse, il peut amener à pratiquer une cœlioscopie en cas de doute diagnostique avec une grossesse extra-utérine. L'aspect macroscopique est celui d'un kyste uniloculaire translucide à paroi jaunâtre. Comme pour tous les kystes ovariens, il existe une possibilité de torsion ou de rupture pouvant de façon exceptionnelle nécessiter une intervention d'urgence. Des kystes lutéiniques bilatéraux et multiloculaires s'observent en cas de môle hydatiforme ou lors du syndrome d'hyperstimulation ovarienne.
Syn. corps jaune persistant, corps jaune gravidique géant, follicule lutéinisé solitaire
lutéose ovarienne gravidique l.f.
ovarian luteosis of pregnancy
Exagération au cours de la grossesse de la lutéinisation ovarienne physiologique.
Elle peut prendre la forme de véritables formations tumorales (lutéomes) qui peuvent survenir au cours de grossesse normale mais surtout au cours de grossesse compliquée de maladie trophoblastique. Elles sont de volume et de consistance variables, pouvant être solides ou kystiques ou mixtes. Elles peuvent s'accompagner de signes de virilisation maternelle ou fœtale et régressent après l'accouchement.
maladie hémolytique du nouveau-né l.f.
erythroblastostosis fetalis, hemolytic disease of the newborn (Rh disease)
Anémie hémolytique du fœtus et du nouveau-né due à l’immunisation de la mère par des antigènes érythrocytaires fœtaux lors d’une grossesse, d’une interruption de grossesse ou d’une transfusion (incompatible) antérieures.
L’anémie (qui s’accompagne d’érythroblastose et d’hyperbilirubiénémie) s’aggrave au fur et à mesure des grossesses successives et peut aboutir à l’anasarque fœto-placentaire ou à la mort fœtale in utero.
L’antigène D (Rh+) était le plus souvent en cause. Cette affection est systématiquement prévenue par l’injection d’immunoglobulines anti-D, chez toute femme Rh négatif, dès la première grossesse. Cependant des MHNN peuvent être entraînées par des antigènes érythrocytaires fœtaux autres que D. Les enfants de père hétérozygote D/d peuvent être Rh négatifs et échapper à la maladie, (d’où l’intérêt de la détermination par PCR du groupe Rh du fœtus sur DNA extrait des érythrocytes fœtaux passés dans la circulation maternelle).
L’exsanguinotransfusion du nouveau-né est l’une des thérapeutiques efficaces de cette affection.
Étym. gr. haima : sang ; luein : délier
Syn. incompatibilité Rhésus
Sigle : MHNN
→ anémie érythroblastique, anasarque fœtoplacentaire, transfusion fœtale, exsanguino-transfusion
phlébite puerpérale l.f.
puerpueral thrombophlebitis
Phlébite survenant pendant la période des suites de couches.
Plus fréquentes que les phlébites de la grossesse, les phlébites puerpérales sont favorisées par les facteurs de risque déjà présents pendant la grossesse, par les interventions obstétricales, les accouchements hémorragiques et les infections puerpérales. Il peut s'agir de phlébites communes du membre inférieur, comparables à celles observées pendant la grossesse, ou de phlébites pelviennes qui surviennent volontiers dans les suites d'une infection endométriale.