Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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délire chronique (structure d'un) l.m.

structure notion of a chronic delusion

Classification des délires chroniques fondée, non plus sur la notion d'hallucinations ou d'interprétations, mais sur celle de structure, considérée comme une forme d'organisation globale fonctionnelle de l'activité psychique, inspirée des concepts "dynamiques" de H. Jackson (H. Claude et H. Ey).
À partir d'un essai de démembrement du groupe des psychoses hallucinatoires chroniques, ont été décrits trois types de structures délirantes : paranoïaque, bien construite, systématisée ; paraphrénique, fantastique, dont la construction part dans tous les sens ; paranoïde, incohérente et dissociée, comme dans les schizophrénies.
Mais pour la plupart des auteurs français, l'extension aux délires chroniques du cadre des états schizophréniques est critiquable. De plus, le démembrement de la psychose hallucinatoire chronique ainsi entrepris n'a pu être que partiel.

J. H. Jackson, neurologue britannique (1835-1911) ; H. Ey et H. Claude, membre de l'Académie de médecine, neuropsychiatres français (1932)

Étym. lat. delirium : délire

jacksonisme, organodynamisme

délire mélancolique, mélancolie ou délire exclusif l.m.

melancholic delusion, melancholia, exclusive delusion

Délire "dirigé exclusivement sur un objet ou une série particulière d'objets, avec abattement, morosité et plus ou moins de penchant au désespoir, surtout lorsqu'il est porté au point de devenir incompatible avec la société" (Ph. Pinel, 1803).
Ce groupe de manifestations était opposé par l'auteur à : la manie, périodique ou continue, avec plus ou moins d'agitation ; la démence, avec son déficit du jugement ; l'idiotie, avec "un cercle très borné d'idées et une nullité de caractère".

Ph. Pinel, psychiatre français (1809)

Étym. lat. delirium : délire

délire chronique l.m.

chronic delusion

Selon la nosologie habituellement utilisée en France, groupe complexe et très probablement hétérogène d'états délirants au long cours qui, selon la nosologie française, se distinguent en particulier des schizophrénies par l'absence de dissociation, et des démences par l'absence d'affaiblissement intellectuel.
Les délires chroniques sont caractérisés également par leur systématisation relative, l'absence d'évolution vers des formes dites déficitaires (bien que ce critère ne soit pas absolu) et leur apparition tardive après 30 ans.
Pendant longtemps, en milieu anglo-saxon, ils ont été pour la plupart considérés comme des formes schizophréniques. Cette conception extensive à l'excès est devenue plus restrictive. La CIM-10 de l'OMS exclue notamment "la schizophrénie paranoïde" des "troubles délirants persistants".
La même CIM-10 admet que "la part respective des facteurs génétiques, des caractéristiques de la personnalité et des facteurs de stress psychosociaux dans la survenue de ces troubles est encore incertaine et probablement variable".

Étym. lat. delirium : délire

délire chronique (éléments d'un) l.m.

Dépendant pour une grande part de la mise en confiance d'un patient souvent réticent, voire opposant, ensemble des éléments constitutifs du délire classiquement envisagés :

- mécanismes d'élaboration : illusions, interprétations, hallucinations, intuitions, imagination;
- thèmes : persécutoires, fantastiques, hypocondriaques, etc. ;
- systématisation ou "logique" du délire : "vertébré", flou, diffluent ;
- richesse ou pauvreté ;
- caractère convergent ou divergent : suivant que le délire n'atteint que le patient ou également les autres ;
- conviction : le malade vit-il son délire ? critique ou ébauche de critique ? quel est l'"indice de réalité" qui persiste ?
- réaction : adaptée ou non, démarches d'investigation, de contrôle, de défense, de revendication, attitude d'écoute, etc. ;
- dangerosité éventuelle : à l'égard de soi-même ou d'autrui ;
- attitude de l'entourage, surtout familial : p. ex., le patient répond-il à une certaine fonction dans le groupe ? degré d'émotion exprimé par ce dernier ? coopération ?

Étym. lat. delirium : délire

délire paranoïaque chronique l.m.

delusional disorder (DSM-IV)

Système délirant "durable et impossible à ébranler, qui s'instaure avec une conservation complète de la clarté et de l'ordre dans la pensée, le vouloir et l'action" (E. Kraepelin, à partir de 1899).
L'organisation de ces délires cohérents, systématisés, en général interprétatifs, est "vertébrée", pseudologique, à type de plaidoyer (revendication, procédures, etc.), accompagnée d'une conviction le plus souvent massive, dogmatique. La faille dans le jugement est parfois difficile à trouver, car elle réside dans les prémisses d'un postulat initial. Se présentant comme relativement plausibles, avec un pouvoir de communication et de persuasion, il peut s'agir de délires à deux ou de psychoses collectives.
On recherchera les éléments d'une personnalité paranoïaque.

Étym. lat. delirium : délire

délire d'interprétation, délire passionnel, délire de persécution, délire de relation des sensitifs, délire de revendication, érotomanie

gène de structure l.m.

structural gene

Gène dont le produit est selon les cas un ARN, un ARN de transfert, un ARN ribosomique, une protéine de structure ou un enzyme.
Son expression est généralement contrôlée par un gène de régulation.

gène de ménage, ARN, ARN de transfert, ARN ribosomique, gène de régulation

[Q1]

Édit. 2018

glycoprotéine de structure l.f.

structural glycoprotein

Macromolécule de la matrice intercellulaire synthétisée in situ par les cellules mésenchymateuses dans les tissus conjonctifs, présente dans les membranes basales et dans les espaces intercellulaires.
Ces glycoprotéines peuvent se combiner avec des protéines fibreuses, comme le collagène ou l'élastine, ou avec des protéoglycanes et interviennent ainsi dans l'organisation tridimensionnelle de la trame fibreuse et dans le positionnement des cellules au sein du tissu conjonctif. Certaines sont bien identifiées, telles la laminine ou la fibronectine.

 laminine, fibronectine

hétérozygote de structure l.m.

structural heterozygote

Cellule, tissu, organe ou organisme dans lequel un des chromosomes d'une paire d'homologues présente un remaniement chromosomique, l'autre étant normal; leurs allèles aux différents locus peuvent être identiques.
On peut observer des hétérozygoties de structure multiples chez un même organisme.

Étym. gr. heteros : autre, zugon : paire

Syn. hybride de structure

[Q1]

hybride de structure l.m.

hétérozygote de structure

[Q1]

structure n.f.

structure

En médecine, mode d’arrangement d’un organe.
P. ex. structure d’un os.

Étym. lat. structura : arrangement, disposition:

structure d'accueil des urgences (SAU)l.f.

hospital emergency medical welcome

Au sein d'une formation hospitalière publique ou privée, structure qui assure l'accueil des patients amenés par divers services (SMUR, sapeurs pompiers, ambulances privées) ou se présentant d'eux-mêmes, spontanément ou orientés par leur médecin, par le SAMU ou par un autre centre de soins.
Le service d'accueil assure le tri-catégorisation (diagnostic rapide mais déjà assez complet), la mise en condition, les soins de première urgence et aussi, dans le cadre des soins ambulatoires, les soins immédiats d'une consultation de porte (petite chirurgie), en particulier en dehors des heures d'ouverture des consultations des services hospitaliers. Il assure éventuellement l'orientation rapide vers une formation hospitalière et un service spécialisé mis en alerte qui donnera les soins appropriés.
L'accueil nécessite un espace défini de surface suffisante, un plateau technique (salles d'examen, de petite chirurgie, de déchocage, d'imagerie, radiologie, échographie, etc.). Il doit disposer de liaisons nombreuses et de personnel administratif, médical et paramédical habitué à l'urgence pour assurer la permanence du fonctionnement avec des moyens suffisants à toute heure du jour et de la nuit (équipes de garde), avec possibilité d'être renforcés en cas de besoin (astreintes et, en cas d'afflux massif de blessés, rappel de personnel supplémentaire).
Les décrets du 30 mai 1997 et les récentes circulaires du Ministère de la Santé tendent à
distinguer :
- les SAU avec permanence 24 h/24, plateau technique opérationnel (y compris le scanner) et présence de praticiens qualifiés ;
- les SAU de proximité des petits hôpitaux (unités de proximité, UP) à plateau technique plus restreint et en relations avec les SAU ;
- les unités spécialisées (pôles spécialisés d'urgence, POSU), en pédiatrie, par ex.

SMUR

structure démographique l.f.

demographic structure

structure d'une population

structure de réanimation l.f.

intensive and critical care structure

Structure qui reçoit des patients présentant une ou plusieurs défaillances viscérales aigües pouvant mettre en jeu le pronostic vital à court terme et ce, pour une durée variable mais souvent prolongée, et devant répondre à des critères précis (circulaire du Ministère de la Santé du 7. 2. 89 - Définition de la Société de Réanimation de Langue Française).
Elle a pour caractéristiques :
- locaux spécialement aménagés (nombre minimal de lits : 8, nombre maximal : 20) ;.
- proximité d'un plateau technique important et complet ;
- permanence médicale sur place 24 h/24, qualifiée et spécifique (c'est-à-dire ayant en charge uniquement des malades de réanimation) ;
- $ermanence soignante assurée par du personnel expérimenté en nombre suffisant affecté uniquement au service.
Des critères fonctionnels permettent de juger de l'activité de ces structures : indice de gravité élevé des patients hospitalisés, pourcentage des patients nécessitant une assistance ventilatoire supérieure à 30%. Pourcentage de patients nécessitant une assistance ventilatoire d'au moins 48 h. supérieure à 20%. Coefficient d'occupation compatible avec de puissantes possibilités d'accueil.
On doit distinguer les structures de réanimation (services ou unités de réanimation médicale, cardiologique, chirurgicale, médicochirurgicale polyvalente, pédiatrique) des unités de soins intensifs et des unités de surveillance continue.

structure d'une population l.f.

Composition d’une population selon diverses caractéristiques démographiques (sexe, âge, état matrimonial, etc.) ou sociologiques (degré d’instruction, activité économique, etc.).
Les structures s’expriment généralement en ramenant le total de la population d’un territoire à un nombre rond de façon à faire apparaître les taux des catégories particulières ; par exemple, la population française compte en 1990 14% de personnes de plus de soixante- cinq ans.

Syn. structure démographique

structure d'une population par âge l.f.

Répartition des sujets d’une population par classes d’âge.
Elle est généralement indiquée séparément pour les sujets de sexe masculin et féminin.

structure vestigiale l.f.

vestigial structure

reliquat embryonnaire

structure en épingle à cheveux l.f.

Syn. boucle en épingle à cheveux, épingle à cheveux

boucle en épingle à cheveux

[Q1]

Édit. 2019

délire n.m.

delusion

Désordre des facultés mentales avec désorientation dans l'espace et le temps, perte de la faculté de raisonnement, hallucinations, et conduite irrationnelle mais conservation, en général, des perceptions tactiles (douleur, chaud, froid).
Un délire est constitué par une ou plusieurs idées délirantes qui peuvent se maintenir ou s'enrichir. De nombreux états morbides avec hyperthermie ou des intoxications (ex. atropine, alcool) sont accompagnés de délire. Il en est de même de certaines atteintes cérébrales et lors de troubles psychiatriques.
L'idéation délirante comporte le plus souvent une conviction ou croyance absolue, inaccessible à la critique et aux preuves de la réalité. Cependant, cette adhésion délirante peut apparaître moins absolue, voire traitée avec un relatif détachement, comme on l'observe chez certains schizophrènes.

Étym. lat. delirium : délire

délire à deux ou à plusieurs l.m.

delusion shared

Délire le plus souvent à type de persécution, partagé par deux ou plusieurs individus : couple ou plutôt deux femmes vivant en commun dans un relatif isolement (mère-fille ou sœurs).
Initialement, était retenue la communication du délire par un élément inducteur à un élément passif influençable, la séparation permettant la guérison de ce dernier ("folie à deux", Ch. Lasègue et J. Falret, 1877). Par la suite, ce délire "communiqué" a été différencié du délire simultané, survenant en même temps chez deux individus prédisposés sous l'effet de causes occasionnelles ; la séparation n'aurait ici aucune influence sur l'évolution du délire et le pronostic reste donc réservé.
En fait, il y a induction réciproque dans l'élaboration du délire, bien plus souvent qu'induction à sens unique.

Ch. Lasègue, membre de l’Académie de médecine et J-P. Falret, aliénistes français (1877)

Étym. lat. delirium : délire

contagion mentale

délire aigu l.m.

acute frenzy

Entité nosographique française ancienne, d'une extrême gravité, décrite comme une complication d'états psychotiques surtout aigus (psychoses alcooliques, confusions mentales infectieuses, catatonies sévères, notamment).
L'intense agitation hallucinatoire et anxieuse et la sitiophobie s'accompagnent d'une hyperthermie et d'une déshydratation avec troubles hydroélectrolytiques et hyperazotémie (encéphalite psychosique aigüe hyperazotémique, E. Toulouse, L. Marchand et A. Courtois, à partir de 1929).
Grâce aux moyens de traitement actuels et à l'évolution de la pathologie, cette réaction , catastrophique a pratiquement disparu.

L. Marchand, A. Courtois, E. Toulouse, neuropsychiatres français (1935) L. Calmeil, neuropsychiatre français (1859)

Étym. lat. delirium : délire

délire aigu puerpéral l.m.

acute puerperal delirium

Manifestation psychotique des suites de couches, sous forme d'un syndrome confusionnel, associé à des phénomènes oniriques, hallucinatoires et délirants apparaissant quelques jours après l'accouchement ou sous forme d'un état mélancolique avec épisode dépressif plus tardif.

Étym. lat. delirium : délire

Syn. psychose puerpérale

délire alcoolique subaigu l.m.

alcohol-induced subacute psychotic disorder

alcoolique aigüe et subaigüe (psychose)

délire de filiation l.m.

delusion of filiation

filiation (idées délirantes de)

délire de jalousie l.m.

jealousy delusion

Forme majeure de la jalousie pathologique, comportant une conviction erronée, systématique et inébranlable d'être trompé, apparaissant sans motif valable, avec fréquente ou même incessante recherche de "preuves" par le patient (un homme en général) et véritables interrogatoires policiers.
Il est vrai qu'un processus sans retour peut également être observé à partir d'éléments réels, ou que la partenaire harassée en arrive à réaliser ce qui ne l'avait pas été : source de catastrophe.
Des actes médicolégaux sont possibles, avec même parfois meurtre du partenaire ou du rival supposé (comme l'Othello, de Shakespeare).
Ces états psychotiques paraissent moins fréquents chez l'alcoolique que classiquement. Ils peuvent alors trouver leur source dans une hypothétique homosexualité latente, ou plutôt dans le retentissement affectif d'une impuissance sexuelle liée à l'intoxication chronique.
Quoi qu'il en soit, le délire de jalousie a été classé par G. de Clérambault (1921), avec l'érotomanie et le délire de revendication, parmi les délires passionnels ou "en secteur", que la personnalité soit paranoïaque ou non. Un état schizophrénique est aussi observé.

G. G. de Clérambault, psychiatre français (1921) ; O. Bombarda, psychiatre portugais (1896)

Étym. lat. delirium : délire

délire de négation l.m.

delusion of negation, nihilistic delusion, nihilism

Idées délirantes de non-existence s'appliquant le plus souvent à un organe ou à une fonction et qui peuvent aussi concerner le patient lui-même, sa famille, voire l'univers entier ou une partie du monde.
Non spécifiques d'un trouble, elles peuvent se retrouver dans la confusion mentale, les démences, les délires paranoïdes ou paranoïaques. Mais classiquement, elles sont surtout une forme clinique de l'accès mélancolique, le syndrome de Cotard, qui repose sur le trépied sémiologique devenu rare : délire de négation d'organe ou de fonction, idées délirantes de damnation et d'immortalité.
Aujourd'hui, les idées de négation se rencontrent surtout dans les formes délirantes de dépression et les états délirants hypocondriaques, schizophrénies et psychoses paranoïaques en particulier.
D'autres idées de négation sont plus fréquentes, notamment dans les schizophrénies : négation d'identité, d'appartenance familiale.

J. Cotard, neuropsychiatre français (1880)

Étym. lat. delirium

schizophrénie, délire chronique, Cotard (syndrome de)

[H3]

Édit. 2018

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