infarctus cérébral (anatomo et physiopathologie, étiologie) l.m.
cerebral infarct (anatomo and physiopathology, etiology)
Ischémie cérébrale appelée aussi ramollissement ou encéphalomalacie, génératrice d'une nécrose circonscrite irréversible et d'un œdème qui peut rester réversible.
L'obstruction vasculaire n'est pas toujours décelée au voisinage de l'infarctus : délitement d'une embolie, ischémie de mécanisme hémodynamique révélant une faille dans les dispositifs de suppléance en face d'une oblitération vasculaire située à distance.
L'aspect grisâtre de l'infarctus efface la distinction entre substance grise et substance blanche. Habituel dans une obstruction veineuse (phlébite cérébrale), le ramollissement rouge peut aussi se produire fréquemment à la levée de l'obstacle lors des infarctus par oblitération artérielle, avec appel à des suppléances. La tomographie d'émission de positons (PET) a pu montrer le contraste entre l'effondrement du métabolisme oxydatif dans la zone infarcie et le maintien du débit circulatoire régional (perfusion de luxe).
Sont principalement en cause les cardiopathies emboligènes (rétrécissement mitral, fibrillation auriculaire, communication interauriculaire) et l'athérome des artères cervicales à destination céphalique. C'est dire l'importance de l'enregistrement du rythme cardiaque (Holter), de l'échographie cardiaque et de l'examen des vaisseaux du cou (Doppler, échotomographie). Des anomalies structurelles des artères (dysplasie fibromusculaire, moya moya), des dissections artérielles spontanées ou traumatiques, diverses artérites (Horton, Takayashu, etc.), certaines affections génétiques ((hémocystinurie, maladie de Fabry, CADASIL) interviennent exceptionnellement.
Les contraceptifs oraux, la drépanocytose, une polyglobulie, les déficits en inhibiteurs de la coagulation (antithrombine III, protéine C, protéine S) constituent des facteurs favorisants.
Étym. lat. infartus (terme de cuisine) : enfarci (bourré avec de la farce) ; le c de infarctus est une faute d'orthographe latine.
cardioversion par choc électrique l.f.
electrical countershock, cardioversion
Traitement ayant pour but de régulariser le rythme cardiaque et de restaurer un rythme sinusal en délivrant à l'ensemble du myocarde une stimulation électrique brève (5 ms) avec une énergie comprise entre 200 et 400 joules à l'aide d'un défibrillateur et d'électrodes placées sur l'aire précordiale (choc externe) ou directement sur le cœur à thorax ouvert, p. ex. en fin d'intervention cardiaque sur en cœur en état de fibrillation.
En urgence, devant un arrêt cardiaque en fibrillation ventriculaire, le choc est délivré sans prémédication. Pour une tentative de régularisation programmée d'une arythmie avec fibrillation auriculaire, p. ex., le traitement se fait en unité de soins intensifs cardiologiques sous anticoagulation soigneuse préalable, à moins d'une vérification échocardiographique transœsophagienne de l'absence de thrombus dans les cavités cardiaques, avec contrôle de la kaliémie et de l'absence de contrindication pour une anesthésie générale de courte durée. Si le choc est efficace, le rythme sinusal est rétabli immédiatement. En cas d'un premier échec, un ou plusieurs chocs de plus forte énergie peuvent être délivrés.
Étym. gr. kardia : cœur ; lat. médiéval versio : retournement
[K2,G5,B4]
choc n.m.
shock
1) En accidentologie et en général, effet produit par un coup.
Il entraîne la projection du corps choqué ou sa déformation, réversible (choc élastique avec production de vibrations, voire d'une onde de choc dans le corps) ou irréversible qui produit des dommages et des écrasements si l'on dépasse une certaine limite.
2) En médecine, syndrome consécutif à une désadaptation du contenant cardiocirculatoire et du contenu sanguin. Il entraîne des troubles microcirculatoires et de l'utilisation de l'oxygène, avec augmentation de la lactacidémie, témoin du métabolisme anaérobie : c'est l'état de choc.
Même si le point de départ est local (ex. levée de garrot), les déchets toxiques, libérés dans le sang et transportés par la circulation dans tout l'organisme, produisent des lésions cellulaires et des troubles microcirculatoires. L'évolution se fait en trois temps.
1) En général, intense réaction neurovégétative avec production de catécholamines entraînant une vasoconstriction générale (choc froid), sauf dans les territoires à structure privilégiée du cœur et du cerveau. Si le système neurovégétatif est paralysé le sang artériel va directement vers les veines court-circuitant les capillaires (choc chaud).
2) Vasoplégie générale : l'endothélium capillaire a été lésé et a laissé fuir le plasma vers les tissus, ce qui augmente le collapsus et mène à l'arrêt cardiaque en quelques heures.
3) Même si le traitement a pu momentanément rétablir la situation, la défaillance multiviscérale apparaît après un intervalle libre de quelques jours (les reins sont bloqués, les poumons œdématiés, une fibrinolyse possible, etc.), l'issue fatale est très difficile à éviter : le choc est dit «irréversible».
L'exploration hémodynamique avec cathétérisation du cœur droit (cathéter de Swan-Ganz) permet de mesurer le débit cardiaque et les résistances circulatoires : ces données sont utiles pour classer le choc et guider le traitement.
Étym. moyen néerlandais schokken : heurter, recevoir un coup
→ classification des états de choc, état de choc, collapsus, défaillance multiviscérale généralisée, rein de choc, poumon de choc, classification des états de choc, syndrome de choc
[N1,K2]
choc affectif l.m.
affective shock
Traumatisme psychique (manifestations immédiates ou rapprochées), traumatisme psychique et évènement exceptionnel.
[H4]
choc allergique l.m.
allergic shock
[N1,G1]
choc amphétaminique l.m.
amphetaminic shock
Psychostimulation à visée thérapeutique, recherchée par injection rapide d'une amphétamine.
Blocages ou réticences, surtout chez des hystériques ou des schizophrènes, mais aussi dépression, hypocondrie et alcoolisme névrotique : telles étaient après le travail princeps de E. Davidoff (1936), les indications principales de cette méthode.
Mais les contrindications de ce puissant sympa
E. Davidoff, psychiatre américain (1936)
Syn. all. weckanalyse (wecken : éveiller)
[H3,G5]
choc anaphylactique l.m.
anaphylactic shock.
État de choc brutal de mécanisme immuno-allergique (réaction d'hypersensibilité immédiate de type I avec l'intervention de complexes antigène-anticorps, les anticorps sont les plus souvent des immunoglobulines E), traduisant un contact préalable, passé souvent inaperçu.
Il survient souvent sur terrain prédisposé (accidents allergiques antérieurs, atopie), après l'ingestion ou l'injection de certains produits (aliments, antibiotiques, curares, vaccins, hormones, antalgiques, produits iodés, venins d'hyménoptères, produits de désensibilisation, latex, etc.). Les délais d'apparition varient de 2 à 20 min et plus. Les signes cliniques sont ceux du choc vasogénique (ouverture des shunts précapillaires et effondrement des résistances vasculaires), c'est un choc chaud. Les signes associés peuvent comprendre : tachycardie, urticaire, éruptions, bronchospasme, œdème laryngé (œdème de Quincke), diarrhée.
L'évolution peut être mortelle par collapsus et arrêt cardiaque. Le traitement d'urgence consiste en l'administration d'adrénaline par voie sous-cutanée, endotrachéale et surtout intraveineuse (chez l'adulte, 0,25 à 1 mg dilué dans 10 mL de solution sodée physiologique, en injection lente, à répéter si besoin). Pour la prévention d'accidents ultérieurs, une enquête allergologique doit toujours être entreprise afin d'identifier la substance en cause.
Étym. gr. ana : contraire de ; phulaxis : protection : anaphylaxie = qui fait le contraire d'une protection
→ choc, envenimation
choc anaphylactoïde l.m.
anaphylactoid shock
État de choc se distinguant du choc anaphylactique par sa pathogénie non-immunologique, il est dû à une libération d'histamine et de leucotriènes par les leucocytes basophiles ou à d'autres modes de libération chimique d'histamine.
Le choc anaphylactoïde peut être dû à une activation du complément par voie alterne.
Le traitement d'urgence est le même que celui du choc anaphylactique mais la prévention est différente.
Étym. gr. ana : contraire de ; phulaxis : protection : anaphylaxie = qui fait le contraire d'une protection
→ anaphylactique (choc), anesthésie (accident)
[N1,G1]
choc apexien l.m.
heart apical beat
Mouvement systolique de la pointe du cœur perçu normalement par la palpation du 4e ou 5e espace intercostal gauche.
Il peut être difficile à percevoir chez l’obèse. Certains états pathologiques modifient le choc apexien soit dans son siège, soit dans son aspect (choc en dôme, choc étalé, choc en masse).
[N1,K2]
choc bactériémique l.m.
bacteriemic shock
État de choc causé par une infection ayant entraîné une insuffisance circulatoire aiguë à composante vasogénique essentielle et parfois hypovolémique ou cardiaque, qui constitue la réponse de l'organisme à des toxines bactériennes (endotoxines lipopolysaccharidiques de germes à Gram-, exotoxines de germes Gram+, acide teichoïque).
Cet état de choc est associé à une hyperthermie (parfois une hypothermie), à un collapsus, à une tachycardie, à des troubles digestifs (diarrhée) ou à des signes neuropsychiques (encéphalopathie septique). Les extrémités peuvent être chaudes (choc chaud).
→ défaillance multiviscérale généralisée
[G1,D3]
choc cardiogénique l.m.
cardiogenic shock
État de choc apparaissant après une chute importante et durable de la pression artérielle (collapsus) due à une atteinte primitive de la pompe cardiaque.
L'insuffisance cardiaque primitive relève d'une réduction de l'éjection systolique par diminution de la capacité d'admission diastolique ou troubles du rythme cardiaque. Les résistances périphériques sont normales ou modérément élevées, la pression veineuse centrale et la pression capillaire pulmonaire sont élevées. Les causes sont nombreuses :
- infarctus du myocarde à la phase aiguë ;
- cardiopathie dilatée, myocardite, valvulopathies évoluées non traitées ou traitées chirurgicalement trop tard, troubles du rythme, suites postopératoires de chirurgie cardiaque ;
- gêne à l'éjection ventriculaire gauche ;
- gêne à l'éjection ventriculaire droite.
Le traitement est étiologique .
[G1,K2]
choc chaud l.m.
worm shock
État de choc caractérisé par une peau chaude : la pression artérielle est normale ou abaissée, les résistances périphériques sont abaissées (ouverture des shunts capillaires).
[G1,D3]
choc circulatoire l.m.
circulatory shock
État de choc apparaissant à la suite d'une insuffisance circulatoire aiguë qui ne permet pas aux tissus de recevoir la quantité d'oxygène nécessaire à leurs besoins.
Le diagnostic se fonde sur trois critères :
- Abaissement de la pression artérielle systolique < 90 mm de Hg ou de la pression moyenne < 70 mm de Hg ne répondant pas immédiatement au remplissage.
-Altération de la perfusion des organes avec notamment signes de souffrance encéphalique, oligurie, et élévation des lactates au-dessus de 2 mmol/L.
- Ralentissement manifeste de la circulation cutanée (marbrures).
[G1,K2]
choc colloïdoclasique l.m.
colloidoclasic shock
Type de choc, englobant essentiellement les chocs anaphylactique et anaphylactoïde.
Fondé sur une pathogénie périmée de «déséquilibre» des colloïdes du sang, ce terme est désuet et déconseillé.
[G1,N1]
choc compensé l.m.
[G1,N1]
choc de combat l.m.
Etats confusionnels, psychotiques, dépressifs ou troubles majeurs du comportement réactionnels à un combat de guerre.
Les expériences des derniers conflits ont montré que si la "fatigue" et le "choc du combat" peuvent se présenter sous des aspects cliniques comparables, parcourant l'ensemble de la symptomatologie psychiatrique, leur pronostic à court terme est différent. Les manifestations liées à la première apparaissent après des combats de moyenne ou faible intensité, engagés depuis 48 à 72 heures. D'assez bon pronostic, avec de bonnes chances de réponse à un traitement mis en œuvre rapidement et à proximité des lignes, elles s'opposent à celles du second, d'apparition immédiate dans des combats intenses, et qui sont de mauvais pronostic.
→ PTSD
[G1,H3]
choc décompensé l.m.
[G1,N1]
choc de levée de garrot l.m.
tourniquet' shock
État de choc apparaissant lors du relâchement d'un garrot laissé serré plusieurs heures.
La pose d'un garrot sur un membre et l'arrêt circulatoire local qui en résulte entraînent la production de déchets cellulaires toxiques qui s'accumulent dans le membre. La levée du garrot après six heures les libère dans la circulation générale où ils produisent un collapsus cardiovasculaire immédiat qui induit le développement d'un état de choc, souvent mortel. La formation des secouristes faite dans les pays occidentaux rend cet accident exceptionnel.
Ch. Roubier, médecin militaire français (1918)
[G1,N1]
choc électrique l.m.
electric shock
Application thérapeutique sur le cœur pendant une fraction de seconde, d’un courant électrique produit presque toujours par la décharge d’un condensateur.
Le courant électrique traverse le cœur entre deux électrodes qui peuvent être placées directement sur le massif ventriculaire à thorax ouvert (choc électrique interne) ou être placées sur la paroi thoracique de part et d’autre du cœur (choc électrique externe). Le choc électrique est destiné à faire cesser soit un trouble rythmique ventriculaire (tachycardie ventriculaire, flutter ventriculaire, fibrillation ventriculaire) soit un trouble rythmique auriculaire (fibrillation ou flutter). Il agit en dépolarisant simultanément toutes les cellules myocardiques, le rythme sinusal se rétablissant ensuite spontanément. La réanimation par choc électrique d’un rythme cardiaque organisé porte le nom de cardioversion.
[K2,G5]
choc émotionnel l.m.
emotional shock
Se disait des conditions de survenue des névroses de guerre observées après le premier conflit mondial.
Le concept est actuellement abandonné, ainsi que la théorie mécaniste de l'ébranlement post-commotionnel" qu'il prolongeait, au profit de celui, à contenu psychodynamique, de traumatisme psychique
A. Fribourg-Blanc et M. Gauthier, neuropsychiatres militaires français (1935)
[H3,N1]
choc endocavitaire l.m.
Impulsion électrique de défibrillation délivrée par une sonde intracardiaque spécifique temporaire ou d’un défibrillateur.
[K2,G5]
choc en dôme l.m.
Choc perçu par la main palpant la pointe du cœur, généralement abaissée jusqu’au sixième ou septième espace intercostal gauche : choc systolique brusque et violent, donnant parfois la sensation d’une balle se durcissant.
C’est un signe d’insuffisance aortique sévère.
[K2,N1]
choc fœtal l.m.
fetal shock, acute fetal distress
Etat de souffrance aigüe résultant d'une anoxie ou d'une hémorragie, pendant la grossesse ou le travail d’accouchement.
[N1,O3,O6]
choc froid l.m.
cold shock
Choc caractérisé par une peau froide : la pression artérielle est basse et les résistances vasculaires sont élevées.
→ choc, choc (classification des)
[N1,G1]
choc hémorragique l.m.
haemorrhagic shock
Choc hypovolémique dû à une hémorragie intéressant près du tiers de la masse sanguine. Il apparaît d'autant plus facilement que la perte sanguine est plus rapide.
Ce choc peut succéder à un collapsus hémorragique insuffisamment compensé ou s'établir insidieusement à la suite d'hémorragies prolongées ou répétées. Il est le modèle du syndrome de choc : tant que la pression artérielle se maintient à peu près, il est compensé, ensuite, si l'hémorragie ne peut être maitrisée, vient le choc décompensé (pression inférieure à 80 mm de Hg). Le pouls est rapide, mal frappé, les extrémités livides. Les troubles microcirculatoires sont manifestes (téguments marbrés, cyaniques et, après la pression, ongle lent à se recolorer), les signes généraux sont évidents (tachypnée, sueurs froides et diffuses, oligurie, agitation, anxiété), la conscience subsiste assez longtemps. Le traitement associe un remplissage vasculaire sous surveillance, la perfusion d'hématies, etc.
→ choc, choc (classification des)
[F1,G1]