Crohn (arthrite de la maladie de) l.f.
Atteinte inflammatoire présente chez près de 40% des malades atteints de maladies de Crohn, touchant suivant les cas certaines articulations périphériques (genoux et chevilles essentiellement) ou les articulations axiales (sacro-iliaques, rachis).
Les atteintes articulaires de la maladie de Crohn sont identiques à celles de la rectocolite ulcéreuse. Les arthrites périphériques peuvent être érosives et invalidantes; les atteintes axiales peuvent réaliser un tableau de pelvispondylite avec, dans près de 50% des cas, présence de l’antigène HLA-B27. Dans le cadre des atteintes ostéo-articulaires de la maladie de Crohn on décrit également des cas d’ostéoarthropathie hypertrophiante, des lésions granulomateuses osseuses et musculaires, des infections de hanche par fistulisation d’un abcès du psoas.
B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)
[L1]
index d'activité de la maladie de Crohn l.m.
Crohn’s Disease Activity Index (CDAI)
Indice d’évaluation de la sévérité des symptômes de la maladie de Crohn.
Cet indice repose sur les huit items :
- nombre de selles liquides et/ou solides par jour pendant sept jours,
- nombre et intensité des douleurs abdominales par jour pendant sept jours
- état de bien-être général par jour pendant sept jours,
- présence de complications extra-intestinales,
- prise de Lomotyl (diphénoxylate – atropine) ou d’opiacés pour diarrhée,
- présence d’une masse abdominale,
- hématocrite <0,47 chez l’homme et < 0,42 chez la femme,
- déviation du poids par rapport au poids standard,
Cet indice répartit les malades en catégories de gravité croissante.
W. R. Best, gastro-entérologue américain (1976) ; R. F. Harvey, médecin britannique (1980) ; P. R. Elliott, médecin britannique (1980)
Crohn (maladie de ) l.f.
Crohn’s disease
Affection inflammatoire chronique de l’intestin atteignant avec prédilection l’iléon terminal, le côlon et l’anus.
Elle s’observe surtout dans les pays développés avec une incidence annuelle de 5 à 10 pour 100 000. Sa cause est inconnue ; il existe une prédisposition génétique inconstante. Des facteurs environnementaux tels le tabagisme, une dysbiose du microbiote, des anomalies de la réponse immunitaire interviennent. Le stigmate histologique le plus caractéristique est le granulome épithélioïde observé dans la sous-muqueuse, mais présent que dans 30 % des cas. Elle évolue de manière cyclique avec poussées, rémissions et complications digestives (perforation, fistule, sténose)auxquelles s'ajoutent dans 40 % des cas des atteintes articulaires. Le traitement d’induction repose sur les anti-inflammatoires (5 ASA dérivés de l’acide amino-salicylique), les traitements nutritionnels et les immunomodulateurs de type anticorps anti-TNF ou ceux de nouvelle génération. Le traitement d’entretien destiné à maintenir une rémission prolongée repose sur les immunosuppresseurs classiques (Azathioprine et Methotrexate) et/ ou les immunomodulateurs. Le traitement chirurgical de résection ne met pas à l’abri des récidives et des complications dans l’intestin restant. Il doit être le plus économe possible ; ce risque conduit à réserver ce traitement aux échecs, à l’inefficacité ou aux contrindications du traitement médical.
B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)
Syn. iléite terminale
→ arthrite de la maladie de Crohn, index d'activité de la maladie de Crohn, dysbiose, microbiote, acide 5 aminosalicylique, Azathioprine, Methotrexate
[L1]
Édit. 2020
Crohn's Disease Activity Index (CDAI) l. angl.
index d’activité de la maladie de Crohn
W. R. Best, médecin américain (1976) ; R. F Harvey, médecin britannique (1980) ; P. R. Elliott, médecin britannique (1980) ; B. B. Crohn, gastro-entérologue américain (1932)
→ index d'activité de la maladie de Crohn, Crohn (maladie de)
[L1]
iléite de Crohn l.f.
Crohn’s ileitis
B. B. Crohn, gastroentérologue américain (1932)
Whipple (arthrite de la maladie de) l.f.
Whipple’s arthritis disease
Manifestation articulaire survenant chez 75% des malades atteints de maladie de Whipple.
Précédant souvent de plusieurs mois à plusieurs années les signes digestifs, ces arthrites sont polymorphes à type d’arthralgies, d’arthrites périphériques non érosives parfois pseudorhumatoïdes, d’arthrite sacro-iliaque ressemblant à celle des pelvispondylites. La biopsie synoviale peut révéler des inclusions intercellulaires et dans le cytoplasme des macrophages spumeux qui sont identiques aux inclusions bacilliformes PAS-positives de la muqueuse et de la lamina propria de l’intestin chez ces malades.
G. H. Whipple, anatomopathologiste américain, prix Nobel de Médecine de 1934 (1907)
arthrite n.f.
Atteinte articulaire inflammatoire
Une arthrite peut être aigüe, subaigüe ou chronique, porter sur une articulation (mono- arthrite), un petit nombre d’articulations (oligo-arthrite) ou de nombreuses articulations (polyarthrite), être d’étiologie infectieuse, immunitaire ou métabolique. L’atteinte articulaire des arthrites est initialement synoviale, pouvant s’étendre ensuite aux autres structures de l’articulation (cartilage, fibrocartilages, os sous-chondral).
Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation
→ arthrite bactérienne, polyarthrite
arthrite à bactérie à Gram négatif l.f.
arthritis with Gram-negative bacterium
Arthrite infectieuse causée par une bactérie à Gram négatif.
Chez l’adulte la plupart des arthrites à bactéries Gram négatif sont dues à des bacilles : Escherichia coli le plus souvent mais aussi Proteus, Serratia et, chez les sujets atteints d’hémoglobinopathies, Salmonella.
Étym. gr. arthron : articulation ; ite : inflammation
arthrite à l'adjuvant l.f.
arthritis in the adjuvan
Arthrite expérimentale produite dans certaines souches de rat par l’injection dans les coussinets plantaires des pattes d’adjuvant complet de Freund.
L’arthrite à adjuvant considérée au départ comme un modèle expérimental voisin de la polyarthrite rhumatoïde est surtout utilisée maintenant dans l’évaluation pharmacologique de l’action des substances anti-inflammatoires.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à mycobactéries atypiques l.f.
atypical mycobacteria arthritis
Arthrite pouvant causer une suppuration chronique, le plus souvent mono-articulaire.
Les mycobactéries atypiques constituent un groupe particulier de mycobactéries qui sont occasionnellement pathogènes, parmi lesquelles on distingue des formes photochromogènes, des formes scotochromogènes et des formes à croissance rapide.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
Syn. arthrite à bacilles paratuberculeux
arthrite à parvovirus l.f.
parvovirus arthritis
Polyarthrite aigüe pouvant compliquer chez l’adulte une infection par le parvovirus humain (HPV).
Responsable chez l’enfant de la cinquième maladie ou érythème infectieux, le parvovirus B19 peut chez l’adulte être responsable d’une polyarthrite aigüe ou subaigüe, plus fréquente chez la femme que chez l’homme, touchant les mains et les genoux mais aussi les poignets, les pieds, les coudes et les épaules, accompagnée parfois d’un discret qyndrome pseudo-grippal et d’un rash érythémateux. Rapidement résolutives le plus souvent, ces arthrites peuvent parfois persister des semaines ou des mois, ce qui peut poser un problème diagnostique délicat avec une polyarthrite rhumatoïde débutante. Dans certains cas, le virus a pu être isolé directement à partir du sang ou d’une articulation atteinte ; la présence d’anticorps IgM spécifiques, au décours de la phase aigüe ou pendant la convalescence, est très en faveur du diagnostic.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à Pasteurella multocida l.f.
Pasteurella multocida arthritis
Atteinte mono-articulaire inflammatoire contigüe à une cellulite, elle-même déclenchée par une morsure ou une griffure par un animal infecté par Pasteurella multocida.
Pasteurella multocida est un coccobacille à Gram négatif présent dans la flore orale de près de la moitié des Chiens et des Chats. Après la contamination, l’infection humaine se développe, en 48 heures, sous la forme d’une cellulite locale avec parfois tendinite ou arthrite de voisinage, fébricule, voire bactériémie. La pénicilline en est le traitement de choix.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite à Salmonella l.f.
Salmonella arthritis
Arthrite englobant deux ordres de faits différents : d’une part, les arthrites suppurées à Salmonella avec présence du germe dans l’articulation qui sont en fait le plus souvent des ostéo-arthrites et surviennent avec prédilection chez les sujets atteints de drépanocytoses, d’autre part les arthrites réactionnelles à Salmonella typhymurium qui, comme les autres formes d’arthrites réactionnelles, sont surtout le fait de sujets porteurs de l’antigène HLA- B27.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
→ arthrite réactionnelle, Salmonella
arthrite à Streptobacillus moniliformis l.f.
Streptobaccillus moniliformis arthritis
Atteinte polyarticulaire inflammatoire touchant les grosses articulations, survenant au cours des septicémies à Streptobacillus moniliformis secondaires à une morsure de rat et guérissant sans séquelles, même en l’absence de traitement antibiotique.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite avec enthésite l.f.
enthesitis-related arthritis
[I1,I4]
Édit. 2017
arthrite bactérienne l.f.
bacterial arthritis
Arthrite infectieuse causée par une bactérie présente dans l’articulation.
Les arthrites bactériennes peuvent être dues surtout à des pyogènes (staphylocoque, gonocoque, streptocoque, pneumocoque, méningocoque, bactéries à Gram négatif, Salmonella, Hemophilus influenzae surtout chez l’enfant, etc.), au bacille tuberculeux, à Brucella melitensis et, exceptionnellement, à des germes tels que Pasteurella multocida ou Streptobacillus moniliformis. L’infection articulaire résulte le plus souvent d’une diffusion hématogène. Elle peut aussi résulter d’une inoculation directe de l’articulation au cours d’une ponction ou d’une infiltration articulaire ou encore de la diffusion d’une infection de voisinage (ostéomyélite par ex.). Il faut enfin rapprocher des arthrites infectieuses l’infection survenant sur une prothèse articulaire de remplacement.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite brucellienne l.f.
brucellar arthritis
Ensemble des manifestations articulaires survenant au cours des brucelloses.
S’observant surtout dans les brucelloses à Brucella melitensis, il peut s’agir d’arthralgies fréquentes au cours de la période fébrile (d’où le terme de fièvre sudoro-algique), de mono- arthrites, de polyarthrites aigües, de spondylodiscites et d’arthrites chroniques suppurées pouvant ressembler aux arthrites tuberculeuses, touchant sacro-iliaque, hanche, poignet, etc., mais moins destructrices que ces dernières.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite chronique juvénile (OMS 1977) l.f.
Still’s disease
→ arthrite juvénile idiopathique
[I1,O2]
Édit. 2017
arthrite de l'acné conglobata l.f.
Arthrite destructive survenant chez des malades atteints d’acné conglobata.
Les arthrites de l’acné conglobata débutent généralement après l’acné ; elles peuvent être périphériques ou axiales touchant alors les sacro-iliaques et la colonne lombaire; elles peuvent continuer à évoluer alors que l’acné est apparemment guérie. L’acné conglobata peut s’accompagner également d’atteintes osseuses : hyperostose sternocostoclaviculaire, ossifications intersterno-costoclaviculaires, atteinte condensante localisée à un os (sternum, manubrium, clavicule, côte, os plat tel que le pubis, l’aile iliaque, os long, voire un corps vertébral). Certains ont proposé le regroupement de ces manifestation osseuses et articulaires sous le terme de SAPHO (Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose, Ostéite).
Étym. gr. akmê : pointe, efflorescence (faute de copistes pour acmé devenu acné) ; lat. conglobatus : mis en boule
[I1,J1]
arthrite de la colite ulcéreuse l.f.
Atteinte articulaire survenant dans environ 15 à 20% des colites ulcéreuses et évoluant sous la forme d’un rhumatisme périphérique, d’une sacro-iliite isolée ou d’une pelvispondylite rhumatismale
A côté de ces arthrites on peut observer l’association à la colite ulcéreuse d’autres manifestations ostéo-articulaires type ostéo-arthropathie hypertrophiante, hippocratisme digital et SAPHO
Syn. ovite, Acné pustuleuse Palmoplantaire, Hyperostose et Ostéite
→ arthrite réactionnelle, arthrites de l'acné conglobata, colite ulcéreuse
[L1,I1]
arthrite de l'agammaglobulinémie l.f.
Rhumatisme inflammatoire ressemblant à la polyarthrite rhumatoïde d’observation fréquente au cours des agammaglobulinémies congénitales liées au sexe (maladie de Bruton) et des agammaglobulinémies acquises (hypogammaglobulinémie à expression variable ou H
Le début des arthrites est plus précoce dans les formes congénitales d’agammaglobulinémie que dans les formes acquises. Ces arthrites sont polymorphes ; il peut s’agir de mono- arthrites touchant une grosse articulation (genou, hanche, coude, etc.), parfois d’une oligo- arthrite inflammatoire, ou encore d’une véritable polyarthrite généralement non érosive ressemblant à la polyarthrite rhumatoïde. Ces arthrites sont bien entendu séronégatives, c’est à dire latex et Waaler-Rose négatives. Dans certains cas elles répondent favorablement au traitement par les gammaglobulines.
[I1,F3,Q2]
arthrite de la lèpre l.f.
leprosy arthritis
Arthrite due à l’infection par Mycobacterium leprae.
Arthrite polymorphe, soit polyarthrite ressemblant à la polyarthrite rhumatoïde, souvent facteur rhumatoïde-positive, survenant au cours de la lèpre lépromateuse et accompagnée d’érythème noueux, soit lésions septiques contenant du bacille lépreux, souvent inaugurales de la maladie, touchant le tissu synovial. Ces arthrites doivent être distinguées des arthropathies nerveuses propres à la lèpre.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
→ lèpre
arthrite de la lymphogranulomatose vénérienne l.f.
lymphogranuloma venereum arthritis
Complication de la lymphogranulomateuse vénérienne se traduisant par une polyarthrite aigüe, guérissant en une à deux semaines, mais susceptible de récidiver en l’absence d’antibiothérapie.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
arthrite de l'amylose primitive l.f.
primitive amyloidosis (arthritis)
Complication rare de l’amylose primitive et de l’amylose associée à un myélome spécialement de type IgD, elle réalise un tableau qui ressemble à celui de la polyarthrite rhumatoïde.
Le « rhumatisme amyloïde » se caractérise par une atteinte peu inflammatoire touchant essentiellement les genoux, les poignets, les mains et les épaules où les dépôts para-articulaires réalisent un aspect particulier en épaulette avec hypertrophie visible de l’articulation. On peut aussi y observer des rétractions tendineuses avec déformation des doigts en demiflexion, des nodules sous-cutanés olécrâniens et un syndrome du canal carpien. L’histologie démontre l’existence de dépôts amyloïdes synoviaux et cartilagineux.
Étym. gr. amulon : amidon
→ amylose primitive systémique
[I1,N3]
Édit. 2017
arthrite de la rubéole l.f.
rubella arthritis
Complication de la rubéole s’observant surtout chez la femme à l’âge adulte.
Il s’agit de poly-arthralgies ou d’une véritable polysynovite pouvant ressembler à une polyarthrite rhumatoïde débutante, contemporaines de l’éruption ou lui succédant de peu et guérissant sans séquelles au bout de trois semaines d’évolution.
Le fait qu’exceptionnellement le rhumatisme rubéoleux puisse avoir une évolution prolongée jusqu’à un an et plus et que les réactions de détection du facteur rhumatoïde soient parfois positives au cours de la rubéole a pu faire discuter le rôle du virus de la rubéole comme agent étiologique possible de la polyarthrite rhumatoïde.
Étym. gr. arthron : articulation, ite : inflammation
→ rubéole