Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

31 résultats 

choc toxi-infectieux l.m.

→ choc septique, choc bactériémique

[G1,D1]

érythème « toxi-allergique » du nouveau-né l.m.

toxi-allergic erythema of the neonate

Eruption d'étiologie inconnue qui survient vers le 3ème ou 4ème jour de vie, formée de maculopapules érythémateuses, de pustules de quelques millimètres de diamètre.
Elle est généralisée en respectant les paumes et les plantes. Chaque lésion dure en moyenne 48 heures et des éléments nouveaux peuvent apparaître jusqu'au 15ème jour.

Étym. gr. éruthêma : rougeur de la peau

[J1,F3,O1]

Édit. 2018 

crèche collective l.f.

Etablissement social agréé par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales chargé de garder les enfants de moins de trois ans pendant la journée de travail de leur mère.
La crèche assure la nourriture, la surveillance du développement physique et psychomoteur de l’enfant et prépare l’enfant, dans une certaine mesure, à la vie collective. Les handicaps légers ne sont pas un motif d’exclusion.

→ crèche familiale

[O1,E]

dose collective l.f.

collective dose

Somme des doses individuelles reçues par un groupe de personnes, exprimée en homme-grays.
Elle se rapporte plus généralement à la dose équivalente, ou à la dose efficace dans un tissu ou organe particulier, et s’exprime en homme-sieverts.
En radioprotection on peut admettre que le nombre de cas pathologiques (p. ex. cancers) induits dans le groupe lui est proportionnel.

Étym. gr. dosis : action de donner, ce qui est donné (déverbal de didômi : donner)

panique collective l.f.

collective panic

Peur collective intense ressentie en même temps par tous les individus d'une population, caractérisée par la régression des consciences à un niveau archaïque, impulsif et grégaire, qui se traduit par des réactions primitives de fuite éperdue, d'agitation désordonnée, de violence ou de suicide collectif.
Les phases suivantes se succèdent : préparation, avec installation d'un climat d'inquiétude et d'appréhension ; choc, avec irruption d'angoisse et déclenchement d'un état de stress collectif ; réaction, avec vécu de terreur et adoption spontanée ou par contagion mentale de comportements moteurs impulsifs ; résolution, avec sédation de la peur, cessation de la réaction motrice, retour à la lucidité et à la critique, réapparition d'une interpsychologie d'entraîde et de prise de conscience.

→ catastrophes (réactions émotionnelles aux), guerre (troubles psychiques aigus de), obsidional, traumatisme psychique et évènement exceptionnel

psychose collective l.f.

collective delusion

Ensemble pathologique assez disparate, réuni par l'adhésion partagée, dans une population donnée, à un discours ou à des rumeurs délirants, devenus la propre réalité psychique de la population.
Selon J. Delay, la collectivité concernée se comporte comme une cellule nouvelle, unique et cohésive, véritable "personnalité en plusieurs personnes". Chacun des participants contribue au délire commun, dont le thème est généralement la persécution.
Seront seulement citées : les "épidémies" de possession démoniaque ou de délire mystique (ce dernier ayant par ex. suscité le suicide collectif de Guyana en 1978) ; les hallucinations collectives ; les psychoses de quartier (avec surtout incrimination du comportement de certaines ethnies) ; dans certains cas, les désignations de boucs émissaires et les lynchages (notamment après une catastrophe).
Les prédispositions individuelles, la nature et l'intensité du ou des facteurs déclenchants, la fragilité psychique du groupe en soi, l'identification de chacun à celui-ci et à un chef, agissent de façon très variée dans ces troubles et leur évolution. Quand il est possible, le retour à la vie sociale est habituellement difficile et douloureux.

J. Delay, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1967)

→ contagion mentale, délire à deux ou à plusieurs, océanique (sentiment, vécu), persécution (sentiment de).

[H3,H4]

réaction collective l.f.

collective reaction

Comportement collectif rencontré à l'occasion de catastrophes naturelles ou technologiques et de situations de guerre.
Selon les deux types d'attitude observés, on décrit des réactions collectives adaptées : évacuation en bon ordre, lutte contre la propagation du danger, entraide et organisation des secours, et des réactions collectives inadaptées : réactions "commotion-inhibition-stupeur" et panique collective, la plus redoutée.

réaction collective "commotion-inhibition-stupeur" l.f.

collective "shock-inhibition-stupor" reaction

Comportement collectif entrant dans le cadre des réactions collectives inadaptées, caractérisé par la déstructuration du groupe, l'inobservance de la discipline et la régression vers un mode archaïque de fonctionnement psychique.
De telles réactions sont observées principalement chez les survivants de catastrophes, que l'on voit émerger des décombres, sans initiative, hébétés sous le coup du choc émotionnel, et dont la seule mobilité consiste en un lent exode centrifuge les éloignant des lieux de la catastrophe. Anciennement décrites (Pompéi - 79 av JC, Lisbonne - 1755), elles ont aussi été observées lors des bombardements nucléaires de Hiroshima et de Nagasaki. Leur durée, de quelques heures, correspond au temps nécessaire à l'évacuation de la zone sinistrée et à la cessation de l'état de stupeur collective.

→ panique collective

restauration collective l.f.

Pratique alimentaire selon laquelle un groupe de personnes consomme dans le même espace de temps une alimentation semblable pour tous, préparée par un même entrepreneur.
Pour des raisons sociales, la restauration collective s’est beaucoup développée au cours de la dernière décennie dans les pays industrialisés et urbanisés. Les erreurs et les fautes d’hygiène dans la préparation des plats peuvent provoquer des toxi-infections alimentaires collectives.

→ hygiène alimentaire, salmonellose

aide alimentaire l.f.

food aid

A l’intérieur d’un système de protection sociale, secours alimentaire qu’une collectivité territoriale, une organisation privée assurent aux personnes dénuées de ressources.
Dans les relations internationales, secours planifié ou non, rémunéré ou non, qu’un pays accorde pour une durée plus ou moins longue, à un autre privé de ressources alimentaires suffisantes du fait d’une circonstance exceptionnelle : séisme, sécheresse, etc.

[E1]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à la banane l.f.

food allergy to banana

Allergie due à une fraction allergénique contenue dans la banane, détruite par le chauffage.
Des IgE spécifiques antibananes ont pu être mis en évidence. L'allergie à la banane peut être rencontrée chez des sujets allergiques au latex.

→ Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,R2]

Édit. 2017 

allergie alimentaire à l'œuf l.f.

hen egg allergy

Allergie à l’un des éléments constitutifs de l’œuf, essentiellement à l’ovalbumine du blanc d'œuf, un antigène majeur partiellement dénaturé par le chauffage.
Elle constitue la plus fréquente des allergies de l’enfant de moins de 3 ans, toucherait 1-2% des enfants d’âge préscolaire, commence à disparaître dans plus de la moitié des cas entre 3 à 5 ans, mais peut persister au-delà et jusqu’à l’âge adulte. Elle se manifeste surtout sous forme d’une dermatite eczémateuse ou urticarienne, parfois de troubles digestifs, d’œdème de Quincke voire d’un choc anaphylactique ; des signes respiratoires (rhinite, asthme) sont possibles, particulièrement chez les enfants plus âgés.
L’ovalbumine (186 aminoacides) qui constitue 64% du blanc de l’œuf est la protéine la plus fréquemment en cause, mais d’autres protéines du blanc (ovomucoïde...) et même du jaune, peuvent expliquer l’allergie. Celle-ci est ordinairement croisée entre œuf de poule et œuf de caille mais non avec l’œuf de cane. La tolérance de l’œuf cuit est possible. Des tests cutanés et les dosages d’IgE spécifiques peuvent être utiles au diagnostic et l’évaluation pronostique lors de l’évolution.
Il n’y a plus de contre-indication aux vaccinations courantes (rougeole, oreillons, rubéole..) du fait de l’éviction des protéines de l’œuf dans la préparation des vaccins, au moins en France. En principe l’œuf de poule doit être exclu de l’alimentation, en sachant qu’il est présent dans de nombreuses préparations alimentaires industrielles (la mention en est obligatoire sur les emballages). En milieu spécialisé et sous surveillance existent des possibilités d’immunothérapie par voie orale.  

[F3,R2]

Édit. 2017 

bol alimentaire l.m.

alimentary bolus, food bolus

Masse, grossièrement sphérique, de substance molle résultant de l’agglutination par la langue et la salive des particules alimentaires, produites par la mastication et prête à être déglutie.

→ bol

Édit. 2017

chaîne alimentaire l.f.

Succession d’espèces végétales et animales dont chacune se nourrit de la précédente.
Par exemple, herbe, vache et homme constituent une chaine alimentaire.
L’une des caractéristiques de ces chaines peut être la bioaccumulation qui fait que d’espèces en espèces, certains toxiques qui ne sont pas éliminés, se transmettent et se concentrent jusqu’à atteindre des taux dangereux pour la santé.

[E]

colorant alimentaire l.m.

food dye

Substance colorante introduite dans de nombreuses denrées alimentaires pour les rendre plus conformes aux habitudes, plus attractives et plus appétissantes.
Les colorants naturels et surtout les colorants de synthèse jouent un rôle important aussi bien en allergie alimentaire que dans certains accidents médicamenteux. L'industrie alimentaire consomme par ex. plus de 100 tonnes par an de tartrazine. Les colorants alimentaires peuvent être allergisants. Ils pourraient jouer un rôle dans 3 à 10% des urticaires chroniques.

[G3]

complément alimentaire l. m.

food supplement

Produit destiné à être ingéré en complément de l’alimentation courante afin de pallier l’insuffisance réelle ou supposée des apports journaliers (décret du 15 avril 1996).
Selon la directive européenne de 2002 (article 2) et le décret du 20 mars 2006, les compléments alimentaires constituent une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique ; ils sont seuls ou combinés et commercialisés sous forme de doses destinées à être prises en unités mesurées de faible quantité. Présentés sous des formes de gélules, comprimés, tablettes… ces produits se rapprochent insidieusement des médicaments.
Ils doivent répondre aux conditions administratives relatives aux denrées alimentaires en ce qui concerne la sécurité, la loyauté des informations aux consommateurs, etc.

[R2]

déchet alimentaire l.m.

food waste

Déchet résultant de l’utilisation par l’Homme des produits de son alimentation.
Aux déchets sont d’origine naturelle, végétale ou animale, ou industrielle comme les emballages en métal, verre, carton, etc. biodégradables on non.

Étym. lat. médiéval decadere, du lat ; cadere : tomber

→ déchet générateur de nuisance

denrée alimentaire l. f.

food stuff

Toute substance ou produit, transformé, partiellement transformé ou non, destiné à être ingéré ou raisonnablement susceptible d’être ingéré par l’être humain (règlement 1924/2006).
Cette définition englobe les boissons et toute substance intégrée intentionnellement dans les denrées alimentaires au cours de leur fabrication, de leur préparation et de leur traitement

eau destinée à un usage alimentaire l.f.p.

Eau de distribution publique, eau des fontaines réfrigérantes, eaux conditionnées utilisées comme boisson et pour la préparation des aliments

[C1,E1]

Édit. 2018

eaux destinées à un usage alimentaire l.f.p.

water for food use

Eau de distribution publique, eau des fontaines réfrigérantes, eaux conditionnées utilisées comme boisson et pour la préparation des aliments.

[C1, E1]

Édit. 2019

fausse route alimentaire l.f.

C. L. Mendelson, obstétricien et cardiologue américain (1946)

→ Mendelson (syndrome de), fausse route, fausse route de déglutition

[P1]

Édit. 2018

hygiène alimentaire l.f.

food hygiene

1) Partie de la médecine qui se consacre à la qualité sanitaire, microbiologique et toxicologique des aliments.
2) Ensemble des normes permettant d’assurer et de renforcer l’innocuité des aliments en vue de leur consommation par l’homme.
Elle s’intéresse à tous les aspects de la production à la consommation, en passant par la récolte, le traitement, le stockage, la distribution et la préparation. Elle porte également sur les causes possibles de toxicité (facteurs physiques, chimiques ou microbiologiques). Son contrôle est assuré par les services de l’Etat, les
directions départementales des affaires sanitaires et sociales, les services vétérinaires et le service de la répression des fraudes.

Étym. gr.Hugiéia : fille d’Asclépios

iléus alimentaire l.m.

food obstruction, food ileus

Occlusion intestinale mécanique provoquée par un corps étranger d'origine alimentaire (fragment d'os, noyau de fruits, accumulation de fibres, bézoard).

Étym. gr. eileos : iléon, partie enroulée de l'intestin (eilein : enrouler)

interdit alimentaire l.m.

food prohibition

Interdiction de la consommation d’un aliment particulier, faite autoritairement, sans ou avec justification médicale.
1) Le tabou peut s’imposer à un groupe de personnes, à une collectivité, à un groupe ethnique, pour des raisons religieuses, éthiques, traditionnelles : p ex. interdiction du porc, du poisson, des boissons fermentées, etc. L’interdit peut être permanent, ou limité à certaines périodes, certains jours, etc.
2) Régime alimentaire restrictif imposé à un malade par un médecin p. ex. le régime sans sel.
3) Interdiction d’aliments que se fait à soi-même une personne, p. ex. dans un but d’amaigrissement

→ diète

intolérance alimentaire non organique l.f.

non-organic food intolerance

Ensemble de réactions subjectives plus imprécises et fluctuantes que celles d'une intolérance organique.
L’intolérance organique, allergique, est mieux admise par le patient et les siens en raison de son origine exogène. Une épreuve de provocation alimentaire en double insu reste l'investigation la plus sûre de cet effet nocebo.
Une psychogénèse exclusive ne peut être retenue. En dehors d'une affection psychiatrique caractérisée, une relation médicale globale, "sur mesure", établie si possible par le généraliste, à type dominant d'éclaircissement et de soutien, doit être associée à des traitements symptomatiques adaptés.
Malgré la persistance de nombreuses questions, s'impose une démystification des courants qui étendent à l'excès l'effet allergique des substances alimentaires, valorisant les "produits naturels".

→ colopathie fonctionnelle

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