centre de transfusion sanguine l.m.
blood transfusion center
Les centres de transfusion sanguine ont été remplacés par des établissements de transfusion sanguine.
Cependant le centre de transfusion sanguine des armées a conservé cette dénomination.
→ établissement de transfusion sanguine, établissement français du sang
[F1]
établissements de transfusion sanguine l.m.p.
establishments of blood transfusion
Les établissements de transfusion sanguine exercent une mission de santé publique dans le cadre du service public de la transfusion sanguine.
Seuls, les établissements agréés par l'Etat sont autorisés à collecter le sang et ses composants, à préparer des produits sanguins labiles (arrêté du 17 septembre 1993 relatif à la liste des produits sanguins labiles) et à les distribuer, sous la direction et la responsabilité d'un médecin ou d'un pharmacien. En outre, ils ont vocation à développer toute activité liée à la transfusion sanguine, au conseil et au suivi des actes de transfusion. Ils peuvent être aussi autorisés, d'une part, à distribuer des médicaments dérivés du sang, et d'autre part, à titre accessoire, à exercer d'autres activités de santé, notamment des activités de soins et de laboratoire d'analyses de biologie médicale.
41 établissements de transfusion sanguine sont agréés. Ils ont le statut de groupement d'intérêt public ou d'association régie par la loi de juillet 1901. Le centre de transfusion sanguine des Armées est placé sous la tutelle directe du ministère de la Défense.
Sigle ETS
→ établissement français du sang, institut national de la transfusion sanguine
[E1,F1]
Édit. 2018
institut national de la transfusion sanguine (INTS) l.m.
national institute of the blood transfusion
Structure indépendante des établissements de transfusion sanguine, constituée dans le prolongement de la loi du 4 janvier 1993, créant l’agence française du sang, il a pour objectif l’amélioration de la sécurité transfusionnelle.
Ses activités sont dévolues à l'analyse, à la maîtrise et à la prévention des risques transfusionnels ainsi qu'à l'évolution de la transfusion sanguine et de la médecine transfusionnelle en France et dans le contexte européen.
INTS a été créé sous la forme juridique d’un groupement d’intérêt public constitué par
- l’établissement français du sang (remplaçant l’agence française du sang),
- l’Etat représenté par le ministère de la Santé,
- la caisse nationale d’assurance maladie.
Il se situe comme un interlocuteur, un partenaire et un référent dans le domaine de la transfusion sanguine, non seulement auprès de chacun de ses membres constitutifs, mais aussi : des autres acteurs publics de la sécurité sanitaire, des acteurs de la transfusion sanguine en matière de mise à disposition des produits sanguins labiles (PSL) et des médicaments dérivés du sang, des structures en charge d’enseignement, de formation et d’évaluation, des acteurs en matière d’utilisation des PSL, des sociétés savantes engagées en transfusion sanguine et hémovigilance.
→ établissement français du sang, établissements de transfusion sanguine
transfusion sanguine l.f.
blood transfusion
Transfert de sang ou de produits sanguins humains, d'un donneur à un receveur par injection intravasculaire.
On distingue l'autotransfusion (transfusion autologue), injection au patient de son propre sang prélevé au préalable, la transfusion homologue, injection de sang compatible provenant d'un autre humain. La transfusion hétérologue, injection de sang provenant d'un animal, est interdite depuis 1668.
La découverte des groupes sanguins 1(A B O en 1900, rhésus en 1940) a permis d'éviter les accidents d'incompatibilité sanguine mais elle n'a pas évité ceux dus à la transmission d'agents infectieux, notamment viraux pour lesquels des précautions spéciales doivent être prises concernant les donneurs et la manipulation du sang.
Une réglementation stricte doit être observée pour le prélèvement du sang, sa conservation et son administration.
La voie d'injection est généralement intraveineuse, les voies intra-osseuse ou intra-artérielle ont des indications spéciales. L'injection sous-cutanée de sang prélevée au patient (autohémothérapie) a été utilisée pour traiter des états allergiques, elle est actuellement abandonnée.
1K. Landsteiner, biologiste et médecin autrichien, prix Nobel de médecine de 1930
Étym. lat. transfusio : action de transvaser.
→ agglutinines irrégulières, autotransfusion, groupe sanguin, transfusion du nouveau-né, transfusion sanguine (accidents de la), transfusion sanguine (infections transmises par la)
transfusion sanguine (accidents de la) l.m.
blood transfusion-related complications
Complications secondaires à l'administration de produits sanguins homologues ou autologues, dérivés du sang ou du plasma, qu'ils soient labiles ou stables.
De gravité variable, ces accidents peuvent mettre en jeu la vie du patient. Ils peuvent être immédiats (immunologiques, métaboliques, infectieux, xénobiotiques) ou retardés (immunologiques, infectieux). La transfusion massive comporte des complications particulières.
Les complications immunologiques immédiates peuvent toucher les éléments cellulaires ou plasmatiques. Une incompatibilité au niveau des antigènes des érythrocytes est à l'origine d'une hémolyse qui peut être intra- ou extravasculaire. Le conflit antigène-anticorps au niveau des érythrocytes peut être lié à une erreur humaine (transfusion hétérogroupe) ou à la présence d'allo-anticorps immuns (agglutinines irrégulières). On rencontre aussi des réactions anaphylactiques, dues à des immunoglobulines IgG ou IgE, dont les causes sont multiples et qui s'observent surtout avec le plasma et les dérivés du plasma (albumine). Les réactions générales (frissons, hyperthermie) peuvent avoir une origine immunologique chez des patients déficients en IgA.
Les complications métaboliques (hypocalcémie, hyperkaliémie, acidose métabolique, augmentation de la phosphorémie et de l'ammoniémie) sont moins fréquentes grâce à l'amélioration des techniques de conservation. Les complications infectieuses immédiates sont surtout d'origine bactérienne (contamination du produit).
→ transfusion sanguine (infections transmises par la), transfusion du nouveau-né
transfusion sanguine (organisation de la) l.f.
blood transfusion
→ établissement français du sang, établissements de transfusion sanguine, institut national de transfusion sanguine
axes corporels embryonnaires (établissement des) l.m.p.
Axes antéropostérieur, dorsoventral et gauche-droite du corps de l’embryon qui se déterminent sur le disque embryonnaire tridermique en phase de gastrulation au cours de la 3ème semaine du développement.
L’axe antéropostérieur longitudinal et par conséquent le plan de symétrie bilatérale du futur adulte est déterminé par la formation de la ligne primitive. Les cellules situées dans la zone marginale postérieure du disque embryonnaire sécrètent une molécule activin-like (molécule TGF-bêta-like) qui induit le développement de la ligne primitive. Au pôle crânial ou rostral de cette ligne se creusent le sillon primitif et la dépression primitive surmontée d'un relief épiblastique, le nœud primitif de Hensen.
La topographie dorsoventrale s’établit une fois la ligne primitive formée. Le mésoblaste se développe ventralement pour constituer les ébauches rénales le sang et la paroi abdominale sous l’induction d’un membre de la famille du TGF-bêta (Transforming growth factor bêta), le BMP-4 (Bone Morphogenetic Protein 4) (cf. zone marginale postérieure du disque embryonnaire). Tout le mésoblaste se « ventraliserait » si l’activité du facteur BMP-4 n’était neutralisé par un gène siégeant dans le nœud de Hensen qui apparait comme un organisateur. C’est ce processus qui permet au mésoblaste cranial de se « dorsaliser » en notochorde, somites et somatomères de la région céphalique.
L’asymétrie gauche-droite s’établit aussi dès le début de la 3ème semaine. Régie par un ensemble de gènes, elle est sous la dépendance de la sécrétion, au sein du nœud primitif de Hensen, du facteur Shh (Sonic hedgehog) dont l’action est induite par un récepteur de l’activine IIa. Rapidement, dans la moitié droite du nœud, le récepteur de l’activine IIa est occupé par son ligand, l’activine. Il en résulte un blocage de l’expression du Shh qui est réduite à la seule moitié gauche du nœud. Il active alors les facteurs « nodal » peut-être « lefty » apparentés à la famille TGF-bêta. Ces facteurs conditionnent l’asymétrie gauche-droite (latéralisation) avec la situation du cœur et de la rate à gauche, et du lobe principal du foie à droite.
→ disque embryonnaire tridermique, gastrulation, ligne primitive, zone marginale postérieure du disque embryonnaire, nœud primitif de Hensen, mésoblaste, notochorde, somites, somatomères
[A4,O6 ]
commission médicale d'établissement l.f.
Organisme consultatif obligatoirement constitué dans chaque établissement hospitalier public.
Elle vise à associer le corps médical hospitalier aux décisions les plus importantes de l’administration hospitalière.
Sigle CME
[E]
établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires l.m.
establisment of preparation and response to health emergencies
Remplacé depuis le 1er mai 2016 par l’Agence nationale de santé publique, ses missions antérieures sont décrites ci-dessous.
Chargé de la gestion des moyens de lutte, cet établissement se tient en réserve, contre les menaces sanitaires graves ou majeures, telle une pandémie grippale, tant du point de vue humain - réserve sanitaire - que du point de vue matériel - produits et services.
La réserve sanitaire met en œuvre, suivant l’importance des évènements, une réserve d’intervention et une réserve de confort. La réserve d’intervention est composée de professionnels de santé. La réserve de confort fait appel à des professionnels de santé retraités, des étudiants en médecine ou paramédicaux et à d’autres professionnels répondant à des critères définis par arrêté ministériel. Tous les membres de ces réserves doivent souscrire un engagement d’une durée de trois ans.
Cet établissement doit également constituer et gérer une réserve de produits et de services comprenant tous les articles, appareils, médicaments, vaccins, biens et objets destinés à lutter contre les risques sanitaires encourus. Il doit tenir prêts tous les plans opérationnels nécessaires pour que l’État puisse se servir de l’ensemble de ces produits.
Institué par la loi du 5 mars 2007 relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur, l’établissement est placé sous la tutelle des ministères de la Santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative. Son budget est financé, par moitié, par l’État et les caisses d’assurance maladie. Son conseil d’administration a, de même, une composition paritaire : sur ses 24 membres, 12 représentent l’État et les 12 autres, les régimes d’assurance maladie.
Sigle EPRUS
→ Agence nationale de santé publique
[E1]
Édit. 2018
établissement français des greffes l.m. (obs)
Établissement public national créé par la loi du 18 janvier 1994, dont les missions ont été confiées, depuis le 10 mai 2005, à l’agence de la biomédecine dans le cadre de la révision des lois de bioéthique.
[E1]
Édit. 2018
établissement français du sang l.m.
french establishment of blood
Institué par la loi du 1er janvier 2000, il lui incombe de gérer le service public transfusionnel et ses activités annexes, dans le respect des conditions de sécurité définies par le code de la santé publique.
Il remplace l’agence française du sang créée par la loi du 4 janvier 1993.
Établissement public à caractère administratif, Il doit promouvoir le don du sang et les conditions de sa bonne utilisation, assurer la qualité au sein des établissements de transfusion sanguine et transmettre les données relatives à la sécurité sanitaire des produits sanguins à l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).
Il lui revient de participer à l’organisation et à l’acheminement des secours en cas de catastrophe nationale ou internationale nécessitant de recourir aux moyens de transfusion sanguine.
Sigle EFS
→ institut national de la transfusion sanguine
[E1,F1]
Édit. 2018
établissement psychiatrique l.m.
obsolète
→ centre hospitalier spécialisé
[E1]
Édit. 2018
établissement public l.m.
public institution
En France, entité de droit public, autre qu’une collectivité territoriale, dotée de la personnalité juridique et chargée de la gestion d’une activité de service public dans le cadre limité de sa spécialité (exemple : l’Office d’indemnisation des accidents médicaux).
On distingue généralement :
- les établissements publics administratifs chargés de la gestion d’une activité classique de service public, régis par les règles du droit administratif et dont le contentieux relève des juridictions administratives ;
- les établissements publics industriels et commerciaux dont le fonctionnement et le contentieux relèvent à la fois du droit public et du droit privé.
[E1]
Édit. 2018
établissement public de santé l.m.
health public center
Terme introduit par la loi du 31 juillet 1991 portant réforme hospitalière, qui distingue les centres hospitaliers et les hôpitaux locaux.
Parmi les premiers, sont groupés notamment les centres hospitaliers régionaux (CHR), parfois universitaires, et les centres hospitaliers spécialisés en psychiatrie (CHS, près de 43000 lits). On en rapprochera les 20 établissements psychiatriques privés faisant fonction d'hôpitaux publics (près de 10000 lits).
Sigle EPS
[E1]
Édit. 2018
Greffes (Etablissement français des) l.m.
French grafts institution
Etablissement public national créé par la loi du 18 janvier 1994, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé, ayant pour mission la promotion du don d’organes et de tissus, l’enregistrement des patients justiciables d’une greffe d’organe, la gestion de cette liste et l’attribution des greffons, ainsi que la définition des règles générales de répartition et d’attribution des greffons, que ceux-ci aient été prélevés en France ou hors du territoire national.
« Peuvent seules bénéficier d’une greffe d’organe, de moelle, de cornée ou d’autre tissu dont la liste est fixée par arrêté après avis de l’Etablissement des greffes, les personnes qui sont inscrites sur une liste nationale ». (Article L 1251-1 du Code de la Santé).
préjudice d'établissement l.m.
Préjudice dont peut se prévaloir la victime d’un accident en raison de la perte d’espoir, de chance ou de toute possibilité de réaliser un projet de vie familiale « normale » du fait de la gravité du handicap permanent dont elle reste atteinte après la consolidation médico-légale.
Ce type de préjudice doit être apprécié in concreto pour chaque individu en tenant compte notamment de son âge, du retentissement scolaire, des projets de carrière et de cas particuliers tels la capacité restante à communiquer ou de certains préjudices récurrents aléatoires non consolidables (hépatite C par exemple). C’est un préjudice non économique, extrapatrimonial.
Sigle : PET
→ nomenclature des postes de préjudices corporels
signalétique et accessibilité en établissement de santé l.f.
Ensemble des mesures facilitant l’accès des personnes handicapées aux établissements recevant du public, particulièrement aux centres de soins.
Il s’agit spécialement de signalisations claires et faciles à consulter, des locaux et des voies d’accès, d’utilisation de pictogrammes et de moyens de guidage pour les personnes malvoyantes, ainsi que de rampes en plan incliné conduisant à des salles surélevées.
thermal (établissement) l.m.
balneotherapy care facility ; spa therapy care facility
Etablissement agréé pour effectuer des cures thermales.
Étym. gr. thermê : chaleur
→ thermalisme, thermale (station)
exsanguino-transfusion n.f.
exchange transfusion
Remplacement du sang d'un patient par des dérivés sanguins provenant de donneurs compatibles.
On la réalise en utilisant deux voies veineuses, l'une pour la soustraction et l'autre pour l'injection. L'échange doit atteindre deux à trois masses sanguines.
La principale indication chez le nouveau-né est l'hémolyse aigüe, secondaire à l’incompatibilité rhésus foeto-maternelle, pour extraire un excès de bilirubine, toxique pour le système nerveux central, et d'anticorps résiduels en restaurant le capital d'hématies.
L'exsanguino-transfusion est irremplaçable dans le traitement en urgence de certaines complications de la drépanocytose (quand la concentration d'hémoglobine S est supérieure à 30 %). La méthode peut aussi être utilisée dans les intoxications hémolytiques et dans le syndrome hémolytique et urémique
→ exsanguino-transfusion du nouveau-né, incompatibilité sanguine foeto-maternelle, drépanocytose
[B3,F1]
Édit. 2018
exsanguino-transfusion du nouveau-né l.f.
neonatal exchange transfusion
En présence d’une incompatibilité rhésus foeto-maternelle, remplacement total du sang du nouveau-né par du sang rhésus négatif dépourvu d'anticorps immuns.
Elle est pratiquée sur la veine ombilicale avec un dispositif à trois voies, soustrayant un volume équivalent au volume injecté. Actuellement, elle est largement supplantée par les transfusions in utero.
→ exsanguino-transfusion du nouveau-né, incompatibilité sanguine foeto-maternelle,
[B3,F1,O1]
Édit. 2018
poste de transfusion l.m.
Dans le cadre de l’organisation de la transfusion sanguine en France, structure de base chargée du prélèvement du sang, de la préparation de certains composants, de leur stockage et de leur distribution dans un secteur géographique restreint.
transfusion n.f.
transfusion
Injection intraveineuse de sang homologue frais ou conservé, et par extension d’un composé ou d’un succédané du sang.
La transfusion a d’abord été directe de donneur à receveur (transfusion immédiate).
Elle est aujourd’hui pratiquement toujours indirecte, le sang étant prélevé sur un donneur puis conservé dans une banque de sang. La transfusion n’a été rendue possible que par la découverte et l’étude des groupes sanguins qui évitent les accidents transfusionnels graves d’incompatibilité sanguine. La transfusion totale, est l’exsanguino-transfusion.
transfusion autologue l.f.
Mode de transfusion sanguine selon lequel un malade reçoit son propre sang.
La transfusion autologue se différencie de la transfusion homologue dans laquelle une personne reçoit le sang d’une autre personne. La transfusion autologue convient par exemple lors d’une intervention chirurgicale dont la date a été programmée et dont les dépenses de sang sont prévisibles, le sang ayant été prélevé dans les semaines précédentes : ce procédé est soumis à la responsabilité d’un établissement de transfusion sanguine. Une autre modalité de la transfusion autologue consiste dans la réinjection au malade de son propre sang au cours de l’intervention chirurgicale ; elle est alors sous la responsabilité de l’équipe d’anesthésie-réanimation.
transfusion de sang (infection transmise par la) l.f.
Transmission, par le sang ou ses produits dérivés, d’agents infectieux au receveur.
Il peut s’agir d’une infection latente du donneur ou d’une contamination liée au prélèvement, au conditionnement, au stockage du sang ou au geste transfusionnel lui-même. Les agents infectieux en cause sont nombreux : bactéries, levures, protozoaires (Plasmodium, Trypanosoma cruzi, etc.), virus (virus des hépatites, herpès virus, rétrovirus, etc.), prions et autres agents non conventionnels. La prévention des infections post-transfusionnelles repose sur la sélection des donneurs, le traitement du sang total et des produits dérivés, les précautions d’aseptie lors de la tranfusion.
transfusion du nouveau-né l.f.
neonatal transfusion
Outre les règles classiques, ce type de transfusion doit tenir compte du passage transplacentaire possible d'anticorps maternels dangereux.
A travers le placenta, certaines mères du groupe O transmettent à leur enfant des anticorps (anti-A, voire même anti-B), qui peuvent hémolyser ses hématies, ce qui entraîne une anémie et un ictère. Une transfusion apportant des hématies hémolysables par ces anticorps peut être particulièrement dangereuse, d'autant que les hématies d'adulte sont beaucoup plus vulnérables aux anticorps immuns que celles d'un nouveau-né. De même le passage transplacentaire d'anticorps d'une mère qui a pu être immunisée contre certains groupes anormaux peut induire un phénomène semblable, si les hématies cibles transfusées rencontrent ces anticorps (ex., immunisation d'une mère contre un facteur rhésus).
Règles spécifiques de la transfusion du nouveau-né :
1) elle doit se faire en ayant connaissance non seulement du groupe sanguin de base et du groupe rhésus de l'enfant, mais aussi de ceux de la mère ;
2) elle ne doit pas être faite sans avoir réalisé au préalable un test de Coombs sur le sang de l'enfant. Ce test peut parfois être négatif malgré la présence d'anticorps immuns anti-A ou –B ;
3) si le test de Coombs est positif il faut conserver un échantillon du sang maternel. Cet échantillon doit accompagner l'enfant en cas de transfert ;
4) le sang destiné à la transfusion ne doit pas risquer d'être hémolysé par des anticorps transmis par la mère. P. ex., un enfant A, né d'une mère O, ne doit pas recevoir du sang A mais du sang O non dangereux ;
5) la transfusion doit se faire avec des hématies fraîches et, si possible, avec du sang total frais. En effet, le nouveau-né est incapable de glycuroconjuguer la bilirubine pendant les premiers jours de sa vie : l'utilisation d'hématies vieilles de plus de quatre jours est contre-indiquée, car elle risque d'entraîner un ictère avec toutes ses conséquences cérébrales possibles.
Si l'on doit répéter les transfusions il est inutile de rechercher les agglutinines irrégulières avant l'âge de six mois.
R. Coombs, immunologiste britannique (1945)