Communiqué de presse
Séance du 25 juillet 2022

Examen médical et viol: éviter la confusion des termes!

Medical examination and rapt: avoid confusion of terms

Communiqué de l’Académie nationale de médecine du 25 juillet 2022

A la suite de plusieurs affaires récentes abondamment médiatisées, l’Académie nationale de médecine rappelle que l’examen clinique constitue un temps indispensable de la consultation médicale. Cette partie de l’examen appelé examen physique comporte un contact direct avec le patient ou la patiente (inspection, palpation et auscultation). Dans certaines situations, cet examen nécessite des gestes plus intrusifs touchant l’intimité du patient : examen périnéal avec pénétration ano-rectale digitale (toucher rectal) ou instrumentale pour endoscopie (anuscope, rectoscope ou coloscope) ou pénétration vaginale digitale (toucher vaginal) ou instrumentale (spéculum, sonde d’échographie) par voie vulvaire ; examen des seins par palpation ou en vue d’une échographie. Ces examens restent actuellement indispensables et non substituables pour le diagnostic et le suivi d’un certain nombre de pathologies, en particulier ano-rectales, uro-génitales ou sexuelles.

Comme rappelé récemment par le Collège National des Gynécologues Français (1), le Code pénal (article 222-23) définit le viol comme « tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-génital commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise ». Il est clair que les gestes cités plus haut et réalisés dans le cadre d’un examen médical échappent à cette définition, dans la mesure où la nécessité médicale en est la justification (article 16-3 du Code civil).

Au-delà du cadre juridique, les professionnels de santé concernés sont conscients de facteurs qui peuvent constituer des obstacles à la réalisation de ces gestes : 1) la pudeur individuelle marquée, par exemple, par la gêne ressentie au déshabillage chez 33% des hommes et 46% des femmes (avec de grandes variations liées au contexte culturel, aux interdits religieux et à l’âge des patients) (2) et 2) la suprématie des examens complémentaires dans l’esprit de la population.

Ces examens touchant à l’intimité des patients doivent donc être réalisés par les professionnels de santé avec la plus grande délicatesse, dans le respect de la dignité de la personne, après un temps d’information éclairée et obtention du consentement formel (éventuellement écrit) des patients ou de leurs représentants (cas des jeunes mineurs et des patients sous tutelle). Le refus de l’examen doit être respecté et les patients informés des conséquences de ce refus.

Dans le cadre de la réalisation de ces examens, toute remarque désinvolte et geste inapproprié doivent être évités de manière à dissiper tout risque de malentendu. Une imperfection dans la

réalisation, un ressenti désagréable ou douloureux sont possibles, mais rien ne doit permettre que le geste puisse être interprété comme un viol ou un acte à caractère sexuel.

L’Académie nationale de médecine tient à :

1) réaffirmer que l’examen clinique avec exploration physique adaptée à chaque situation reste une nécessité dans le cadre de la consultation médicale,

2) insister sur l’établissement d’un lien de confiance mutuelle entre soignant et soigné, indispensable à une prise en charge efficace,

3) rappeler la nécessité d’une information préalable à toute exploration corporelle manuelle et du consentement formel des patients,

4) souligner que, dans ce contexte, une attitude professionnelle et une réelle empathie sont indispensables de la part des professionnels de santé pour éviter toute interprétation ambiguë.

Références :

1) Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Communiqué de presse du collège des gynécologues et obstétriciens français, 23 juin 2022. [En ligne] Disponible sur : https://www.academie-chirurgie.fr/admin/uploads/media/photo/0001/05/c5854d8af7ce1612fdfc40114178d3c0f0315aa1.pdf (consulté le 25/07/2022).

2) Lorge H.F., Obstacles au déshabillage du patient au cabinet de médecine générale en 2020. Thèse de doctorat en médecine-Université de Strasbourg 2022, N°90.

 

Medical examination and rape: avoid confusion of terms

 

Following several recent cases which have been extensively covered by the media, the French National Academy of Medicine recalls that clinical examination is an essential part of the medical consultation. Called physical examination, it involves a direct contact with the patient (inspection, palpation and auscultation). In some situations, this examination requires more intrusive gestures affecting the patient’s intimacy: perineal examination with digital anorectal penetration (digital rectal examination), instrumental penetration for endoscopy (anoscope, rectoscope or colonoscope) or digital vaginal penetration (vaginal touch) or instrumental penetration (speculum, ultrasound probe) through the vulva, examination of the breasts by palpation or for an echography. These examinations remain currently indispensable and cannot be substituted for the diagnosis and follow-up of some pathologies, in particular anorectal, urogenital or sexual.

As the National College of the French Gynaecologists (“Collège National des Gynécologues Français”) [1] recently reminded us, the French Penal Code (article 222-23) defines rape as « any act of sexual penetration of any kind, or any oral-genital act committed on another person by violence, constraint, threat or surprise ». It is clear that the above-mentioned acts performed in the context of a medical examination fall outside this definition, as long as they are medically justified (Article 16-3 of the Civil Code).

Beyond the legal framework, health professionals concerned are aware of factors that may contraindicate such gestures: 1) individual modesty marked, for example, by the discomfort felt when undressing in 33% of men and 46% of women (with great variations linked to the cultural context, religious prohibitions and the age of the patients) [2] and 2) supremacy of complementary examinations in the minds of the people.

These examinations, which affect the privacy of patients, must therefore be carried out by health professionals with the utmost delicacy, with respect for the dignity of the person, after time taken for information, and obtaining a formal consent possibly written of the patients or their representatives (in the case of young minors and patients under guardianship). Refusal of the examination must be respected and patients informed of the consequences of this refusal.

In the course of carrying out these examinations, any offhand remark or inappropriate gesture must be avoided in such a way to dissipate any risk of misunderstanding. An imperfection in the performance, an unpleasant or painful feeling are possible, but nothing should allow the gesture to be interpreted as a rape or an act of sexual nature.

The National Academy of Medicine wishes to:

1) reaffirm that clinical examination with physical exploration adapted to each situation remains a necessity as part of the medical consultation,

2) insist on the necessity of a mutual trust relationship between caregiver and patient, essential for an efficient care,

3) recall the need for information and formal patient consent prior to any manual body exploration,

4) emphasize that, in this context, a professional attitude and a real empathy from healthcare professionals are essential to avoid any ambiguous interpretation.

References:

[1] French National College of Gynaecologists and Obstetricians. Press release of the French College of Gynaecologists and Obstetricians, June 23, 2022. [Online] Available at: https://www.academie-chirurgie.fr/admin/uploads/media/photo/0001/05/c5854d8af7ce1612fdfc40114178d3c0f0315aa1.pdf (accessed on 07/25/2022).

[2] Lorge H.F., Obstacles to the undressing of the patient in the general practice in 2020. Doctoral thesis in medicine-University of Strasbourg 2022, N°90.

(*) Communiqué from the Academy’s Rapid Communication Platform validated by the members of the Board of Directors on July 23, 2022.