Mots clés : Vaccin contre la varicelle. Vaccin contre le virus de l’herpes zoster
Key words (Index medicus): Chickenpox vaccine. Herpes zoster vaccine
Daniel FLORET*
(Communication présentée le 5 juin 2007)
Bull. Acad. Natle Méd., 2007, 191, no 6, 1051-1068
RESUME
Les deux vaccins contre la varicelle disponibles en France sont des vaccins vivants atténués et dérivés de la souche Oka, utilisée au Japon depuis 1974. Ils sont indiqués chez les sujets sains à partir de douze mois selon un schéma à une dose jusqu’à douze ans. Au-delà, deux doses sont recommandées, espacées de quatre à huit semaines. Ces vaccins entraînent une séroconversion dans plus de 95% des cas et le maintien des anticorps au-delà de cinq ans. L’efficacité de ces vaccins est de 85% pour toute varicelle, de près de 100% contre les formes sévères. En post exposition, ils évitent la maladie dans 95% des cas et les formes sévères dans près de 100%. Aux Etats-Unis où la vaccination des enfants est recommandée depuis 1995, un taux de couverture de l’ordre de 80%, a réduit l’incidence de la maladie de l’ordre de 85%, dans toutes les tranches d’âge, et principalement les enfants de un à quatre ans. Les problèmes de tolérance sont limités à des réactions locales bénignes et une fièvre modérée. Des questions restent cependant posées : la durée de protection est inconnue. Un schéma à deux doses semble plus à même d’éviter les varicelles des vaccinés (3 à 4% par an). On craint surtout qu’un taux de couverture insuffisant ne déplace l’âge de la maladie vers l’adolescent et l’adulte jeune, chez qui la maladie est plus grave. Enfin la vaccination généralisée pourrait à terme entraîner une augmentation de l’incidence du zona. Ces problèmes semblent commencer à apparaître aux Etats-Unis. La France a adopté vis-à-vis de cette vaccination des recommandations restrictives qui seront vraisemblablement révisées lors de la mise à disposition d’un vaccin rougeole- rubéole-oreillons-varicelle. Le vaccin contre le zona (vivant atténué préparé avec le même souche à forte concentration) présente une efficacité modérée pour la prévention du zona et surtout des algies post zostériennes chez le sujet de plus de soixante-dix ans. Ce vaccin n’est pas actuellement recommandé en raison des incertitudes sur la durée de protection et du risque potentiel de retarder le zona à un âge où les algies sont plus fréquentes.
SUMMARY
Two vaccines against
varicella-zoster virus are available in France. These live attenuated vaccines
are derived from the Oka strain used in Japan since 1974. They are indicated
for healthy subjects from 12 months of age, at a dose of one injection until 12
years of age, and two injections 4-8 weeks apart for older children and adults.
Seroconversion occurs in 95% of cases and the antibodies persist beyond 5
years. Clinical efficacy is about 85% against all forms of varicella and nearly
100% against severe forms. Post-exposure vaccination within 3 days may also
prevent the disease. A universal immunization program against varicella was
implemented in the USA in 1995. Now, with vaccine coverage at about 80%, the
incidence of the disease has been reduced by 85%, with the largest decrease in
1- to 4-year-olds. Tolerability is generally good, with only mild
reactions at the injection site and moderate fever. The length of protection is
not yet known. A two-dose schedule seems advisable to avoid breakthrough
varicella, which occurs in 4% of vaccinees each year. Insufficient coverage is
expected to lead to later disease onset, with more severe cases in adolescents
and adults. Universal immunization could also increase the incidence of
zoster. These problems indeed seem to be emerging in the United States. France
has adopted restrictive guidelines on VZV vaccination, but they are expected to
be revised when the combined MMR-V vaccine becomes available. Zoster vaccine,
prepared with the same strain but at a higher concentration, has moderate
efficacy on zoster and on post-zoster neuralgia in patients over 70. This
vaccine is not yet recommended in France, because the length of protection is
not known and there is a potential risk of delaying the occurrence of zoster
and, thus, of increasing the risk of post zoster neuralgia.
*Université Claude Bernard Lyon 1- Service d’Urgence et de Réanimation Pédiatrique- Hôpital Edouard Herriot- Place d’Arsonval 69437 Lyon Cedex 03.
Tirés à part Professeur Daniel FLORET, même adresse