CANNABIS ET SANTE

 

Position de l'Académie nationale de médecine

 

Motifs récents d'inquiétude a propos du cannabis

 

Recent grounds for being concerned about cannabis

 

(Roger NORDMANN et Pierre JUILLET)

 

(Communiqué adopté le 19 juin 2001 au nom de la Commission V : Troubles mentaux – Toxicomanies)

(Bull. Acad. Natle Méd., 2001, 185, n°6, 1185-1186)

 

 

L’Académie nationale de médecine, qui prépare un rapport d’ensemble sur cette question, s’inquiète de la banalisation croissante du cannabis par les jeunes, lesquels ignorent généralement les effets de sa consommation sur l’organisme.

 

 Ceux- ci se traduisent fréquemment par :

    -  une altération des performances intellectuelles et des résultats scolaires ;

    -  des difficultés relationnelles ;

    - des risques accrus d’accidents, en particulier routiers.

 

Les perturbations engendrées par le cannabis sont d’autant plus importantes que :

    - les produits utilisés sont de plus en plus riches en principes actifs ;

l’usage du cannabis est presque toujours associé à celui de l’alcool et du tabac, parfois à celui d’autres drogues ou de médicaments psychotropes ;

    - le cannabis est consommé par des sujets de plus en plus jeunes ;

    - la fréquence d’une consommation répétée ou intensive de cannabis est en augmentation.

Considérant les importantes données récentes de la neurobiologie, de l’épidémiologie et de la clinique, l’Académie nationale de médecine

 

    - renouvelle son souhait de voir diffuser de façon extensive auprès de l’ensemble de la population, et particulièrement des jeunes, les informations disponibles sur les risques de l’usage du cannabis ;

 

    - souhaite également que soit largement portée à la connaissance des jeunes et de leurs parents la liste des organismes permettant d’obtenir soit des informations objectives sur ces risques, soit une prise en charge des usagers ;

 

    - souhaite à nouveau que soit dépistée systématiquement la présence de cannabinoïdes chez toute personne impliquée dans un accident corporel de la circulation, même non mortel (au même titre qu’est quantifiée l’alcoolémie), ainsi que chez tout sujet présentant un épisode psychiatrique aigu ;

 

    - exprime enfin le vœu que soient poursuivies et étendues les recherches sur les effets à long terme du cannabis consommé seul ou en association avec d’autres substances psycho- actives.

 

L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 19 juin 2001, a adopté le texte de ce communiqué à l’unanimité.