CANNABIS ET SANTE
Position de l'Académie nationale de médecine
et notamment du cannabis
Roger Nordmann
(communique adopte le 22 octobre 2002)
(bull. acad. natle méd., 2002, 186, n° 7)
L’Académie nationale de médecine,
l’Académie nationale de pharmacie,
l’Ordre national des médecins,
l’Ordre national des pharmaciens,
se félicitent de l’attention actuellement portée par le Parlement aux risques de la conduite automobile sous l’emprise de stupéfiants. Les deux Académies avaient déjà, depuis plusieurs années et à plusieurs reprises, préconisé « la détection de l’usage des drogues chez les sujets impliqués dans tout accident corporel de la circulation ou du travail, ainsi que dans les actes de violence ».
En outre, compte tenu de :
- l’accroissement important de la consommation de cannabis, notamment
chez des populations jeunes, ainsi que d’autres drogues illicites ;
- la diffusion d’informations contradictoires sur les effets du
cannabis ;
- les risques encourus en terme de santé individuelle et de Santé publique
Les
Ordres Nationaux de Médecine et de Pharmacie s’associent solennellement à leurs
Académies pour attirer l’attention des Pouvoirs Publics sur l’importance de
promouvoir d’autres mesures concrètes :
- mettre en garde l’ensemble de la population, notamment les jeunes et
les sportifs, contre toute banalisation de l’usage du cannabis par la diffusion
d’une information objective fondée sur les études les plus récentes confirmant
les sévères altérations de la santé que peut favoriser sa consommation, dont la
dangerosité est d’ordre individuel et collectif ;
- utiliser toutes les mesures susceptibles de réduire l'offre de cannabis et
d’autres drogues illicites, en particulier dans les établissements scolaires et
lors des réunions festives ;
- développer les différentes structures médico-sociales adaptées à la prise en
charge précoce des usagers de drogues, y compris du cannabis ;
- favoriser les travaux de recherche expérimentaux et cliniques sur:
- les effets nocifs des drogues, et notamment des cannabinoïdes ;
- les déterminants psychosociaux de la consommation de drogues ;
- les altérations neurobiologiques consécutives à la prise de drogues illicites
associée ou non au tabac et à l’alcool.
L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 22 octobre 2002, a adopté le texte de ce communiqué à l’unanimité.