Mardi 9 mai 2017 à 14h30

Présentation et vote du rapport

Nuisances sanitaires des éoliennes terrestres par Patrice TRAN BA HUY (rapporteur), au nom d’un groupe de travail

 

 

Communications

 

Architecture génétique de l’hypertension pulmonaire : des gènes aux médicaments par Florent SOUBRIER (Département de Génétique, Hôpital Pitié Salpêtrière, AP-HP. UMRS 1166-ICAN, INSERM et UPMC Sorbonne Universités, Paris)

La découverte de nouveaux gènes de susceptibilité à l’hypertension pulmonaire a bouleversé nos connaissances sur la physiopathologie de la maladie. À côté des mutations du gène BMPR2 qui sont, par leurs fréquences et leurs effets, les principales mutations responsables des formes héritables de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) isolée, des mutations ont été décrites dans le gène KCNK3 (TASK1) codant pour un canal potassium, le gène SMAD8 codant, comme BMPR2, pour une molécule de signalisation de la voie BMP, le gène CAV1 codant pour la caveoline-1. Les mutations des gènes de l’endogline et du récepteur ACVRL1 s’inscrivent dans le cadre de la maladie de Rendu-Osler et en aggravent la sévérité, et les mutations du gène TBX4 sont également responsables de formes syndromiques d’HTAP compliquant de façon rare le Small Patella Syndrome. Les mutations du gène EIF2AK4 (GCN2) sont responsables d’une forme rare et sévère d’hypertension pulmonaire, la maladie veino-occlusive pulmonaire appelée aussi hémangiomatose capillaire pulmonaire.

L’analyse des mécanismes d’action et de régulation de ces gènes et des conséquences fonctionnelles des mutations conduit à la conception de nouveaux traitements à visée étiologique de l’hypertension pulmonaire.

Influence des facteurs de risque vasculaires et de leur traitement sur la cognition par Didier LEYS (Univ.-Lille. Inserm U 1171. CHU Lille. FHU Vascog. Service de neurologie et pathologie neurovasculaire. Hôpital Roger Salengro, Lille)

Les mécanismes par lesquels les facteurs de risque vasculaire peuvent induire des troubles cognitifs sont multiples : (i) ils favorisent les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ; (ii) ils favorisent les lésions vasculaires cérébrales dites silencieuses (infarctus, micro-infarctus corticaux, micro-saignements, anomalies de la substance blanche, atrophie cérébrale) ; (iii) ils favorisent la maladie d’Alzheimer (MA) ; (iv) les lésions Alzheimer et les lésions vasculaires du cerveau se potentialisent, expliquant que chez un patient ayant des lésions infra cliniques de MA, un AVC peut anticiper le début d’une MA ; (v) une interaction est possible entre lésions vasculaires et dégénératives : l’ischémie favorise la synthèse amyloïde, et les lésions Alzheimer favorisent les lésions ischémiques cérébrales par leur effet vasoactif, et hémorragiques par l’angiopathie amyloïde ; (vi) des mécanismes indépendants des lésions vasculaires existent : vasoconstriction des artères perforantes dans l’hypertension artérielle avec ischémie chronique qui favorise l’amyloidogénèse, et altération de la synaptogénèse et du fonctionnement neuronal dans le diabète de type 2, qui accélérent la phosphorylation des protéines Tau.

Les études épidémiologiques suggèrent un effet délétère des facteurs de risque vasculaire sur les fonctions cognitives, ce qui ne signifie pas nécessairement que la prise en charge de ces facteurs prévient le déclin cognitif. À ce jour, aucune étude n’a jamais évalué les effets de la prise en charge des facteurs de risque vasculaires avec la cognition comme critère de jugement principal. Celles menées avec des antihypertenseurs ont montré l’absence d’effet délétère y compris chez le sujet âgé, et une tendance favorable, qui n’a été significative que dans un seul essai et de façon marginale. Avec les statines, la méta-analyse suggère une réduction du risque de démence, mais seulement à long terme.

Des essais cliniques sont nécessaires pour évaluer la tolérance et l’efficacité des traitements des facteurs de risque vasculaire sur la cognition. Il conviendrait de recruter des patients d’âge moyen, avec un suivi long et un effectif important, d’utiliser des critères de jugement intermédiaires, de tester une approche multi-domaine.

L’impératif éthique pour la médecine de demain, à l’aune de nos grands anciens par Christian HERVÉ (Directeur du Laboratoire d’Éthique Médicale (EA4569), Université Paris Descartes)

Il existe un impératif éthique pour les professionnels de la santé et notamment les médecins. Cet impératif ne peut être figé et doit prendre en compte les contraintes et les changements multiples dans lesquels les soins et les recherches sont effectués. Cependant une écoute attentive de ce que nos maîtres enseignaient, par leurs exemples et par leurs écrits, s’avère d’une grande et, à notre avis d’une excellente opportunité pour mieux répondre aux valeurs que les patients attendent de nos comportements professionnels. Seule une auto critique peut préserver d’attitudes alors catégorisées comme indifférentes, prétentieuses, voire méprisantes ou réactionnaires pour au contraire donner force à l’humanité de chacun des acteurs de la relation. Cette attitude est la seule manière d’actualiser l’éthique des médecins quand les avancées de la science arrivent à faire oublier la présence humaine. Ainsi une véritable « phronesis » peut  déclencher un regain de la sagesse médicale individuelle et collective, telle que nos maîtres nous l’enseignaient à leur époque.

Chronique historique

Une histoire de l’hôpital en France : de la charité aux soins par Jean-Noël FABIANI (Département de chirurgie cardio-vasculaire de l’hôpital européen Georges Pompidou)

Au Moyen-Âge, en France, les hôpitaux étaient essentiellement des communautés religieuses charitables, des « Hôtel-Dieu », sous l’administration de Sœurs, qui prodiguaient des soins. Mais ces institutions servaient surtout de refuges pour les miséreux ou les pèlerins et n’étaient pas spécifiquement dédiées aux malades. Progressivement les changements de la société ont cherché à contenir la pauvreté en emprisonnant les vagabonds et les prostituées dans les hôpitaux. Ce fut le « grand renfermement » sous Louis XIV. L’hôpital était devenu une prison. La révolution française supprima totalement les hôpitaux pour des raisons dogmatiques. Bonaparte dut reconstruire tout le système sanitaire, à la fois hospitalier mais aussi médical. L’arrivée des médecins  à l’hôpital, grâce en particulier à l’Internat, joua un rôle important dans la révolution scientifique du XIXe siècle. Il fallut cependant attendre 1958 pour que soit mise en place la réforme hospitalo-universitaire calquée sur le modèle américain, pour que l’hôpital français devienne la référence en matière de soins pour tous les malades.

 

Présentation d’ouvrage

Michel A. Germain. Les Tables d’opération : de l’Antiquité à nos jours. Paris : éditions l’Harmattan, 2016. Présentation par Yves CHAPUIS

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