Mardi 14 novembre 2017 à 14h00 – Séance commune Académie de Médecine / Académie de Pharmacie

Séance commune de l’Académie nationale de Pharmacie

et de l’Académie nationale de médecine

à l’Académie nationale de médecine à 14h00

16, rue Bonaparte Paris 6e

« Actualités sur la prise en charge du diabète »

Accueil par Claude JAFFIOL, Président de l’Académie nationale de médecine et Claude VIGNERON, Président de l’Académie nationale de Pharmacie

 

« Diabète de type 2 : médicaments hypoglycémiants au risque de la sécurité cardiovasculaire ? »

Bernard BAUDUCEAU, Fondation Francophone pour la Recherche sur le Diabète (FFRD)

Les complications cardiovasculaires du diabète de type 2 constituent la cause principale de la mortalité de ces patients. L’amélioration du pronostic repose sur une stratégie thérapeutique qui doit intégrer la gestion de l’hyperglycémie chronique mais également la prise en charge de l’ensemble des facteurs de risque cardiovasculaire. L’importance d’un équilibre glycémique optimal est attestée par les études comportant un suivi prolongé. L’établissement de la sécurité cardiovasculaire des nouvelles classes thérapeutiques a nécessité la mise en place d’études spécifiques dont certaines ont démontré des avancées majeures. Ces progrès ont permis et permettront plus encore, d’obtenir une diminution de l’incidence ou de l’aggravation des complications cardiovasculaires du diabète.

 

« De l’enregistrement glycémique continu au pancréas artificiel biomécanique : quand ? Pour qui ? Quels bénéfices ? »

Jacques BRINGER, diabétologue, Montpellier, membre de l’Académie nationale de médecine

 

« Diabète de type 1 : le pancréas bio-artificiel, du mythe à la réalité »

Séverine SIGRIST, Directrice de l’unité mixte de recherche DIATHEC EA 7294 Université de Strasbourg/Centre européen d’étude du Diabète ; Présidente du pôle de compétitivité Alsace Biovalley ; Présidente Fondatrice de la société Defymed

La transplantation intraportale d’îlots pancréatiques humains a montré sa faisabilité et son efficacité clinique. Elle permet de restaurer un contrôle glycémique chez les patients diabétiques de type 1 instable. Elle nécessite cependant la mise en place d’un traitement immunosupresseur à vie qui n’est pas sans conséquence pour le patient. De plus, son application a un grand nombre de patients reste limitée par le nombre de pancréas et donc d’ilots pancréatiques isolés disponible. Les faibles rendements de ces isolements associés au nombre d’îlots nécessaire par patient pour atteindre l’insulino-indépendance contribuent également à limiter cette thérapeutique à un très faible nombre de patients. Pourtant, d’autres sources de cellules sécrétrices d’insuline sont aujourd’hui disponibles : cellules souches ou cellules génétiquement modifiées. En revanche leur utilisation en transplantation reste contrainte par les risques qu’elles représentent lorsqu’elles sont transplantées sous forme libre dans l’organisme. C’est dans ce contexte que s’inscrit le concept de pancréas bioartificiel qui vise à appliquer la thérapie cellulaire à un plus grand nombre de patients grâce à un accès à d’autres sources de cellules sécrétant de l’insuline tout en s’affranchissant de l’utilisation de traitement antirejet. Le principe du pancréas bioartificiel consiste donc à encapsuler des cellules sécrétrices d’insuline dans des systèmes semi-perméables qui sont immunoprotecteurs mais qui permettent le passage de l’oxygène, des nutriments, du glucose et de l’insuline. Il est donc primordial qu’un pancréas bioartificiel remplisse les trois fonctions pré-requises : protéger les cellules du système immunitaire du receveur, protéger le receveur de ces cellules, maximiser la fonction de ces cellules. Différentes approches ont ainsi été envisagées de la microencapsulation à la macroencapsulation et le développement de cette dernière ainsi que sa validation clinique est actuellement en cours.

 

« Nouvelles insulines : innovations moléculaires, galéniques et biopharmaceutiques »

François CHAST, membre de l’Académie nationale de Pharmacie

Découverte en 1922, l’insuline a radicalement transformé la vie des diabétiques. Au fil des décennies, physiologistes, biochimistes et galénistes n’ont eu de cesse de purifier les préparations d’insuline extractive issues de pancréas de bœuf, de porc, de poisson, afin d’améliorer leur bonne tolérance. En outre, des modifications de leur formulation ont été introduites avec l’adjonction de zinc (1936), de protamine (1936) ou des modifications du pH (insuline cristallisée NPH, 1946), afin d’optimiser leur durée d’action et de minimiser le risque d’hypoglycémie.

La chimie de l’insuline a été bouleversée par l’irruption des biotechnologies qui ont permis d’obtenir l’insuline humaine recombinante par introduction du gène codant la pro-insuline dans le génome d’E. Coli (1978 – mise sur le marché en 1982). L’insuline « biotech » c’est aussi, depuis une vingtaine d’années, de nouvelles insulines basales, dédiées à l’insulinothérapie de fond : glargine, détémir, degludec, et des insulines rapides, permettant de gérer les pics glycémiques : aspart, glulisine, lispro. Plutôt que des modifications de leur solubilité fondées sur la physico-chimie, ces analogues d’insuline ont une pharmacocinétique spécifique issue de la propriété qu’ont certaines conformations moléculaires d’insuline à s’associer ou se dissocier en oligomètres ou monomères.

Améliorer l’administration de l’insuline en évitant les injections est, depuis bientôt cent ans, un rêve resté inaccessible : insuline nasale, pulmonaire, transdermique, orale : toutes les tentatives, fondées sur une immense créativité, se sont, jusqu’à présent, heurtées à des limites pratiques ne permettant pas d’envisager la disparition prochaine des systèmes d’injection. Mais sait-on jamais ?

En revanche, la mise au point de systèmes thérapeutiques autorégulés apportant une quantité idéale d’insuline dans le sang au moyen d’analogues moléculaires (insulines basales et insulines rapides) et de méthodes d’administration appropriées, est à l’ordre du jour. Ces complexes thérapeutiques permettraient d’adapter en continu l’administration d’insuline en fonction de la glycémie. Abusivement qualifiés de « systèmes intelligents », ils promettent d’assurer la délivrance d’insuline comme le ferait un pancréas physiologique. Le paradigme de ce « pancréas synthétique », est fondé sur sa capacité à détecter des élévations de glycémie et d’y répondre avec la libération d’une dose adaptée d’insuline et/ou éventuellement de glucagon, ce qui représente un défi majeur en termes conceptuels. En effet, d’une part le déclencheur du signal, le glucose, est une molécule ubiquitaire chez le sujet sain comme chez le diabétique ; d’autre part, l’insuline est une petite protéine dont la stabilité est limitée, et dont un surdosage peut s’avérer catastrophique. L’objectif de développer un système adapté à une administration séquentielle, programmable, prévisible, pratique, amovible, et inerte aux plans inflammatoires et immunologique, représente un défi pour les prochaines décennies.

 

Table ronde : « L’innovation au banc d’essai »

Modérateurs : François CHAST et Pierre FONTAINE

« Suivi des patients : rôle et limite des objets connectés »

Christian-Éric MAUFFRÉ (Centre Européen d’Intérêt et de Développement de l’Officine (CEIDO), membre de l’Académie nationale de Pharmacie)

« La chirurgie bariatrique est-elle indiquée dans le diabète ? »

François PATTOU (Professeur de chirurgie, Hôpital de Lille)

« Un vaccin oral en prévention du diabète de type 1 »

Roberto MALLONE (INSERM U1016, Directeur de recherche, Hôpital Cochin, Paris)

 

« Microbiote intestinal à l’origine d’une vaccination contre le diabète de type 2 »

Rémy BURCELIN (INSERM 1048, Directeur de recherche, Hôpital Rangueil, Toulouse)

« Des innovations accessibles à tous les patients ? »

Gérard RAYMOND (Président de la Fédération Française des Diabétiques)

Autre participant à la table ronde : Pierre FONTAINE (Président de la Société francophone du diabète)

 

Conclusion par Claude JAFFIOL, Président de l’Académie nationale de médecine et Claude VIGNERON, Président de l’Académie nationale de Pharmacie

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