Séance du 29 janvier 2018

SEANCE 23 JANVIER 2018

Les myopathies inflammatoires : d’importants progrès physiopathologiques porteurs d’espoirs diagnostiques et thérapeutiques

Cette séance, organisée par les Prs Jean-Marc Léger et Loïc Guillevin, a comporté des exposés du Dr Yves Allenbach et des Prs Werner Stenzel et Olivier Benveniste.

Maladies rares, elles correspondent à des myopathies auto-immunes qui se distinguent des myopathies d’origine génétique ou acquise (toxique, infectieuse ou endocrinienne).

Grâce à la caractérisation d’une vingtaine d’autoanticorps, leur classification permet aujourd’hui de dépasser très largement les seules entités initialement décrites de dermatomyosite et polymyosite. Ainsi, selon le profil d’autoanticorps, tendent à être individualisés quatre grands groupes de myopathies inflammatoires :

  • la dermatomyosite (anti-MDA5 ; anti-Mi2),
  • la myopathie nécrosante autoimmune (anti-SRP, anti-HMGcr),
  • la myosite de chevauchement (ASA correspondant au syndrome des antisynthétases)
  • et la myosite à inclusions (anticN1A avec toutefois un moindre degré de fiabilité).

En outre, deux types d’auto-anticorps spécifiques des myosites autoimmunes ont une valeur d’orientation quant au profil phénotypique de ces affections. Les uns présentent un intérêt en tant que marqueurs d’atteinte extra-articulaire (par exemple, dans la dermatomyosite, la présence de l’anti-MDA5 correspond aux formes avec atteinte cutanéo-pulmonaire, cependant que la présence d’anti-TIF1γ est corrélée aux formes avec cancer). D’autres autoanticorps ont un lien avec le phénotype musculaire lui-même (par exemple, dans la myosite nécrosante auto-immune, les anti-SRP sont observés dans les atteintes très nécrosantes, au contraire des anticorps MDA5).

Parmi les avancées physiopathologiques, il faut signaler, dans le cadre de la myopathie nécrosante auto-immune de type anti-SRP, que l’antigène a pu être localisé près du sarcolemme et que l’autoanticorps est exprimé dans les fibres immatures ou régénérantes. Quant à la myosite à inclusions, elle correspond à une atteinte neurodégénérative (proche d’un « Alzheimer musculaire ») marquée par une hyperactivité CD8.

Ces progrès physiopathologiques et de classification ont permis non seulement d’affiner l’approche diagnostique des myopathies inflammatoires mais aussi de progresser sur le plan thérapeutique. Ainsi, il a été démontré que les corticoïdes ne devaient pas être d’indication systématique, et suggéré, dans la myosite à inclusions, l’intérêt de l’administration de la rapamycine.

En termes de stratégie de santé, il s’avère essentiel que le troisième plan national « Maladies rares » maintienne et développe son soutien afin de poursuivre les avancées dans la compréhension de ces maladies et dans la prise en charge des patients.