Publié le 10 juillet 2019

L’évènement qui nous réunit ce soir, la venue de quatre jeunes médecins marocains qui souhaitent acquérir dans des équipes françaises la formation de haute technologie qu’ils ont choisie, est une longue histoire qui mérite d’être racontée.

 

Elle débute au début de l’année 2017. Le professeur Claude Jaffiol vient de prendre ses fonctions de président de l’Académie de Médecine. Il me fait part très vite de son souhait que la réunion hors les murs que l’Académie tient chaque habituellement dans une région française soit organisée cette année au Maroc. On sait son attachement tout particulier à ce pays. Je dois dire que mon adhésion au projet fut sans réserve. J’ai, pour des raisons familiales, une attention toute particulière pour le Maroc.

Les 25 et 26 avril 2017, l’Académie est accueillie à la toute nouvelle Université Mohamed VI de Casablanca. Ce fut deux journées d’échanges fructueux dans une ambiance conviviale. La réussite de cette réunion a été unanimement reconnue en faisant remarquer combien avaient été intéressants les échanges organisés avec les étudiants et l’occasion donnée de prendre contact avec de nombreux représentants d’autres pays d’Afrique.

Comme en d’autres occasions, la signature d’une convention visant à poursuivre les échanges entre l’Université Mohamed VI et l’Académie avait été préparée. Cette procédure, de caractère convenu ou même formel qui accompagne nos échanges internationaux, allait dans ces circonstances prendre une toute autre tournure.

Les responsables universitaires marocains, parmi lesquels figuraient notre consœur le professeur Najia Hajjaj Hassouni, le président de l’Université Mohamed VI le professeur Chakib Nejjari, un représentant de l’Ambassadeur de France au Maroc, le chargé de mission du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Patrick Lajonchère, et pour l’Académie de médecine de France son président et son secrétaire perpétuel, Claude Jaffiol et Daniel Couturier, au cours d’une réunion de travail décidèrent de donner une portée pratique à cette convention.

Les délégations s’accordèrent pour mettre en œuvre un processus permettant à de jeunes médecins marocains de se former à une technique hautement spécialisée en venant dans une équipe française pour une période d’une année.

L’idée a séduit tous les partenaires. Mais permettre à un jeune médecin étranger de s’intégrer à part entière dans une équipe médico-technique ou médico-chirurgicale avec participation active aux actes allait nécessiter un parcours administratif d’une rare difficulté. Il a fallu déterminer les équipes d’accueil adaptées, satisfaire aux conditions matérielles permettant un séjour d’une année, obtenir les visas de travail et l’autorisation temporaire d’exercer en France délivrée par l’Ordre des Médecins.

Nombreux ont été les intervenants motivés qui contribuèrent à faire avance la procédure mais il faut tout spécialement remercier le professeur Jacques Bringer et le directeur général du Centre hospitalier Saint-Joseph à Paris qui ont apporté des contributions déterminantes.

 

Ainsi dans les prochaines semaines,

Madame Amal RAMI et Monsieur Youssef TIJANI rejoindront deux équipes du Centre hospitalier Saint-Joseph à Paris,

Madame Inssaf AL AMMARI sera accueillie au Centre hospitalier et universitaire à Nîmes,

et Monsieur Aniss CHAGOU à Marseille.

 

Cette opération est une grande première, il faut tout faire pour qu’elle se renouvelle et s’étende.

Les échanges de médecins et chercheurs sont une des modalités les plus convaincantes pour rapprocher les communautés médicales de deux pays amis.

 

Daniel COUTURIER, membre de l’Académie nationale de médecine