Articles du bulletin

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2992 résultats

  • Communication scientifique

    Usage de substances psychoactives en prison et risques associés

    Psychoactive substance use in prison and associated risks

    L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    La santé et la prévention constituent en prison un enjeu majeur de santé publique en raison des caractéristiques de la population qui y est détenue : fortes prévalences de l’usage de substances psychoactives à l’entrée en détention, précarité sociale, fréquence des troubles psychiatriques. La promiscuité, le manque d’hygiène, la violence et les conditions actuelles de détention contribuent à aggraver ce risque sanitaire. Des données, bien que très anciennes, existent en France sur l’usage de substances psychoactives à l’entrée en détention, mais il n’existe pas de données d’ampleur nationale sur leur consommation au cours de la détention. Des arguments indirects suggèrent cependant la réalité de ces pratiques d’usage et les risques associés. Le principe d’équivalence avec le milieu ouvert prôné par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (UNODC), adopté en 1994 par la France, est à peu près respecté pour les interventions médicales (accès aux traitements de substitution aux opiacés, aux substituts nicotiniques, aux antirétroviraux et maintenant aux traitements de l’hépatite chronique C ainsi qu’à la naloxone dans la prévention de l’overdose). Au contraire, l’accès aux outils de réduction des risques reste déficient malgré la Loi de Santé de 2016 inscrivant ce principe d’équivalence pour ces stratégies. De plus, dans une optique de santé publique, ces interventions doivent être envisagées de manière globale, incluant soins et prévention pour la dépendance tabagique, la consommation de cannabis mais aussi combinaison des interventions ciblant les troubles psychiatriques, la précarité sociale et aussi et surtout, le contexte, c’est-à-dire les conditions de détention devenues particulièrement difficiles.

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  • Chronique historique

    Thomas E. STARZL

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  • Discours

    Rapport sur les activités académiques au cours de l’année 2017

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  • Discours

    Allocution du Président pour l’année 2018

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  • Présentation ouvrage

    Jean-François Mattei. Questions de conscience. De la génétique au posthumanisme. Paris : Les liens qui libèrent, 2017

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  • Communication scientifique

    Apport de la dissection virtuelle : exemple de l’innervation du pelvis

    The interest of virtual dissection: the example of pelvic innervation

    Les auteurs déclarent n’avoir aucun lien d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    Les interventions chirurgicales sur le pelvis peuvent se compliquer de troubles urinaires ou sexuels par dénervation peropératoire. Pour réduire leur fréquence, il fallait mieux connaître l’anatomie des nerfs pelviens. Mais leur étude était difficile, car ils sont très fins. Ce travail a été réalisé sur des pelvis de fœtus humains des deux sexes, après accord de l’Agence de la biomédecine (ABM). Des anticorps marquant les différentes fonctions de ces nerfs ont permis de les sélectionner, puis de transférer ces images sur ordinateur, pour les analyser avec un logiciel 3D. Ces images enregistrées ont été ensuite « travaillées » pour voir les nerfs, leurs rapports, leurs organes-cibles. On a ainsi réalisé une dissection virtuelle car l’on pouvait revenir en arrière, reprendre la dissection. La technique de dissection virtuelle associait une dissection immunologique et une dissection assistée par ordinateur.

    La dissection virtuelle a permis de réévaluer l’innervation du pelvis en montrant que les nerfs hypogastriques (pré sacrés) sont sympathiques mais aussi parasympathiques. Que les nerfs des corps caverneux étaient situés sur la face antéro-externe de la prostate et les nerfs des corps spongieux sur sa face postéro-externe. L’innervation des uretères pelviens par des branches nerveuses ascendantes issues des nerfs pelviens et descendantes issues du plexus aortico-rénal a été confirmée. L’innervation du sphincter « strié » de l’urètre est double : somatique et végétative, la branche issue du nerf pudendal (somatique) est bien visible. Les nerfs pelviens étaient appliqués sur le rectum ce qui expliquait leur vulnérabilité au cours de la chirurgie d’exérèse rectale. L’innervation vaginale et clitoridienne se concentrait sur le clitoris et la face antérieure du vagin. Le muscle élévateur de l’anus (Levator Ani) avait une double innervation (somatique et végétative), sa nature était mixte, ce muscle essentiellement strié avait un contingent musculaire lisse, ce qui a été confirmé en microscopie électronique.

    En conséquence ces informations peuvent influencer le choix du traitement dans cette région : les techniques de préservation nerveuse au cours d’exérèses carcinologiques ont été précisées, sur la base de ces résultats. Le contingent musculaire lisse, du muscle élévateur de l’anus est-il impliqué dans les troubles de la statique pelvienne, est-il accessible aux mêmes techniques de rééducation ?

    Les bases anatomiques de l’innervation de l’uretère pelvien éclairent l’intérêt des traitements alpha-bloquants pour les calculs de l’uretère pelvien. La connaissance des rapports entre nerfs et fascia pelviens a permis d’illustrer les plans de dissection de chirurgie préservatrice ou élargie du rectum. Enfin la dissection virtuelle sert de base anatomique aux discussions sur la réalité du « point G » du vagin.

    L’étape actuelle est la corrélation du rôle de chaque nerf à sa topographie pour que l’IRM-tractographie puisse les localiser en préopératoire. La dissection virtuelle a révolutionné la recherche anatomique, et les informations obtenues sont utilisables pour développer la chirurgie et l’imagerie future.

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  • Discours

    Notre histoire est d’actualité

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  • Communication scientifique

    Présentation de la séance dédiée : « De la maladie de Maurice Ravel à Théophile Alajouanine en passant par Jean-Louis Signoret »

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  • Communication scientifique

    Une maladie singulière : la maladie de Maurice Ravel

    Il y a quatre-vingt ans mourait Maurice Ravel, au terme d’une maladie cérébrale dégénérative longtemps considérée comme inclassable. L’observation du musicien par les Professeurs Théophile Alajouanine et Henri Baruk en 1936 publiée en 1948 demeure le document de base de cette affection qui se manifesta dès l’âge de 45 ans par des troubles de l’ écriture devenant une agraphie totale avec alexie, des difficultés gestuelles ou apraxie et une discrète aphasie sans démence ni véritable atteinte des fonctions musicales ou amusie. Étiquetée proche d’une maladie de Pick sans en être véritablement une, par le professeur Alajouanine, cette maladie peut être considérée aujourd’hui comme une atrophie cérébrale circonscrite
    dont les caractéristiques sont rappelées.

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  • Communication scientifique

    De la maladie de Pick aux Atrophies Lobaires Circonscrites Dégénératives

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  • Communication scientifique

    De l’art de la neurologie à la neurologie des arts : Alajouanine, Maurice Ravel, Jean-Louis Signoret et les autres

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  • Rapport

    Rapport 17-09. Le passage à l’échelle industrielle de la production de cellules souches à usage thérapeutique

    Transition to an industrial scale of human stem cell production for therapeutic use

    L’auteur déclare ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    La production de cellules souches pour le traitement des maladies humaines, initiée dans les laboratoires de recherche, est en voie d’être reprise par l’industrie pharmaceutique dont l’objectif est de développer des médicaments de thérapie innovante (MTI) dépourvus d’effets néfastes, homogènes, reproductibles, en quantité suffisante et de coût raisonnable. L’utilisation thérapeutique des cellules souches a débuté avec les cellules souches hématopoïétiques humaines (HSC), médullaires et du sang du cordon, dans le traitement des aplasies, des leucémies et des maladies génétiques hématologiques. Elle s’est développée avec les cellules souches mésenchymateuses (MSC) produites en faible quantité par la moelle, mais aussi d’autres tissus, utilisées après isolement et culture. Des succès  thérapeutiques ont été obtenus dans diverses affections cardiaques et cutanées grâce à  leurs propriétés sécrétoires paracrines de facteurs de croissance. Un grand pas a été effectué avec l’usage des cellules souches pluripotentes embryonnaires (ESC) ou induites (iPS).

    Les premières du fait des limites apportées par  les lois de bioéthique et des risques de cancérogenèse ont été utilisées uniquement de façon isolée après différenciation, soit dans un but thérapeutique, soit dans le criblage in vitro de médicaments. Les iPS sont  produites à partir de cellules adultes après reprogrammation et différenciation, puis utilisées  à titre autologue chez le donneur, lui-même, ou allogénique chez d’autres sujets, la 2ème condition permettant seule une production de masse. Le passage à la phase industrielle de la  production nécessite d’utiliser  un équipement adéquat (bioréacteurs) et de respecter les bonnes pratiques de fabrication lors des phases finales de préparation. Le marché mondial croît chaque année surtout pour le traitement des maladies chroniques répandues (dégénérescence maculaire, arthrose, nécrose cardiaque, ulcères diabétiques…). La France dispose d’une dizaine de sociétés impliquées dans la préparation de ces MTI, et quelques essais thérapeutiques encore limités aux phases I et I/II ont été réalisés. Pour faciliter le développement de start ups, quelques pays ont encouragé des approches partenariales entre les différents acteurs impliqués en montant des plateformes public-privé. La propriété intellectuelle des procédés est assurée par la  prise de brevet qui reste impossible pour les cellules mêmes. Les résultats des essais thérapeutiques, même non concluants, devraient être accessibles sur un site ouvert à tous. Les contraintes règlementaires relatives aux MTI et aux MTI préparés ponctuellement relèvent de directives européennes après leur transcription dans la législation Française. La fabrication des MTI obéit aux bonnes pratiques définies par la règlementation.  Leur évaluation  avant leur mise sur le marché dépend de L’Agence Européenne des médicaments. Les deux Académies recommandent l’assouplissement de la réglementation et l’accélération des procédures afin de faciliter la production de MTI à base de cellules souches ainsi que diverses mesures destinées à aider à la création de start-ups spécialisées, en particulier  la mise en place de centres de recherche collaborative pour les accompagner dans les domaines techniques et règlementaires.

     

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  • Conférence invitée

    Vers la restauration visuelle, un point d’étape

    Certains éléments de cette communication ont paru dans l’ouvrage « Rapprocher les regards », Les leçons inaugurales du Collège de France (Fayard, 2016) [1].

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  • Communication scientifique

    Risque cardiovasculaire dans la population adulte de Roumanie – données de l’étude SEPHAR III

    Cardiovascular risk of the romanian adult population – data from Sephar III study

    L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    Les maladies cardiovasculaires représentent la cause principale de décès non seulement en Roumanie mais dans tout le monde. L’incidence des maladies cardiovasculaires est directement proportionnelle avec celle des principaux facteurs de risque proathérogène : hypertension artérielle, diabète sucré, dyslipidémie, tabagisme, obésité. Jusqu’en 2005, la Roumanie (un pays de l’Europe de l’Est ayant un très haut risque cardiovasculaire) n’avait pas de données représentatives pour la population adulte en ce qui concerne ces prévalences. C’est ce qui a motivé une étude épidémiologique représentative qui évalue ces prévalences et aussi leur évolution dans le temps. C’est comme ça que le projet SEPHAR (Étude Épidémiologique sur la Prévalence de l’Hypertension Artérielle et le Risque Cardiovasculaire en Roumanie) a été initié. Entre octobre 2015 et avril 2016, la Société Roumaine de l’Hypertension a réalisé, pour la troisième fois, une ample étude épidémiologique nationale, SEPHAR III. Grâce à une méthodologie complexe et à un déroulement de l’étude sur le terrain – par l’intermédiaire  d’une caravane médicale, SEPHAR BUS, équipée avec tous les appareils nécessaires – SEPHAR III a pu évaluer la situation actuelle de la prévalence  de l’hypertension artérielle et d’autres facteurs de risque cardiovasculaires principaux en Roumanie, en permettant une évaluation complète du risque cardiovasculaire global de la population générale et des sujets hypertendus. Les résultats SEPHAR III montrent une haute prévalence de l’hypertension artérielle par rapport aux données précédentes, mais avec une croissance du nombre des hypertendus traités et de ceux soumis à un contrôle thérapeutique, qui, malgré tout, reste loin d’être optimal. Aussi, SEPHAR III met en évidence une vraie épidémie de l’obésité, de la dyslipidémie et également des niveaux alarmants de la prévalence de diabète sucré. Cependant, le tabagisme enregistre une stagnation, peut-être grâce à la nouvelle loi qui interdit de fumer dans les espaces publiques. Tous ces résultats confirment de nouveau que la Roumanie reste un pays à très haut risque de maladies cardiovasculaires et dans lequel les mesures de prévention primaire sont absolument nécessaires.

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  • Communication scientifique

    Cardio-oncologie : un partenariat indispensable

    Cardio-oncology : a necessary partnership

    L'auteur déclare n'avoir aucun lien d'intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    La cardio-oncologie (ou onco-cardiologie) est un nouveau champ médical à développement rapide qui a pour but de prévenir et prendre en charge les affections cardiovasculaires chez les patients atteints de cancer, avant pendant et après leur traitement. L’augmentation de l’incidence des cancers s’accompagne d’une amélioration de leur pronostic, au prix d’une cardiotoxicité fréquente liée aux chimiothérapies et à la radiothérapie. Cette nouvelle population grandissante de patients n’est pas aujourd’hui prise en charge de façon optimale et justifie la mise en place d’équipes soignantes dédiées avec des programmes de soins et de surveillance communs multidisciplinaires et structurés. Cette nouvelle thématique interdisciplinaire médicale et scientifique, génère par ailleurs un inépuisable champ de recherche.

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  • Présentation ouvrage

    Autret Alain. Les maladies dites « imaginaires » : enquête sur les douleurs et les symptômes inexpliqués. Paris: Albin Michel, 2016. Coll. « Faire Face », 197 p.

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  • Rapport

    Rapport 17-08. Améliorer le suivi des patients après chirurgie bariatrique

    Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d’intérêt en relation avec le contenu de cet article

    Le nombre de patients ayant bénéficié, en France, d’une intervention de chirurgie bariatrique a été multiplié par trois entre 2006 et 2014. Cet engouement ne doit pas faire oublier que plus de la moitié de ces patients sont perdus de vue, malgré le risque de graves complications post-opératoires et de séquelles souvent sous-estimées.

    L’Académie nationale de médecine propose une démarche pragmatique et des pistes concrètes de solution. Le suivi de ces patients ne pourra être assuré sans augmenter le nombre de professionnels de santé impliqués dans leur parcours de soins. Les médecins généralistes, du fait de leur nombre, leur répartition sur le territoire, et leur proximité des patients, pourraient-ils participer à ce suivi ? Sous quelles conditions peut-on valider cette hypothèse ? Qu’en pensent les autres professionnels de santé, notamment les chirurgiens bariatriques, et les patients eux-mêmes ?

    Pour répondre à ces questions, un sondage national a été effectué auprès d’un échantillon de chirurgiens, de patients déjà opérés et de médecins généralistes pour évaluer comment l’intégration de ces derniers dans le parcours de soins pourrait améliorer le suivi de ces patients. Au vu des résultats, il apparaît que le médecin généraliste est effectivement le mieux à même de pallier l’insuffisance de suivi de ces patients, à condition d’être formé et investi au sein d’un parcours de soins mieux coordonné sur la base de relations interprofessionnelles de qualité.

    Les sociétés savantes, réunies sous l’égide de l’Académie, alertent sur l’absence de recul  pour évaluer cette chirurgie. Elles s’engagent à mettre en œuvre une procédure collective pour mobiliser les médecins généralistes et lancer une expérimentation afin de valider les nouvelles recommandations qu’elles formulent à l’intention des autorités sanitaires.

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  • Communication scientifique

    Hommage à Marie Curie-Skłodowska Une si longue absence…

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  • Communication scientifique

    Marie Curie, la reconnaissance institutionnelle, des Nobels aux Académies

    Biography History of Science Marie Curie

    L’autrice déclare n’avoir aucun lien d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    En 1922, Marie Curie est la première femme membre de l’Académie de médecine en tant qu’associée libre. Elle n’a pas fait acte de candidature pour ce fauteuil d’académicienne. Déjà double prix Nobel, elle n’avait pourtant pas été élue à l’Académie des sciences en 1911. Cet article se propose de comprendre le processus de ces élections ou non-élections institutionnelles en les replaçant dans leur contexte, celui d’une communauté savante du premier tiers du 20e siècle.

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  • Communication scientifique

    De la découverte scientifique à l’application médicale : modernité et postérité de Marie Curie

    Marie Dutreix est inventeur des molécules AsiDNA/DT01 et consultante pour la société Onxeo qui les développent.

    Toute sa vie Marie Curie a été animée par la passion de la recherche scientifique. À une époque où la notion de recherche translationnelle, n’existait pas elle s’est investie dans l’utilisation de sa découverte de la radioactivité naturelle dans le domaine de la santé. C’est du point de vue du chercheur du XXIe siècle que je vais essayer de reconstituer le parcours de l’usage des rayons en médecine initié par cette grande scientifique visionnaire.

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  • Communication scientifique

    Diabète de type 2 : les médicaments hypoglycémiants et leurs risques cardiovasculaires

    Type 2 diabetes : hypoglycaemic drugs and their cardiovascular risks

    Les auteurs déclarent avoir effectué des interventions ponctuelles à la demande de la plupart des firmes pharmaceutiques impliquées dans le traitement du diabète.

    Les complications cardiovasculaires du diabète de type 2 constituent la cause principale de la mortalité de ces patients. L’amélioration du pronostic repose sur une stratégie thérapeutique qui doit intégrer la gestion de l’hyperglycémie chronique mais également la prise en charge de l’ensemble des facteurs de risque cardiovasculaire. L’importance d’un équilibre glycémique optimal est attestée par les études comportant un suivi prolongé. L’établissement de la sécurité cardiovasculaire des nouvelles classes thérapeutiques a nécessité la mise en place d’études spécifiques dont certaines ont démontré des avancées majeures. Ces progrès ont permis et permettront plus encore, d’obtenir une diminution de l’incidence ou de l’aggravation des complications cardiovasculaires du diabète.

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  • Communication scientifique

    De l’enregistrement glycémique continu au pancréas artificiel biomécanique : Quand ? Pour qui ? Quels délais ?

    Malgré des progrès indéniables, le traitement du diabète de type 1 est imparfait puisque près de 75 %des patients ne peuvent atteindre les cibles glycémiques visant à prévenir à la fois les complications et les hypoglycémies à l’origine d’une lourde altération de la qualité de vie et de la sécurité des diabétiques. L’innovation remarquable des systèmes de surveillance continue du glucose avec capteurs mesurant le glucose interstitiel sous cutané de façon prolongée et quasi-permanente et, en parallèle, le perfectionnement des pompes à insuline ont constitué des étapes importantes permettant de réduire la variabilité glycémique et donc la vulnérabilité de ces patients. Les systèmes de pancréas artificiel (boucle fermée) permettent le contrôle des débits d’insuline administrés par la pompe en fonction des niveaux glycémiques enregistrés grâce à un logiciel transmettant un algorithme régulateur de la quantité d’insuline injectée en continu. Cette modulation fine, réactive et synergique offre la potentialité d’atteindre un contrôle glycémique optimal avec une restauration de la sécurité et de la qualité de vie des diabétiques les plus instables. Deux types de pancréas artificiels ont fait l’objet d’essais cliniques menés dans des conditions de vie réelle sur une durée maximale de 3 mois. Le premier, mono-hormonal, régule la glycémie au moyen de la seule perfusion d’insuline. Le second, bi-hormonal, associe le glucagon à l’insuline afin de réduire plus efficacement encore le risque d’hypoglycémie. Le premier pancréas artificiel « hybride » disponible contrôle la glycémie de façon automatisée tout au long de la journée et de la nuit mais nécessite, aux moments des repas, l’intervention humaine afin d’injecter un bolus permettant de mieux endiguer la vague hyperglycémique post prandiale. Ce système est commercialisé aux États Unis depuis avril 2017. Le système bi-hormonal, encore expérimental, apparaît plus performant en réduisant plus encore le risque d’hypoglycémie. Cependant, dans sa version actuelle, sa plus grande complexité et son volume encombrant ne favorisent pas son acceptation au long cours par les patients. En l’attente du résultat d’études cliniques menées à long terme sur de plus larges effectifs, les données des essais cliniques de l’un ou de l’autre des 2 systèmes de pancréas artificiel portent sur près de 600 patients diabétiques de type 1. Ils démontrent leur capacité à améliorer le contrôle glycémique et à réduire le nombre d’hypoglycémies tout en facilitant la vie des diabétiques dont l’attente est forte pour une homologation prochaine en Europe.

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  • Communication scientifique

    Le pancréas bioartificiel : du mythe à la réalité clinique

    The bioartificial pancreas: from myth to clinical reality

    Madame Séverine Sigrist déclare être présidente fondatrice de la société Defymed SAS.

    La transplantation intraportale d’îlots pancréatiques humains a montré sa faisabilité et son efficacité clinique. Elle permet de restaurer un contrôle glycémique chez les patients diabétiques de type 1 instable. Elle nécessite cependant la mise en place d’un traitement immunosuppresseur à vie qui n’est pas sans conséquence pour le patient. De plus, son application a un grand nombre de patients reste limitée par le nombre de pancréas et donc d’îlots pancréatiques isolés disponibles. Les faibles rendements de ces isolements associés au nombre d’îlots nécessaires par patient pour atteindre l’insulino-indépendance contribuent également à limiter cette thérapeutique à un très faible nombre de patients. Pourtant, d’autres sources de cellules sécrétrices d’insuline sont aujourd’hui disponibles : les cellules d’origine animale ou les cellules souches. En revanche, leur utilisation en transplantation reste contrainte par les risques qu’elles représentent lorsqu’elles sont transplantées sous forme libre dans l’organisme. C’est dans ce contexte que s’inscrit le concept de pancréas bioartificiel qui vise à appliquer la thérapie cellulaire à un plus grand nombre de patients grâce à un accès à d’autres sources de cellules sécrétant de l’insuline tout en s’affranchissant de l’utilisation de traitement antirejet. Le principe du pancréas bioartificiel consiste donc à encapsuler des cellules sécrétrices d’insuline dans des systèmes semi-perméables qui sont immunoprotecteurs mais qui permettent le passage de l’oxygène, des nutriments, du glucose et de l’insuline. Il est donc primordial qu’un pancréas bioartificiel remplisse les trois fonctions pré-requises : protéger les cellules du système immunitaire du receveur, protéger le receveur de ces cellules, maximiser la fonction de ces cellules. Différentes approches ont ainsi été envisagées de la microencapsulation à la macroencapsulation. Le développement de cette dernière ainsi que sa validation clinique est actuellement en cours.

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  • Communication scientifique

    Nouvelles insulines : innovations moléculaires, galéniques et biopharmaceutiques

    New insulins: molecular, galenic and biopharmaceutical innovations

    Liens d’intérêt : l’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt dans le domaine concerné par cette publication.

    Au fil des décennies, les préparations d’insuline extractive ont été purifiées afin d’améliorer leur bonne tolérance et des modifications de leur formulation ont été introduites avec l’adjonction de zinc (1936), de protamine (1936) ou des modifications du pH (insuline cristallisée NPH, 1946), afin d’optimiser leur durée d’action et de minimiser le risque d’hypoglycémie. La chimie de l’insuline a été bouleversée par la mise au point de l’insuline humaine recombinante, mise sur le marché en 1982. Depuis, de nouvelles insulines présentant une pharmacocinétique spécifique ont été développées sur la base de la modification des conformations moléculaires de l’insuline. Mais l’objectif désormais séculaire de la recherche en diabétologie consiste à administrer l’insuline en évitant les injections même si les voies nasale, pulmonaire, orale se sont, jusqu’à présent, heurtées à des limites pratiques ne permettant pas d’envisager la disparition prochaine des systèmes d’injection. En revanche, la mise au point de systèmes thérapeutiques autorégulés apportant une quantité idéale d’insuline dans le sang au moyen d’analogues moléculaires et de méthodes d’administration appropriées est à l’ordre du jour. Ces complexes thérapeutiques permettraient d’adapter en continu l’administration d’insuline en fonction de la glycémie. Abusivement qualifiés de « systèmes intelligents », ils promettent d’assurer la délivrance d’insuline comme le ferait un pancréas moléculaire.

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  • Communication scientifique

    Les causes de l’émergence des maladies infectieuses

    The causes of the emergence of infectious diseases

    L’auteur déclare n’avoir aucun lien d’intérêt en relation avec le contenu de cet article.

    Les grandes maladies infectieuses que les vétérinaires et les médecins des pays développés croyaient avoir vaincues dans les années 1980, ont refait parler d’elles d’une manière souvent dramatique dans les années 2000. Ainsi, la fièvre aphteuse a dévasté les troupeaux britanniques en 2001, la tuberculose bovine dont on avait espéré l’éradication après 50 années de lutte a ré-émergé au Royaume-Uni et en France… Parallèlement, de nouvelles maladies infectieuses, souvent zoonotiques, sont apparues chez l’animal et chez l’Homme : l’influenza aviaire HP H5N1 en 2003, le SRAS en 2003, le MERS-CoV en 2012…
    Les raisons de ces émergences sont multiples car chaque maladie possède ses propres déterminants. Trois grands groupes de facteurs peuvent toutefois être cités : l’évolution des agents pathogènes (virus à ARN notamment), les modifications environnementales favorisant le développement de vecteurs et de réservoirs, et les comportements humains. Les déplacements incessants des hommes, des animaux et de leurs produits sur la planète, la densification des populations et les déplacements massifs liés aux conflits sont probablement au coeur de ces évolutions.
    Les enjeux pour l’avenir sont de comprendre les risques infectieux liés à ces évolutions afin de tenter de les prévenir. L’épidémiologie par la surveillance et l’investigation sera donc demain plus que jamais, au cœur de la prévention des maladies infectieuses.

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