Communiqué
Séance du 31 mars 2009

À propos de l’échinococcose alvéolaire

MOTS-CLÉS : échinococcose/épidémiologie. echinococcose/prévention et contrôle

Yves Chapuis

Yves CHAPUIS *

Bien que l’incidence annuelle de l’échinococcose alvéolaire reste basse dans les zones endémiques tel le Nord-est de la France (un cas pour cent mille habitants, chiffre qui n’est pas en relation avec le taux de contamination, mais avec une moindre sensibilité immunogénétique chez certains individus de telle sorte que la maladie s’exprime chez 10 % des sujets contaminés), l’Académie nationale de médecine sur la proposition de la deuxième Division a consacré à cette maladie parasitaire une séance le 17 juin 2008 1, en s’appuyant sur l’expérience exceptionnelle dont ont fait état les spécialistes de l’Université de Franche-Comté (parasitologues, épidémiologistes, hépatologues, radiologues, chirurgiens).

L’Académie relève que le regain d’actualité de cette parasitose est lié :

— à l’augmentation de la population des renards dans toutes les régions avec une intensification de leur reproduction ;

— à leur extension dans les zones urbaines et péri-urbaines ;

— à un taux plus élevé de transmission du parasite dans cette espèce et à une possible contamination des animaux domestiques (chien, chat) ;

— enfin à la présence d’animaux contaminés dans des régions jusqu’alors épargnées : centre, ouest et sud de la France en particulier.

Même si des progrès dans le diagnostic, l’appréciation des lésions, la possibilité d’un traitement médical et chirurgical sont observés, il convient de mettre l’accent sur la prévention particulièrement en milieu rural et dans les zones péri- urbaines exposées, prévention qui passe d’abord par l’école et concerne aussi les professionnels exposés.

Elle repose sur les recommandations suivantes :

— ne pas toucher les renards même morts sans porter de gants ;

— cuire avant leur consommation les végétaux cueillis dans les zones exposées aux carnivores contaminés. Ni la congélation ni les antiseptiques ne détruisent les œufs d’echinococcus multilocularis ;

— dans les zones rurales d’endémie parasitaire déparasiter régulièrement les animaux domestiques (chien, chat) avec le praziquentel seul actif contre le ver adulte, et se laver les mains après contact avec les animaux domestiques.

Ces mesures simples doivent naturellement être accompagnées de vigilance de la part du corps médical, d’une expertise vétérinaire des animaux morts ou tués, enfin d’un recensement des nouveaux cas dans le réseau dédié à cette maladie 2.

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L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 31 mars 2009, a adopté le texte de ce communiqué à l’unanimité.

2. franceechino@chu-besancon.fr

* Membre de l’Académie nationale de Médecine 1. Bull. Acad. Natle. Méd ., 2008, 192 , No 6