Rapport
Séance du 30 juin 2009

09-15 Sur la demande d’autorisation d’exploiter l’eau minérale naturelle du Puits des Cordeliers, situé sur la commune de Salins-les-Bains (Jura), en vue de son utilisation à des fins thérapeutiques dans l’établissement thermal de Salinsles-Bains

MOTS-CLÉS : eau minéralisée. salins-les-bains (jura).. source « puits des cordeliers »

Patrice Queneau, Eugène Neuzil

Patrice QUENEAU *, Eugène NEUZIL† Par lettre en date du 11 juin 2008, adressée à Monsieur le Secrétaire perpétuel, la Direction Générale de la Santé (Sous-direction de la prévention des risques liés à l’environnement et à l’alimentation, bureau des eaux) soumet à l’examen de l’Académie nationale de médecine la demande d’autorisation d’exploiter l’eau minérale naturelle du Puits des Cordeliers, située sur la commune de Salins les Bains (Jura), en vue de son utilisation à des fins thérapeutiques dans l’établissement thermal de Salins-les-Bains.

Salins-les-Bains est, depuis 1926, la nouvelle dénomination de Salins. Cette ville de Franche-Comté se trouve dans la partie la plus occidentale des monts du Jura, la région du Vignoble , adossée à la région des Plateaux , laquelle aboutit, plus à l’est, à la région des

Hautes chaînes , puis enfin à la frontière

Suisse. Salins, ville de 4 500 habitants, située à l’extrémité orientale du Vignoble est distante de 9 km seulement d’Arbois ; elle occupe, à l’altitude de 330 mètres, le fond d’une échancrure taillée perpendiculairement au premier plateau. Cette reculée est parcourue par la Furieuse ; ce ruisseau, presque à sec en été et devenant torrentiel en hiver ou à l’occasion d’un gros orage, traverse Salins-les-Bains du sud au nord et se jette dans la Loue, affluent du Doubs.

La présence d’une quantité notable de chlorure de sodium dans l’eau des mares et de diverses sources de la région de Salins était déjà connue des Celtes, qui y amenaient leurs troupeaux pour s’y abreuver. Les Romains, lors de la conquête de la Gaule, s’emparèrent de ce pays. On leur doit les procédés d’extraction du sel et sa commercialisation, ainsi que le nom de Salinae Sequanorum , devenu Salins. Le drainage de la vallée de la Furieuse et l’exhaussement du sol permirent par la suite l’aménagement de puits, caves au fond desquelles sourdait une eau fortement salée (Puits à Muire). Parallèlement s’installaient des salines assurant l’exploitation artisanale et la vente du sel (leur activité s’est maintenue jusqu’en 1962) et une croissance progressive de pratiques crénothérapiques, lesquelles ont finalement conduit à l’établissement thermal actuel.

HYDRO-GÉOLOGIE

Salins est situé au nord d’un gisement salifère qui, à l’ouest du Jura, se prolonge jusqu’à Lons-le-Saunier. Au début de l’ère secondaire, de puissants mouvements orogéniques créent un large fossé que la mer va bientôt remplir ;

dans de nombreux bassins, le réchauffement climatique favorise l’évaporation de l’eau ; l’augmentation de la salinité entraîne une précipitation minérale qui formera des bancs de sel gemme. Ces bancs, enfouis lorsque le plissement alpin créera le massif jurassique, sont ensuite infiltrés par les eaux météoriques qui, quittant la surface, gagnent la profondeur par des failles.

La géologie structurale de Salins-les-Bains apparaît particulièrement complexe. Deux formations affleurantes s’étagent, en allant des plateaux susjacents au fond de la vallée :

— Les calcaires bajociens compacts du Jurassique moyen forment une série de près de 200 m d’épaisseur ; ils marquent la reculée de Salins par leur falaise surmontée d’un plateau karstifié.

— Les marnes et marno-calcaires du Trias et du Lias, formations situées sous les calcaires du Jurassique. En allant de haut en bas on rencontre, après diverses séries marneuses (100 m d’épaisseur), les calcaires du Sinémurien (10 m), les séries marneuses, gypsiques et dolomitiques du Keuper supérieur (120 m) et enfin le Keuper moyen et inférieur, véritable ‘‘ étage du sel ’’ de 200 m de puissance ; la présence à ce niveau de bancs de sel associés aux marnes et aux gypses donne au Keuper une plasticité qui explique les chevauchements de couches rencontrés dans la région salinoise.

LES EAUX DE SALINS

En 1831, plusieurs sondages sont effectués dans la saline : ils rencontrent, à 243 mètres de profondeur, dans le Keuper inférieur, plusieurs bancs de sel gemme d’une épaisseur de 20 mètres, entourés d’eau saturée en chlorure de sodium (330 g/l) ; cette eau vierge est préservée de toute contamination provenant des eaux non salées d’origine superficielle par les couches imperméables sus-jacentes du Trias et du Lias, marneuses et mamo-calcaires. Le degré moins élevé de salinité des eaux provenant de diverses émergences rassemblées dans le Puits de Muire présentait de notables fluctuations, provenant de la dilution variable que subit l’eau vierge au cours de sa remontée vers la surface.

Le premier sondage (Puits de Grès ) est mis en exploitation en 1846, le deuxième (Puits d’

Amont ) en 1848 ; ce dernier, après l’éboulement de, son forage en 1869, a été remplacé en 1874 par le nouveau forage du Grand Chargement. Ce sont les eaux salées de ces diverses origines qui ont été utilisées, après chauffage et évaporation, pour la fabrication du sel tandis que les eaux mères, les plus salées et de composition constante, étaient recueillies à des fins thérapeutiques. La vétusté de l’équipement des ressources et la contamination de certaines d’entre elles, associées au développement du thermalisme (la station thermale accueille actuellement environ 2000 curistes par an), a amené la Mairie de Salins-les-Bains, propriétaire des thermes, à un profond remaniement de ses installations. Le nouveau forage du Puits des Cordeliers, foré en 1994, a permis, deux années plus tard, d’éliminer totalement les anciennes ressources salées au cours de l’année 1996, une instrumentation moderne permettant le suivi des eaux utilisées pour les cures thermales a été mise en place. Ces importantes transformations justifient la présente demande d’agrément.

LE PUITS DES CORDELIERS

Le puits des Cordeliers doit son appellation au parc des Cordeliers, situé sur la rive gauche de la Furieuse, dans la partie sud de la ville de Salins (parcelle 146 de la section AO du cadastre ; 345 m d’altitude). C’est à cet endroit qu’a été réalisé le forage de 157 m de profondeur, équipé en PVC 180/163 mm ; un avant-trou, équipé acier et cimenté en pression jusqu’à 20 m, isole le puits des eaux superficielles. Le tube en PVC se termine, de 145,5 à 157 m, par une crépine (à ouvertures de 1 mm) qui surplombe un gravillonnage obtenu par cimentation gravitaire.

La tête de l’ouvrage a fait l’objet d’une rénovation en 2005 ; toutes les exigences formulées par les services de l’Etat ont été réalisées et vérifiées lors d’une visite de l’installation en janvier 2006. Le niveau statique de la nappe d’eau salée est établi à —15 m en moyenne la nappe est donc en charge. La montée de l’eau est assurée par une pompe immergée descendue à —50 m.

Le débit d’exploitation de l’ouvrage, prévu de 6 m à 14 m pour satisfaire pleinement les besoins des cures thermales, est compatible avec les essais de pompage réalisés en avril 1994 et en février 1995. Autour du puits, un périmètre sanitaire d’émergence circulaire de 10 m de rayon suffit pour éliminer toute pollution de surface.

L’eau utilisée pour les besoins des cures thermales provient du seul puits des Cordeliers , lequel constitue simplement une nouvelle modalité d’exploiter, en éliminant toute possibilité de pollution, le même gisement aquifère qui alimentait précédemment les puits d’À Muire et d’Amont l’interconnection en profondeur des eaux vierges de ces deux forages a été confirmée en étudiant les variations de salinité de ces eaux profondes après des pompages de remontée simultanés L’eau du puits des Cordeliers est envoyée dans un tube en polyéthylène enterré qui, arrivé sur la rive droite, remonte vers le nord jusqu’au réservoir Saint-Jean ; cet ouvrage de stockage, enterré à l’altitude de 355 m, consiste en une cave de 400 m voûtée, en pierres de taille. Ce réservoir alimente l’établissement thermal par une canalisation souterraine de 135 m de long.

Un suivi continu et centralisé de la qualité de l’eau fournie à l’Etablissement thermal est assuré par un appareillage moderne à la sortie du puits ; on contrôle le niveau de la nappe salée et son évolution en fonction de l’activité de l’Etablissement thermal, le débit, la conductivité et la température de l’eau pompée ainsi que le niveau du réservoir (eau adduite).

L’EAU DU PUITS DES CORDELIERS

Analyses physico-chimiques

L’eau du puits des Cordeliers entre dans la catégorie des eaux fortement minéralisées ; son résidu sec, voisin de 208 g/L et sa teneur en chlorure de sodium, voisine de la saturation, en font une véritable saumure ; cette eau se rapproche ainsi de celle du captage ‘‘ Reine Jeanne F2 » utilisée dans l’établissement thermal de Salies-de-Béarn [1]. Les caractéristiques physicochimiques de l’eau de Salins-les-Bains, rassemblées dans le Tableau I, proviennent des analyses des prélèvements effectués le 4 juillet 2006 par le Laboratoire Santé Environnement Hygiène de Lyon (321, av. Jean Jaurès — 69362 Lyon Cedex 07). Les constituants de cette eau, de pH 6,15 et dont la température est voisine de 19° C à l’émergence, sont représentés, pour les cations, à côté du sodium largement dominant, par le potassium et par le magnésium, la concentration en Mg++ étant légèrement supérieure à celle de Ca++) ; pour les anions, les chlorures surpassent très largement les sulfates ;

on notera la présence non négligeable de bromures et la faible concentration en fluorures, en nitrates et l’absence de nitrites. Ces données confirment les résultats antérieurement obtenus et démontrent, après plus d’un siècle, l’identité et la constance de composition de l’eau du puits des Cordeliers avec

Tableau 1. — Composition physico-chimique de l’eau du Puits des Cordeliers Paramètres

Résultats

Unités

Paramètres

Résultats

Unités

Mesures sur le terrain

Magnésium 1217 mg/l Mg++ Sodium 87730 mg/l Na+ Température de l’eau 18,8 °C Potassium 2021 mg/l K+ Température de l’air extérieur 27,5 °C Anions pH 6.15 – Conductivité brute à 25°C 230 000 µS/cm Chlorures 137800 mg/l ClOxygène dissous 0,12 mg/l 02 Sulfates 8480 mg/l SO4– Potentiel d’oxydoréduction E 75 mV Nitrates < 10 mg/l NO3- (Pt//Ag//AgCl Nitrites < 0.02 mg/l NO2- Orthophosphates interférences mg/l PO4— Analyses psysicochimiques

Silice ionisée (silicates) 2.3 mg/l Si02 Analyses physicochimiques de base

Métaux

Iodures <0.5 mg/l IAluminium dissous < 10 mg/l Al TA (Titre alcalimétrique) 0.00 °F Antimoine dissous < 0.20 mg/l Sb TAC (Titre alcalimétrique complet) 15.50 °F Arsenic dissous < 0.20 mg/l As Carbone organique total (COT) < 1 mg/l C Baryum dissous < 1.0 mg/l Ba Indice Phénol 0.010 mg/l Béryllium dissous < 0.50 mg/l Be Tensioactifs anioniques (indice SABM) < 0.10 mg/l LS Bore dissous 1.90 mg/l B Résidu sec à 180°C 208254 mg/l Cadmium dissous < 0.10 mg/l Cd Fluorures < 5 mg/l FChrome dissous < 0.50 mg/l Cr Bromures 70 mg/l BrCuivre dissous < 0.50 mg/l Cu Cyanures totaux (indice cyanure) < 0.010 mg/l CNFer dissous < 0.50 mg/l Fe Hydrocarbures totaux < 0.010 mg/l Lithium dissous 0.63 mg/l Li Analyse des gaz

Manganèse dissous < 0.30 mg/l Mn Anhydride carbonique libre 48.1 mg/l C02 Mercure total < 0.5 g/l Hg H2S < 0.05 MG/l H2S Nickel dissous < 0.50 mg/l Ni Cations

Plomb dissous < 0.20 mg/l Pb Sélénium dissous < 0.50 mg/l Se Ammonium 2.81 mg:l NH4+ Strontium dissous 18.1 mg/l Sr Calcium 981 mg/l CA++ Zinc dissous < 0.50 mg/l Zn celles des eaux des précédents forages en profondeur [2]. Les analyses modernes apportent de plus les concentrations en strontium, en bore, en lithium et en silicates, éléments liés à l’origine profonde de l’eau ; elles ont montré en outre divers oligo-éléments (en particulier Cu, Fe, Mn, Zn) et que la concentration déjà très faible d’autres éléments trace souvent toxiques (As, Cd, Pb…..) reste inférieure aux valeurs de tolérance édictées par les organismes de contrôle.

La recherche de 16 hydrocarbures volatils, de 28 dérivés organochlorés et de nombreuses substances organiques potentiellement toxiques (en tout 320 composés) s’est révélée négative sur l’ensemble des prélèvements.

Analyses de radioactivité

Ces analyses nous ont été transmises, à la demande de la Commission XII, le 22 janvier 2009, par M. Frédéric Gachet, directeur des Thermes de Salins-les-

Bains. Elles ont été réalisées le 14 juin 2007 par le laboratoire SEH de Lyon (321, av. Jean Jaurès — 69362 Lyon Cedex 07) dont les résultats, devant les problèmes techniques posés par des échantillons de salinité très élevée, ont été contrôlés par le laboratoire du Commissariat à l’Energie Atomique LMSECEA-VALDUC, d’Is-sur-Tille.

Activité globale 0,1 Bq/L Activité globale 69 Bq/L Radionucléides émetteurs 137 CS 7,6 Bq/L 40 K 5,8 Bq/L Les valeurs indiquées ci-dessus sont supérieures aux normes recommandées par l’OMS pour une eau minérale naturelle de consommation journalière ; ces résultats sont cependant acceptables, car l’eau du puits des Cordeliers, utilisée exclusivement pour l’usage externe, n’est jamais utilisée comme eau de boisson ; aucune buvette n’existe d’ailleurs dans l’établissement thermal .

 

Analyses bactériologiques

Ces analyses, à l’émergence comme après transport, montrent l’absence de contamination bactérienne aucun germe témoin de contamination fécale ( Escherichia coli , streptocoques), Pseudomonas aeruginosa : <1 dans 250 ml,

Legionella pneumophila : non détecté. La pureté bactériologique de l’eau est surveillée par un autocontrôle mensuel, à l’émergence ainsi qu’aux divers points d’utilisation.

LE THERMALISME À SALINS-LES-BAINS

Pendant très longtemps, l’usage thérapeutique des eaux salées de Salins a été limité aux régions les plus voisines. Les ouvrages publiés au milieu du xixe siècle par Cl. Germain [3] et surtout le rapport présenté par Henry en 1856 [4], suivi d’un avis favorable de l’Académie de médecine, ont attiré à la fois l’intérêt des médecins du reste de la France et celui de Grimaldi, administrateur général des Salines de l’Est. C’est à ce dernier que l’on doit le premier établissement thermal salinois, ouvert en 1858 et resté fonctionnel jusqu’en 1930, remplacé en 1935 par une structure plus moderne et complètement rénové en 1994. Les eaux de Salins, d’abord principalement utilisées pour le traitement des rhumatismes articulaires et musculaires chroniques, ainsi qu’en gynécologie et en médecine infantile, ont fait l’objet d’une abondante littérature médicale dont les anciennes publications ont été analysées par Rotureau [5]. Le champ d’activité de la station a rapidement évolué vers le traitement des séquelles de traumatismes et vers la réadaptation fonctionnelle de patients présentant divers troubles ostéo-articulaires, consécutifs à des affections médicales ou chirurgicales [6]. Le médecin avait alors le choix entre l’eau peu salée de Muire, celle beaucoup plus riche en sel du forage d’Amont ou encore l’eau mère fournie par les salines, chacune de ces variétés pouvant être diluée avec l’eau de boisson naturelle.

De nos jours, si les cures à la station thermale de Salins-les-Bains sont conventionnées pour trois orientations thérapeutiques :

— rhumatologie et séquelles de traumatismes ostéo-articulaires, — gynécologie, — troubles du développement de l’enfant, les deux dernières orientations n’amènent à Salins qu’un très faible contingent de curistes, en raison des progrès réalisés dans les traitements hormonaux ou chirurgicaux, mais également de la concurrence d’autres stations thermales.

Salins-les-Bains reste l’une des stations thermales françaises recommandée pour les différents aspects de la rhumatologie les Thermes de Salins-les-Bains offrent aux curistes une large gamme de bains, de douches ou d’applications locales ; les soins sont exclusivement réalisés avec l’eau du puits des Cordeliers et sont souvent associés à diverses manœuvres kinésithérapiques.

DONNÉES THÉRAPEUTIQUES

Les études cliniques communiquées dans le dossier de demande sont entiè- rement consacrées à la rhumatologie. Il s’agit d’études observationnelles ouvertes, sans grande valeur méthodologique.

• Elles indiquent les bénéfices découlant d’une cure unique de 21 jours ; sur 157 patients, 77 % se disent améliorés à la fin de la cure, pourcentage passant à 66 % après six mois.

• La seconde étude porte sur 319 curistes, présentant des arthroses (rachidiennes ou périphériques), des rhumatismes inflammatoires, des troubles ostéo-articulaires post-traumatiques ou post-opératoires, des algodystrophies ou des algies diffuses. Elle rassemble les fiches détaillées correspondant à ces 319 observations. Les résultats sont donnés à l’aide de deux échelles d’ évaluation subjective , pour la douleur et la gêne fonctionnelle ;

une troisième échelle est réservée à la consommation médicamenteuse.

• Une troisième note indique l’effet de la cure chez 74 patients atteints d’algodystrophies post-traumatiques.

Les observations cliniques, présentées par les sept médecins des Thermes de Salins-les-Bains pour l’évaluation des soins thermaux en rhumatologie sont éloignées des recommandations énoncées par la Commission XII de l’Académie de médecine [7] : elles ne comportent aucune évaluation de caractère scientifique.

AVIS DE LA COMMISSION XII

La nécessité d’un nouveau forage exploitant la même ressource hydro saline profonde s’explique par la vétusté des remontées précédentes et surtout par leur pollution fréquente, rendant difficile, sinon aléatoire, l’obtention d’une eau possédant en permanence les qualités requises pour un usage médical. La réalisation du forage et le transport de l’eau jusqu’à ses différents points d’utilisation dans l’établissement thermal apparaissent satisfaisant, de même que le suivi des paramètres physico-chimiques et des caractères microbiologiques. L’eau distribuée pour assurer les différents soins externes est de pureté et de composition constantes. La commission, sur ces différents points, émet un avis très favorable.

La Commission constate, en outre, que le dossier ne comporte aucune étude clinique contrôlée , pré requis indispensable pour donner un avis favorable lorsque la demande porte sur une nouvelle eau, une nouvelle technique ou une nouvelle orientation thérapeutique.

Dans la stricte mesure où la demande concerne l’autorisation d’exploiter l’eau minérale du Puits des Cordeliers, aux caractéristiques physico-chimiques constantes et très voisines de celles des eaux des précédents forages réalisés à Salins-les-Bains, la Commission propose de donner un avis favorable à l’utilisation de cette eau minérale aux mêmes fins thérapeutiques que précédemment.

La Commission rappelle son interdiction d’une buvette (qui n’existe pas dans la station de Salins-les-Bains).

La Commission demande cependant que des études cliniques soient réalisées dans des délais brefs , pour évaluer scientifiquement les produits thérapeutiques des eaux de Salins-les-Bains, en se fondant sur les critères définis par l’Académie nationale de médecine [7-9].

La Commission XII, réunie le mardi 3 février 2009, présidée en l’absence du Président Boudène par son Secrétaire, le professeur Queneau, a admis ce rapport à l’unanimité.

BIBLIOGRAPHIE [1] NEURIL E. — Sur la demande d’autorisation d’exploiter en tant qu’eau minérale naturelle, telle qu’elle se présente à l’émergence et après transport à distance, l’eau du captage ‘‘ Reine Jeanne F2 » situé sur la commune d’Oraàs (Pyrénées-Atlantiques). Bull. Acad.

Natle Méd. , 2007, 191 , no 3, 659-668.

[2] REVEIL O. — Rapport sur l’analyse de l’eau du trou de sonde de Salins et sur divers produits de l’exploitation de cette eau. Ann. Soc. Hydrol. médicale de Paris , 1860-1861, 8 , 104-122.

[3] GERMAIN Cl.-M. — Sources minérales de la saline de Salins (Jura).1 vol., 244 p., Labé, Paris, 1854.

[4] HENRY O. — Rapport au sujet des eaux mères de la saline de Salins (Jura), Bull. Acad.

 

Impériale Méd. , 1855-1856, 21 , 430-431 [séance du 5 février 1856]. G. Masson et P.

Asselin, Paris 1888.

[5] ROTUREAU A. — Salins (Eaux minérales de). In Dechambre A., Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, série 3, t. 6 SAA-SAR, pp . 333-338. G. Masson : P. Asselin,

Paris 1878.

[6] ENGELMANN F. — Évolution moderne d’une station thermale: Salins du Jura. Th. Doct.

Méd., Paris, 1963, 1 vol., 93+XV p.

[7] QUENEAU P., GRABER-DUBERNAY B., BOUDENE Cl. — Bases méthodologiques de l’évaluation clinique thermale. Recommandations de l’Académie Nationale de Médecine pour servir de critères à l’égard des demandes d’avis en matière de thermalisme. [Rapport de la Commission XI de l’Académie nationale de médecine, disponible au secrétariat de l’Académie un résumé de ce rapport a fait l’objet d’un communiqué publié dans le Bulletin de l’Académie (cf. [9]).

[8] LAROCHE Cl., QUENEAU P. — À propos du dossier de demande d’autorisation d’exploiter, en tant qu’eau minérale naturelle, à l’émergence et après transport à distance, l’eau du captage Les Capucins situé sur la commune de Saint Jean-d’Angély. Bull. Acad. Natle Méd. , 2001, 185 , no 1, 203-206.

[9] QUENEAU P., GRABER-DUBERNAY B., BOUDÈNE Cl. — Bases méthodologiques de l’évaluation clinique thermale. Recommandations de l’Académie Nationale de Médecine pour servir de critères à l’égard des demandes d’avis en matière de thermalisme. Bull, Acad. Natle Méd. , 2006, 190 , no 1, 233-235.

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L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 30 juin 2009, a adopté le texte de ce rapport à l’unanimité.

 

* Membre de l’Académie nationale de médecine

Bull. Acad. Natle Méd., 2009, 193, no 6, 1425-1433, séance du 30 juin 2009